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[Traduction - HoMe XI] Le Quenta Silmarillion tardif

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Eru

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MessagePosté le: 01 Mai 2007 0:48     Sujet du message: [Traduction - HoMe XI] Le Quenta Silmarillion tardif Répondre en citant

Ce qui suit est la traduction intégrale officieuse de la 2ème partie du Quenta Silmarillion tardif (HoMe XI, The War of the Jewels, Partie Deux, pp. 171 et suivantes, Ed. HarperCollins, 2002) par Dior, Eru, Incanus et Nowhere Man, avec l'aide graphique appréciée de Taraudhel. Le texte a été divisé sur la base des chapitres le composant :

N.B. :
  • Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien. Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement précisé.
  • Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
  • Une différence de choix de traduction explique que l'anglais Orcs est traduit par "Orques" ou "Orcs" selon les les textes traduits.
  • Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe XI, le volume contenant ce texte.
  • Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : X.226 renvoie à HoMe X, p. 226).


_____________________


LE QUENTA SILMARILLION TARDIF


Dans la Deuxième Partie, je retracerai le développement du Quenta Silmarillion, dans les années qui suivirent l'achèvement du Seigneur des Anneaux, à partir du point atteint dans le Vol. X, p.199 ; mais l'histoire devient à présent (en majeure partie) nettement plus simple : une grande partie du développement peut être exposée en consignant isolément tous les changements importants apportés au QS, et il n'est pas besoin de le diviser en deux "phases", comme ce fut le cas dans le Vol. X. L'ensemble des textes de base est constitué par le QS (aussi loin qu'il alla avant son abandon) ; le précédent tapuscrit dactylographié "LQ 1" datant de 1951, pour lequel voir [HoMe] X, p.141-3 ; et le tapuscrit dactylographié tardif "LQ 2", datant d'autour de 1958, pour lequel voir [HoMe] X, p.141-2, 300.
Dans cette dernière partie de l'histoire, les numéros de chapitres deviennent plutôt déconcertants, mais je pense qu'il serait encore plus déconcertant de ne pas en avoir, et par conséquent je poursuis la numérotation utilisée dans le Vol. X, où le dernier chapitre traité, Du Soleil et de la Lune, et de la Dissimulation de Valinor, s'était vu attribuer le numéro 8.


Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 13:16; édité 6 fois
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MessagePosté le: 01 Mai 2007 0:49     Sujet du message: Répondre en citant

9. DES HOMMES


Ce chapitre portait le numéro 7 dans le manuscrit du QS (pour le texte, voir [HoMe] V, p.245-7, §§81-7). La différence est simplement due au fait que les trois "sous-chapitres" du QS, numérotés, dans le Vol. V, 3(a), 3(b) et 3(c), était appelés, dans le Vol. X, 3, 4 et 5 (voir [HoMe] X, p.299). Peu de changements furent apportés au manuscrit du QS dans la révision ultérieure, et ceux qui furent effectués furent intégrés au LQ 1. Ce tapuscrit ne subit pas de modifications, et son texte n'a de valeur qu'à quelques égards ; le dactylographe du LQ 2 ne l'utilisa pas, mais travailla directement à partir de l'ancien manuscrit.

§81. "Les Valar étaient à présent assis derrière les montagnes et festoyaient" > "Ainsi les Valar étaient à présent assis derrière leurs montagnes, en paix".
§82. L'emplacement de Hildórien, "à l'extrême Est de la Terre du Milieu, qui se trouve à côté de la mer orientale", fut changé en : "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu, au-delà du Grand Fleuve et de la Mer Intérieure, dans des régions que ni les Eldar ni les Avari ne connaissaient".
De nombreuses phrases furent utilisées pour le site de Hildórien. Dans la tradition des "Annales", il se situait "à l'Est du monde" ([HoMe] IV, p.269, [HoMe] V, p.118, 125), mais ceci fut changé sur le manuscrit des AV 2 en "dans les régions les plus centrales du monde" ([HoMe] V, p.120, note 13). Dans le Quenta, il était "à l'Est de l'Est" ([HoMe] IV, p.99), et dans le QS, comme cité ci-dessus, "à l'extrême Est de la Terre du Milieu" : dans mon commentaire sur le QS ([HoMe] V, p.248), j'avais suggéré que ce dernier n'était pas en contradiction avec le texte corrigé des AV 2 : "Hildórien se trouvait dans l'est le plus lointain de la Terre du Milieu, mais il était dans les régions du milieu du monde ; voir carte IV de l'Ambarkanta, sur laquelle Hildórien est signalé ([HoMe] IV, p.249)."
Dans les textes de la période post-Seigneur des Anneaux, se trouve l'affirmation, dans les Annales Grises (AG), §57, qu'il se situait "dans les régions les plus centrales du monde", comme dans le texte corrigé des AV 2 ; et dans la nouvelle phrase, dans la révision du QS, il y a "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu, au-delà du Grand Fleuve et de la Mer Intérieure" (avec la disparition de la mention de "la mer occidentale" du texte original). Cette dernière montre sans ambiguïté qu'un changement avait eu lieu, mais il est très difficile de dire en quoi il consistait. Cela ne peut être fait pour s'accorder avec les anciennes cartes de l'Ambarkanta : l'on pourrait en vérité douter que ces cartes aient eu, vers cette époque, beaucoup de crédibilité concernant les régions orientales, et se demander si par "la Mer Intérieure" mon père faisait ou non référence à "la Mer Intérieure de Rhûn" (voir The Treason of Isengard, pp.307, 333) – mais d'un autre côté, dans les Annales d'Aman ([HoMe] X, p.72, 82), appartenant à la même période, le Grand Voyage des Elfes depuis Kuiviénen ("une baie dans la Mer Intérieure de Helkar") est décrit en des termes qui suggèrent que l'ancienne conception était toujours pleinement présente. La Mer de Rhûn peut-elle être assimilée à la Mer de Helkar, considérablement rétrécie ? - Il n'est pas non plus aisé de comprendre comment Hildórien, "dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu", pouvait se trouver "dans des régions que ni les Eldar ni les Avari ne connaissaient".
Dans le LQ 2, la majeure partie du passage révisé est absente, et le texte se lit simplement : "dans le pays de Hildórien, dans les parties les plus centrales de la Terre du Milieu ; car le temps mesuré était arrivé sur la Terre ..." L'importance éventuelle de ceci repose sûrement sur une orientation littéraire prise par mon père. D'un autre côté, la révision fut rédigée en deux parties sur le manuscrit : "dans les parties les plus centrales" dans la marge, et le reste sur une autre partie de la page, où il serait possible de passer à côté ; et je pense que c'est là l'explication la plus vraisemblable.
§83. Le début de la note de bas de page ([HoMe] V, p.245) fut changé de "Les Eldar les appelaient les Hildi" en "Les Atani étaient-ils nommés en Valinor, mais les Eldar les appelaient également les Hildi" ; et "la naissance des Hildi" fut changé en "l'apparition des Hildi". Pour Atani, voir les AG, §57 et commentaire. Comme souvent auparavant, le dactylographe du LQ 1 plaça la note de bas de page dans le corps du texte, où mon père la laissa ; mais elle réapparaît en tant que note de bas de page au LQ 2-3, première indication que le tapuscrit fut inspiré du manuscrit du QS.
Après "ces pères des Hommes" (où le p ne devait pas être mis en majuscule), fut ajouté "les Atanatardi". Ici le LQ 1 a Atanatarni, qui ne fut pas corrigé, alors que le LQ 2 – non pas basé sur le LQ 1, mais sur le manuscrit – a Atanatardi. Mais la forme Atanatarni apparaît dans le texte du Narn donné dans la Note 2 de la Première Partie : là Fingon, avant le commencement de la Bataille des Larmes Innombrables, crie Aiya Eldalië ar Atanatarni (p.166). Dans le §87 des AG, dans un passage différent, la forme est Atanatári (laquelle fut adoptée dans Le Silmarillion) ; cf. également Atanatárion, [HoMe] X, p.373.
§85. La phrase "Dans le seul royaume de Doriath, dont la reine Melian était de race divine, les Ilkorins arrivèrent-ils presque à s'accorder avec les Elfes de Kôr" fut changée en : "dont la reine Melian était de la race des [dieux >] Valar, les [Ekelli >] Sindar arrivèrent-ils presque à s'accorder avec les [Elfes de Túna >] Kalaquendi du Royaume Béni." Pour le terme Ekelli, "les Abandonnés", et son remplacement par Sindar, voir [HoMe] X, p.169-70.
Eruman > Araman (cf. [HoMe] X, p.123, 194).
"la sagesse ancienne de leur race" > "... de leur peuple".
§86. "Ce qu'il advenait de leur esprit après la mort" > "Ce qu'il peut advenir..."
"à côté de la Mer Occidentale" > "à côté de la Mer Extérieure" (voir [HoMe] V, p.248, §86).
§87. "disparut de la terre" > "disparut de la Terre du Milieu".


*

Mon père effectua peu de modifications dans l'une ou l'autre des copies du tapuscrit du LQ 2. Le chapitre, tapé sans numéro, était désormais numéroté "XI". "Gnomes" fut changé en "Noldor" à chaque occurrence, et dans la première phrase du §85, "Elfes Sombres" fut changé en "Sindar". Contre le §82, il écrivit : "Ceci repose sur une ancienne version, dans laquelle le Soleil fut conçu en premier, après la mort des Arbres (décrite dans un chapitre oublié)." J'ai déjà noté ceci dans [HoMe] X, p.299-300, et expliqué pourquoi il donna le numéro "XI" au présent chapitre. Il mit également entre parenthèses, au crayon, trois passages du récit sur la mortalité des Elfes dans le §85 : "Pourtant leur corps était de la substance de la terre ... les consomme de l'intérieur au cours des temps" ; "jours ou années, un millier même" ; "et leurs déserts".


Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 17:39; édité 4 fois
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MessagePosté le: 01 Mai 2007 0:49     Sujet du message: Répondre en citant

10. DU SIEGE D'ANGBAND


Ce chapitre portait le numéro 8 dans le manuscrit du QS, et le texte est donné dans [HoMe] V, p.248-55, §§88-104. Comme dans le chapitre précédent, toute la révision post-Seigneur des Anneaux fut tirée du manuscrit du QS : autrement dit, aucune révision complémentaire ne fut effectuée sur le tapuscrit LQ 1 ; et ici, de même, le tapuscrit tardif LQ 2 dérivait du manuscrit, non du LQ 1. Dans ce chapitre, d'un autre côté, les révisions effectuées sur le manuscrit ne se trouvent pas absolument toutes dans le LQ 1 ; et dans le compte-rendu qui suit, je mets en avant les cas concernés. Je ne reviens pas sur les changements Eruman > Araman ; Tûn > Túna ; Gnomes > Noldor ; Thorndor > Thorondor ; Bladorion > Ard-galen (voir p.113, §44).
§88. Le passage ouvrant le chapitre dans le QS fut réécrit sur une page accrochée au manuscrit – cette page étant le verso d'une lettre adressée à mon père, datée du 14 novembre 1951 ; mais elle ne fut pas intégrée au LQ 1. L'adjonction de ce complément conduisit le dactylographe du LQ 2 à ignorer le fait qu'un nouveau chapitre commençait à cet endroit, et à taper Du Siège d'Angband avec Des Hommes, comme un seul tenant ; par la suite, mon père inséra un nouvel intitulé Du Siège d'Angband avec le numéro "XII" (pour lequel voir p.175). La nouvelle ouverture se lit :
    Comme il fut raconté précédemment, Fëanor et ses fils furent les premiers des Exilés à arriver en Terre du Milieu, et ils touchèrent terre dans la désolation de Lammoth, sur les rivages extérieurs du Golfe de Drengist. Or cette région était ainsi nommée car elle se trouvait entre la Mer et les murs des montagnes de l'écho de l'Eryd Lómin. Et tout comme les Noldor posaient le pied sur la grève, leurs cris montèrent dans les collines et se multiplièrent, de telle sorte qu'une grande clameur, comme de voix puissantes et sans nombre, envahit toutes les côtes du Nord ; et il est dit que le bruit provoqué par l'incendie des navires à Losgar passa, porté par les vents de la Mer, comme le tumulte d'une grande colère, et au loin, tous ceux qui entendirent ce son en furent emplis d'émerveillement.
    Sous les froides étoiles, avant le lever de la Lune, Fëanor et son peuple marchèrent vers l'est, et ils passèrent l'Eryd Lómin, et entrèrent dans le grand pays de Hithlum et, traversant la contrée de Dor-lómin, ils arrivèrent enfin au long lac de Mithrim, et sur son rivage nord ils établirent leur premier campement, dans cette région qui portait le même nom.
    Là, une troupe d'Orcs, mise en éveil par le tumulte de Lammoth, et par la lueur de l'incendie à Losgar, tomba sur eux ; et, à côté des eaux du Mithrim, fut livrée la première bataille en Terre du Milieu...

Il s'agit de l'histoire de Lammoth, racontée (à peu près à la même époque) dans le Conte de Tuor postérieur (Contes et Légendes Inachevés, p.23) :
    Tuor était à présent parvenu aux Montagnes de l'Echo de Lammoth, vers le Golfe de Drengist. C'est là qu'avait accosté Fëanor, il y a bien longtemps de cela, et les voix de ses légions s'enflaient toujours en une puissante clameur sur les rivages septentrionaux, avant le lever de la Lune.

Pour l'histoire, beaucoup plus tardive et apparemment distincte, selon laquelle Lammoth était ainsi nommé parce que les échos du cri de Morgoth étaient réveillés par "quiconque crierait fort dans ce pays", voir [HoMe] X, p.296, §17 et commentaire, et les Contes et Légendes Inachevés, p.52. Les deux "traditions" furent intégrées au Silmarillion publié, pp.80-1, 106.
A la fin de ce paragraphe, mon père griffonna sur le manuscrit : "Il [Fëanor] donne la pierre verte à Maidros", mais alors il nota que ceci ne devait pas en fait être inséré ; voir sous le §97 ci-dessous.
§90. "et ils ne voulurent pas partir, quoi qu'il pût faire" > "... quoi qu'il pût faire, étant tenus par leur serment." Cet ajout n'est pas présent dans le LQ l ; alors que le dactylographe du LQ 2, n'étant pas capable de lire le premier mot, mit "Tinrent par leur serment", et ceci fut toléré. Cf. AG, §50.
§91. "le Soleil se leva, flamboyant, dans l'Ouest" > "le Soleil se leva, flamboyant, au-dessus des ombres" (pas dans le LQ 1).
"et du mal naissait le bien, comme cela arrive encore", enlevé.
§93. "les airs vifs de ces matins les plus anciens" > "les airs vifs des premiers matins du monde."
§94. Un sous-titre fut griffonné dans la marge, au début de ce paragraphe : De Fingon et de Maeðros (apparemment tout d'abord écrit Maidros : voir p.115, §61). Ne figurant pas dans le LQ 1, ceci fut intégré au LQ 2.
Dans la deuxième phrase "très renommé" > "très honoré" (pas dans le LQ 1).
Aux mots "car la pensée de son tourment troubla son cœur" fut ajouté (pas dans le LQ 1) : "et longtemps auparavant, dans la félicité de Valinor, avant que Melkor ne fût libéré de ses chaînes, ou que des mensonges ne s'interposassent entre eux, il avait été un ami proche de Maedros." Cf. AG, §61 et commentaire (p.115).
§95. "pour les Gnomes bannis !" > "pour les Noldor dans leur nécessité !"
§97. Une nouvelle page du manuscrit du QS démarre avec le début de ce paragraphe, et en haut de la page mon père griffonna : "La Pierre Verte de Fëanor, donnée par Maidros à Fingon." Ceci peut difficilement être autre chose qu'une référence à l'Elessar qui parvint à la fin à Aragorn ; cf. la note donnée sous le §88 ci-dessus, faisant référence à Fëanor faisant cadeau, à sa mort, de la Pierre Verte à Maidros. Il est clair, je pense, qu'à cette époque mon père réfléchissait à l'histoire passée de l'Elessar, qui apparaissait dans Le Seigneur des Anneaux ; pour ses idées plus tardives sur son origine, voir Contes et Légendes Inachevés, pp.248-52.
§98. "(Par conséquent la maison de Fëanor fut appelée celle des Dépossédés,) à cause de la malédiction des Dieux, qui donna le royaume de Tûn [plus tard > Túna] à Fingolfin, et à cause de la perte des Silmarils" fut changé (mais le changement n'est pas présent dans le LQ 1) en : "... (comme Mandos l'avait prédit) parce que d'elle, la plus ancienne, la suzeraineté passa à la maison de Fingolfin, à la fois en Elendë et au Beleriand, et également à cause de la perte des Silmarils."
Pour les mots "comme Mandos l'avait prédit", cf. AAm, §153 ([HoMe] X, p.117) ; et pour le contenu du paragraphe, voir p.115, commentaire sur les §§65-71 des AG.
§99. A la fin du paragraphe, après "il (Thingol) ne croyait pas que la retenue de Morgoth durerait éternellement", fut ajouté : "pas plus qu'il oublierait jamais totalement les actes d'Alqualondë, en raison de son amitié ancienne avec [Elwë >] Olwë, seigneur des Teleri." Sur le changement d'Elwë en Olwë, voir [HoMe] X, p.169-70.
§100. "dans une contrée inexplorée" > "dans des terres jamais foulées".
§101. Ce passage, sur la découverte de Nargothrond et de Gondolin, fut développé en trois étapes. La première modification au QS se fit par la substitution de la phrase "Mais Turgon se rendit seul en des lieux dissimulés" par :
    Pourtant sa sœur Galadriel ne se rendit jamais à Nargothrond, car elle resta longtemps en Doriath et reçut l'amour de Melian, et résida avec elle et acquit là-bas un grand savoir et une grande sagesse. Mais le cœur de Turgon se rappelait plutôt la blanche cité de Tirion sur sa colline, et sa tour et son arbre, et il voyagea seul vers des lieux dissimulés...

Par la suite, l'ensemble du §101 du QS fut barré et remplacé, sur une feuille à part, par l'ajout suivant. Cela fut intégré au premier tapuscrit LQ 1, mais dans une forme quelque peu différente de celle du complément au manuscrit, qui fut repris dans le LQ 2 et qui est donné ici.
    Et il advint qu'Inglor et Galaðriel étaient en même temps les invités de Thingol et de Melian ; car il y avait de l'amitié entre le Seigneur de Doriath et la Maison de Finrod, qui était de sa parentèle, et seuls les princes de cette maison étaient autorisés à franchir la ceinture de Melian. Alors Inglor fut empli d'émerveillement devant la puissance et la majesté de Menegroth, avec ses salles de trésor et ses armureries, et ses halls de pierre aux nombreux piliers ; et il lui vint au cœur de vouloir bâtir de vastes halls, derrière des portes toujours surveillées, en quelque profond et secret endroit sous les collines. Et il ouvrit son cœur à Thingol, et quand il partit, Thingol lui fournit des guides, et ils le conduisirent vers l'ouest, au-delà du Sirion. Ainsi fut-il qu'Inglor découvrit la profonde gorge de la Rivière Narog, et les grottes situées sur son abrupte rive opposée ; et il excava là un bastion et des armureries dans le style des palais de Menegroth. Et il nomma cet endroit Nargothrond, et établit là sa demeure, avec nombre de ses gens ; et les Gnomes du Nord, tout d'abord par dérision, l'appelèrent de ce fait Felagund, ou "seigneur des grottes", et ce nom porta-t-il par la suite, jusqu'à sa fin. Pourtant sa sœur Galaðriel ne demeura jamais à Nargothrond, mais resta en Doriath et reçut l'amour de Melian, et résida avec elle, et acquit là-bas un grand savoir et une grande sagesse en ce qui concerne la Terre du Milieu.

L'affirmation que "Galaðriel ne demeura jamais à Nargothrond" diffère de ce qui est dit dans le §108 des AG (p.44), qu'au cours de l'année 102, quand Nargothrond fut achevée, "Galadriel arriva de Doriath et y résida un temps". – Jusqu'à cet endroit, les deux formes du complément diffèrent seulement sur quelques détails lexicaux, mais ici ils divergent. La seconde forme, dans le LQ 2, se poursuit :
    Or Turgon se rappelait plutôt la Cité située sur une Colline, la belle Tirion, avec sa Tour et son Arbre, et il ne trouva pas ce qu'il cherchait, et retourna à Nivrost, et s'assit en paix près du rivage de Vinyamar. Là, après trois ans, Ulmo lui apparut en personne, et lui demanda de partir de nouveau seul au Val du Sirion ; et Turgon partit, et, guidé par Ulmo, il découvrit la vallée cachée de Tumladen dans les montagnes encerclantes, au milieu desquelles se trouvait une colline de pierre. Il n'en parla à personne pendant un temps, mais retourna à Nivrost, et commença là, dans ses conseils secrets, à concevoir le plan d'une belle cité [enlevé : en souvenir de Tirion sur Túna, après laquelle son cœur en exil languissait toujours et, bien qu'en pensée il prît beaucoup de choses en compte, il]

Pour ce passage de conclusion, le LQ 1 revient à la première réécriture, donnée au début de ce propos sur le §101 du QS, "Mais le cœur de Turgon se rappelait plutôt la blanche cité de Tirion sur sa colline..." L'explication des différences entre les deux versions doit être qu'une première forme du complément (qui n'a pas survécu) fut intégrée dans le LQ 1, et que par la suite une seconde version fut insérée, à sa place, dans le manuscrit du QS, et ainsi utilisée dans le LQ 2.
Ce texte de substitution pour le §101 du QS est étroitement apparenté aux §§75-6 des AG (p.35) ; et puisque, sur son verso, se trouve un brouillon rejeté de l'annale de substitution pour l'année 116 dans les AG (§§111-13, pp.44-5), concernant également Gondolin, il est clair que mon père travallait en même temps sur l'histoire des origines de Nargothrond et de Gondolin, à la fois dans le Silmarillion et dans les Annales. Voir plus loin pp.198 et s.
§102. Au début de ce paragraphe, un sous-titre, De Dagor Aglareb, fut griffonné sur le manuscrit, mais il ne fut repris dans aucun des tapuscrits.
"les Montagnes Bleues" > "Eredluin, les montagnes bleues"
"la deuxième grande bataille" > "la troisième grande bataille" : voir p.116, §77.


*

Quelques rares corrections furent apportées à l'une ou à l'autre des copies du LQ 2, ou aux deux en même temps. En plus de ce qui figure dans la liste ci-dessous, Inglor fut changé en Finrod, et Finrod en Finarphin, ou Finarfin, tout du long.
§92. Túna > Tirion
§98. "(la rancune) fut guérie" > "fut apaisée"
§99. "Elfes Sombres de race Telerienne" > "Elfes Sombres, les Sindar de race Telerienne".
§100. Au début de ce paragraphe, mon père inséra un nouveau numéro et un nouveau titre de chapitre : XIII La fondation de Nargothrond et de Gondolin ; et le chapitre suivant, Du Beleriand et de ses Royaumes, se vit attribuer le numéro XIV dans le LQ 2.
Nivrost > Nevrast (ainsi que subséquemment) ; la première apparition de la forme plus tardive du nom (son apparition dans le Conte de Tuor postérieur était une modification éditoriale).
§101. A côté du nom Felagund, mon père rédigea cette note : "Il s'agissait en fait d'un nom nain ; car Nargothrond fut tout d'abord bâtie par des Nains, comme il est plus tard rapporté." Un des textes importants formant part des papiers du Narn est une "esquisse d'histoire" qui commence avec Túrin s'enfuyant de Doriath, et évolue vers de la narration pure, dans un long récit des relations de Túrin avec Finduilas et Gwindor, à Nargothrond (qui, après un certain développement éditorial, fut donné dans les Contes et Légendes Inachevés, pp.155-9). Dans ce texte, il est dit ce qui suit au sujet de Mîm le Petit Nain :
    Mîm développe curieusement une certaine sympathie pour Túrin, renforcée quand il apprend que Túrin avait eu des problèmes avec les Elfes, qu'il déteste. Il dit que les Elfes ont causé l'extinction de sa race, et pris tous leurs palais, notamment Nargothrond (Nulukhizidûn).

Au-dessus de ce nom nain, mon père écrivit Nulukkhizdīn (ce nom fut utilisé, mal orthographié, dans Le Silmarillion, p.230).
§104. Glómund > Glaurung. En haut de la page, dans le QS, mon père écrivit "Glaurung pour Glómund", mais le tapuscrit du LQ, tel que tapé, a Glómund – alors que Glaurung apparaît déjà dans les Annales Grises, telles qu'elles furent rédigées.


Dernière édition par Eru le 17 Mai 2007 8:11; édité 3 fois
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MessagePosté le: 01 Mai 2007 1:06     Sujet du message: Répondre en citant

11. DU BELERIAND ET DE SES ROYAUMES


Dans le volume V (p. 407), j'écrivais ce qui suit à propos de la deuxième carte du Silmarillion :
    La deuxième carte de la Terre du Milieu à l'ouest des Montagnes Bleues dans les Jours Anciens fut aussi la dernière. Mon père n'en fit jamais d'autre ; et au fil des années, celle-ci fut couvertes par toutes les modifications et tous les ajouts de noms et d'éléments, bon nombre d'entre eux crayonnés si hâtivement ou faiblement qu'ils en deviennent plus ou moins obscurs. [...]
    La carte originale est cependant facilement visible grâce au trait fin et précautionneux (tous les changements ultérieurs furent effectués sans soin) ; et je donne ici, sur quatre pages, une reproduction de la carte telle qu'elle fut dessinée et légendée à l'origine. [...]
    La carte est sur quatre feuilles, à l'origine assemblées mais aujourd'hui séparées, sur lesquelles les cases de la carte ne correspondent pas exactement avec les feuilles. Mes reproductions suivent plutôt les cases que les feuilles originales. J'ai numéroté les cases horizontalement de 1 à 15, et verticalement de A à M, de sorte que chaque case possède une combinaison lettre-nombre distincte, afin d'y faire référence par la suite. J'espère pouvoir rendre compte plus tard de tous les changements apportés par la suite à la carte, en utilisant ces copies comme base.
C'est ce que je ferai maintenant, avant de me pencher sur les changements apportés au chapitre Du Beleriand et de ses Royaumes. Les pages suivantes reproduisent les mêmes quatre copies qui furent données en V.408-11, mais toutes les modifications et tous les ajouts subséquents sont introduits (les cases où je suis incapable d'interpréter les faibles crayonnés sont tout simplement ignorées). Les corrections de noms (comme Nan Tathrin > Nan Tathren, Nan Dungorthin > Nan Dungortheb, Rathlorion > Rathloriel) sont replacées et non indiquées comme corrections. Il faut se souvenir que, comme je l'ai déjà dit, tous les changements ultérieurs furent faits sans soin (certains d'entre eux ne sont que de simples indications griffonnées), et aussi qu'ils furent faits à des époques très différentes, au crayon, au crayon de couleur, à l'encre bleue, noire ou rouge, et au stylo à bille rouge, vert et bleu, si bien que ces copies sont loin de ressembler à la véritable carte. J'ai cependant conservé le placement des nouvelles légendes aussi fidèlement que possible presque systématiquement.
Suit une liste, case par case, des éléments et des noms lorsque des explications ou des références semblent désirables ; mais il ne s'agit en aucun cas d'un inventaire exhaustif de toutes les modifications et tous les ajouts, dont la majeure partie ne nécessite aucun commentaire.

1 Section nord-ouest (p. 182)


(1) A4 – 5. La chaîne de montagnes n'est qu'une simple ligne en zig-zag tracée d'un seul mouvement, comme le sont les montagnes en A7 (qui s'étendent à l'est jusqu'aux pics encerclant le Thangorodrim sur la section 2, A8).
(2) B4 – C4. Le nom Dor-Lómen a été griffonné de façon presque illisible ; il semble impliquer une extension de Dor-Lómen vers le nord.
(3) B7 – C7. Le nom commençant par Fen [marais] se poursuit sur la section n°2, B8, of Rivil [du Rivil], changé en of Serech [du Serech] (voir p. 113, commentaire sur le §44 des AG). Une flèche, non incluse sur cette copie, indique trois points sur le cours du Rivil, qui figurent le marais.
(4) C1. Je ne peux expliquer le nom Ened sur l'île au milieu de l'océan.
(5) C3. Il semble probable que le nom Falasquil fasse référence à la petite baie ronde noircie sur la rive sud de la grande baie menant au Firth de Drengist. Sur la réapparition remarquable de cet ancien nom, voir p. 344.
(6) C4. La coupure, clairement marquée, sur la rivière se jetant dans le Firth de Drengist représente son passage sous terre ; pour le nom Annon Gelyð, cf. Annon-in-Gelydh (la Porte des Noldor) dans le Conte de Tuor tardif, Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge. Le ravin de Cirith Ninniach est décrit dans le même texte. Le cours supérieur de la rivière est crayonnée de façon très légère et incertaine, mais il semble clair qu'elle prend sa source dans les monts de Mithrim.
(7) C6. Pour le pic ombré et nommé Amon Darthir, avec Morwen à côté, voir les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, où il est dit que la rivière Nen Lalaith « jaillissait à l'ombre de l'Amon Darthir », et qu'elle « sourcillait des collines et baignait les murs de la maison de [Húrin]. »
(8) C6 – D7. Pour la rivière Lithir, voir p. 261.
(9) C7. Pour la rivière (Rivil) qui se jette dans le Sirion, voir la section 2, C8.
(10) D2 – 4. Nevrast et les Marshes of Nevrast [marécages du Nevrast] furent tout d'abord écrits Nivrost (voir p. 179, §100). Sur le lac Linaewen et les marécages, voir p. 192 et les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge.
(11) D6. Pour la rivière Glithui, voir Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge. Dans le premier de ces passages (le Conte de Tuor tardif), le nom est Glithui, comme sur la carte, mais dans le second (le Narn), le nom est écrit tout aussi clairement Gilthui. Pour le Malduin, voir Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, et Le Silmarillion.
(12) D7. La ligne de points partant vers l'est à partir du Brithiach fut rayée, comme indiqué ; voir la section 2, §38. Pour le gué de Brithiach, voir p. 228, §28.
(13) D7. Dim est la première partie du nom Dimbard ; voir section 2, D8.
(14) E4 – F4. Anciently Eglador [autrefois Eglador] : Eglador était le nom original de Doriath, « pays des Elfes » (voir les Étymologies, V.356, base ELED), et il est indiqué ainsi sur la carte (section 2, F9). Pour son sens ultérieur, « pays des Eglain, le Peuple Abandonné, les Sindar », voir p. 189, §57 ; et ici Eglador est employé en référence à un territoire beaucoup plus large : la partie occidentale du Beleriand (voir pp. 379-80). Il faut peut-être associer cela à cette phrase du Récit des Ans (pp. 343-4) : « L'avant-garde des Eldar atteint les régions côtières de la Terre du Milieu et ce pays qui fut nommé par après Eglador. », laquelle est cependant suivie par la phrase énigmatique « Duquel Beleriand était la majeure partie. »
(15) E4 – D5. Woods of Núath [bois de Núath] : voir le Conte de Tuor tardif dans les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge.
(16) E5. Le nom Tumhalad semble avoir été écrit à deux reprises, au-dessus et au-dessous des deux petites lignes parallèles. Voir pp. 139-40, commentaire sur le §275 des AG.
(17) E5 – 6. Talath Dirnen fut tout d'abord écrit Dalath Dirnen ; voir p. 228, §28.
(18) E6 – F6. Au sud des gués du Taiglin, il est difficile d'être sûr, entre les différentes lignes pointillées incomplètes, du trajet que suivait la route vers Nargothrond, mais mon père semble l'avoir indiquée par la suite comme une ligne droite de petits tirets, comme indiqué ici.
(19) E6 – 7. À partir d'Ephel Brandir, de nombreuses lignes partent vers l'ouest et les gués du Taiglin. Je ne peux les interpréter avec certitude et ne les ai pas indiquées sur la carte. Il est possible qu'une des lignes marque la route vers les gués et une autre, le cours du Celebros. – Tavrobel sur la carte originale fut rayé et remplacé par Bar Haleth, lui aussi rayé, mais aucun site précis n'est indiqué. Pour Bar Haleth, voir p. 157, commentaire sur le §324 des AG.
(20) E7. Folk of Haleth [Peuple de Haleth] fut clairement écrit à la création de la carte, et aurait dû être inclus dans la copie (V.408).
(21) F2. Le nom Forfalas (« Falas du Nord ») n'apparaît semble-t-il nulle part ailleurs, tout comme Harfalas (« Falas du Sud »), section 3, H4.
(22) F4. Le nom original R Eglor fut rayé et remplacé par Eglahir. Plus tard, le nom Nenning fut écrit, mais Eglahir ne fut pas rayé. Voir p. 117, commentaire sur le §85 des AG.
(23) F5. Pour la ligné pointillée dans cette case, voir §59 plus bas.
(24) F6. Le mot "or" [ou] fait référence au nom Methiriad, section 3, G6.
(25) F6. Pour le changement de date de 195 en 495, voir V.139, 407.
(26) F6 – 7. Moors of the Neweglu [Landes des Neweglu] : dans les papiers du Narn se trouvent de nombreux textes concernant l'histoire de Mîm, et on y trouve un ensemble impressionnant de noms pour les Petits-Nains : Neweg, Neweglîn ; Niwennog ; Naug-neben, Neben-naug ; Nebinnog, Nibennog, Nibinnogrim, Nibin-noeg; Nognith. Le nom sur la carte, Neweglu, n'apparaît pas dans les papiers du Narn.
(27) F7. Carabel, nom d'une colline isolée, se trouve là où Amon Rûdh (la demeure de Mîm) est placée sur ma carte accompagnant Le Silmarillion. Le nom de la colline fut changé de nombreuses fois : Amon Garabel > Carabel ; Amon Carab (traduit « Colline du Chapeau ») ; Amon Narðol et Nardol (cf. la colline de feu d'alarme Nardol en Anórien) ; Amon Rhûg « la Colline Chauve » ; et Amon Rûdh, de même sens.
(28) F7. Pour Nivrim, voir QS §110 (V.261).

2 Section nord-est (p. 183)


(29) B8. (Fen) of Serech [(Marais) de Serech] : voir section 1, §3.
(30) B12 – A13. "read (71) Dor-na-Daerachas" [« lire (71) Dor-na-Daerachas »] : le nombre 71 fait certainement référence à l'année 1971, encore que d'une façon assez étrange ; l'ajout est très tardif, étant donné qu'il n'apparaît pas sur la photocopie de la carte qu'employait mon père v. 1970 (voir p. 330 et note 1, ainsi que p. 191, après §74).
(31) B12 – 13. Lothland : voir p. 128, commentaire sur les §173-4 des AG.
(32) C9. La montagne nommée Foen : dans un fragment philologique de date incertaine, on peut lire que Dorthonion « était aussi appelé Taur-na-Foen, la Forêt du Foen, car tel était le nom (qui signifie « Longue Vue » de la haute montagne au cœur de cette région. »
(33) C9 – 10. Drûn : cf. la version tardive du Lai de Leithian, III.344, vers 520 : « piège en Ladros, Drûn en feu » (voir le commentaire, III.350).
(34) C10 – 11. Pour les mentions de Ladros, voir p. 224 et §33 ci-dessus, ainsi que les Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, où Túrin est nommé « héritier de Dor-lómin et de Ladros ».
(35) C11. Dans la partie gauche de cette case, mon père écrivit Orodreth, pour le rayer plus tard. Ce placement du territoire d'Orodreth remonte à l'ancienne histoire, selon laquelle des fils de Finrod (Finarfin) en Dorthonion, « le plus à l'est demeurait Orodreth, le plus près de ses amis les fils de Fëanor » (AB 1, IV.330).
(36) C12. Maeðros est une correction de Maiðros, comme dans D12 ; dans Marches of Maidros [Marches de Maidros], le nom fut corrigé en Maedros.
(37) D8. bard est la deuxième moitié de Dimbard (voir la section 1, D7). Le nom est clairement écrit ainsi, avec un -d final, mais ailleurs la forme est toujours Dimbar.
(38) D8 – 9, E9 – 10. La ligne de points marquée List Melian fut rayée à l'est du Brithiach, comme montré (voir section 1, D7), et son extension discontinue entre l'Esgaluin et l'Aros fut ajoutée plus tard et moins soigneusement. Sur la signification de ces lignes pointillées, voir p. 333, et sur le nom List Melian (l'Anneau de Melian), voir pp. 223, 228.
(39) D9. Eryd Orgorath semble être écrit ainsi, et au-dessus apparemment Gorgorath, mais les noms sont très difficiles à déchiffrer.
(40) D9. Goroth[ ]ess : la lettre illisible dans ce nom qui n'apparaît nulle part ailleurs (et qui fut rayé sur la carte) est peut-être r.
(41) D9. Pour le pont sur l'Esgalduin marqué sur la carte publiée (et nommé Iant Iaur) et placé dans une position équivalente au coin sud-est de la case D9, voir pp. 332-3.
(42) D10. Pour Dor Dínen, voir pp. 194, 333.
(43) D10. Le Ford [Gué] sur l'Aros est clairement un ajout très tardif à la carte ; voir p. 338, note 6.
(44) D11. Pass of Aglon(d [Passe d'Aglon(d] : sur les formes Aglon et Aglond, voir p. 338, note 3.
(45) D14. Mt. Rerir : dans QS §114 (V.263), il est dit que le Grand Gelion venait du mont Rerir (première occurrence du nom) ; autour se trouvaient « de nombreux sommets moindres » (§118), et sur ses pentes orientales fut bâtie une forteresse noldorine (§142). La carte fut réalisée avant l'émergence du mont Rerir, et mon père se contenta d'écrire le nom près du sommet, pas particulièrement voyant, à la fin de la ligne marquant le Grand Gelion.
(46) E8 – D8. Le nom R. Mindeb fut écrit sur la carte lors de sa création, mais fut omis par inadvertance de ma copie (V.409).
(47) E11. Himlad : sur le sens du nom, et sa justification, voir p. 332 et note 4.
(48) E11. Gladuial : je n'ai trouvé ce nom nulle part ailleurs.
(49) E11. Raðrim : la ligne reliant le nom à la zone boisée entre Aros et Celon est faiblement crayonnée sur la carte. Raðrim n'apparaît dans aucun texte narratif, mais on le trouve dans les Étymologies (V.382-3, bases RAD et RĪ) ; « Radhrim Marche de l'est (partie de Doriath) ».
(50) E12 – 13, F13. Les mots "north road of Dwarves" [« route nord des Nains »] sont très faibles et indistincts, mais il semble n'y avoir aucune autre interprétation possible. Sur la question très complexe des routes naines du Beleriand oriental, voir pp. 334-6.
(51) E12. Un mot faiblement crayonné en haut de cette case pourrait être interprété comme "Marshes" [Marécages].
(52) F9. Eglador crayonné sous Doriath : voir §14 ci-dessus.
(53) F10. Arthórien : voir pp. 112-13, commentaire sur le §38 des GA, et l'entrée suivante.
(54) F10. Garthúrian (qu'on pourrait aussi lire Garthúrien) : dans le texte cité au §32 ci-dessus, il est dit que « les Noldor utilisaient souvent le nom Arthúrien pour Doriath, bien que ce ne soit rien d'autre qu'une altération du sindarin Garthúrian "royaume caché". »
(55) F11. Estoland : la forme est claire, mais partout ailleurs le nom est Estolad.

3 Section sud-ouest (p. 184)


(56) G2. Le Cape Andras [Cap Andras] est mentionné dans Quendi et Eldar, p. 379. Cf. Andrast « Long Cap » tout à l'ouest du Gondor (Index des Contes et Légendes Inachevés).
(57) G3 – H3. Les noms Eglamar (tel qu'appliqué ici) et Emyn Eglain (ou Hills of Eglamar [Collines d'Eglamar]) n'apparaissent dans aucun texte narratifs. Eglamar est l'un des plus anciens noms dans le légendaire de mon père : avec Eldamar, de même sens, « Demeure des Elfes », il désigne le pays des Elfes en Valinor, Egla étant « le nom gnome des Eldar qui vécurent à Kôr » (voir I.251, II.338 ; également les Étymologies, V.356, base ELED). Les anciens noms Eglamar, Eglador, Eglorest (> Eglarest), jamais abandonnés, furent par la suite associés au nom par lequel les Sindar s'appelaient eux-mêmes, Eglath « le Peuple Abandonné » (voir X.85, 164). Dans Quendi et Eldar (p. 365), l'étymologie d'Eglain, Egladhrim est donnée – bien que ce ne soit pas la seule que mon père ait avancée ; et plus loin dans cet essai (pp. 379-80) on explique pourquoi ces noms étaient employés dans les Falas, parmi les gens de Círdan. (Je ne peux expliquer l'application du nom Eglamar à l'Arthórien, petite région au sud-est de Doriath entre l'Aros et le Celon, dans la note citée p. 112, dans le commentaire du §38 des AG.)
(58) G4. Le nom Eglorest sur la carte originale ne fut pas corrigé en Eglarest, la forme ultérieure.
(59) G5 – 6, H5 – 6. L'étendue de Taur-na-Faroth (ou Haut Faroth) est marquée par la ligne pointillée (s'étendant un peu au nord de Nargothrond dans la section 1, F5) comme une région très vaste, dont la forme rappelle un peu une empreinte de pas ; cf. la représentation des Collines des Chasseurs sur la première carte du Silmarillion (Vol.IV, entre les pages 220 et 221). Les points marquant la partie la plus australe furent effacés, et des lignes grossières (non représentées sur cette copie) traversant la case G5 du centre-gauche à en bas à droite suggèrent une réduction de l'étendue des hautes terres. Voir §65, plus bas.
(60) G5. Le nom Ingwil ne fut pas corrigé en Ringwil, la forme ultérieure (voir p. 197, §112).
(61) G6. Je n'ai pas trouvé le nom Methiriad du « Beleriand central » ailleurs.
(62) H2. Barad Nimras remplace Tower of Tindabel [Tour de Tindabel], sautant la forme intermédiaire Ingildon : voir p. 197, §120.
(63) H3. La côte au sud-ouest d'Eglarest fut étendue en un petit cap nommé Ras Mewrim, un nom qui n'apparaît nulle part ailleurs ; dans Quendi et Eldar (pp. 379-80), il a pour nom Bar-in-Mŷl « Demeure des Mouettes ».
(64) H4. Harfalas : voir §21 ci-dessus.
(65) J5 – 7, K5 – 6. J'ai mentionné ci-dessus (§59) que la partie sud de la ligne pointillée marquant l'étendue du Taur-na-Faroth fut plus tard effacée ; mais la haute région d'Arvernien (clairement ajouté à la carte après la ligne pointillée) est montrée s'étendant par un col étroit pour rejoindre l'extrémité sud du Taur-na-Faroth tel qu'indiqué à l'origine : autrement dit, il existe une grande chaîne de collines s'étendant de près de la côte australe jusqu'à un peu au nord de Nargothrond, à travers ce « col ».
(66) K5 – 6. Le nom Earendil en K6, quoique séparé, est probablement associé à Ship-havens [Havres de navires] en K5. Cf. le début de la chanson de Bilbo à Fondcombe :

Eärendil était un marin
qui demeurait en Arvernien ;
il construisit un bateau d'arbres abattus
à Nimbrethil pour naviguer...


4 Section sud-est (p. 185)


(67) G8 – 9, H8 – 11. L'Andram n'est marqué que comme une ligne faiblement crayonnée de petites courbes, plus vagues et moins claires que sur ma copie.
(68) G11 – 13. Une ligne de tirets vagues s'étend vers l'ouest à partir d'un point situé un peu au-dessus de Sarn Athrad, dans la case G13 : il s'agit peut-être du tracé de la route naine après le passage du Gelion. La ligne dévie légèrement vers le nord-ouest à travers G12 et sort de G11 par le coin supérieur gauche, réapparaissant peut-être dans la section 2, F10, où (si cela est correct) elle atteint l'Aros juste avant que le Celon ne s'y jette. Voir p. 334.
(69) G14. La correction de Rathloriel en Rathlorion est un changement précoce (V.407). Un nom fut hâtivement crayonné en-dessous ; il se lit très probablement Rathmalad (cf. Le Récit des Ans, p. 353, où cette rivière porte le nom Rathmallen).
(70) H11 – 12. Rhamdal : le nom est ainsi épelé dans QS §142 (à côté de Ramdal dans le §113, forme adoptée dans Le Silmarillion) et dans les Étymologies, V.390, base TAL ; cf. ibid. V.382, base RAMBĀ, « noldorin rhamb, rham ».
(71) K10 – 11. Le nom South Beleriand [Beleriand austral], griffonné, fut rayé.
(72) K9 – 11, L9 – 11. Pour le nom Taur-im-Duinath de la grande région boisée entre le Gelion et le Sirion dans le Silmarillion publié et sur la carte, voir p. 193. §108.
(73) L14 – 15. Tol Galen : le cours divisé de l'Adurant (d'où provient son nom d'après les Étymologies, V.349, base AT(AT)) qui entoure l'île de Tol Galen est représenté deux fois. La plus petite des deux divisions fut dessinée à l'encre (il semble que la forme oblongue en elle-même représente l'île, auquel cas la zone comprise entre elle et les deux cours d'eau est peut-être une région de très faible altitude, ou des marécages) ; la plus grande, selon laquelle la branche nord quitte l'autre bien plus à l'est et la rejoint bien plus à l'ouest, fut ajoutée au crayon, de même que le nom. Le nom Tol Galen fut écrit une troisième fois (encore au crayon) dans la partie supérieure de la case M14.
(74) L14 – 15. Les montagnes de ces cases, s'étendant vers le nord dans la case K15, furent crayonnées très rapidement, et celles au nord de Tol Galen furent peut-être effacées.
Sur la ligne M, au bas de la carte, se trouvent ces notes crayonnées (une nouvelle fois avec le nombre 71, voir p. 187, §30) : « Ces noms de rivières nécessitent d'être révisés en des mots étymologisables. Celon devrait aller. Gelion devrait être Duin Dhaer. » Au sujet de ces changements, voir pp. 336-7 et note 10.

*

Je me tourne maintenant vers le développement du chapitre Du Beleriand et ses royaumes. La grande majorité des changements apportés au texte de QS (chapitre 9, V.258-66, §105-21) se trouvent dans le premier tapuscrit LQ1, mais d'autres non, et n'apparaissent que dans LQ2 : ces cas sont mentionnés dans le compte-rendu qui suit. Je ne mentionne pas les changements Melko > Melkor, Helkaraksë > Helkaraxë, Bladorion > Ard-galen, Eglorest > Eglarest.

§105 Après les mots « dans les jours anciens » à la fin de la première phrase, la note de bas de page suivante fut ajoutée à QS. Comme d'habitude, la personne qui tapa LQ1 inséra la note dans le corps du texte, mais elle apparaît en bas de page dans LQ2, dont le dactylographe travaillait de nouveau directement à partir du manuscrit.
    Ces sujets, qui ne sont pas abordés dans le Pennas de Pengolod, je les ai ajoutés et tirés du Dorgannas Iaur (la description des formes des terres d'antan que Torhir Ifant fit et qui est conservée en Eressëa), ceux qui les liront comprendront peut-être plus clairement ce qui est dit par la suite des princes et de leurs guerres : dixit Ælfwine.
Sur le Pennas de Pengolod, voir V.201-4.
« Celles-là Melkor avait bâties dans les jours anciens » > « Celles-là Melkor avait bâties en des âges passés »

§106 Hísilóme fut écrit dans la marge du manuscrit en face d'Hithlum dans le texte (ce dernier n'est pas rayé). Cela n'apparaît pas dans QT 1, mais QT 2 a « Hithlum (Hísilóme) » dans le texte.
Eredlómin > l'Eryd Lammad. Cette forme (absente de QT 1) n'a pas apparu auparavant, et je crois qu'elle n'existe nulle par ailleurs : dans le §105 Eredlómin fut laissé inchangé.
« Et Nivrost était une région plaisante irriguée par les vents humides de la mer et protégée du nord, tandis que le reste d'Hithlum était ouvert aux vents froids » fut rayé et remplacé par ce qui suit (et n'apparaît pas dans QT 1) :
    Et pour certains Nivrost faisait partie du Beleriand plutôt que de Hithlum, car c'était une terre moins âpre, arrosée par les vents humides venus de la mer et protégée au nord et à l'est, tandis qu'Hithlum était ouvert aux froids vents du nord. Mais c'était un pays creux, entouré de montagnes et, du côté de la mer, de falaises plus hautes que la plaine, où ne coulait aucune rivière. En son cœur se trouvait un grand lac aux rives incertaines, étant entouré de larges marais. On l'appelait Linaewen à cause de la multitude d'oiseaux qui vivaient là, ceux qui aiment les hautes herbes et les eaux peu profondes. À l'arrivée des Noldor beaucoup des Elfes Gris (parents de ceux des Falas) vivaient encore en Nivrost, près des côtes, et particulièrement autour du mont Taras au sud-ouest ; car Ulmo et Ossë avaient coutume de s'y rendre au temps jadis. Tout ce peuple choisit Turgon comme seigneur, et ainsi advint-il qu'en Nivrost le mélange des Noldor et des Sindar débuta plus tôt que nulle part ailleurs ; et Turgon vécut longtemps dans ces salles qu'il nomma Vinyamar, sous le mont Taras près de la Mer. Ce fut là qu'Ulmo lui apparut plus tard.
Ce passage introduit un certain nombre de nouveaux éléments : la topographie de Nivrost (les hautes falaises sont représentées sur la seconde carte telle qu'elle fut dessinée à l'origine, p. 182), et le lac Linaewen (qui apparaît aussi dans le Conte de Tuor tardif, Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge, avec la même description de Nivrost comme d'une « terre creuse ») ; la venue d'Ulmo et d'Ossë au mont Taras autrefois ; et la conception d'Elfes sindarins vivant en Nivrost près de la côte et notamment autour du mont Taras, et qu'ils prirent Turgon comme seigneur après le retour des Noldor en Terre du Milieu. L'histoire tardive selon laquelle le peuple de Turgon comprenait nombre d'Elfes Gris apparaît dans l'annale réécrite pour l'année 116 dans les AG (voir les §§107, 113 et le commentaire associé).
La note de bas de page dans le manuscrit de QS « nom ilkorin » à la phrase « le grand plateau que les Gnomes nommèrent tout d'abord Dorthonion » fut rayée, et dans le texte « Gnomes » fut corrigé en « Elfes noirs ».
L'étendue du Dorthonion d'ouest en est fut modifiée de « cent lieues » à « soixante lieues ». Au sujet de ce changement, effectué pour adapter la distance à la seconde carte, voir V.272.

§107 La longueur du Sirion de la Passe au Delta fut modifiée de « cent et vingt-et-une lieues » en « cent et trente-et-une lieues ». La première mesure (voir V.272) était la longueur du Sirion en ligne droite du nord de la Passe au Delta, la nouvelle mesure correspond à la distance entre Eithel Sirion et le Delta.

§108 Une note de bas de page fut ajoutée à la première occurrence de Eredlindon :
    Ce qui signifiait les Montagnes d'Ossiriand, car les Gnomes [QT 2 Noldor] appelaient cette terre Lindon, la région de musique, et ils virent pour la première fois ces montagnes en Ossiriand. Mais leur véritable nom était Eredluin les Montagnes Bleues, ou Luindirien les Tours Bleues.
Cette note, qui remonte peut-être à une période peu éloignée de l'écriture de QS, a été donnée et étudiée en V.267, §108. Les cinq derniers mots furent rayés sur le manuscrit et n'apparaissent pas dans QT 1, dont le dactylo a placé la note dans le corps du texte et embrouillé le passage entier, qui est cependant resté inchangé. Les mots « dixit Ælfwine » furent ajoutés au manuscrit à la fin de la note de bas de page, mais n'apparaissent que dans QT 2.
« une forêt impénétrable » > « Taur-im-Duinath, une forêt impénétrable » (de la région entre le Sirion et le Gelion au sud d'Andram ; voir le commentaire sur le §113 ci-dessous). Sur la seconde carte, cette région est nommée Taur i Melegyrn ou Taur na Chardhîn (voir p. 185).
« tant que la terre vécut » > « tant que leur royaume vécut »

§109 L'étendue du Beleriand occidental entre le Sirion et la Mer fut modifiée de « soixante-dix lieues » en « quatre-vingt-dix neuf lieues », une autre modification destinée à harmoniser les distances avec la seconde carte (voir V.272).
Dans « le royaume de Nargothrond, entre Sirion et Narog », « Sirion » fut changé en « Taiglin ».

§110 Tout ce qui suit les mots « d'abord les terres vides » au début du paragraphe de QS jusqu'à « Ensuite au sud s'étendait le royaume de Doriath » fut rayé et remplacé par ce qui suit, écrit sur une feuille volante :
    d'abord entre Sirion et Mindeb la terre vide de Dimbar sous les pics du Crissaegrim, demeure des aigles, au sud du Gondolin (bien que ce fait fût pour longtemps inconnu) ; ensuite entre le Mindeb et le cours supérieur de l'Esgalduin la terre vide de Nan Dungorthin. Et cette région était habitée par la peur ; car d'un côté le pouvoir de Melian barrait les marches nordiques de Doriath, mais de l'autre côté les précipices abrupts d'Ered Orgoroth [> Orgorath], montagnes de la terreur, descendaient depuis le haut Dorthonion. Là Ungoliantë avait fui devant les fouets des Balrogs, et là vécu un moment, emplissant les ravins hideux de ses ténèbres mortelles, et là encore après son départ sa progéniture infâme rampa et tissa ses toiles maléfiques ; et les minces eaux qui naissaient en Ered Orgoroth [> Orgorath] étaient toutes souillées, et périlleuses à boire, car les cœurs de ceux qui les goûtaient s'emplissaient des ombres de la folie et du désespoir. Tout ce qui vit fuyait cette région, et les Noldor ne traversaient Nan Dungorthin qu'en cas de nécessité absolue, par des chemins proches des frontières de Doriath et loin des collines hantées.
    Mais celui qui osait emprunter ce chemin vers l'est atteignait, en traversant l'Esgalduin et l'Aros (et Dor Dínen la terre silencieuse entre les deux), les Marches Nordiques du Beleriand, où les fils de Fëanor demeuraient. Mais au sud s'étendait le royaume de Doriath...
Au sujet du nom Crissaegrim (qui apparaît en AG §161, épelé Crisaegrim), voir V.290, §147. Ce passage marque la première apparition de Dor Dínen « la Terre Silencieuse » (ajouté à la carte p. 183, case D10). L'histoire selon laquelle Ungoliantë vécut en Nan Dungorthin après avoir fui les Balrogs apparaît dans les Annales d'Aman (X.109, 123 ; voir aussi X.297, §20).
« là où il [he] tournait vers l'ouest » (en référence à l'Esgalduin) > « là où il [it] tournait vers l'ouest ».

§111 La note en marge du nom Thargelion « ou Radhrost » fut corrigée en « Radhrost dans la langue de Doriath ».
Cette région était appelée par les Elfes de Doriath Umboth Muilin, les Étangs du Crépuscule, car de nombreuses brumes » > « Cette région était appelée par les Noldor Aelinuial et par les Elfes sombres Umboth Muilin, les Étangs du Crépuscule, car ils étaient enveloppés de brume », et la note de bas de page donnant les noms gnomiques Hithliniath et Aelin-uial fut rayée (de même dans QT 1). Une correction ultérieure fit disparaître les mots « et par les Elfes sombres Umboth Muilin » (de même dans QT 2).

§112 Le premier mot « Car » fut changé en « À présent » ; et dans la phrase suivante « Umboth Muilin » fut changé en « Aelin-uial ».
Le passage commençant par « pourtant le lit inférieur du Sirion » fut réécrit pour donner : « pourtant le lit inférieur du Sirion était séparé de son lit supérieur par cette dénivellation, et celui qui regardait depuis le sud verrait comme une chaîne de collines ininterrompue ». Dans la phrase suivante « Le Narog descendait vers le sud à travers de profondes gorges » > « Le Narog traversait ces collines à travers de profondes gorges ». (Le texte publié (V.262) comprend une erreur ; « sur sa rive orientale s'élevait » devrait être « sur sa rive orientale la terre s'élevait ».)

§113 La dernière phrase du paragraphe (et le début du §114) fut réécrite pour donner :
    Mais jusqu'à cette époque toutes les grandes forêts au sud de l'Andram et entre Sirion et Gelion étaient peu connues. Taur-im-Duinath, la forêt entre les deux fleuves, était le nom de cette région chez les Gnomes [QT 2 Noldor], mais peu s'aventurèrent jamais dans cette région sauvage ; et à l'est de celle-ci se trouvait le beau et vert pays d'Ossiriand...
Au sujet de Taur-im-Duinath, voir le commentaire sur le §108 ci-dessus.

§114 Une note de bas de page au texte de QS est apportée au nom Adurant. Comme celle du §108, elle fut peut-être écrite relativement tôt (voir mes remarques dans le commentaire, V.268) :
    Et à un point situé près du milieu de son cours, le flot de l'Adurant se divisait et se rejoignait, enclosant une belle île ; et on l'appella Tolgalen, l'Île Verte. Là vécurent Beren et Lúthien après leur retour.
§115 La première phrase du paragraphe fut réécrite comme suit :
« Là vivaient les Nandor, les Elfes du Clan de Dân, qui au commencement étaient de race telerienne, mais abandonnèrent leur seigneur Thingol durant la marche depuis Cuiviénen... » Sur la première apparition du nom de Nandor, un peuple issu à l'origine du peuple des Noldor, voir X.169, §28.
« Autrefois le seigneur d'Ossiriand était Denethor » : « fils de Dân » ajouté après « Denethor ». Dans la même phrase, « Melko » > « Morgoth ».
On notera que les mots « en ces jours où les premiers Orques furent conçus » ne furent jamais modifiés.
À la fin du paragraphe, mon père ajouta : « Ce pourquoi les Noldor nommaient cette terre Lindon », avec une note de bas de page « [Le Pays de Musique >] La Terre du Chant » (voir ci-dessus, §108) ; et « (Ici s'achève la matière prise dans le Dorgannas) » ; à ce sujet, voir ci-dessus, §105.

§116 La fin de ce paragraphe, après les mots « Mais Turgon le sage, second fils de Fingolfin, tenait Nivrost », fut rayée et remplacée par ce qui suit (et qui n'apparaît pas dans QT 1) :
    (Mais Turgon le sage [...] tenait Nivrost), et régnait là sur une population importante, à la fois de Noldor et de Sindar, pendant cent et seize années, jusqu'à ce qu'il parte en secret pour un royaume caché, comme il est relaté par la suite.
Ce passage va de pair avec le long substitut du §106 donné plus haut, qui de la même façon est absent de QT 1.

§117 « Mais Angrod et Egnor surveillaient Bladorion » > « Ses frères cadets Angrod et Egnor surveillaient les plaines d'Ard-galen »

§120 Tindobel (voir V.270, commentaire sur les §§119-20 de QS) > Ingildon (cf. AG §90 et son commentaire, p. 118).

*

Ce sont là tous les changements (excepté un petit nombre n'ayant aucune signification) apportés au manuscrit de QS. Un certain nombre de modifications supplémentaires furent apportées à la copie principale du tapuscrit tardif QT 2 (la copie carbone ne fut pas touchée).
Le numéro de chapitre « XIV » fut inséré (voir p. 179, §100) ; et en haut de la première page mon père écrivit : « Ceci est un encart géographique et politique qui peut être omis. Il nécessite une carte, dont je n'ai pas le temps de faire une copie. » Ces phrases laissent penser qu'il préparait le tapuscrit QT 2 pour que quelqu'un le voie (cf. ce qu'il écrivit à côté du §82 dans le chapitre « Des Hommes » de QT 2 : « Cela repose sur une ancienne version dans laquelle le Soleil apparut après la mort des Arbres (décrite dans un chapitre omis) », p. 175), auquel cas les mots « qui peut être omis » étaient plus probablement un conseil au lecteur présumé qu'une déclaration d'intention au sujet de l'inclusion du chapitre dans Le Silmarillion.

§105 Ered-engrin > Eryd Engrin
« (Utumno)... à l'extrémité occidentale » > « au centre ». Ce déplacement d'Utumno vers l'est est sous-entendu dans la note rapidement griffonnée sur le texte du chapitre 2, De Valinor et les Deux Arbres, de QT 2, où apparaît le fait qu'Angband fut également bâtie dans les jours anciens, « non loin des côtes nord-ouest de la Mer » (voir X.156, §12, et l'ajout fait à ce paragraphe donné plus bas).
Eredwethion > Erydwethrin (de même par la suite).
Eredlómin > Erydlómin. Dans le §106 de QT 2 le nom des montagnes de l'Écho est Eryd Lammad, d'après le changement apporté au manuscrit de QS là-bas (p. 192), mais pas ici ; et Eryd Lammad put rester.
Le passage « Derrière leurs murs, Melkor à son retour en Terre du Milieu édifia les souterrains sans fin d'Angband, les enfers de fer, où autrefois Utumno s'était tenue. Mais il fit un grand tunnel en dessous d'eux » fut corrigé dans QT 2 de la façon suivante :
    Derrière leurs murs Melkor avait aussi construit une forteresse (appelée Angband par la suite) pour se défendre contre l'Ouest, si jamais une attaque devait venir de Valinor. Elle était commandée par Sauron. Elle fut prise par les Valar, et Sauron s'enfuit et se dissimula ; mais dans leur hâte de vaincre Melkor en sa grande citadelle d'Utumno, les Valar ne détruisirent pas totalement Angband et ne fouillèrent pas tous ses souterrains ; et Sauron revint là comme nombre d'autres créatures de Melkor, et là ils attendirent avec espoir le retour de leur Maître. Lorsqu'il revint en Terre du Milieu, Melkor s'établit donc dans les souterrains sans fin d'Angband, les enfers de fer ; et il fit un grand tunnel en dessous d'eux ...
§106 Nivrost > Nevrast (et dans les paragraphes suivants ; voir p. 179, §100). La note de bas de page à la première occurrence de Nivrost « Qui est le Val de l'Ouest dans la langue de Doriath » fut rayée et remplacée par la suivante :
    Qui est la « Côte d'Ici » dans la langue sindarine, et fut donné tout d'abord à toutes les terres côtières au sud du Drengist, mais fut plus tard limité aux terres dont les rivages s'étendent entre Drengist et le mont Taras.
§108 Une note de bas de page fut ajoutée au nom Taur-im-Duinath (ajout tardif à QS, p. 193) : « Forêt entre les Rivières (sc. Sirion et Gelion) ». Cette interprétation apparaît en fait en un point ultérieur d'une une réécriture du texte de QS : p. 195, §113.

§110 À chacune des deux occurrences de Nan Dungorthin dans le long passage de remplacement de ce paragraphe donné en pages 193-4, la forme ultérieure Nan Dungortheb fut substituée.

§111 Damrod et Díriel > Amrod et Amras, aussi dans le §118 ; cf. X.177.
La note de bas de page révisée apposée au nom Thargelion, « Radhrost dans la langue de Doriath » (p. 194), fut rayée sans être remplacée (voir le commentaire sur le §118 ci-dessous).
Cranthir > Caranthir, et dans le §118 ; cf. X.177, 181.

§112 Taur-na-Faroth > Taur-en-Faroth à chaque occurrence.
Ingwil (le torrent se jetant dans le Narog à Nargothrond) > Ringwil.
Inglor > Finrod (de même dans les paragraphes qui suivent).

§117 Finrod > Finarfin

§118 À la fin du paragraphe Dor Granthir > Dor Caranthir ; le même changement fut effectué dans la note de bas de page, et Radhrost fut remplacé par Talath Rhúnen, tout en conservant la traduction « Val de l'Est ». Voir le commentaire sur le §111 ci-dessus.

§119 « Mais Inglor était roi de Nargothrond et suzerain des Elfes Sombres des havres occidentaux, et avec son aide Brithombar et Eglarest furent rebâties » fut réécrit ainsi :
    Mais Finrod était roi de Nargothrond et suzerain de tous les Elfes Sombres de Beleriand entre le Sirion et la Mer, excepté aux Falas. C'est là que vivaient encore ceux des Sindar qui aimaient encore les navires et la Mer, et ils avaient de grands havres à Brithombar et Eglarest. Leur souverain était Círdan le Charpentier. Finrod et Círdan étaient amis et alliés, et avec l'aide des Noldor Brithombar et Eglarest furent rebâties...
Finrod (Inglor) perd la suzeraineté sur les Elfes des Falas avec l'émergence de Círdan, mais mon père omit de corriger le passage antérieur de QS (§109) qui disait que « les Elfes Sombres des havres ... choisirent Felagund, seigneur de Nargothrond, pour être leur roi. » L'état décrit dans ce §119 entre en accord avec ce qui est dit dans AG §85 (voir aussi le commentaire, p. 117).

§120 Dans la première phrase de ce paragraphe, l'ancien nom Tindobel avait été remplacé par Ingildon (p. 196) ; il fut maintenant remplacé par Nimras (cf. Barad Nimras, qui remplaça Tour de Tindabel sur la seconde carte, p. 190, §62).

Certaines des modifications apportées à QT 2 furent également effectuées sur le tapuscrit bien plus ancien de QT 1 : Ringwil (§112), Talath Rhúnen (§118), Nimras (§120). En outre, Dor Granthir fut corrigé en Dor Cranthir (§118), et le passage concernant la seigneurie des Falas (§119) fut inséré, mais toujours avec le nom Inglor : ces changements ne furent donc pas effectués au même moment que ceux de QT 2, qui donne Dor Caranthir et Finrod.


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MessagePosté le: 01 Mai 2007 1:07     Sujet du message: Répondre en citant

12. DE TURGON ET DE LA CONSTRUCTION DE GONDOLIN


Ce court chapitre, de trois pages manuscrites, portant ce titre mais sans numéro, fut inséré dans le manuscrit du QS, à la suite de Du Beleriand et de ses Royaumes.
Plus tôt dans le manuscrit (§101, dans le chapitre Du Siège d'Angband), fut inséré un long complément, concernant la fondation de Nargothrond par Inglor, et la découverte de Gondolin par Turgon : voir pp.177-9. Comme je l'expliquai là, ce complément existe dans deux formes partiellement distinctes, la première se trouvant dans la série de tapuscrits du LQ 1, et la deuxième sur une feuille insérée dans le manuscrit du QS (car elle apparaît dans le tapuscrit tardif LQ 2). Il ne fait pas de doute que le nouveau chapitre (qui n'apparaît pas dans la série de tapuscrits du LQ 1) a été écrit à la même époque que la forme révisée de ce complément du §101, et c'est à celle-ci que les mots ouvrant le nouveau chapitre ("Il a été raconté comment, guidé par Ulmo...") font référence. (J'ai aussi noté, p.179, que, sur le verso de ce complément, se trouve un brouillon rejeté du texte de substitution pour l'année 116 dans les Annales Grises, §§111-13 ; pour ceci, voir ci-dessous, à la fin du troisième paragraphe du texte.)
Il n'est pas besoin de donner De Turgon et de la Construction de Gondolin en entier, car, comme il sera rapidement constaté, une bonne part en a déjà été donnée.


De Turgon et de la Construction de Gondolin

Il a été raconté comment, guidé par Ulmo, Turgon de Nivrost découvrit la vallée cachée de Tum-laden, qui se trouve (comme on l'apprit par la suite) à l'est des eaux supérieures du Sirion, dans un cercle de montagnes, hautes et escarpées, et nulle chose vivante ne venait là-bas hormis les aigles de Thorondor. Mais il existait un chemin profond sous les montagnes, creusé dans l'obscurité du monde par des eaux qui en coulaient pour aller rejoindre le flot du Sirion ; et ce chemin, Turgon le trouva, et il arriva ainsi sur la verte plaine au milieu des montagnes, et vit la colline isolée qui se dressait là, de roche dure et lisse, car la vallée se trouvait avoir été un grand lac dans des jours anciens. Alors Turgon sut qu'il avait trouvé le lieu qu'il désirait, et il résolut de bâtir là une belle cité, en souvenir de Tirion sur Túna, après laquelle son cœur en exil languissait toujours. Mais il retourna à Nivrost, et demeura là en paix, bien qu'il ne cessât de réfléchir à comment il pourrait accomplir son dessein,


La conclusion de ce paragraphe avait déjà été utilisée, mais elle fut abandonnée avant d'avoir été achevée, à la fin du complément du §101 du QS, p.179.

Par conséquent, après Dagor Aglareb, l’inquiétude qu’Ulmo avait semée dans son cœur se rappela à lui, et il appela nombre de ses gens les plus robustes et les plus habiles, puis les conduisit secrètement vers la vallée cachée, et là ils entamèrent la construction de la cité que Turgon avait conçue en son cœur ; et ils établirent une surveillance tout autour d'elle, de telle manière que nul ne pût les surprendre dans leur œuvre, qui viendrait de l’extérieur, et le pouvoir d'Ulmo, qui courait sur le Sirion, les protégea.


Dans ce deuxième paragraphe, mon père suivait l'annale révisée pour l'année 64 dans les AG (§89), mais faisait tout sauf simplement la recopier ; "la vallée cachée" se substitua à "Gondolin" des AG, car désormais Turgon était contre le fait de nommer sa cité avant qu'elle ne fût achevée.

A présent, Turgon résidait encore la plupart du temps à Nivrost, mais il advint que la Cité fut finalement achevée, après cinquante et deux années de labeur ; et Turgon lui choisit un nom, et elle fut nommée Gondolin [dans la marge : le Rocher Caché]. Alors Turgon se prépara à quitter Nivrost et à abandonner ses beaux halls situés à côté de la Mer ; et là, de nouveau, Ulmo vint à lui et lui parla.


A partir d'ici, le nouveau chapitre du Silmarillion suit presque mot à mot le texte de substitution de l'annale pour 116 dans les AG (§§111-13) : les paroles d'Ulmo à Turgon, et le départ de Vinyamar à Gondolin. La raison en est simple : comme je l'ai noté dans le commentaire du §113 des AG (p.120), mon père inscrivit, en face de l'annale révisée pour 116 : "Mettre ceci plutôt dans le Silmarillion et y substituer un court récit" (le "court récit" en question est donné ibid.).
Le texte du nouveau chapitre se sépare de celui des Annales Grises à partir des mots "franchit les portes dans les montagnes, puis elles furent closes derrière lui" ; les mots de conclusion du §113 des AG ("Mais Nivrost se trouva vide de monde et demeura ainsi jusqu'à la ruine du Beleriand") ne furent pas repris ici, mais ils furent intégrés subséquemment.


Et pourtant, par la suite, nul n'y pénétra pendant maintes longues années (hormis les seuls Húrin et Handir, envoyés par Ulmo), et l'armée de Turgon ne sortit plus jusqu'à l'Année de la Lamentation [enlevé, probablement au moment de l'écriture : et la ruine des Noldor], plus de trois cent cinquante années plus tard. Mais derrière le cercle des montagnes, le peuple de Turgon crût et prospéra, et il mit en œuvre son habileté dans un incessant labeur, de telle sorte que Gondolin sur Amon Gwareth devint belle et fut digne d'être même comparée à la Tirion des Elfes d'au-delà de la Mer. Hauts et blancs étaient ses murs, et ses escaliers étaient polis, et puissante et élevée était la Tour du Roi. Coulaient là-bas des fontaines brillantes, et dans les jardins de Turgon se dressaient des Arbres à l'image de ceux d'antan, que Turgon avait lui-même ouvrés avec l'art des Elfes ; et l'Arbre qu'il avait fait d'or était nommé Glingal, et l'Arbre dont d'argent il fit les fleurs était nommé Belthil, et la lumière qui jaillissait d'eux emplissait tous les chemins de la cité. Mais plus belle que toutes les merveilles de Gondolin était Idril, la fille de Turgon, elle qui était appelée Celebrindal, le Pied d'argent, pour la blancheur de ses pieds nus, mais ses cheveux étaient tels l'or de Laurelin, avant la venue de Melkor. Ainsi Turgon vécut-il longtemps dans une félicité plus grande qu'aucun de ceux qui se trouvaient à l'est de la Mer ; mais Nivrost était désertée, et demeura vide de ses habitants jusqu'à la ruine du Beleriand ; et ailleurs, les doigts de l'ombre de Morgoth s'allongeaient depuis le Nord.


La phrase ouvrant ce passage de conclusion, avec la référence à l'entrée de Húrin et de Handir de Brethil à Gondolin, montre qu'il correspond à la forme originelle de cette histoire dans les Annales Grises (§§149-50, et voir le commentaire, pp.124-5) ; l'histoire plus tardive, selon laquelle il s'agissait de Húrin et de son frère Huor, apparaît dans le long complément, §§161-6 des AG.
Aussi bref soit-il, il s'agit là du seul récit que mon père écrivit sur la cité de Gondolin elle-même, après celui figurant dans le Q ([HoMe] IV, p.139-40) – toutefois, il y a aussi les notes qui suivent le texte abandonné du Conte de Tuor postérieur (Contes et Légendes Inachevés, p.56, note 31). Que les Arbres de Gondolin fussent des images réalisées par Turgon, cela fut observé dans une note de bas de page relative au Chapitre 2 du QS, De Valinor et des Deux Arbres (voir [HoMe] V, p.210-11 ; [HoMe] X, p.155), et ceci est repris ici – mais avec l'ajout que "la lumière qui jaillissait d'eux emplissait tous les chemins de la cité".
Il n'existe qu'un seul autre texte du nouveau chapitre, le manuscrit LQ 2, où il soit numéroté "XV" (voir p.196). Mon père apporta quelques corrections à celui-ci : Nivrost > Nevrast, comme dans les chapitres précédents ; Eryd Wethion > Eryd Wethrin ; Handir > Huor (voir ci-dessus) ; et Amon Gwareth > Amon Gwared. La note en marge, présentant Gondolin comme "le Rocher Caché", fut placée dans une note de bas de page du LQ 2, laquelle mon père développa-t-il comme suit :
    Ou ainsi son nom fut-il par la suite connu et interprété, mais son ancienne forme et son ancienne signification sont douteuses. Il est dit que le nom fut tout d'abord donné en quenya (car cette langue était parlée au sein de la maison de Turgon), et que c'était Ondolindë, le Rocher de la Musique de l'Eau, car il y avait des fontaines sur la colline. Mais le peuple (qui parlait seulement la langue sindarine) altéra ce nom en Gondolin et [l'] interpréta comme signifiant Rocher Caché : Gond dolen dans leur propre langage.

Pour l'interprétation du quenya Ondolindë comme "Rocher de la Musique de l'Eau", cf. la traduction primitive de Gondolin par "Pierre de Chanson" dans l'index des noms du conte de La Chute de Gondolin ([HoMe] II, p.216) ; et pour l'interprétation "Rocher Caché", cf. les Etymologies dans le Vol. V, p.355, racine
dul, où Gondolin(n) est dit contenir trois éléments : "cœur de rocher caché".


Dernière édition par Eru le 01 Mai 2007 14:26; édité 1 fois
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13. CONCERNANT LES NAINS


La raison de ce titre sera vue à la fin du chapitre (pp.213-14). Seuls quelques rares changements furent apportés au Chapitre 10 originel, Des Hommes et des Nains, du manuscrit du QS ([HoMe] V, p.272-6, §§122-31), avant qu'une révision radicale ne l'emporte.

§122. "que les Elfes Sombres nommèrent Naug-rim" > "qu'ils nommèrent les Naug-rim", i.e. cela devint un nom noldorin pour les Nains, qui leur fut donné par le peuple de Cranthir.
§123. La note en marge, "dixit Pengolod", à côté du passage, entre crochets, concernant l'origine et la nature des Nains, fut enlevée (voir [HoMe] V, p.277-8, §123).
§124. "Nogrod, la Mine des Nains" : au-dessus de "Mine des Nains" est griffonné "Cavenain", et dans la marge, de nouveau "Nogrod Cavenain se situait loin dans l'Est, dans les Monts Brumeux ; et Belegost se trouvait dans l'Eredlindon, au sud du Beleriand." En haut de la page, avec une consigne d'insertion dans le texte, après "Belegost, la Grande Forteresse", fut rédigé très hâtivement ce qui suit :
    La plus grande de celles-ci était Khazaddûm, qui fut par la suite, durant les jours de son obscurité, appelée Moria, et elle se situait loin dans l'est, dans les Monts Brumeux ; mais Gabilgathol se trouvait sur [le] versant est d'Eredlindon, et hors d'atteinte des Elfes.

Dans le texte du QS, tel qu'il fut écrit, Nogrod (qui remonte à l'ancien Conte du Nauglafring) est une traduction de Khazaddûm, et la signification en est "Mine des Nains" ; il est spécifiquement établi (QS, §122) que Nogrod et Belegost (Gabilgathol) se situaient "dans les montagnes à l'est de Thargelion", et qu'elles furent ainsi situées par des ajouts à la deuxième carte. Dans Le Seigneur des Anneaux, Khazad-dûm est la Moria, et Nogrod et Belegost sont "d'anciennes cités dans les Montagnes Bleues" (Appendice A, III). Les notes en marge du QS, qui viennent d'être données, représentent une idée qui ne fut pas retenue, selon laquelle Belegost se situait toujours dans l'Eredlindon, mais Nogrod / Khazad-dûm était déplacée vers les Monts Brumeux, et Nogrod devenait l'ancien nom elfique de la Moria.
L'affirmation, dans la première de ces notes, que "Belegost se trouvait dans l'Eredlindon, au sud du Beleriand" est surprenante : elle semble constituer un retour à l'ancienne conception de l'emplacement des cités des Nains : voir l'Extension Est de la première carte du Silmarillion, [HoMe] IV, p.231, où la route des Nains, après avoir traversé les Montagnes Bleues sous le Mont Dolmed, tourne au sud et sort de la carte dans le coin sud-est, avec l'indication "Au Sud, dans les contreforts orientaux des Montagnes Bleues, se trouvent Belegost et Nogrod."
§126. A côté des mots de la première phrase du paragraphe "quand quelques quatre cents ans se furent écoulés depuis l'arrivée des Gnomes au Beleriand", mon père nota : "Ceci doit être déplacé sous 300", changé en "310". Voir p.226, §l.
§127. "Ils furent les premiers des Hommes qui, s'aventurant à l'ouest" > "Ils furent les premiers des Hommes qui, après maintes vies de tribulations vers l'ouest"
Gumlin > Galion (voir p.123, §127).
§128. La note de bas de page fut modifiée pour se lire :
    Il est consigné que ce nom était Vidri dans l'ancien parler de ces Hommes, qui n'est pas oublié ; car par la suite, au Beleriand, ils abandonnèrent leur propre parler en faveur de la langue des Gnomes. Dixit Pengolod.

Dans la phrase suivant l'emplacement de la note de bas de page, "que nous appelons les Gnomes" fut changé en "(qu'ici nous appelons les Gnomes)".
§129. "la seigneurerie de Gumlin s'exerçait en Hithlum" > "la seigneurerie de Galion s'exerçait en Dorlómen"
Tout au long du texte, la forme Dwarfs (voir [HoMe] V, p.277, §122) fut changée en Dwarves. [NdT : je laisse tels quels ces mots dans leur version anglaise, car il est impossible de rendre la différence en français. En anglais, le pluriel officiel de dwarf (nain) est dwarfs ; ce pluriel a donc été modifié en dwarves par J.R.R. Tolkien (les deux formes sont cependant utilisées) ; pour plus de détails, cf. l'Appendice F du Seigneur des Anneaux]


*

L'étape suivante fut le retrait, dans le Chapitre 10, du texte entier allant du début jusqu'à "Hador aux Cheveux d'Or" à la fin du §125, et la substitution d'une nouvelle forme beaucoup plus développée, écrite avec soin et insérée dans le manuscrit du QS. Celle-ci contient un petit nombre de corrections faites par la suite (presque toutes effectuées à la même époque, à l'encre rouge), et qui sont montrées dans le texte qui suit à présent. Une de ces corrections concerne le titre lui-même. Telle que fut rédigée au départ la version révisée, le titre en était Des Nains et des Hommes, avec un sous-titre Concernant les Nains (mais pas de sous-titre au commencement de la section sur les Hommes). Le titre fut enlevé, puis remplacé par Des Naugrim et des Edain ; le sous-titre Concernant les Nains fut conservé ; et un nouveau sous-titre Des Edain fut inséré à l'endroit approprié.
Afin de ne pas interrompre la numérotation du texte du QS, figurant dans le Vol.V, et pour permettre la référence au texte dans le commentaire qui y fait suite, je numérote les paragraphes de la version révisée à partir du §1. — L'on verra que le paragraphe d'ouverture reprend presque exactement celui du QS (§122), mais qu'il perd la phrase de conclusion originelle : "Car bien que les Nains ne servissent point Morgoth, ils étaient pourtant, dans quelques domaines, plus semblables à ses gens qu'aux Elfes."


Des Naugrim et des Edain
Concernant les Nains

§1. A présent, avec le temps la construction de Nargothrond fut achevée, et Gondolin avait été érigée dans le secret ; mais au cours des jours du Siège d'Angband, les Gnomes n'avaient encore que peu de nécessité de posséder des lieux où se cacher, et ils s'aventuraient un peu partout, entre la Mer Occidentale et les Montagnes Bleues. Et il est dit qu'ils escaladèrent l'Eredlindon et qu'ils regardèrent vers l'est, émerveillés, car les contrées de la Terre du Milieu paraissaient vastes et sauvages ; mais rares furent ceux à franchir jamais les montagnes, tant que perdura Angband. Durant ces jours, les gens de Cranthir furent les premiers à trouver les Nains, qu'ils [> les Elfes Sombres] nommèrent les Naugrim ; car les demeures principales de cette race se trouvaient alors dans les montagnes à l'est de Thargelion, le pays de Cranthir, et elles étaient creusées profondément dans les pentes orientales de l'Eredlindon. Par conséquent, ils voyageaient souvent au Beleriand, et étaient admis en Doriath même. Il n'y avait, à cette époque, aucune inimitié entre les Elfes et les Nains, sans qu'il y ait néanmoins un grand amour.


Voici les paroles de Pengolod concernant les Naugrim*

§2. Les Naugrim ne sont pas apparentés aux Elfes, ni aux Hommes, ni même encore aux créatures de Melkor ; et les Noldor de la Terre du Milieu ne savaient pas d'où ils venaient, pensant qu'ils étaient étrangers aux Enfants, bien que leur ressemblant sous bien des aspects. Mais en Valinor, les sages ont appris que les Nains furent engendrés en secret par Aulë, alors que la Terre était encore sombre ; car il désirait l'arrivée des Enfants d'Ilúvatar, afin qu'il puisse avoir des apprentis à qui enseigner son art et son savoir, et il ne voulait pas attendre l'accomplissement des desseins d'Ilúvatar. C'est pourquoi, bien que les Nains soient semblables en ceci aux Orcs : qu'ils proviennent de la volonté d'un seul des Valar, ils ne sont pas mauvais ; car ils ne furent pas conçus par malice, en moquerie des Enfants, mais issus du désir du cœur d'Aulë de fabriquer des choses lui étant propres, à la manière des desseins d'Ilúvatar. Et, puisqu'ils arrivèrent durant les jours du pouvoir de Melkor, Aulë les fit avec une forte endurance. Ils sont par conséquent durs comme la pierre, têtus, prompts à l'amitié et à l'inimitié, et ils supportent le travail et la faim, ainsi que les douleurs du corps, mieux qu'aucun autre peuple doté de la parole. Et ils vivent longtemps, bien au-delà du temps des Hommes, mais pourtant pas éternellement. Autrefois les Noldor croyaient qu'en mourant ils retournaient à la terre et à la pierre avec lesquelles ils avaient été façonnés ; pourtant ce n'est pas là leur propre croyance. Car ils disent qu'Aulë s'occupe d'eux et les rassemble en Mandos, dans des halls préparés pour eux à l'écart, et ils qu'ils attendent là, non dans le désœuvrement mais dans la pratique d'arts, et dans l'apprentissage d'un savoir encore plus profond. Et Aulë, disent-ils, déclara à leurs Pères d'antan qu'Ilúvatar avait accepté de lui l'œuvre de son désir, et qu'Ilúvatar les bénira et leur accordera, à la Fin, une place parmi les Enfants. Alors leur rôle sera de servir Aulë et de l'aider à façonner de nouveau Arda après la Dernière Bataille.
§3. Or ces Pères, disent-ils, étaient au nombre de sept, et eux seuls reviennent (à la manière des Quendi) vivre à nouveau au sein de leur espèce, et portent encore leurs anciens noms. De ceux-ci, Durin fut le plus renommé dans les âges qui suivirent, père de cette famille de Nains qui fut la plus amicale envers les Elfes, et dont les palais se situaient à Khazad-dûm.
§4. Sous l'obscurité d'Arda, les Naugrim avaient déjà conçu de grandes œuvres, car ils possédaient, même depuis les premiers jours de leurs Pères, une merveilleuse habileté avec les métaux et la pierre, bien que leurs ouvrages n'eussent été que de peu de beauté avant de rencontrer les Noldor et d'acquérir quelque peu leurs talents. Et ils accordaient plus volontiers leur amitié aux Noldor qu'à quiconque d'autre parmi les Elfes ou les Hommes, en raison de leur amour et de leur vénération d'Aulë ; et les joyaux des Gnomes, ils les tenaient en plus haute estime que tout autre trésor. Mais en ce temps ancien, les Nains travaillaient toujours plus le fer et le cuivre que l'argent et l'or ; et la fabrication d'armes et d'équipements de guerre était leur art principal de forgerons. Ce furent eux qui, les premiers, réalisèrent des cottes de mailles en anneaux reliés, et dans la fabrication de cottes de mailles et de hauberts, nul parmi les Elfes ou les Hommes ne s'est jamais montré leur égal. Ainsi, ils aidèrent grandement les Eldar dans leur guerre contre les Orcs de Morgoth ; bien que les Noldor estimassent que certaines de ces gens n'auraient pas dédaigné forger également pour le compte de Morgoth, eût-il nécessité leur travail, ou fût-il ouvert à leur commerce. Car ils prenaient plaisir à acheter, vendre et échanger et, par ce biais, à l'acquisition de richesses ; et celles-ci, ils les amassaient plus pour constituer un trésor que pour en user, hormis dans un négoce futur.
§5. Les Naugrim furent toujours, et restent encore, de stature courte et trapue ; ils avaient le torse large, les bras puissants, et les jambes robustes, et leurs barbes étaient longues. En effet, cette étrangeté possèdent-ils, qu'aucun Homme ni aucun Elfe n'a jamais vu de Nain sans barbe – à moins qu'on ne l'ait rasé par moquerie, et alors il serait plus à même de mourir de honte que de maintes autres blessures qui nous paraîtraient plus mortelles. Car les Naugrim ont une barbe depuis le commencement de leur vie, aussi bien la gent masculine que la gent féminine ; et en vérité leur gent féminine ne peut être discernée par ceux d'une autre race, que ce soit dans les traits, dans la démarche ou par la voix, ni par aucun moyen hormis celui-ci : qu'elles ne partent pas en guerre, et sortent rarement de leurs pavillons et de leurs halls profonds, sauf en cas de nécessité immédiate. Il est dit également que leur gent féminine est peu nombreuse, et qu'exception faite de leurs rois et de leurs capitaines, peu de Nains se sont jamais mariés, c'est pourquoi leur race se multiplia lentement, et pourquoi à présent elle décline.
§6. La langue des pères des Nains, Aulë lui-même l'imagina pour eux, et leurs dialectes n'ont ainsi aucune parenté avec ceux des Quendi. Les Nains n'enseignent pas de bon cœur leur langue à ceux d'une race étrangère ; et dans son utilisation, il l'avaient rendue rude et complexe, de telle sorte que parmi ceux, peu nombreux, qu'ils avaient accueillis en grande amitié, moins nombreux encore furent ceux qui l'apprirent correctement. Mais ils apprennent eux-mêmes rapidement les autres langues et, dans la conversation, ils utilisent autant que faire se peut le parler des Elfes et des Hommes avec lesquels ils traitent. Bien qu'en secret ils n'usent que de leur propre parler, et qu'il (est-il dit) n'évolue que lentement ; de telle sorte que leurs royaumes et leurs maisons, longtemps séparés par une longue distance, peuvent aujourd'hui bien se comprendre les uns les autres. En des jours lointains, les Naugrim étaient établis dans maintes montagnes de la Terre du Milieu, et ils rencontrèrent là des Hommes mortels (disent-ils), bien avant que les Eldar ne les connussent ; d'où le fait que nombre des langues des Orientaux montrent davantage de parenté avec le dialecte des Nains qu'avec les parlers des Elfes.**
§7. Dans leur propre langue, les Nains se nomment eux-mêmes Khuzûd [> Khazâd] ; et les Elfes Sombres les appelèrent / les Naugrim [> Naug], les rabougris. Ce nom, les Noldor exilés l'utilisaient également [> l'adoptèrent de même], mais ils les appelaient aussi les Nyrn [enlevé : avec la même signification], et les Gonnhirrim, maîtres de la pierre ; et ceux qui résidaient à Belegost, ils les appelaient les Ennfeng ou Longuesbarbes, car leur barbes effleuraient le sol devant leurs pieds. Les cités principales des Khuzûd [> Khazâd] de l'ouest de la Terre du Milieu se situaient, durant ces jours, à Khazaddûm, et à Gabilgathol et Tumunzahar, qui sont traduits dans la langue gnomique par Nornhabar, le Cavenain, Belegost, la Grande cité, et Nogrod, la Maison Creuse. Le plus grand de tous les palais des Naugrim était Khazaddûm, qui fut par la suite, durant les jours de son obscurité, appelé Moria, mais il se situait au loin, dans les Monts Brumeux, au-delà des lieues sauvages de l'Eriador ; alors que Belegost et Nogrod se trouvaient sur la face est de l'Eredlindon, et près des terres des Eldar. Pourtant rares furent les Elfes, hormis Meglin de Gondolin, à s'être jamais rendus de ce côté-là ; et les Nains circulèrent dans le Beleriand, et construisirent une grande route qui passait sous les épaulements du Mont Dolmed, et suivait alors le cours de l'Ascar, traversant le Gelion à Sarn-athrad. Là eut lieu plus tard une bataille ; mais les Nains ne perturbaient alors que peu les Elfes, puisque le pouvoir des Gnomes s'exerçait encore.
§8. Ici s'achèvent les paroles que Pengolod m'adressa concernant les Nains, qui ne forment pas part du Pennas tel qu'il fut écrit, mais qui proviennent d'autres livres de savoir, du Lammas, du Dorgannas, et du Quentalë Ardanómion : dixit Ælfwine.


Des Edain

§9. Il est considéré que la première rencontre entre les Noldor et les Naugrim survint sur les terres de Cranthir, le fils de Fëanor, vers cette époque où Fingolfin anéantit les Orcs à Drengist, cent cinquante cinq ans après la traversée de la Glace, et cent cinq ans avant la première venue de Glómund le dragon. Après sa défaite, il y eut une longue paix, et elle dura bien près de deux cents années du soleil. Durant cette période, les pères des Maisons des Hommes de l'Ouest, les Atani [> Edain], les Amis des Elfes d'antan, naquirent dans le pays d'Eriador, à l'est des montagnes : Bëor le Vassal, Haleth le Chasseur, et Hador aux Cheveux d'Or.


Ici s'achève la partie révisée du Chapitre 10 du QS. L'on verra que lors de sa rédaction, avec devant lui le texte originel du QS qu'il conserva concrètement en partie, mon père introduisit nombre de nouvelles conceptions concernant les Nains. La vision "hostile", longtemps présente, a pour ainsi dire disparu avec la suppression de la phrase située à la fin du premier paragraphe (voir p.203) – pourtant dans le texte originel du QS la ressemblance entre les Orcs et les Nains était par la suite évoquée (§123), mais du seul point de vue de l'origine analogue des deux races, chacune provenant d'un seul Vala, agissant de manière indépendante, et ceci est maintenu dans la révision. Nous apprenons à présent que :
- les Nains vivent bien plus longtemps que les Hommes (§2) ;
- ils croient eux-mêmes qu'Aulë les rassemble en Mandos après leur mort, dans des halls préparé à l'écart, et qu'après la Dernière Bataille ils aideront Aulë à refaçonner Arda (§2) ;
- il y eut Sept Pères des Nains, qui se réincarnent dans leur propre race (à la manière des Elfes), portant leurs anciens noms (§3) ;
- Durin était le père de la famille de Nains de Khazad-dûm, la plus amicale envers les Elfes (§3) ;
- les Nains étaient mieux disposés envers les Noldor qu'envers quiconque d'autre parmi les Elfes ou les Hommes, en raison de leur vénération d'Aulë (§4) ;
- les Nains des deux genres sont barbus depuis la naissance (§5) ;
- la gent féminine des Nains ne peut être discernée de la gent masculine par ceux d'une autre race (§5) ;
- la gent féminine des Nains est peu nombreuse, et ne part jamais en guerre, et ne sort pas de ses profondes demeures, sauf en cas de grande nécessité (§5) ;
- peu de Nains se marièrent jamais (§5) ;
- le parler des Nains évolue très lentement, de telle sorte que l'éloignement des maisons et des royaumes n'entrave pas grandement leur compréhension mutuelle (§6) ;
- les Nains rencontrèrent les Hommes en Terre du Milieu bien avant que les Eldar ne les rencontrent, et ainsi il existe une parenté entre le parler des Nains et les dialectes des Orientaux (§6).
Cette version révisée formait bien sûr part de la révision de 1951. Il existe des ressemblances notables avec ce qui est dit dans les Appendices du Seigneur des Anneaux concernant les Nains : ainsi dans l'Appendice A, III (Le peuple de Durin), il y a des références à la rareté de la gent féminine des Nains, qui reste cachée dans ses demeures, à l'impossibilité, pour les gens appartenant à d'autres races, de distinguer chez les Nains la gent féminine de la gent masculine, et à la rareté du mariage (III, p.360) ; et dans l'Appendice F (III, p.410), la lente évolution de leur langue est décrite.
Suit à présent un commentaire sur des points particuliers.
§1. La modification, dans le texte original du QS (p.201, §122), de "que les Elfes Sombres nommèrent Naug-rim" en "qu'ils [les Noldor] nommèrent les Naug-rim" fut à présent inversée, par une correction subséquente (plus tard, dans le §7, l'attribution du nom aux Elfes Sombres apparaît dans le texte tel qu'écrit).
§2. "Et puisqu'ils arrivèrent durant les jours du pouvoir de Melkor" : i.e. avant l'éveil des Elfes, la Bataille des Dieux, et la captivité de Melkor en Mandos.
§3. C'est ici que Durin de Khazad-dûm, "le plus renommé" des Sept Pères des Nains, apparaît dans Le Silmarillion. Il n'est pas dit ici que les gens de Durin étaient les Longuesbarbes ; mais son association aux Longuesbarbes remonte en fait à Bilbo le Hobbit, où, à la fin du chapitre Courte Pause, Thorin dit (dans le texte tel que publié à l'origine) : "Il était le père des pères de l'une des deux races de nains, les Longuesbarbes, et l'ancêtre de mon grand-père." Dans le Conte du Nauglafring, il y avait deux peuples, les Nains de Nogrod et les Nains de Belegost, et ces derniers étaient les Indrafangs ou Longuesbarbes ; dans le Quenta, il en était de même (ou tout du moins, aucun autre peuple n'était mentionné), bien que les Longuesbarbes fussent devenus les Nains de Nogrod ([HoMe] IV, p.104), et c'était encore le cas dans le QS (§124).
Dans le présent texte, deux choses sont dites sur le sujet. Durin était le "le père de cette famille de Nains ... dont les palais se situaient à Khazad-dûm" (§3) ; mais (revenant ainsi au Conte des Nauglafring) les Longuesbarbes étaient les Nains de Belegost (§7) – et cela est également dit à la fois dans les Annales d'Aman et dans les Annales Grises (voir p.108, §22). Je ne suis pas absolument sûr de la manière dont il faut interpréter ceci, mais la solution la plus simple est de supposer qu'au moment où mon père rédigea ces textes, il avait oublié que, dans Bilbo le Hobbit, Thorin mentionnait Durin comme l'ancêtre des Longuesbarbes (ou, selon une moindre probabilité, qu'il le négligea en toute conscience), et les réflexions suivantes viennent étayer ceci.
Au début de la section Les Gens de Durin, dans l'Appendice A (III) du Seigneur des Anneaux, le texte de la Première Edition était : "Durin est le nom que les Nains donnent à l'aîné des Sept Pères de l'ensemble de leur race", sans mention des Longuesbarbes. Des années plus tard, sur sa copie de la seconde édition de Bilbo le Hobbit, mon père nota : "Pas pareil dans le Silmarillion ni voir [sic] SdA III, p.352" – ceci étant une référence au passage de l'Appendice A de la Première Edition qui vient d'être cité : ce qui n'était "pas pareil", c'était la référence de Thorin à "l'une des deux races de nains", rendue obsolète par l'apparition de l'idée des Sept Pères. A la même époque, il écrivit sur sa copie de nombreux essais de phrases destinées à remplacer les mots originels de Thorin, telles que "l'aîné des Sept Pères des Nains", "le père des pères de la première lignée des rois des Nains, les Longuesbarbes", avant d'en arriver à la forme finale, telle qu'elle fut publiée par la suite, "Il était le père des pères de la race aînée des Nains, les Longuesbarbes, et mon premier ancêtre : je suis son héritier." Ce fut bien évidemment la prise en considération des paroles de Thorin dans Bilbo le Hobbit, ainsi que la nécessité de les corriger, qui le conduisirent à modifier le texte de l'Appendice A qui, dans la Seconde Edition (1966), se lit : "Durin est le nom que les Nains donnaient à l'aîné des Sept Pères de leur race, ancêtre de tous les rois des Longuesbarbes", avec l'ajout d'une référence, dans une note de bas de page, au passage dans Bilbo le Hobbit, à présent publié dans sa forme corrigée.
Ainsi, indirectement, les Longuesbarbes apparurent finalement dans Le Seigneur des Anneaux, en tant que Nains de Khazad-dûm ; mais les textes du Silmarillion et des Annales ne furent jamais modifiés, et les Longuesbarbes restèrent les Nains de Belegost.
§6. La note en marge, "Donc le Lammas", se réfère apparemment et spécifiquement à l'affirmation, dans le texte, concernant la parenté entre les dialectes des Orientaux et le parler des Nains. Cf. [HoMe] V, p.179 (Lhammas, §9) : "les dialectes des Hommes proviennent d'elles en partie" (les langues des Nains) ; ceci fut répété dans la note de bas de page relative au §123 du QS, à partir de laquelle le présent paragraphe fut développé, et qui est accompagné lui aussi d'une note en marge, "Par conséquent, le Lhammas".
§7. Les noms et emplacements des cités des Nains atteignent presque à présent leur forme finale, et je récapitule ici leur complexe développement :
QS, forme originelle, §124 ([HoMe] V, p.274)
Khazad-dûm = Nogrod = Mine des Nains (dans les Montagnes Bleues)
Gabilgathol = Belegost = Grande Forteresse
QS, forme corrigée, p.201
Khazad-dûm = Nogrod = Cavenain, plus tard Moria
Gabilgathol = Belegost = Grande Forteresse
QS, version révisée, §7
Tumunzahar = Nogrod = Maison Creuse (dans les Montagnes Bleues)
Gabilgathol = Belegost = Grande Cité
Khazad-dûm = Nornhabar = Cavenain, plus tard Moria
Le nom nain de Nogrod, Tumunzahar, apparaît dans le §19 des AG, mais il s'agit de la première apparition du nom elfique Nornhabar.
Parmi les noms désignant les Nains eux-mêmes, apparaissent ici pour la première fois Gonnhirrim, maîtres de la pierre, et Nyrn (cf. Nornwaith dans les AAm, [HoMe] X, p.93, peuple Norn dans le §19 des AG, et le nom Nornhabar de Khazad-dûm). Naugrim est à présent dit signifier "rabrougis", et Nyrn présente "la même signification", bien que cette affirmation ait été enlevée, dans le texte originel (§124), Neweg = "rabrougris". De surcroît, Khuzûd fut changé par la suite en Khazâd, et Naugrim en Naug. Je donne ici un résumé du développement de ces formes et de ces noms déconcertants :


Conte du Nauglafring Nauglath
Q Nauglir
AB1 ([HoMe] IV, p.311) Nauglar (également dans la Liste de Noms, [HoMe] V, p.405 : nom "Elfe sombre", adopté par les Gnomes)
QS (forme originale) Naugrim (nom "Elfe sombre" > (p.201) nom gnomique)
Neweg "rabougris" (nom gnomique)
QS (version révisée) Naugrim (> Naug) "rabougris" (nom gnomique > nom "Elfe sombre", adopté par les Gnomes)
Nyrn (nom gnomique, "rabougris" – mais signification rejetée)
AAm Nauglath > Naugrim
Nornwaith (rejeté plus tard, [HoMe] X, p.106, §84)
AG Naugrim
Peuple Norn (§19)

Un élément important de cette section révisée reste à mentionner : à ce stade, il manquait au mythe de la création des Nains le fait que les Pères avaient été laissés en sommeil, sur l'ordre d'Ilúvatar, après leur première apparition. Cela ressort du texte, tel qu'il se présente ; et l'introduction de cet élément sera étudiée dans un moment.
Le texte suivant était le tapuscrit de l'ensemble du LQ 1, qui reprenait exactement le texte du manuscrit (mais les changements Khuzûd > Khazâd et Naugrim > Naug, dans le §7, n'apparaissent pas, pas plus que dans le LQ 2), et après le premier paragraphe de la section Des Edain (§9), là où s'achève la version révisée, suivait le texte originel du QS, avec les très rares modifications qui lui furent apportées, et qui ont été données pp.201-2.
Le début des "paroles de Pengolod [> Pengoloð] concernant les Naugrim" (§2) fut retiré, longtemps après, sur le LQ 1, jusqu'à "du désir du cœur d'Aulë de fabriquer des choses lui étant propres, à la manière des desseins d'Ilúvatar." Associées à cet endroit au manuscrit du QS, se trouvent deux pages intitulées "D'Aulë et des Nains", contenues dans une chemise en papier portant les mots "Légende de l'Origine des Nains corrigée" ; cela commence comme un manuscrit de bonne qualité, mais devient confus et part dans des formes divergentes. Un nouveau texte fut rédigé soigneusement, dans une écriture tardive de mon père, sans titre, et rattaché au LQ 1 en remplacement du passage supprimé ; il commence ainsi, différant peu de la forme rejetée :
    Les Naugrim ne sont pas apparentés aux Elfes, ni aux Hommes, ni même encore aux créatures de Melkor ; et les Noldor, au moment où ils les rencontrèrent en Terre du Milieu, ne savaient pas d'où ils venaient, pensant qu'ils étaient étrangers aux Enfants, bien que leur ressemblant sous bien des aspects. Mais ici, en Valinor, nous avons appris qu'au commencement les Nains furent conçus par Aulë, alors que la Terre était encore sombre ; car Aulë désirait tellement l'arrivée des Enfants, afin d'avoir des apprentis à qui enseigner son savoir et son art, qu'il ne voulut pas attendre l'accomplissement des desseins d'Ilúvatar.

Le reste du texte sera trouvé dans le Silmarillion publié, Chapitre 2 D'Aulë et de Yavanna, pp.43-4, jusqu'à sa fin, à "Alors Aulë prit les Sept Pères des Nains, les fit reposer dans des lieux éloignés puis retourna en Valinor pour attendre de très longues années." Il existe un certain nombre de modifications éditoriales sans importance dans le texte publié, et parmi elles un point devrait être mentionné : mon père ne savait pas si utiliser "tu" ou "toi" dans la conversation d'Aulë avec Ilúvatar (dans un des cas il changea "vous pouvez" en "tu peux", mais revint à "vous pouvez"). En fin de compte, il se décida pour "vous", alors que le texte publié contient "tu" tout du long.
A la fin de l'insertion, le chapitre se poursuit avec "Puisqu'ils arrivèrent durant les jours du pouvoir de Melkor ..." (p.204) mais, concomitamment à l'introduction de la nouvelle forme de la légende, dans laquelle les Pères des Nains étaient laissés en sommeil jusqu'après l'éveil des Elfes et l'emprisonnement de Melkor, ceci fut changé, dans le LQ 1, en "Puisqu'ils devaient arriver ...". La seule autre modification significative apportée au LQ 1 se trouvait dans la phrase ouvrant le §3, qui fut changée, pour se lire : "Or ces Sept Pères, disent-ils, reviennent de nouveau à la vie et portent encore une fois leurs anciens noms." L'on pourrait s'attendre à ce que mon père ait apporté quelques changements à la phrase d'ouverture du §4, après l'introduction de la nouvelle forme de la légende, mais de tout évidence il s'est satisfait d'un changement interne du sens : "même depuis les premiers jours de leurs Pères" doit être compris comme "même depuis les premiers jours de leurs Pères, quand ils s'éveillèrent de leur sommeil".
Le plus ancien des deux textes du passage inséré montre que mon père était très préoccupé par les détails de la création des premiers Nains. Il y a ainsi les passages expérimentaux suivants, grossièrement écrits :


(a) Mais il est dit qu'à chaque Nain, Ilúvatar donna un compagnon de genre féminin, pourtant, parce qu'il ne voulait pas modifier l'œuvre d'Aulë, et parce qu'Aulë n'avait alors conçu que des choses de forme masculine, la gent féminine des Nains ressemble plus à leur gent masculine que dans toutes les autres races [?parlantes].
(b) Il œuvra en secret dans un hall situé sous les montagnes, en Terre du Milieu. Là il conçut tout d'abord un Nain, l'aîné de tous, et ensuite il en conçu six autres, les pères de leur race ; et alors il commença de nouveau à en concevoir d'autres leur ressemblant, mais de genre féminin, afin d'être leurs compagnes. Mais il s'épuisa, et quand il en [eut] conçu six de plus il se reposa, et revint vers les sept pères et les regarda, et ils le regardèrent, et quelle que fût l'action présente dans sa pensée, cette action là accomplissaient-ils. Et Aulë n'était pas satisfait, mais il commença à leur enseigner la langue qu'il avait imaginée pour eux, espérant ainsi les instruire.
Mais Ilúvatar savait tout ce qui se faisait et, en cette heure même où l'Aîné des Nains usa pour la première fois de sa langue, Ilúvatar parla à Aulë ; et Aulë
(c) Aulë en conçut un, puis six, et il commença à concevoir pour eux des compagnons de forme féminine, et il en conçut six, et alors se lassa. Il enterra ainsi six couples, mais il en laissa un (Durin) reposer seul.
(d) Et Aulë prit les Sept Nains et les fit reposer sous la pierre, dans des endroits très éloignés les uns des autres, et à côté de chacun d'[entre] eux il disposa une compagne, comme la Voix le lui avait demandé, et retourna alors en Valinor.
(e) Alors Aulë prit les Sept Nains et les fit reposer sous la pierre, dans des endroits très éloignés les uns des autres, et à côté de chacun il disposa une compagne, hormis seulement à côté de l'Aîné, et il reposa seul. Et Aulë retourna en Valinor et patienta longuement, du mieux qu'il put. Mais l'on ne sait pas à quel moment Durin ou ses frères s'éveillèrent pour la première fois, bien que certains pensent que c'était à l'époque du départ des Eldar au-delà de la mer.

Pour le passage (b) cf. l'essai sur les Orcs dans le Vol. X, p.417 :
    Mais s'il [Melkor] avait effectivement tenté de créer des créatures par lui-même, pour imiter ou moquer les Incarnés, il n'aurait réussi qu'à créer des marionnettes, tout comme Aulë : ses créatures n'auraient agi que lorsque sa volonté aurait été tournée vers elles, et elles n'auraient refusé aucun ordre venant de lui, même s'il leur avait demandé de s'autodétruire.

Dans le texte final, tel que publié dans Le Silmarillion, mon père abandonna de toute évidence la question de l'origine des Nains de sexe féminin, trouvant celle-ci inextricable et les solutions insatisfaisantes. En outre, dans la forme finalisée, l'élément présentant l'Aîné (Durin) comme distinct des autres, et sans compagne, ne trouve pas sa place.
Il existe une autre version de la légende dans le brouillon du complément (non envoyé) à une lettre à Mademoiselle Rhona Beare, datée du 14 octobre 1958 (Les Lettres de J.R.R. Tolkien, n° 212), et apparaît là l'idée du premier et des six, et des six compagnes des six, ce qui fait treize en tout. Je retranscris ce passage ici, puisque qu'il n'est pas facilement accessible.
    Aulë, c'est à dire un des Grands, en un sens "chut" ; car il désirait tellement voir les Enfants, qu'il en était devenu impatient et qu'il tenta de devancer la volonté du Créateur. Etant le plus grand de tous les artisans, il tenta de concevoir des enfants, d'après la connaissance imparfaite qu'il avait de leur nature. Quand il en eut conçu treize,*** Dieu lui parla, en colère mais non sans pitié : car Aulë avait agi ainsi, non par désir maléfique de posséder des esclaves et des sujets lui étant propres, mais en conséquence d'un amour impatient, par le désir qu'il avait de voir les enfants parler et celui qu'il avait d'enseigner, en partageant avec eux l'adoration d'Ilúvatar et son grand amour pour les matériaux à partir desquels le monde avait été fait.
    L'Unique réprimanda Aulë, disant qu'il avait tenté d'usurper le pouvoir du Créateur ; mais il ne put donner une vie indépendante à ses créations. Il n'avait qu'une vie, la sienne, qui provenait de l'Unique, et il ne pouvait au mieux que la répartir. "Vois" dit l'Unique : "ces créatures tiennes ne sont guidées que par ta volonté, et tes mouvements. Bien que tu ais imaginé pour eux une langue, il ne peuvent te renvoyer que ta propre pensée. C'est se moquer de moi."
    Alors Aulë, par chagrin et par repentance, se fit humble et demanda le pardon. Et il dit : "Je détruirai ces symboles de ma prétention, et attendrai ta volonté." Et il se saisit d'un grand marteau, le brandissant pour frapper la plus ancienne de ses créations ; mais il se recroquevilla et se protégea de lui. Et, alors qu'il retenait son coup, stupéfait, il entendit le rire d'Ilúvatar.
    "Cela t'étonne-t-il ?" dit-il. "Vois ! Tes créatures vivent à présent, libérées de ta volonté ! Car j'ai perçu ton humilité, et pris en pitié ton impatience. Ta création, je l'ai intégrée dans mon dessein."
    Il s'agit de la légende elfique de la conception des Nains ; mais les Elfes rapportent qu'Ilúvatar dit alors aussi : "Néanmoins, je ne souffrirai point que mon dessein soit devancé : tes enfants ne s'éveilleront pas avant les miens." Et il ordonna à Aulë de déposer les pères des Nains dans des lieux profonds, séparément et chacun avec sa compagne, hormis Dúrin, l'Aîné, qui n'en avait pas. Là ils dormiraient longtemps, jusqu'à ce qu'Ilúvatar leur ait demandé de s'éveiller. Toutefois il n'y eut, en majeure partie, que peu d'amour entre les Nains et les enfants d'Ilúvatar. Et du sort qu'Ilúvatar avait réservé aux enfants d'Aulë, au-delà des Cercles du monde, les Elfes et les Hommes ne savent rien, et si les Nains le connaissent, ils n'en parlent pas.

Il me semble presque certain que l'ensemble de ce travail sur la légende plus tardive d'Aulë et des Nains provient de la même époque, et il est évident que cette lettre est en relation avec le premier texte, ou avec le brouillon, dont des extraits sont donnés pp.211-12, précédant le texte final rattaché au LQ 1 et publié dans Le Silmarillion. Ce texte fut intégré au LQ 2 tel que tapé, et, pour ce tapuscrit, j'ai suggéré (dans un tout autre domaine) 1958 comme date approximative (voir [HoMe] X, p.141-2, 300). Celle-ci, je pense, concorde assez bien avec la date de la lettre (octobre 1958). Il semble, de même, que mon père ait révisé les textes existants du Silmarillion pari passu avec la réalisation du tapuscrit LQ 2, effectuée sous sa direction.
Comme noté précédemment (voir p.210), le texte originel du QS (corrigé légèrement) figurant dans la seconde partie du chapitre, relative aux Edain, fut repris dans l'ancien tapuscrit LQ 1. Plus tard, la totalité de la section sur les Edain fut barrée, à la fois sur le manuscrit du QS (avec l'instruction "Substituer une nouvelle forme") et sur le LQ 1 (avec l'instruction "Supprimer"). Cette nouvelle forme était un tapuscrit, réalisé par mon père lui-même, intitulé De la Venue des Hommes dans l'Ouest et de la Rencontre entre les Edain et les Eldar. Dans l'ensemble du LQ 2, la section sur les Nains, à présent largement modifiée et développée par rapport à sa forme originelle, fut présentée dans un chapitre à part, sur lequel mon père inséra le numéro "XVI" (faisant suite du "XV" De Turgon et de la Construction de Gondolin, p.200), retenant comme titre le sous-titre originel Concernant les Nains (p.202). Le nouveau texte de la seconde partie, De la Venue des Hommes dans l'Ouest, devint alors dans le LQ 2 le chapitre suivant, et se vit attribuer le numéro "XVII". J'ai respecté cet ordre.
L'évolution complexe du texte du chapitre originel du QS peut être présentée ainsi (les dates ont été précisées, sauf dans un cas).




*

Il reste uniquement à évoquer les changements effectués dans Concernant les Nains, dans le LQ 2. Le principal est une révision complémentaire des noms des Nains (voir le tableau p.209). Dans le §1 (p.203), "que les Elfes Sombres nomment les Naugrim" fut enlevé, et le nom Naugrim fut remplacé, à chaque occurrence, par Nains (sauf dans l'intitulé du §2, où il fut sans aucun doute conservé involontairement). Dans le §7, le passage d'ouverture se lit à présent, à la fois dans le LQ 1 et dans le LQ 2 :
    Dans leur propre langue, les Nains se nomment eux-mêmes Khuzûd ; mais les Elfes Sombres les appelèrent les Naugrim, les rabougris. Ce nom, les Noldor exilés l'adoptèrent de même, mais ils les appelaient aussi les Nyrn ...

(Les changements de Khuzûd en Khazâd et de Naugrim en Naug, effectués sur le manuscrit, n'apparaissaient pas sur les tapuscrits tels que tapés, voir pp.205, 210.) Le passage fut ainsi réécrit sur le LQ 2 :
    Dans leur propre langue, les Nains se nomment eux-mêmes Khazâd ; mais les Elfes Gris les appelaient les Nyrn, les durs. Ce nom, les Noldor exilés l'adoptèrent de même, mais ils les appelaient aussi les Naugrim, le peuple des rabougris...

Les autres changements étaient : dans le §1, dans la phrase "mais rares furent ceux à franchir jamais les montagnes", "rares" > "aucun" ; également Cranthir > Caranthir. Dans le §7, dans la phrase qui concerne Nornhabar, Belegost, et Nogrod, qui étaient dits être des traductions "dans la langue gnomique" des noms nains, "gnomique" > "elfique".


* Tout ce qui suit, dans la section "Concernant les Nains", est écrit dans une écriture beaucoup plus petite que celle du paragraphe d'ouverture.
** [Note en marge] Donc le Lammas.
*** Un tout seul, l'aîné, et six de plus avec six compagnes.


Dernière édition par Eru le 18 Mai 2007 11:34; édité 18 fois
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MessagePosté le: 01 Mai 2007 14:23     Sujet du message: Répondre en citant

14. DE LA VENUE DES HOMMES DANS L'OUEST


L'introduction de ce qui devint très vite un chapitre entièrement neuf – une extension massive et une distanciation de l'histoire « traditionnelle » des Edain – a été brièvement décrite en p. 213. Il émerge dans un tapuscrit (avec copie carbone) effectué par mon père ; il n'y a pas de trace de brouillons antérieurs, mais il me semble très improbable que le texte ait atteint cette forme ab initio. Il a en fait deux titres : celui tapé en haut du texte est De la Venue des Hommes dans l'Ouest et de la Rencontre des Edain et des Eldar, mais sur une page de titre séparée et manuscrite, il s'appelle De la Venue des Edain & leurs Maisons et Seigneuries en Beleriand.
Le texte fut corrigé à l'encre de façon presque identique sur les deux copies. Je suis certain que ces changements furent effectués vers la même période que le tapuscrit de base, et dans le texte qui suit j'adopte les corrections, mais note quelques-uns des passages originaux dans le commentaire. La page de titre séparée pourrait aller avec ceux-là, mais j'utilise ici l'autre, dans une forme abrégée De la Venue des Hommes dans l'Ouest, comme cela a été fait dans le Silmarillion publié. Le chapitre (sous sa forme corrigée) fut incorporé dans la série de tapuscrits QT 2, comme il a déjà été mentionné, et reçut subséquemment le numéro « XVII » ; peut-être (tout comme la nouvelle légende d'Aulë et des Nains, voir p. 213) appartient-il à cette période où le tapuscrit QT était en cours de création (voir p. 227, §13, et p. 229).
Le texte apparaît dans le Silmarillion publié, chapitre 17, mais j'ai estimé qu'il valait mieux, dans le cas présent, donner l'original en entier. Montrer les corrections éditoriales et insertions dans le texte publié prend beaucoup d'espace, et il est difficile de les clarifier, alors que ce chapitre est un guide essentiel pour Les Errances de Húrin, dans la Partie Trois.

De la Venue des Hommes dans l'Ouest
et de la Rencontre des Edain
et des Eldar

§1 Il advint alors, lorsque trois cents et dix années furent passées depuis la venue des Noldor en Beleriand, au temps de la Longue Paix, que Felagund se rendit à l'est du Sirion et s'en fut chasser avec Maglor et Maedros, fils de Fëanor. Mais il se lassa de la chasse et s'en fut seul vers les Montagnes d'Ered-lindon qu'il voyait briller au loin ; et prenant la route naine il traversa le Gelion au gué de Sarn-athrad, et prenant au sud après avoir traversé le cours supérieur de l'Ascar, il entra dans le nord de l'Ossiriand.
§2 Dans une vallée au pied des Montagnes, en aval des sources du Thalos, il vit des lumières dans le soir, et entendit chanter au loin. Cela l'étonna grandement, car les Elfes Verts de ce pays n'allumaient point de feux, et ne chantaient point la nuit. Il craignit tout d'abord que des Orques en maraude eussent brisé le siège du Nord, mais en se rapprochant il comprit que ce n'était point le cas. Car les chanteurs employaient une langue qu'il n'avait jamais encore entendue, ni celle des Nains ni celle des Orques, et leurs voix étaient belles, bien que point entraînées à la musique.
§3 Alors Felagund, silencieux dans l'ombre nocturne des arbres, baissa les yeux sur le campement, et là il contempla un peuple étrange. Ils étaient grands, forts, et beaux, bien que primitifs et pauvrement vêtus ; mais leur campement était bien ordonné, et ils avaient des tentes et des huttes de branchages autour du grand feu au centre ; et il y avait de belles femmes et enfants parmi eux.
§4 À présent ceux-ci faisaient partie des parents et suivants de Bëor l'Ancien, comme il fut plus tard nommé, un chef parmi les Hommes. Après maintes générations d'errance dans l'Est, il les avait enfin menés par-delà les Montagnes, premiers de la race des Hommes à entrer en Beleriand ; et ils chantaient parce qu'ils étaient heureux, et ils croyaient qu'ils avaient échappé à tous les périls et atteint un pays où la peur était inconnue.
§5 Longtemps Felagund les contempla, et l'amour pour eux s'alluma dans son cœur ; mais il resta caché dans les arbres jusqu'à ce qu'ils fussent tous endormis. Alors il s'avança parmi les gens endormis, et s'assit auprès de leur feu mourant où personne ne montait la garde ; et il prit une harpe grossière que Bëor avait laissée au sol, et il joua une musique telle que les oreilles des Hommes n'en avaient jamais entendue ; car ils n'avaient encore eu aucun instructeur en cet art, sinon les seuls Elfes Sombres des terres sauvages.
§6 À présent les hommes s'éveillèrent et écoutèrent Felagund qui jouait et chantait, et chacun crut qu'il se trouvait en quelque rêve merveilleux, jusqu'à voir ses camarades éveillés eux aussi à ses côtés ; mais ils ne parlèrent ni ne bougèrent tant que Felagund joua, à cause de la beauté de la musique et de la prodigiosité de la chanson. Les mots du roi Elfe étaient pleins de sagesse, et les cœurs de ceux qui l'écoutaient gagnaient en sagesse ; car les faits qu'il chantait, la conception d'Arda, et la félicité en Aman au-delà des ombres de la Mer, cela venait comme de claires visions devant leurs yeux, et son discours elfique était interprété dans chaque esprit selon sa mesure.
§7 Ainsi advint-il que les Hommes appelèrent le Roi Felagund, premier de tous les Eldar qu'ils rencontrèrent, Sagesse, et d'après lui nommèrent son peuple Les Sages*. De fait, ils crurent tout d'abord que Felagund était l'un des dieux, dont ils avaient entendu dire qu'ils vivaient loin dans l'Ouest ; et c'était là (disaient certains) la première raison de leur voyage. Mais Felagund vécut parmi eux et leur enseigna le vrai savoir ; et ils l'aimèrent et le prirent pour seigneur, et par après furent toujours loyaux à la Maison de Finrod**.
§8 À présent les Eldar étaient plus que tout autre peuple doués pour les langues ; et Felagund découvrit aussi qu'il pouvait lire dans les esprits des Hommes autant de pensées qu'ils souhaitaient révéler par la parole, si bien que leurs paroles étaient aisément interprétées***. Il ne fallut donc pas longtemps avant qu'il pût converser avec Bëor ; et tant qu'il vécut avec lui ils parlèrent beaucoup ensemble. Mais lorsque Felagund interrogeait Bëor au sujet de l'éveil des Hommes et leurs voyages, Bëor ne parlait guère ; et de fait, il en savait peu, car les pères de son peuple ne lui avaient raconté que peu de récits de leur passé et un silence s'était abattu sur leur mémoire.
§9 « Des ténèbres planent derrière nous, dit Bëor, et nous leur avons tourné le dos, et nous ne désirons pas y retourner même en pensées. Nos cœurs se sont tournés vers l'ouest, et nous croyons que nous y trouverons la Lumière. »
§10 Mais Felagund apprit de Bëor qu'il y avait nombre d'Hommes de même disposition qui voyageaient aussi vers l'ouest. « D'autres de mes parents ont traversé les Montagnes, dit-il, et ils errent non loin d'ici ; et les Haladin, un peuple qui parle la même langue que nous, sont toujours dans les vallées des pentes orientales, attendant des nouvelles avant de s'aventurer plus avant. Il est aussi des Hommes d'une langue différente, avec qui nous avons eu des relations de temps à autres. Ils nous devançaient dans la marche vers l'ouest, mais nous les avons dépassés ; car ils sont un peuple nombreux, et pourtant ils restent ensemble et se déplacent lentement, tous dirigés par un chef qu'ils appellent Marach. »
§11 À présent les Nandor, les Elfes Verts d'Ossiriand, étaient troublés par la venue des Hommes, et lorsqu'ils ouïrent qu'un seigneur des Eldar de par-delà la Mer était parmi eux ils envoyèrent des messagers à Felagund. « Seigneur, dirent-ils, si vous avez quelque pouvoir sur ces nouveaux venus, demandez-leur de s'en revenir par les chemins qu'ils ont pris pour venir, ou bien de poursuivre leur route. Car nous ne désirons pas d'étrangers en cette terre qui briseraient la paix dans laquelle nous vivons. Et ces gens sont des coupeurs d'arbres et des chasseurs de bêtes ; nous sommes donc leurs ennemis, et s'ils ne partent pas nous les accablerons de toutes les façons que nous pourrons. »
§12 Ainsi, sur le conseil de Felagund, Bëor rassembla toutes les familles et parentèles errantes, et ils partirent par-delà le Gelion et s'établirent sur les terres de Diriol, sur les rives orientales du Celon près de l'orée de Doriath. Mais lorsque, après qu'une année se fût écoulée, Felagund souhaita rentrer dans son propre pays, Bëor le pria de lui permettre de l'accompagner ; et il resta au service du roi sa vie durant. De cette façon acquit-il son nom de Bëor, alors que son nom avait auparavant été Balan ; car Bëor signifiait Servant dans l'antique langue de son peuple. Il commit la gouvernance de son peuple à son fils aîné Baran, et ne revint jamais en Estolad.

Des Familles et Maisons des Edain
§13 Peu après le départ de Felagund, les autres Hommes dont Bëor avait parlé entrèrent eux aussi au Beleriand. Tout d'abord vinrent les Haladin ; mais face à l'hostilité des Nandor, ils prirent au nord et s'établirent en Radhrost, au pays de Caranthir fils de Fëanor ; et là ils furent un temps en paix, bien que le peuple de Caranthir ne leur prêtât que peu d'attention. L'année suivante, cependant, Marach mena son peuple par-delà les Montagnes ; et ils étaient un peuple grand et guerrier, et ils marchaient en compagnies ordonnées ; et les Elfes Verts se cachèrent et ne les assaillirent pas. Et Marach, entendant que le peuple de Bëor habitait un pays vert et fertile, descendit la Route naine et installa son peuple dans le pays au sud et à l'est des demeures de Baran fils de Bëor. Une grande amitié régnait entre les peuples, bien qu'ils fussent séparés par leurs langues, jusqu'à ce que tous deux apprissent la langue sindarine.
§14 Felagund lui-même revint souvent visiter les Hommes ; et de nombreux autres Elfes des terres de l'ouest, Noldor comme Sindar, allaient en Estolad, désireux de voir les Edain, dont la venue était prédite depuis longtemps. Et Fingolfin, Roi de tous les Noldor, envoya des messagers leur souhaiter la bienvenue. Alors nombre de jeunes et curieux hommes des Edain s'en furent et se mirent au service des rois et seigneurs des Eldar. Parmi eux se trouvait Malach fils de Marach, et il vécut en Hithlum pendant quatorze années ; et il apprit la langue elfique et reçut le nom d'Aradan.
§15 Les Edain ne vécurent pas longtemps avec satisfaction en Estolad, car nombre d'entre eux désiraient toujours aller vers l'ouest ; mais ils ignoraient le chemin : devant eux se dressait la barrière de Doriath, et au sud le Sirion et ses marais infranchissables. Les rois des trois maisons des Noldor, espérant en la force des fils des Hommes, firent donc savoir que quiconque parmi les Edain qui le désiraient pourrait partir et venir demeurer parmi leur peuple. De cette façon débuta la migration des Edain : lentement au début, mais plus tard par familles et parentèles entières, ils se levèrent et quittèrent Estolad, jusqu'à ce qu'après quelque cinquante années plusieurs milliers eussent pénétré dans les terres des rois.
§16 La plupart de ceux-là prirent la longue route vers le nord, guidés par les Elfes, jusqu'à ce qu'ils connussent bien les routes. Le peuple de Bëor vint au Dorthonion et vécut sur les terres de la Maison de Finrod. Une grande partie du peuple d'Aradan (car Malach resta en Estolad jusqu'à sa mort) poursuivit vers l'ouest ; et certains allèrent en Hithlum, mais Magor fils d'Aradan et la majeure partie de son peuple descendirent le Sirion pour entrer au Beleriand et vécurent dans les vallées du versant austral de l'Ered-wethion. Quelques-uns seulement d'entre eux rejoignirent Maedros et les terres autour de la Colline d'Himring.
§17 Beaucoup, cependant, restèrent en Estolad ; et de nombreuses années plus tard vivait toujours là un peuple mixte d'Hommes, jusqu'à ce qu'ils fussent submergés ou forcés de fuir vers l'est lors de la ruine du Beleriand. Car en plus des anciens qui jugeaient que leurs jours d'errance étaient terminés se trouvaient certains, et ils n'étaient pas peu nombreux, qui désiraient aller comme bon leur semblait et craignaient les Eldar et la lumière de leurs yeux ; et des dissenssions naquirent parmi les Edain, dans lesquelles on peut discerner l'ombre de Morgoth, car il connaissait à n'en point douter la venue des Hommes et leur amitié croissante avec les Elfes.
§18 Les chefs des mécontents étaient Bereg de la Maison de Bëor et Amlach, l'un des petits-fils de Marach ; et ils dirent ouvertement : « Nous avons longtemps marché, désirant échapper aux périls de la Terre du Milieu et aux choses sombres qui y vivent ; car nous avons ouï qu'il y avait de la Lumière dans l'Ouest. Mais aujourd'hui nous apprenons que la Lumière est au-delà de la Mer. Nous ne pouvons donc pas aller là où les dieux vivent dans la félicité, sauf un. Car le Seigneur des Ténèbres est ici, devant nous, et les Eldar, sages mais féroces, qui lui font une guerre perpétuelle. Il vit dans le Nord, disent-ils ; et là sont le chagrin et la mort que nous avons fui. Nous ne prendrons pas cette voie. »
§19 Alors se réunit un conseil et une assemblée des Hommes, et un grand nombre s'y rendit. Et les Amis-des-Elfes répondirent à Bereg, disant : « Il est vrai que tous les maux que nous avons fuis proviennent du Roi Sombre ; mais il cherche à dominer la Terre du Milieu toute entière, et vers où nous tournerons-nous sans qu'il ne nous pourchasse ? À moins qu'il ne soit vaincu ici, ou du moins prisonnier d'un siège. Seul le courage des Eldar le retient, et peut-être est-ce pour cela, pour les aider lorsque le besoin s'en fera ressentir, que nous fûmes amenés en ce pays. »
§20 À cela Bereg répondit : « Que les Eldar s'en chargent ! Nos vies sont bien assez brèves. » Mais alors se dressa quelqu'un en qui tous crurent voir Amlach fils d'Imlach, prononçant de cruelles paroles qui atteignirent ceux qui l'écoutaient en plein cœur : « Tout cela n'est rien que du savoir elfique, des contes pour envoûter les nouveaux arrivants qui ne sont pas sur leurs gardes. La Mer n'a pas de rivage. Il n'y a pas de Lumière à l'Ouest. Vous avez suivi un feu trompeur allumé par les Elfes jusqu'à la fin du monde ! Qui d'entre vous a jamais vu le moindre des dieux ? Qui a posé les yeux sur le Roi Sombre du Nord ? Ceux qui cherchent à dominer la Terre du Milieu sont les Eldar. Avides de richesses, ils ont creusé la Terre pour découvrir ses secrets et ont enflammé la rage des choses qui y vivaient, comme ils l'ont toujours fait et le feront toujours. Laissons les Orques avoir le royaume qui est leur, et nous aurons les nôtres. Le monde est vaste, si les Eldar nous laissent en paix ! »
§21 Alors ceux qui écoutaient restèrent hébétés un moment, et l'ombre de la peur s'abattit sur leurs cœurs ; et ils résolurent de partir loin des terres des Eldar. Mais par la suite, Amlach revint parmi eux et nia avoir été présent au conseil ou avoir dit les mots qu'il lui rapportèrent ; et doute et confusion naquirent entre les Hommes. Alors les Amis-des-Elfes dirent : « Maintenant au moins croirez-vous ceci : il y a bien un Seigneur sombre et ses espions et émissaires sont parmi nous ; car il nous craint, nous et la force que nous pourrions offrir à ses ennemis. »
§22 Mais certains répondirent encore : « Il nous hait, plutôt, et d'autant plus que nous restons ici, à nous mêler de sa querelle avec les rois des Eldar, sans bénéfice pour nous. » Beaucoup de ceux qui restaient encore en Estolad se préparèrent donc à partir ; et Bereg mena un millier d'hommes du peuple de Bëor vers le sud, et ils sortirent des récits de ces temps. Mais Amlach se repentit, disant : « J'ai désormais une rancune personnelle envers ce Maître des Mensonges qui durera ma vie entière » ; et il partit vers le nord et entra au service de Maedros. Mais ceux de son peuple qui pensaient comme Bereg se choisirent un nouveau chef et repassèrent les Montagnes vers l'Eriador et furent oubliés.
§23 Pendant ce temps, les Haladin restèrent en Radhrost et vécurent en contentement. Mais Morgoth, voyant que ses mensonges et tromperies ne pouvaient séparer définitivement les Elfes et les Hommes, en conçut une grande colère et résolut d'infliger aux Hommes tout maléfice à sa disposition. Il envoya donc une armée orque qui, passant à l'est, échappa au siège et revint par ruse en franchissant les Montagnes par les passes de la Route naine, et elle tomba sur les Haladin dans les bois du sud du pays de Caranthir.
§24 À présent les Haladin n'avaient pas de chef ni de communauté importante, et chaque maisonnée se tenait à l'écart et réglait ses propres affaires, et ils étaient lents à s'unir. Mais il était parmi eux un homme du nom de Haldad qui était puissant et intrépide ; et il rassembla tous les braves qu'il put trouver et se retira dans l'angle formé par l'Ascar et le Gelion, et lorsqu'il eut rassemblé autant d'arrivants que possible il bâtit une palissade de rivière à rivière ; et il y regroupa toutes les femmes et tous les enfants qu'ils purent sauver. Là ils furent assiégés jusqu'à ce que la nourriture se fasse rare.
§25 À présent Haldad avait des jumeaux : sa fille Haleth et son fils Haldar ; et tous deux étaient d'une vaillance pareille au combat, car Haleth était une femme forte et de grand courage. Mais finalement Haldad fut tué lors d'une sortie contre les Orques ; et Haldar, qui s'était précipité pour sauver le corps de son père du massacre, fut abattu à ses côtés. Alors Haleth retint le peuple auprès d'elle, bien qu'ils n'eussent plus d'espoir ; et certains se jetèrent dans les rivières et se noyèrent. Sept jours après, comme les Orques lançaient leur dernière attaque et avaient déjà creusé des brèches dans la palissade, le son de trompettes jaillit soudain, et Caranthir avec ses troupes déferla du nord et repoussa les Orques dans les eaux des rivières.
§26 Alors Caranthir considéra affablement les Hommes et fit grand honneur à Haleth, et il la dédommagea pour son père et son frère. Et voyant, quoique tardivement, quelle était la valeur des Edain, il lui dit : « Si vous partez pour vous installer plus au nord, vous trouverez là l'amitié et al protection des Eldar, et des terres libres qui vous seront propres. »
§27 Mais Haleth était fière, et peu désireuse d'être guidée ou gouvernée, ce qui était le sentiment général des Haladin. Elle remercia donc Caranthir, mais lui dit : « Je suis maintenant décidée, seigneur, à quitter l'ombre des Montagnes et à aller vers l'ouest, là où d'autres de mon peuple sont partis. » Ainsi, lorsque les Haladin eurent rassemblés ceux de leur peuple qui avaient survécu en se cachant dans les bois, et glané ce qui restait de leurs biens dans leurs demeures incendiées, ils prirent Haleth pour chef ; et elle les mena enfin en Estolad, où ils vécurent un moment.
§28 Mais ils restèrent un peuple à part, que les Elfes et Hommes appelèrent par la suite le Peuple de Haleth. Haleth resta leur chef tant qu'elle vécut, mais elle ne se maria point, et la souveraineté passa par après à Hardan, fils de son frère Haldar. Bientôt, cependant, Haleth désira aller encore vers l'ouest ; et bien que la majeure partie de son peuple s'y opposât, elle les mena une fois de plus ; et ils partirent sans aide ni conseils des Eldar, et traversant Celon et Aros ils voyagèrent dans le périlleux pays entre les Montagnes de la Terreur et la Ceinture de Melian. Ce pays n'était point encore si périlleux qu'il le devint par la suite, mais il n'était pas de route que les Hommes mortels pussent prendre sans aide, et Haleth ne fit traverser son peuple qu'à grand-peine et avec de lourdes pertes, les forçant à avancer par la seule force de sa volonté. Ils traversèrent finalement le Brithiach, et beaucoup regrettèrent amèrement d'avoir jamais entrepris ce voyage, mais il n'était désormais plus de retour possible. Ils reprirent donc, aussi bien qu'ils le purent, leur ancienne vie dans de nouvelles terres ; et ils vécurent dans des maisonnées libres dans les bois de Dalath Dirnen par-delà le Teiglin, et certains s'enfoncèrent loin dans le royaume de Nargothrond. Mais nombreux étaient-ils à aimer la Dame Haleth et désireux d'aller là où elle irait et de vivre sous sa loi ; et elle mena ceux-là dans la forêt de Brethil. Là, durant les jours sombres qui suivirent, nombre de ceux de son peuple épars revinrent.
§29 À présent le Roi Thingol incluait Brethil dans son propre royaume, bien qu'il ne fût point enclos dans la List Melian, et il voulait le refuser à Haleth ; mais lorsqu'il eut appris tout ce qui était advenu au peuple de Haleth Felagund, qui était l'ami de Thingol, obtint cette grâce pour elle : qu'elle puisse vivre libre en Brethil à la seule condition que son peuple gardât les Gués du Teiglin contre tous les ennemis des Eldar, et ne permît à aucun Orque d'entrer dans leurs bois. Ce à qui Haleth répondit : « Où sont Haldad mon père, et Haldar mon frère ? Si le roi craint que l'amitié ne naisse entre Haleth et ceux qui dévorèrent ses parents, alors les pensées des Eldar sont étrangères aux Hommes. » Et Haleth vécut en Brethil jusqu'à sa mort ; et son peuple lui éleva un tertre vert dans les hauteurs de la forêt : Tûr Daretha, le Tertre de la Dame, Haudh-en-Arwen dans la langue sindarine.
§30 De cette façon advint-il que les Edain vécurent dans les pays des Eldar, certains ici, d'autres là, certains errants, d'autres installés en familles ou en petits peuples. Presque tous apprirent bientôt la langue gris-elfique, à la fois comme langue commune entre eux et parce que beaucoup étaient désireux d'apprendre le savoir des Elfes. Mais après un certain temps les Rois-elfes, voyant qu'il n'était pas bon que les Elfes et les Hommes vivent ensemble sans ordre, et que les Hommes avaient besoin de chefs de leur propre race, établirent des régions séparées où les Hommes pourraient mener leurs propres vies, et nommèrent des chefs pour régner librement sur ces terres. Nulle condition ne leur était imposée, sinon de tenir Morgoth pour leur ennemi et de n'avoir aucune relation avec lui. Ils étaient les alliés des Eldar en temps de guerre, mais marchaient derrière leurs propres chefs. Pourtant nombre des Edain tiraient joie de l'amitié des Elfes et vécurent parmi eux aussi longtemps qu'il le leur était permis ; et leurs garçons passaient souvent un certain temps à servir dans les armées des Rois.
§31 À présent Hador Glorindol, fils de Hathol, fils de Magor, fils de Malach Aradan entra dans la maisonnée de Fingolfin en sa jeunesse, et était bien-aimé du roi. Fingolfin lui donna donc la seigneurie de Dor-lómin, et dans ce pays il rassembla la plus grande partie de son peuple et devint le plus puissant des chefs des Edain. Dans sa maison n'était parlée que la langue elfique, bien que son peuple n'oubliât point son propre langage‡‡. Mais en Dorthonion la suzeraineté sur le peuple de Bëor et le pays de Ladros fut donnée à Boromir, fils de Boron qui était le petit-fils de Bëor l'Ancien.
§32 Les fils de Hador furent Galdor et Gundor ; et les fils de Galdor furent Húrin et Huor ; et le fils de Húrin fut Túrin le fléau de Glaurung ; et le fils de Huor fut Tuor, père d'Eärendil le Béni. Et le fils de Boromir fut Bregor, dont les fils furent Bregolas et Barahir ; et les filles des fils de Bregolas furent Morwen la mère de Túrin, et Rían la mère de Tuor ; mais le fils de Barahir fut Beren Une-main qui gagna l'amour de Lúthien, fille de Thingol, et revint d'entre les Morts ; d'eux fut issue Elwing la femme d'Eärendil et tous les Rois de Númenor par après.
§33 Tous ceux-là furent pris dans la toile de la Malédiction des Noldor ; et ils accomplirent de grands exploits dont les Eldar se souviennent encore d'entre les histoires des Rois de jadis. Et en ce temps-là la force des Hommes s'ajouta à la puissance des Noldor, et l'espoir revint ; et les peuples des trois maisons des Hommes crûrent et se multiplièrent. La plus grande était la Maison de Hador Tête-d'Or, égal des Seigneurs-elfes. Beaucoup de son peuple lui ressemblaient, ayant les cheveux d'or et les yeux bleus ; ils étaient grands et forts, prompts à la colère comme au rire, féroces au combat, généreux pour l'ami comme pour l'ennemi, de décision rapide, de loyauté solide, de cœur joyeux, les enfants d'Ilúvatar en la jeunesse de l'Humanité. Mais les gens de la Maison de Bëor avaient la chevelure brune ou noire ; leurs yeux étaient gris et vifs et leurs visages beaux et bien faits. Ils étaient souples et minces, et d'une résistance soutenue. De tous les Hommes, ils étaient les plus ressemblants aux Noldor et les plus aimés d'eux ; car ils étaient curieux d'esprit, habiles de main, prompts de compréhension, de mémoire perdurante ; et ils étaient plus prompts à la pitié qu'aux rires, car le chagrin de la Terre du Milieu habitait leurs cœurs. Le peuple forestier de Haleth leur était proche ; mais ils étaient moins grands et plus trapus, plus austères et moins vifs. Ils étaient moins avides de savoir, et ne parlaient que peu ; car ils n'aimaient pas les grandes réunions, et beaucoup parmi eux trouvaient leur bonheur dans la solitude, errant libremement dans les bois verts lorsque les merveilles du monde leur étaient encore nouvelles. Mais dans les terres de l'Ouest, leur temps fut court et leurs jours malheureux.
§34 Les jours des Edain furent prolongés, selon le compte des Hommes, après leur venue en Beleriand ; mais finalement Bëor l'Ancien mourut, après avoir vécu quatre-vingt-dix et trois années, dont quarante et quatre passées au service du Roi Felagund. Et lorsqu'il fut mort, sans avoir été blessé ni malade, mais frappé par l'âge, les Eldar virent pour la première fois la mort de lassitude qu'ils ne connaissaient pas eux-mêmes, et ils furent chagrinés par la rapide disparition de leurs amis. Mais Bëor avait au moins abandonné la vie de sa propre volonté et était mort en paix ; et les Eldar s'étonnèrent beaucoup de l'étrange destin des Hommes, car dans tout leur savoir il n'en était aucune mention, et sa fin leur était cachée. Néanmoins les Edain de jadis, étant des gens avides et jeunes, apprirent bientôt des Eldar tout le savoir qu'ils pouvaient, et leurs fils gagnèrent en sagesse et en talent, jusqu'à ce qu'ils surpassassent le reste de l'Humanité, qui vivait toujours à l'est des Montagnes et n'avait point vu les Eldar et les visages qui avaient contemplé la Lumière.

* Nóm et [Nómil >] Nómin dans l'antique langue de ce peuple (qui fut par la suite oubliée) ; car Bëor et son peuple plus tard apprirent la langue des Eldar et oublièrent la leur, bien qu'ils retinssent de nombreux noms qui leur venaient [du passé >] de leurs pères.

** Ainsi Bëor reçut-il son nom ; car il signifiait Vassal dans leur langue, et tous leurs chefs après lui portèrent ce nom comme titre jusqu'aux années de Bregolas et Barahir.

*** Il est également dit que ces Hommes avaient depuis longtemps des relations avec les Elfes Sombres de la Terre du Milieu, et qu'ils avaient appris en grande partie leur langage ; et puisque toutes les langues des Quendi étaient issues d'une même origine, la langue de Bëor et de son peuple ressemblait au langues elfiques par maints mots et structures.

Le Campement. Par la suite, cela resta à jamais le nom du pays à l'est du Celon et au sud de Nan Elmoth.

Atani était le nom donné aux Hommes en Valinor dans les traditions parlant de leur venue ; selon les Eldar il signifiait « Second », car le peuple des Hommes était le deuxième des Enfants d'Ilúvatar. Edain était la forme de ce nom en Beleriand, et il n'y était employé que pour les trois peuples des premiers Amis-des-Elfes. Les Hommes d'autres peuples étaient appelés Hravani (ou Rhevain), les « Sauvages ». Mais les Elfes appelaient l'ensemble des Hommes Hildi [> Hildor], les Suivants, ou Firyar, les Mortels (en sindarin Echil et Firiath).

‡‡ De ce langage fut issue la langue ordinaire de Númenor.

*


Je note ici les rares changements qui furent apportés au tapuscrit QT 2 du nouveau chapitre.

§1 Felagund > Finrod Felagund
§4 « atteint un pays » > « enfin atteint un pays »
§7 La deuxième note de bas de page fut rayée (comme c'était le cas dans le tapuscrit original).
§12 Diriol > Diriel > Amras
§13 Radhrost > Thargelion, de même au §23.
§28 Dalath Dirnen > Talath Dirnen
§29 List Melian : « Ceinture de » écrit au-dessus du mot List (qui ne fut pas rayé).
§31 Glorindol > Glórindol
§33 « les merveilles du monde » > « les merveilles des terres des Eldar »
« Mais dans les terres de l'Ouest » > « Mais dans les royaumes de l'Ouest »

En outre, certaines modifications furent effectuées au crayon uniquement sur la copie carbone du tapuscrit original, et elles ne furent pas incluses dans QT 2, ni ajoutées à lui. Les voici :

§16 « Magor fils d'Aradan » > « Hador fils d'Aradan »
§29 List Melian > Lest Melian
Tûr Daretha > Tûr Haretha
§31 « À présent Hador Glorindol, fils de Hathol, fils de Magor, fils de Malach Aradan » fut corrigé pour donner ceci (la correction fut faite de façon incorrecte, mais l'intention de mon père est claire) : « À présent Magor Dagorlind, fils de Hathol, fils de Hador Glorindal, fils de Malach Aradan »
§32 « Les fils de Hador » > « Les fils de Magor »
Au sujet de l'inversion de Magor et Hador dans la généalogie, voir p. 235.

Commentaire

§1 « trois cents et dix années » : les mots « et dix » furent ajoutés par la suite. Le chapitre original de QS a « quatre cents », mots à côté desquels mon père nota (p. 202, §126) : « Cela doit être ramené en 300 », modifiant la date en « 310 ». Ce déplacement radical, reculant de quatre-vingt-dix ans la rencontre de Felagund et Bëor (et donc étendant les lignées des souverains des Edain en Beleriand de plusieurs générations) a déjà été rencontré dans l'ouverture de l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.307 et troisième note de bas de page).

§4 « Bëor l'Ancien » : les mots « l'Ancien » furent ajoutés par la suite, et « comme il fut plus tard nommé » se réfère seulement à « Bëor » (voir la deuxième note de bas de page au §7). – Au sujet de « Après maintes générations d'errance », cf. la modification apportée au chapitre original de QS, p. 202, §127.

§7 La première phrase de ce paragraphe telle qu'elle fut tapée se lit ainsi :
    Ainsi advint-il que les Hommes appelèrent le Roi Felagund, premier de tous les Eldar qu'ils rencontrèrent, Sômar qui signifie Sagesse, et d'après lui nommèrent son peuple Samûri (qui signifie les Sages).
Telle qu'elle fut tapée, la note fut apposée au mot « Sagesse » et se lit ainsi :
    Dans l'ancienne langue des Edain (d'où vint par la suite la langue númenóréenne) ; mais Bëor et sa Maison apprirent plus tard la langue des Eldar et abandonnèrent la leur.
Voir V.275 (note de bas de page) et p. 202, §128. – Dans « la Maison de Finrod » Finrod = Finarfin. La note de bas de page à ce point du texte telle que tapée se lit ainsi :
    Ainsi Bëor reçut-il son nom ; car il signifie Vassal dans la langue des Edain. Mais après Bëor, tous les enfants de sa Maison portèrent des noms elfiques.
La note de bas de page corrigée telle que donnée dans le texte fut par la suite rayée au crayon. Voir le §12 dans le texte.

§9 Le paragraphe commençant par « Mais on dit plus tard [...] » du Silmarillion publié, entre les §9 et 10 du texte original, est issu des Annales Grises, §§79-80 (p. 36-37).

§10 L'inversion, dans le Silmarillion publié, de ce qui est dit dans le texte original (et cf. X.305) au sujet des affinités des langues des Edain (les Haladin sont « séparés par leurs langues » du Peuple de Bëor, et la langue du Peuple de Marach devient « plus proche de la nôtre ») se base sur des indication tardives et très claires de mon père. – Dans ce passage se trouvent les premières apparitions des noms Haladin et Marach.

§12 La forme Diriol semble n'apparaître nulle part ailleurs (voir p. 225, §12). – Au-dessus du mot « Servant », mon père crayonna « Vassal » avant de le rayer. – Le nom d'Estolad fut inclus sur la seconde carte, mais sous la forme Estoland (p. 189, §55).

§13 Le titre Des Familles et Maisons des Edain fut ajouté au manuscrit. En face des premiers mots « Peu après le départ de Felagund », la date 311 fut tapée ; 312 en face de la venue des Haladin ; et 313 en face de la venue de Marach et de son peuple.
Radhrost : Le nom de Thargelion chez les Elfes Sombres. Voir p. 225, §13.
Caranthir : Le nom fut tout d'abord tapé (à deux reprises) Cranthir, corrigé en Caranthir, mais plus loin dans le texte (§23 et suivants) Caranthir est la forme d'origine. Ceci est une indication que la correction du texte suivit de peu sa composition (p. 215), et appuie la suggestion (ibid.) selon laquelle De la Venue des Hommes dans l'Ouest apparitient à la période de composition de la série de tapuscrits QT 2, étant donné que Cranthir > Caranthir apparaît comme correction de Du Beleriand et de ses Royaumes dans la série QT 2 (p. 197, §111).
Au sujet de l'affirmation selon laquelle les peuples de Bëor et Marach étaient « séparés par leurs langues », omise dans le texte publié, voir le commentaire du §10 ci-dessus.

§14 Après les mots « vécut en Hithlum », on peut lire dans le tapuscrit « dans la maisonnée de Fingolfin », ce qui fut rayé.

§15 En face des mots « quelque cinquante années », les dates 330-380 sont tapées dans la marge.

§16 « la Maison de Finrod » : voir le commentaire du §7 ci-dessus. – Le paragraphe commençant par « Il est dit qu'en tous ces événements [...] » du Silmarillion publié est issu des Annales Grises, §§ 130-131 (p. 49-50).

§18 Au sujet des paroles de Bereg et d'Amlach, voir les mots d'Andreth à Felagund dans l'Athrabeth, X.309-10.

§19 En face de la première phrase de ce paragraphe, la date 369 fut ajoutée.

§20 Après « les nouveaux arrivants qui ne sont pas sur leurs gardes », le texte tel qu'il fut tapé était le suivant :
    Qui d'entre vous à vu la Lumière ou le moindre des dieux ? Qui a posé les yeux sur le Roi Sombre du Nord ? La Mer n'a pas de rivage. Il n'y a pas de Lumière à l'Ouest, car nous sommes à l'Ouest du monde.
§23 La forme Caranthir apparaît ici dans le tapuscrit tel qu'il fut tapé : voir le commentaire du §13 ci-dessus. Dans la copie carbone un trait fut tracé sur le n de Caranthir, donnant Carathir, et la même chose fut faite à la première apparition du nom (§13) dans la copie principale.

§24 Le siège des Haladin derrière leur palissade est daté de 375, tapé dans la marge.

§25 C'est ici qu'apparaît la Dame Haleth ; Haleth le Chasseur, Père des Hommes, qui apparut pour la première fois longtemps auparavant, dans le Quenta, comme le fils de Hador (lorsque les maisons « hadorienne » et « halethienne » ne faisaient qu'une, voir IV.104, 175) a disparu.

§27 En face de la dernière phrase, qui fait référence au séjour des Haladin en Estolad, les dates 376 – 390 sont tapées dans la marge.

§28 Hardan fils de Haldar : le remplacement de Hardan par Haldan dans le texte publié se base sur une modification tardive apportée à un arbre généalogique des Haladin (voir p. 238).
Brithiach : Le Gué de Brithiach sur le Sirion, au nord de la forêt de Brethil, est apparu pour la première fois dans le Conte de Tuor tardif (Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge), puis dans AG, §161 ; voir la carte p. 182, case D7. – À côté de la phrase « Ils traversèrent finalement le Brithiach » est tapée la date 391.
Dalath Dirnen : La Plaine Gardée, à l'est du Narog. Le nom apparaît pour la première fois dans le conte de Beren et Lúthien dans QS (V.299) et fut marqué sur la seconde carte, où il fut par la suite corrigé en Talath Dirnen (p. 186, §17), tout comme dans le tapuscrit QT 2 du présent texte (p. 225, §28).
Teiglin : Ce fut la forme du nom adoptée dans le Silmarillion publié ; voir p. 309-310, à la fin de la note 55.

§29 Dans les Annales Grises (§132, p. 50) apparaît l'histoire (sous l'année 422) que « à la supplique d'Inglor [Felagund], Thingol permit au peuple d'Haleth de vivre en Brethil ; car ils étaient en bonne amitié avec les Elfes sylvains » (ici Haleth est évidemment Haleth le Chasseur, entré au Beleriand deux ans plus tôt).
List Melian, la Ceinture de Melian : ce nom fut ajouté à la seconde carte (p. 183, D8-9), et changé en Lest Melian sur la copie carbone du tapuscrit original de ce chapitre (p. 225, §29).
Tûr Daretha : pour la forme Tûr Haretha dans le texte publié, voir p. 225, §29. – La date de la mort de la Dame Haleth est donnée dans la marge : 420.

§31 Dans l'histoire nouvellement créée, Marach ayant remplacé Hador Tête-d'Or comme chef du peuple lors du voyage hors d'Eriador, Hador apparaît désormais comme le descendant de Marach à la quatrième génération ; mais la Maison de Hador garda son nom (voir IV.175). Ici apparaît pour la première fois le nom Glorindol ; mais la forme ultérieure Lorindol (adoptée dans le Silmarillion publié) se retrouve dans l'Athrabeth (X.305), et voir p. 233-235.
Des notes marginales donnent les années que passa Hador dans la maisonnée de Fingolfin (405-15) et le don de la seigneurie de Dor-lómin (416).
La dernière phrase du paragraphe tel qu'il fut tapé est la suivante :
    Mais en Dorthonion la suzeraineté sur le peuple de Bëor fut donnée à Bregor fils de Boromir [...]
La date de ce don, tapée dans la marge, était 410. – « Le pays de Ladros », dans la version corrigée, fut noté sur la seconde carte dans le nord-est du Dorthonion ; p. 187, §34.

§32 Ce qui reste de De la Venue des Hommes dans l'Ouest suit, avec un grand travail de réécriture et de développement, la forme du chapitre original de QS. – Galdor apparaît pour la première fois ici (plutôt que dans des corrections plus tardives), remplaçant Galion qui remplaçait lui-même Gumlin (p. 123, §127).

Les nouvelles généalogies des Edain

En décidant que la venue des Edain en Beleriand devait prendre place près d'un siècle avant ce qu'il avait supposé, mon père dut effectuer une révision massive de la chronologie et des généalogies.

(i) La Maison de Bëor
Dans le nouveau chapitre, on voit que dans le cas des Bëoriens le « Père » originel, Bëor l'Ancien, est resté, mais quatre générations furent insérées entre lui et Bregolas et Barahir, qui avaient jusqu'alors été ses fils. Ces générations sont représentées par Baran, Boron, Boromir, et Bregor (qui devient le père de Bregolas et Barahir), descendants en droite ligne de Bëor l'Anicen – bien qu'il ne soit pas dit explicitement que Boron était le fils de Baran, seulement qu'il était le petit-fils de Bëor (§31). Dans les Annales Grises (§121), Bëor naît en 370, sa première rencontre avec Felagund a lieu en 400, l'année de la naissance de son fils aîné, Bregolas (§124), et il meurt en 450. Dans la nouvelle histoire, il rencontre Felagund en 310, part avec lui en 311 (commentaire du §13), et reste à son service quarante-quatre ans, jusqu'à sa mort à l'âge de 93 ans (§34), d'où on peut déduire ses dates de naissance (262) et de mort (355). Son véritable nom était Balan (§12) ; et il est dit dans la deuxième note au §7 que chacun des chefs de son peuple prit le nom de Bëor (« Vassal ») comme titre jusqu'à l'époque de Bregolas et Barahir – bien que cette note ait été ensuite rayée (commentaire du §7). Son petit-fils Boromir reçut la seigneurie du Dorthonion et de Ladros en 410 (§31 et commentaire).
Il existe deux arbres généalogiques de la Maison de Bëor étroitement associés au nouveau chapitre et datant presque certainement de la même période (ce fait est fortement suggéré par le fait qu'un ensemble de généalogies elfiques, d'apparence similaire à celles des Edain, est accompagné de notes datées de décembre 1959). Les deux tables furent de toute évidence faites durant la même période. La première (« Arbre Bëor I ») est écrite clairement et avec soin ; elle diffère de la seconde par de nombreuses dates et par la présentation des descendants de Boron (petit-fils de Bëor l'Ancien), ici :



Les noms en italiques sont ceux des membres de la Maison de Bëor qui ne sont jamais apparus auparavant ; de ceux-là Beleth, Bregil et Beldis sont indiquées être des filles. Des modifications ultérieures, effectuées par étapes complexes, amenèrent la généalogie à sa forme complète, celle de l'« Arbre Bëor II » ; de ces modifications, la plus significative est le remplacement de Bregil, fille de Boromir (qui passe à la génération suivante) par Andreth, première apparition de ce nom. Le seul autre point notable de l'arbre I est que Morwen y est nommée Eledhwen (avec Eðelwen ajouté au-dessus, comme dans l'arbre II.
L'arbre Bëor II inclut tous les changements apportés au I, et je l'ai redessiné en p. 231 sous sa forme originale. Les nombres accolés à certains noms indiquent les souverains successifs de la Maison.
Cet arbre nous permet de voir que Boron était bel et bien le fils de Baran (« Bëor le Jeune »), et que Bereg le dissident (§18), qui dans le texte n'est dit être que « de la Maison de Bëor », était le fils de Baranor, fils de Baran, et donc un arrière-petit-fils de Bëor l'Ancien. On remarque aussi que l'extension de la Maison de Bëor qui apparaît dans l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.305-6) est désormais présente, avec Andreth, la sœur de Bregor, et Belen, le fils cadet de Bëor l'Ancien, père de Beldir (non nommé jusqu'ici), père de Belemir, l'époux d'Adanel (Adanel est dite ici être la fille de Malach Aradan, fils de Marach, tandis que dans l'Athrabeth elle est la sœur de Hador Lorindol : à ce sujet, voir p. 235)
Quelques rares changements furent apportés par la suite, à des époques diverses, à l'arbre Bëor II :
- (Bar Bëora) ajouté après « La Maison de Bëor » ;
- les dates de Boron changées en 315-408, et la naissance de Boromir déplacée en 338 ;
- le nom Saelin crayonné sous Andreth, ainsi que « A[ndreth] la Sage » ;
- une descendance lointaine de Beleth, sœur de Baragund et Belegund, menant à Erendis de Númenor ;
- une fille, Hiril, sœur de Beren Une-main, donnée à Barahir et Emeldir.



Au sujet du nom Saelin pour Andreth, voir p. 233. Au sujet d'Erendis de Númenor descendant de Beleth, fille de Bregolas, cf. Aldarion et Erendis, Contes et Légendes Inachevés : le Second Âge, où il est dit de Beregar, père d'Erendis, qu'il « venait de la Maison de Bëor » ; dans ma note à cela (note 10), j'ai fait référence à son ascendance telle que donnée dans le présent arbre généalogique, mais orthographiai incorrectement le nom de son ancêtre en « Bereth ».
Certaines des dates les plus tardives de l'arbre diffèrent de celles données dans d'autres sources. La première mort de Beren est datée de 466 dans les textes du Récit des Ans : 465 est un retour à la date de AB 2 (voir p. 131, §203). La deuxième mort de Beren, datée de 501 sur l'arbre, avait lieu en 503 dans AB 2, tandis que dans le Récit des Ans elle prenait place en 505, avant de revenir en 503 (p. 346, 348). Dans AG, Bregolas était né en 400, Barahir en 402, Baragund en 424, et Belegund en 428 : ces dates remontaient aux premières Annales de Beleriand, additionnées d'un, puis de deux siècles dans les versions ultéreures ; voir l'arbre généalogique en IV.315.
Au sujet de la date souvent changée du second Massacre Fratricide (ici daté de 511), durant lequel Dior, l'héritier de Thingol, fut tué en combattant les Fëanoriens et ses jeunes fils Eldún et Elrún pris et abandonnés dans les bois, voir le Récit des Ans, p. 345 et suivantes ; que leur décès soit daté de 506 sur cet arbre, cinq ans avant celui de Dior, n'est clairement dû qu'à une simple inadvertance. Dans des textes (ultérieurs), Eldún et Elrún sont des frères jumeaux, nés en l'an 500 (voir p. 257 et note 16 en p. 300; p. 349).

(ii) La Maison de Hador
Dans l'ancienne histoire des Edain, désormais rejetée, Hador aux Cheveux d'Or, troisième des « Pères des Hommes de l'Ouest », naissait en Eriador en 390, et franchissait les Montagnes Bleues pour entrer au Beleriand en 420. À la différence de la Maison de Bëor, cependant, Hador (Glorindol, §31) conserva sa place chronologique dans l'histoire (comme on le verra rapidement, sa date de naissance resta la même), tout comme ses fils Galdor (< Galion < Gumlin) et Gundor ; mais du fait de la date nettement plus ancienne de « la Venue des Hommes dans l'Ouest », il descendit de plusieurs générations, pour devenir le chef du peuple de la quatrième génération après Marach, sous les ordres duquels il était entré au Beleriand en 313 (commentaire du §13). Son père était Hathol, fils de Magor, fils de Malach, fils de Marach (§31).
Comme pour la Maison de Bëor, il y a ici aussi deux arbres généalogiques étroitement liés à la nouvelle conception. Le premier d'entre eux (« Arbre Hador I ») fut réalisé sur l'ancienne machine à écrire de mon père, utilisant sa « mini-machine à écrire » (VIII.233). Il subit un certain nombre de modifications : révisions de dates et ajouts, ces derniers concernant majoritairement l'extension de la généalogie pour inclure les descendants de Húrin et Huor, qui étaient les derniers de l'arbre tel qu'il fut tapé : la structure de la descendance de l'ancêtre fut beaucoup moins modifiée que dans l'arbre Bëor I, et de fait, le seul ajout ici fut celui d'Amlach, l'un des chefs des mécontents en Estolad, qui est dit dans le texte du chapitre (§18) avoir été « l'un des petits-fils de Marach ». Les noms des Haladin qui apparaissent dans l'arbre furent également sujets à modifications.
Une copie manuscrite soignée (« Arbre Hador II »), d'apparence similaire aux arbres de la Maison de Bëor, suivit sans doute immédiatement, et je l'ai redessinée en p. 234 sous la forme sous laquelle il fut fait (c'est-à-dire en omettant les modifications subséquentes). Je donne ici quelques points notables de ces arbres.



La date de l'entrée de Marach au Beleriand diffère d'une année (314 au lieu de 313) de celle donnée dans le chapitre (commentaire du §13) ; l'arbre I donnait 315, corrigé en 314. Dans l'arbre I, Imlach, fils de Marach et père d'Amlach, se nomme Imrach.
En accord avec les arbres généalogiques de la Maison de Bëor, Adanel, épouse de Belemir, est la fille de Malach Aradan ; dans l'arbre Hador I il était dit qu'Adanel « épousa Belemir de la Maison de Bëor, et il rejoignit le peuple d'Aradan », les derniers mots étant rayés. Il est également dit dans l'arbre I que Beren (I) était le cinquième enfant d'Adanel et Belemir, et qu'Emeldir était le troisième enfant de Beren.
Dans l'arbre Hador I se trouve l'affirmation suivante : « les autres enfants d'Aradan [i.e. en plus d'Adanel et Magor] ne sont pas nommés dans les Chroniques ». Dans l'arbre II, un troisième enfant de Malach Aradan était cependant nommé : « Sael..th le Sage 344 », avec la mention d'« autres non concernés par ces Chroniques ». Sael..th fut tout d'abord corrigé en Saelon, puis le nom et la date de naissance furent rayés, si bien que les lettres centrales du premier nom sont illisibles. Cela fut probablement fait lors de l'élaboration de l'arbre. Saelon apparaît dans des brouillons de l'Athrabeth (X.351-2) comme un nom d'Andreth, remplacé dans le texte final (X.305) par Saelind (« les Eldar l'appelaient Saelind, « Cœur Sage »). Il faut très probablement voir, dans cette sœur de Magor et Adanel, les premières traces de l'Athrabeth ; par la suite, lorsque mon père perçut que les Sages venaient de différentes maisons des Edain, avec différents « savoir[s] et traditions » (X.305), il écrivit Saelin et Andreth la Sage auprès du nom Andreth dans l'arbre Bëor II (p. 230). Qu'Adanel et Andreth aient été présentes dans les généalogies avant que leur nature de « Sages » ait émergé est une possibilité.
Dans l'arbre Hador I, Hador était nommé Glorindol, comme dans le texte du chapitre (§31), corrigé en Lorindol, la forme de l'arbre II. – Je ne sais pas pourquoi la mort de Gundor devrait dater (dans les deux arbres I et II) d'un an après (456) celle de son père Hador. Toutes les sources indiquent qu'ils moururent tous deux à Eithel Sirion.
Le « double mariage » de la fille et du fils aîné de Hador, nommés Glorwendil et Galion, au fils (Hundor) et à la fille (non nommée) de Haleth le Chasseur avait déjà émergé dans les Annales Grises (voir le commentaire des §§161, 171, pp. 126, 128). Désormais nommés Glóreðel et Galdor, leur double mariage persiste, mais avec la reconstruction en profondeur du Peuple de Haleth, l'emplacement chronologique de Haleth le Chasseur a été pris par Halmir : ce sont désormais son fils Haldir et sa fille Hareth qui épousent Glóreðel et Galdor*.
La date de la mort de Húrin est donnée comme « 500? » dans l'arbre I (« 501? » dans l'arbre II).
Eladar, le nom de Tuor, est traduit par « Père d'étoile » dans l'arbre I, et il y est aussi nommé Ulmondil ; la forme Irildë fut ajoutée après Idril (ainsi orthographié) : voir II.343 et V.366-7 (base KYELEP) ; et à Eärendil fut ajouté « dont le nom fut prédit par Ulmo ».
Au sujet de Urwen Lalaeth, voir Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge.

Dans l'arbre Hador II, la note disant que Magor et Hathol ne servirent aucun Seigneur-elfe mais vécurent près des sources du Teiglin, et que Hador fut le premier seigneur de Dor-lómin, fut rayée hâtivement au crayon, et dans le même temps Hador Lorindol premier seigneur de Dorlómin fut écrit au dessus de Magor (l'Épée), et Magor Dagorlind l'Épée chantante au combat au-dessus de Hador Lorindol. Cette inversion était déjà présente dans des corrections apportées à la copie carbone seule du texte du chapitre (pp. 225-6, §§16, 31-2 – où mon père corrigea Glorindol, non pas en Lorindol, mais en Glorindal). L'Athrabeth, où Adanel est la sœur de Hador Lorindol et non de Magor, montre qu'il ne s'agissait pas là d'une modification éphémère.
Je n'ai connaissance d'aucune indication autre qui se rapporte à ce changement, mais les mots « premier seigneur de Dorlómin » qui accompagnèrent le mouvement de Hador en arrière d'un demi-siècle sont significatifs en ce qu'ils suggèrent que mon père avait à l'esprit de place le don de la seigneurie de Dorlómin par Fingolfin beaucoup plus tôt : il avait dit, à la fois dans le texte du chapitre et dans l'arbre généalogique, que Malach (dont le fils était désormais Hador Lorindol) avait passé quatorze ans en Hithlum. Ce changement n'entraînerait pas à lui seul l'inversion des noms Magor et Hador ; mais le nom de la Maison de Hador était tellement incrusté dans la tradition que mon père n'était pas désireux de l'abandonner, même si Hador n'était plus le premier chef en Beleriand, tandis que d'un autre côté, l'importance et le prestige de la maison étaient étroitement associés avec la seigneurie de Dorlómin – en d'autres termes, le nom devait accompagner le premier seigneur. Mais il ne semble pas avoir écrit quoi que ce soit d'autre à ce sujet, ni corrigé les textes existants à la lumière de cela.
Le seul autre changement apporté à l'arbre Hador II (il le fut aussi à l'arbre I) fut l'ajout du nom Ardamir au-dessus d'Eärendil.

(iii) Les Haladin
Cette maison des Edain subit les changements les plus importants, puisque dans ce cas précis le « Père » original, Haleth le Chasseur, disparut, et qu'il est dit (§24) des Haladin (un nom qui apparaît pour la première fois dans ce nouveau chapitre, §10) qu'ils « n'avaient pas de chef ni de communauté importante ». Le nom Haleth devient désormais celui de la formidable Dame Haleth, fille de Haldad, qui était devenu le chef lorsque les Haladin furent attaqués par des Orques en Thargelion. Dans l'arbre généalogique de la Maison de Hador, Halmir occupe la place historique qu'occupait auparavant Haleth le Chasseur, et ce furent ses fils et fille qui épousèrent les fils et fille de Hador Tête-d'Or.
L'arbre généalogique des Haladin existe en une seule copie (précédée d'ébauches grossières dans lesquelles les noms sont déplacés d'une façon déroutante), associé à ceux des Maisons de Bëor et Hador et réalisé de toute évidence à la même période. Je le donne en p. 237 tel qu'il fut réalisé. Comme dans l'arbre des Bëoriens, les nombres accolés à certains noms font références à la successions des chefs des Haladin.



Un élément particulièrement confondant de la transformation du « Peuple de Haleth » (qui est amplement confondante en d'autres points) est la descendance de Halmir.
(1) En AG §212 (p. 70), il est dit, dans l'annale pour 468, qu'au moment de l'Union de Maidros Haleth le Chasseur « rassembla ses gens en Brethil, et ils affûtèrent leurs haches ; mais il mourut de vieillesse avant que ne vînt la guerre, et son fils Hundor dirigea son peuple » (dans Le Silmarillion, Chapitre 20, j'ai retenu ceci en remplaçant Haleth le Chasseur par Halmir et Hundor par Haldir).
(2) J'ai noté (p. 235, note de bas de page) que dans l'arbre Hador I, le fils de Halmir était encore Hundor, et que ce nom fut changé en Hundar (qu'on trouve aussi dans un des textes constitutifs du Narn comme étant le nom du fils) avant d'atteindre la forme finale, Haldir.
(3) Dans la version de la Bataille des Larmes Innombrables du Narn, le chef des hommes de Brethil est Hundar (pp. 166, 168).
(4) Dans une correction tardive de la version AG de l'histoire (voir p. 133, commentaire du §221), la phrase « beaucoup des forestiers vinrent aussi avec Hundor de Brethil » fut changée en « vinrent aussi avec Haldir et Hundar ».
(5) Dans l'arbre généalogique des Haladin, Haldir, fils de Halmir et chef des Haladin après la mort de son frère, et son frère Hundar sont dits avoir été tués durant la Nirnaeth en l'an 472.
On voit donc que lorsque Hundar fils de Halmir devint Haldir, le nom Hundar ne fut pas perdu, mais devint celui d'un frère de Haldir ; les deux allèrent à la bataille et les deux y furent tués. Cela est explicitement dit dans Les Errances de Húrin (p. 281 et note 37), et de fait, la lignée de Hundar est d'une grande importance dans ce récit.
Handir, fils de Haldir, était nommé ainsi depuis fort longtemps ; mais l'histoire originelle de sa mort au cours de la bataille de Tumhalad en 495 a été changée : il fut tué en Brethil plus tôt dans l'année, par « des Orques qui avaient envahi son pays » (AG §275). Au sujet de son mariage avec Beldis de la Maison de Bëor, voir p. 268.
Hunthor était le compagnon de Túrin lors de l'attaque de Glaurung qui fut tué par une pierre tombante (Contes et Légendes Inachevés : le Premier Âge), appelé Torbarth dans les AG (voir p.156).

La plupart des changements ultérieurs apportés à cet arbre sont étroitement liés à l'histoire des Errances de Húrin, et je les ignore ici. En ce qui concerne les autres changements, l'un d'entre eux a déjà été mentionné (commentaire du §28, p. 228) : Hardan fils de Haldar (frère jumeau de la Dame Haleth) fut changé en Haldan, et ce nom fut adopté dans le Silmarillion publié ; mais crayonné à côté de Hardan (avant ou après le changement au profit de Haldan) se trouve aussi le nom Harathor (répété chez son descendant, le septième chef des Haladin, quatre générations plus loin). Les dates de naissance de Hundar et Hareth furent changées en 418 et 420 ; et Hunleth, fille de Hundar, fut ajoutée, probablement au moment de l'élaboration de l'arbre.
Dans un coin de la page est crayonné ceci : « Dans l'ancienne langue de ce peuple Hal- = tête, chef. bar = homme. Halbar = chef » ; au même moment, mon père écrivit « b » auprès du nom Haldar (frère de Haleth) et raya peut-être très légèrement le « d » de ce nom, donnant Halbar. À ce sujet, voir p. 309.

* Dans l'arbre I, le fils de Halmir était encore Hundor, et sa fille était Hiriel. Hiriel fut corrigé en Hareth ; et Hundor fut changé en Hundar avant de devenir Haldir. Voir pp. 236-7.
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Incanus

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MessagePosté le: 01 Mai 2007 23:18     Sujet du message: Répondre en citant

15. DE LA RUINE DU BELERIAND ET DE LA CHUTE DE FINGOLFIN.



Nous arrivons maintenant au Chapitre 11 du QS, donné en V.279-89. Le texte ne fut pas beaucoup modifié sur le manuscrit, et je fais part de ces changements-là tels qu'ils furent effectués, sous forme de notes se référant aux paragraphes numérotés dans le Vol.V.
§134 Bladorion > Ard-galen, ainsi que par la suite.
« feux de maintes couleurs, et la fumée empestant l'air » > « feux de nombreuses teintes empoisonnées, et la fumée en empestant l'air »
Dor-na-Fauglith > Dor-no-Fauglith
Dagor Vreged-úr > Dagor Bragollach
« la Bataille du Feu Soudain » > « la Bataille de la Flamme Soudaine » (ainsi que par la suite)
§137 « Dans cette bataille le Roi Inglor Felagund fut séparé de son peuple et encerclé par les Orcs, et il aurait été tué ...» > « encerclé par les Orcs dans les Marais de Serech entre Mithrim et Dorthonion, et là il aurait été tué ». Le Marais de Rivil, changé en Marais de Serech, fut ajouté sur la deuxième carte (p. 181, §3), et ce dernier nom apparaît quelques fois dans les AG.
§138 « à présent fuit Dorthonion » > « fuit loin de Dorthonion »
« elle fut par la suite appelée Taur-na-Fuin par les Gnomes, la Forêt Noire, et Deldúwath, l'Ombre Terrifiante de la Nuit » > « elle fut par la suite appelée Taur-na-Fuin par les Elfes Noirs, la Forêt Noire, mais Deldúwath par les Gnomes, l'Ombre Terrifiante de la Nuit »
§141 « Celegorm et Curufin ... cherchèrent refuge avec leur ami Orodreth » > « ... cherchèrent refuge avec Inglor et Orodreth ». Voir V.289, §141.
§142 « ou le pays sauvage du Beleriand Méridional > « ni à Taur-im-Duinath et dans les contrées sauvages du sud ». Concernant Taur-im-Duinath voir p. 193, §108, et p.195, §113.
§143 « Sauron était le premier serviteur du mauvais Vala, qui l'avait pris à son service à Valinor, parmi le peuple des dieux. Il était devenu un mage possédant un pouvoir terrifiant, maître de nécromancie, à la sagesse malfaisante » > « A présent, Sauron, que les Noldor appellent Gorthú, était le premier serviteur de Morgoth. Il avait longtemps résidé à Valinor parmi le peuple des dieux, mais là Morgoth l'avait conduit vers le mal et amené à entrer à son service. Il était maintenant devenu un sorcier possédant un pouvoir terrifiant, maître des ombres et des fantômes, à la sagesse malfaisante ». Concernant ce passage, et le nom Gorthú, voir V.333, 338, et le commentaire sur les AG §143 (V.290).
Dans la note en bas de page de ce paragraphe, Tol-na-Gaurhoth > Tol-in-Gaurhoth (cf. AG §154 et commentaire, pp. 54, 125).
§144 Dans « car bien que sa puissance soit la plus grande de toutes les choses du monde, seul parmi les Valar il connaît la peur » les mots « soit » et « connaît » furent changés en « fût » et « connut ».
§147 « à cause de leur peine ; mais on se souvient du conte, car Thorondor, le roi des aigles, porta la nouvelle à Gondolin,et à Hithlum. Car Morgoth » > « car leur peine est trop profonde. Cependant on se souvient toujours du conte, car Thorondor, le roi des aigles, porta la nouvelle à Gondolin, et au lointain Hithlum. Voyez ! Morgoth »
Gochressiel > Crisaegrim (voir V.290, §147).
§149 « Et ce que les Gnomes craignirent le plus » > « Et ce que les Gnomes craignirent toujours le plus »
§151 « Dwarfs » > « Dwarves » [NdT : en anglais, le pluriel courant pour « Dwarf » (« Nain ») est « Dwarfs », mais Tolkien préférait la forme « Dwarves », d'où la modification.]

Tous ces changements furent conservés dans le tapuscrit ancien LQ 1 (dans lequel les notes en bas de page au paragraphes §§143, 156 furent comme d'habitude incorporées dans le texte, et y restèrent). LQ 1 ne reçut pas de modifications de la part de mon père, pas même la correction de noms mal orthographiés ou d'autres erreurs. Ces erreurs réapparaissent dans le tapuscrit tardif de la série LQ 2, ceci montrant que dans ce cas le dactylo ne travailla pas à partir du manuscrit. Mon père donna à ce titre le numéro de chapitre « XVIII » (voir p. 215), et effectua les modifications suivantes.

§134 Dor-no-Fauglith (au départ Dor-na-Fauglith sur le manuscrit, comme il est noté ci-dessus) > Dor-nu-Fauglith ; une traduction du nom ajoutée dans une note en bas de page « Le Pays recouvert de Cendres Etouffantes » ; et « dans la langue noldorine » (où LQ 1 avait « dans la langue gnomique ») > « dans le langue sindarine ».
Eredwethion > Eredwethrin (ainsi que par la suite)
§135 Glómund > Glaurung (ainsi que par la suite). Voir p. 180, §104.
§137 Finrod > Finarfin (ce changement fut oublié au §144).
« Bregolas, fils de Bëor [le tapuscrit a Breor, une simple erreur remontant à LQ 1], qui fut le seigneur de cette maison des hommes après la mort de son père » > « Bregolas, fils de Bregor ... après la mort de Boromir son père ». Ceci apporte au texte la nouvelle généalogie qui vint avec le nouveau chapitre De la Venue des Hommes dans l'Ouest. Ceci existait dans la série du LQ 2, mais pour le présent chapitre mon père donna au dactylo l'ancien texte LQ 1 à copier.
Inglor > Finrod (ainsi que par la suite)
« Barahir fils de Bëor » > « Barahir fils de Bregor »
§138 Taur-na-Fuin > Taur-nu-Fuin (cf. AG §158 et commentaire, pp. 56, 126).
§139 Le nom Arthod de l'un des compagnons de Barahir avait été mal orthographié Arthrod par le dactylo de LQ 1, et cette erreur, toujours présente dans LQ 2 ne fut pas remarquée par mon père. Dans les AG (§159, p. 56) le nom est Arthad, qui fut adopté dans le Silmarillion publié.
§140 Gumlin > Galdor ainsi que par la suite (voir p. 229, §32) ; le nom intermédiaire Galion, apparaissant dans les AG (§127) fut ici sauté.
§141 « cherchèrent refuge avec Inglor et Orodreth » (voir p. 239, §141) > « cherchèrent refuge avec Finrod et Orodreth »
§142 Cranthir > Caranthir
Damrod et Díriel > Amrod et Amras
§143 « A présent Sauron, que les Noldor appellent Gorthú » (voir p. 239, §143) > « A présent Sauron, que les Sindar appellent Gorthaur »
« Il avait résidé à Valinor parmi le peuple des Valar, mais là Morgoth l'avait conduit vers le mal et amené à entrer à son service » (voir p. 239, §143 : LQ 1 a « dieux ») : ce fut barré.
§147 Dans « Depuis ce jour, Morgoth est toujours boiteux d'une jambe, et la douleur de ses plaies ne peut être guérie ; et sur son visage, il y a la cicatrice que Thorondor fit » les mots « est », « depuis », « peut », et « a » furent changés en « fut », « à partir de », « put », et « avait ». Cf. p. 239, §144.
§151 Borlas et Boromir et Borthandos > Borlad et Borlach et Borthand. Dans les AG, dans un passage existant dans les deux versions, il y a à la fois Borthandos et Borthand (pp. 61, 64), les autres noms restant ceux du QS. Ici, Borlad remplace Borlas et Borlach remplace Boromir, ce dernier étant devenu le nom du quatrième chef du Peuple de Bëor.
§152 « Cependant Haleth et ses hommes » > « Cependant le peuple d'Haleth »
Haleth > Halmir (ainsi que par la suite) ; à la première occurrence > « Halmir Seigneur des Haladin ». Concernant Halmir voir p. 236 et l'arbre généalogique des Haladin p. 237.
§153 Puisque aucune altération n'a jamais été apportée à ce passage du QS, à ce moment tardif le tapuscrit LQ 2 comprenait toujours l'ancienne histoire qui voulait que ce fussent Haleth le Chasseur et son fils adoptif Húrin qui, chassant dans la vallée du Sirion en automne de l'année de la Bataille de la Flamme Soudaine (455), arrivassent jusqu'à l'entrée de Gondolin. Cette histoire avait déjà été modifiée dans les Annales Grises (§149), en ce que le compagnon de Húrin était devenu le petit-fils de Haleth, Handir, et dans un long passage inséré dans les Annales (§§161-6, et voir le commentaire, pp. 126-7) elle avait été bien plus modifiée : le compagnon de Húrin était alors son frère Huor, et c'était leur présence (en tant que fils adoptifs de Haleth) parmi les Hommes de Brethil dans la bataille contre les Orcs trois ans plus tard (458) qui avait entraîné leur venue à Gondolin. Cependant, les seules altérations que mon père apporta à ce passage dans LQ 2 furent le remplacement de Gumlin par Galdor et de Haleth par Halmir - maintenant de cette façon la longue histoire, qui avait été rejetée depuis, tout en lui substituant les nouveaux noms qui étaient apparus dans le chapitre De la Venue des Hommes dans l'Ouest. Ceci n'était évidemment pas son intention (il modifia probablement les noms rapidement tout au long du chapitre dans se préoccuper du contenu de ce paragraphe), et en effet, il marqua le passage d'un X dans la marge et nota à côté « Cette histoire est incorrecte. Voir Annales et conte de Túrin ». Ce traitement fut peut-être dû à la hâte, ou à un manque d'enthousiasme pour s'occuper du texte à ce moment ; mais cela implique peut-être une certaine incertitude quant à la façon dont il dut rapprocher le contenu du Quenta Silmarillion à cet endroit au même matériau, apparaissant dans une forme assez similaire à la fois dans les Annales Grises et dans le Narn : voir pp. 165 sqq. Dans le travail publié, l'ancien texte du QS §153 fut remplacé par celui des AG §§161-6 (avec une fin différente : voir p. 169).

Deux altérations, effectuées hâtivement au manuscrit du QS, ne se trouvent pas dans les tapuscrits. La première concerne le début du §133 : « Mais quand les fils des fils des Pères des Hommes vinrent tout juste d'atteindre l'âge adulte » ; cela fait référence à la seconde génération après Bëor, Hador, et Haleth, d'après les anciennes généalogies, i.e. Baragund, Belegund, Beren ; Húrin, Huor ; Handir de Brethil. En corrigeant le texte LQ 2, mon père ne ressentit pas le besoin de corriger cela à la lumière de l'histoire révisée des Edain au Beleriand, et quand il le reconnut, il effectua le changement seulement sur le manuscrit du QS, ainsi :
    Mais quand la cinquième génération des Hommes après Bëor et Marach n'avait pas encore atteint sa pleine maturité
Même ainsi, le changement n'est pas exactement celui qu'on attendait ; car la cinquième génération après Bëor et Marach comprenait Bregolas, Barahir ; Gundor, Galdor. Il n'y a bien entendu aucun doute que les hommes en question ne soient pas ceux-là, mais leurs fils - et même ainsi, le nouveau passage « pas encore atteint sa pleine maturité » s'applique difficilement à Baragund et Belegund, qui, d'après les dates modifiées dans l'arbre généalogique (pp. 231-2) avaient à ce moment 35 et 33 ans. En tous les cas, il semble clair que « cinquième » est une erreur en lieu et place de « sixième ».
L'autre altération effectuée seulement au QS, et faite de manière évidente bien avant celle qui vient juste d'être donnée, fut un ajout à la fin du §137, après les mots « il [Felagund] donna son anneau à Barahir ».
    Mais redoutant maintenant que toutes les places fortes ne fussent destinées à tomber en fin de compte devant la puissance de Morgoth, il envoya sa femme Meril chez son propre peuple en Eglorest, et avec elle partit leur fils, pourtant encore un enfant elfe, et il fut appelé Gilgalad Lumière d'Etoile en raison de son œil brillant.
La femme de Felagund, Meril, n'a pas été nommée auparavant, ni aucun de ses enfants ; et ceci est la première occurrence du Gil-galad du Seigneur des Anneaux. Une autre note sur le sujet se trouve dans le manuscrit du QS, près du début de la version « courte » (c.-à-d. condensée) du conte de Beren et Lúthien (voir V.293), crayonné rapidement en bas de la page mais se référant clairement à ce qui est affirmé dans le texte, à savoir que Felagund donna la couronne de Nargothrond à Orodreth avant son départ avec Beren (Le Silmarillion p.170) :
    Mais, prévoyant le mal, il ordonna à Orodreth d'envoyer au loin son fils Gil-galad, et sa femme.
Ce fut barré ; et un peu plus loin dans le conte de Beren et Lúthien dans la même version, il y a une troisième note hâtive, sans indication d'endroit où l'insérer, mais se référant de manière évidente au passage dans lequel Orodreth expulse Celegorm et Curufin de Nargothrond (Le Silmarillion p. 176) :
    Mais la Dame [ ], femme d'Inglor, abandonna le peuple de Nargothrond, et partit avec son fils Gilgalad aux Havres des Falas.
Un blanc est laissé ici pour le nom de la femme de Felagund. Dans chacune de ces mentions, en les prenant dans l'ordre, son départ est déplacé à un moment plus tardif ; mais elles n'ont pas forcément été écrites dans cet ordre, bien sûr (bien que la troisième ait probablement remplacé la deuxième, qui fut rayée). D'un autre côté, il semble très peu probable que les trois ajouts ne soient pas contemporains, bien qu'il semble n'y avoir aucun moyen de savoir avec certitude quand ils furent écrits. - On peut également remarquer qu'une correction tardive apportée à l'ancien manuscrit AB 2 change la phrase de la dernière annale (V.144) « Mais Elrond le Semi-Elfe resta, et gouverna l'Ouest du monde » en « Mais Elrond le Semi-Elfe [NdT : on a ici « Half-elven » en anglais, « Half-elfin » à la phrase précédente pour « Semi-Elfe »] resta avec Gilgalad fils d'Inglor Felagund, qui gouverna l'Ouest du monde. »
En lien avec ceci, il convient de mentionner le passage des Annales Grises §§108-9 (p.44), où il est expressément dit que « le Roi Inglor Felagund n'avait pas d'épouse », et que quand Galadriel vint à Nargothrond pour le banquet célébrant sa construction en l'année 102, elle lui demanda pourquoi :
    ... mais une vision s'imposa à Felagund comme il parlait, et il dit :
    "Un serment prononcerai-je aussi, et je devrai être libre pour pouvoir l'accomplir et pénétrer l'ombre. Et de mon royaume rien ne subsistera dont un fils pourrait hériter."
    Mais il est dit qu’il n’avait jamais été envahi par de si froides pensées jusqu’à cette heure ; car en vérité, celle qu’il avait aimée était Amárië des Vanyar, et il ne lui fut pas permis de l’accompagner dans l’exil.
Amárië réapparaît dans les AG, dans les deux nouvelles versions de l'histoire de Beren et Lúthien (§§180, 199), où il est dit que Felagund réside à Valinor avec Amárië.
Des preuves ultérieures rendent certain le fait que les notes sur le manuscrit du QS représentent une idée rejetée pour l'incorporation de Gil-galad dans les traditions des Jours Anciens ; et le passage des Annales Grises qui vient d'être cité doit être pris comme preuve que ceci avait été abandonné. Le fait que Gil-galad fut le fils de Fingon (Le Silmarillion p.154) dérive d'une note tardive crayonnée sur le manuscrit des AG (§157), disant que quand Fingon devint Roi des Noldor à la mort de Fingolfin « son jeune fils (?Findor) [sic] Gilgalad envoya-t-il aux Havres. » Mais ceci, adopté après beaucoup d'hésitations, ne fut en fait d'aucune façon la dernière des spéculations de mon père sur la question.


Dernière édition par Incanus le 18 Mai 2007 22:26; édité 2 fois
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MessagePosté le: 01 Mai 2007 23:19     Sujet du message: Répondre en citant

LES DERNIERS CHAPITRES DU QUENTA SILMARILLION


Au sujet des chapitres suivants dans QS (12-15), le conte de Beren et Lúthien, il n'y a presque rien à ajouter à mon compte-rendu en V.292 et suivantes. Un tapuscrit dans la série LQ1 fut réalisé, mais mon père n'y jeta qu'un œil à la hâte, corrigeant quelques fautes de frappe et en ratant une majeure; de ceci, il fut copié dans la série LQ2, qu'à nouveau il examina à la hâte et d'une manière incomparable : des noms anciens tels qu'Inglor et Finrod ne furent pas changés en Finrod et Finarfin. Le seul changement qu'il fit au texte LQ2 fut au tout début (V.296), où, à côté de "Noldor", il écrivit dans la marge "Númenor", i.e. "qui est le plus long, excepté un, des chants [des Noldor >] de Númenor concernant le monde de jadis." Sur ceci, cf. X.373.

L'histoire textuelle des chapitres suivants (16 et 17) du Quenta Silmarillion a été entièrement décrite en Vol. V (voir en particulier pp. 293-4), et n'a pas besoin d'être répétée ici. Au Chapitre 16, le récit de la Bataille des Larmes Innombrables, nul changement supplémentaire ne fut apporté au texte tel que donné en V.306-13 (à part ceux mentionnés en V.313, §1) lorsque le tapuscrit LQ1 en fut retiré, et celui-ci, mon père ne le corrigea ou ne le modifia en aucun point. Des années plus tard, le tapuscrit LQ2 fut simplement une copie du LQ1, perpétuant ses erreurs, et négligé de manière similaire. Ainsi, le récit confus de la sortie de Turgon de Gondolin, discuté en V.314-15, qui avait été résolu dans le récit tel que raconté dans les Annales Grises (voir p. 133, §221), resta dans ce texte sans même un commentaire dans la marge.
Avec le Chapitre 17, le début de l'histoire de Túrin (V.316-21), mon père abandonna, en décembre 1937, la rédaction du Quenta Silmarillion continu. Il n'avait fait aucun changement au chapitre lorsque le dernier tapuscrit de la série LQ1 en fut retiré, et ce texte, il n'y toucha jamais. Dans ce cas, il revint en effet plus tard au manuscrit, faisant de nombreux ajouts et corrections (et rejetant la totalité de la dernière partie du chapitre, V.319-21, §34-40); mais ceci est mieux considéré en tant qu'aspect du vaste travail non achevé sur la "Saga de Túrin" qui l'occupa durant les années cinquante, dont aucune brève redite convenant en échelle au Quenta Silmarillion n'émergea jamais. LQ2 fut à nouveau une simple copie du LQ1, à cette époque complètement obsolète.

Le Chapitre 17 se terminait avec la fuite de Túrin de Menegroth après le meurtre d'Orgof et son rassemblement d'une bande de hors-la-loi au-delà des frontières de Doriath : "leurs mains se tournaient contre tous ceux qui croisaient leur chemin, Elfes, Hommes, ou Orcs" (V.321). L'antécédent de ce passage apparaît dans Q (Quenta Noldorinwa), IV.123; et à partir de ce point, en terme de narration strictement ou largement définie du Silmarillion, il n'y a rien d'ultérieur au Q (écrit, pour la majeure partie, en 1930) pour le reste du conte de Túrin, et pour toute l'histoire du retour de Húrin, du Nauglamír, de la mort de Thingol, de la destruction de Doriath, de la chute de Gondolin, et de l'attaque du Havre du Sirion, jusqu'à ce que nous arrivions à la réécriture de la conclusion du Q que mon père réalisa en 1937.
Ce n'est pas pour suggérer un seul moment, bien sûr, qu'il avait perdu tout intérêt pour les derniers contes; "Túrin" est la contradiction la plus manifeste de cela, tandis que le Conte de Tuor ultérieur était indubitablement censé mener à un récit richement détaillé de la Chute de Gondolin, et Les Errances de Húrin ne devaient pas se terminer avec son départ de Brethil, mais devaient mener au conte du Collier des Nains. Mais le Quenta Silmarillion en était à une fin. J'ai dit à propos du Quenta Noldorinwa (Q) en IV.76 :
    Le titre ["Ceci est la brève Histoire des Noldoli ou Gnomes, tirée du Livre des Contes perdus"] montre très clairement que, alors que Q fut écrit d'une manière finie, mon père le voyait comme un compendium, une "brève histoire" qui était "tirée de" une œuvre bien plus longue; et cet aspect resta un élément important dans sa conception du "Silmarillion" à proprement parler. Je ne sais si cette idée naquit en effet du fait que le point de départ de la deuxième phase de la narration mythologique était un synopsis concentré (S) [L'Esquisse de la Mythologie]; mais cela semble suffisamment probable, de par la continuité pas à pas qui mène de S via Q à la version qui fut interrompue vers sa fin en 1937.
Dans ces versions, mon père était en train d'insérer (bien sûr, tout en les développant et les allongeant continuellement) de longues œuvres qui existaient déjà en prose et en vers, et dans le Quenta Silmarillion, il perfectionnait ce ton caractéristique, mélodieux, grave, élégiaque, chargé d'un sens de perte et de distance dans le temps, qui repose partiellement, comme je le crois, dans le fait littéraire qu'il était en train de réduire en une brève histoire compendieuse ce qu'il pouvait aussi voir sous une forme bien plus détaillée, immédiate, et dramatique. Avec l'achèvement de la grande "intrusion" et du départ du Seigneur des Anneaux, il semble qu'il retourna aux Jours Anciens avec le désir de reprendre à nouveau l'échelle bien plus ample avec laquelle il avait commencé longtemps auparavant, dans Le Livre des Contes perdus. L'achèvement du Quenta Silmarillion resta un but; mais les "grands contes", considérablement développés depuis leurs formes originelles, dont ces derniers chapitres devraient être dérivés, ne furent jamais achevés.

Il ne reste qu'à rapporter l'histoire ultérieure de l'élément final dans QS, la conclusion réécrite du Quenta Noldorinwa, qui fut donnée en V.323 et suivantes avec des corrections telles que j'ai jugé avoir été apportées très tôt et avant l'abandon du travail sur QS à la fin de 1937.
Il est curieux de trouver qu'un tapuscrit final dans la série LQ2 de 1958 (?) fut réalisé, dans lequel le texte du Q fut copié à partir des mots "Húrin rassembla dès lors quelques hors-la-loi des bois autour de lui, et ils se rendirent à Nargothrond" (IV.132) jusqu'à la fin. Il ne porte pas de titre, et en dehors de quelques corrections lui ayant été apportées par mon père, il n'a pas de valeur indépendante; son intérêt ne réside que dans le fait de son existence. La raison pour laquelle il commence à cet endroit de la narration est, je pense, claire (bien que pas celle pour laquelle il commence précisément à ce point). Au moment où mon père décida de "faire des copies de tout le matériau qui peut l’être" (décembre 1957, voir X.141-2), il fournit au dactylographe non seulement les documents du Quenta Silmarillion mais aussi (parmi d'autres manuscrits) les Annales Grises. Ainsi, l'histoire de Túrin, sous cette forme, était (ou serait) en sûreté dans deux copies tapuscrites. Mais à partir de la mort de Túrin, si quoi que ce soit des parties de conclusion du Silmarillion devait être copié de cette manière, cela devait être le texte du Q : car il n'y avait rien de plus tardif (excepté la version réécrite de la conclusion). Pourtant, dans ce texte, nous nous situons bien sûr dans une rédaction assez lointaine : pour un seul exemple parmi de nombreux autres, Q a (IV.139) "Car Turgon estima, quand ils arrivèrent en premier dans cette vallée après l'horrible bataille ..." - une référence explicite au récit à présent abandonné depuis longtemps de la fondation de Gondolin après la Bataille des Larmes Innombrables, et ainsi, ceci apparaît dans le tapuscrit tardif. C'était bien sûr un simple pis-aller, une assurance contre la possibilité d'une catastrophe, mais son existence souligne, et a dû souligner pour mon père, le travail essentiel et de longue haleine qui l'attendait encore, mais qu'il ne terminerait jamais.
Le dactylographe du LQ2 reçut le manuscrit (voir V.323) de la réécriture de 1937 de la conclusion du Q, commençant "Et ils contemplèrent l'Île Solitaire et ne s'y attardèrent point." Certaines des corrections tardives, faites grossièrement (voir V.324), avaient déjà été apportées au manuscrit, mais pas d'autres. Jusqu'au point où le texte réécrit commence, mon père ne prêta compréhensiblement et absolument aucune attention au tapuscrit, mais il corrigea la portion de conclusion à la hâte - il est clair qu'il n'avait pas le manuscrit avec lui pour s'y référer. Ces corrections ne sont pour la plupart rien de plus que des changements réguliers de nom, mais il effectua également une ou deux modifications indépendantes, et celles-ci sont rapportées dans les notes qui suivent.
Les corrections du manuscrit, apportées comme il semble en deux étapes (avant et après la réalisation du tapuscrit), sont principalement assez mineures, et quelques-unes sont si légères qu'il ne vaut guère la peine de les rapporter. Je me réfère aux paragraphes numérotés en V.324-34.
Les changements de noms ou de formes de nom furent : Airandir > Aerandir (§1), Tûn > Tirion (§3 et subséquemment); Kôr > Túna (§4); Lindar > Vanyar (§§6, 26); Vingelot > Vingilot (§11, mais pas aux autres occurrences); Gumlin > Galion (§16); Gorthû > Gorthaur (§30, voir p. 240, §143); Palúrien > Kementári (§32); Eriol > Ereol (§33).
Fionwë fut changé en Eönwë tout du long, et, "fils de Manwë" en "héraut de Manwë" en §5 (mais en §6 "Fionwë fils de Manwë" > "Eönwë à qui Manwë donna son épée"), "les fils des Valar" devint "l'armée des Valar" en §6, mais "les Enfants des Valar" en §8, "les fils des Dieux" en §20, et "les fils des Valar" en §§29, 32 ne furent pas corrigés (voir aussi sous §15 ci-dessous).
Les autres changements furent :
§6 "Ingwiel, le fils d'Ingwë, était leur chef" : observant l'erreur apparente, en ce qu'Ingwiel paraît être nommé chef des Noldor (voir V.334, §6), mon père changea ceci en "Finarphin, le fils de Finwë" : voir IV.196, seconde note de bas de page. Dans le tapuscrit, il laissa le passage, mais changea Ingwiel en Ingwion (et également "Elfes de Lumière" en "Elfes Beaux", voir X.168, 180).
§9 "Manwë" > "Manwë l'Ancien Roi".
§12 "elle se fit construire" > "on construisit pour elle".
§13 "ils le prirent pour un signe d'espoir" > "ils le prirent pour un signe, et ils l'appelèrent Gil-Orrain, l'Étoile du haut espoir", avec Gil-Orrain subséquemment changé en Gil-Amdir (voir X.320). Le tapuscrit contenait la formulation révisée, avec Gil-Orrain, que mon père corrigea en Gil-Estel; sur la copie carbone, il écrivit Orestel au-dessus d'Orrain.
§15 "les Elfes de Lumière de Valinor" > "les Elfes de Lumière en Valinor".
"les fils des Dieux étaient jeunes et beaux et terribles" > "l'armée des Dieux était vêtue des formes de Valinor".
§16 "la majeure partie des fils des Hommes" > "une grande partie des fils des Hommes".
§17 "était comme un grand grondement de tonnerre, et une tempête de feu" > "eut lieu avec un grand tonnerre, et un éclair, et une tempête de feu".
§18 "et dans sa chute, les tours du Thangorodrim furent renversées" > "et il tomba sur les tours du Thangorodrim, et elles furent brisées et renversées".
"la chaîne Angainor, qui avait été préparée depuis longtemps" > "la chaîne Angainor, qu'il avait portée jadis".
§20 "Mais Maidros n'écouterait pas, et il se prépara ... à tenter dans le désespoir l'accomplissement de son serment" > "Mais Maidros et Maglor n'écouteraient pas ...", avec le changement de "il" en "ils" et de "son" en "leur".
§26 "et en particulier sur les grandes îles" > "et sur les grandes îles".
§30 "et produit de sombres fruits même jusqu'en ces derniers jours" > "et produira de sombres fruits même jusque dans les derniers jours".
"Sauron ... qui servit Morgoth même en Valinor et vint avec lui" > "... qui servit Morgoth il y a longtemps et vint avec lui dans le monde" (cf. le retrait du passage sur ce sujet du chapitre De la Ruine du Beleriand, p. 240, §143).
§31 "Túrin Turambar ... de retour des halls de Mandos" > "Túrin Turambar ... de retour de la Destinée des Hommes à la fin du monde". Dans la marge du manuscrit, mon père écrivit "et Beren Camlost" sans indication quant à son insertion.
§32 "elle les [les Silmarils] brisera et, avec leur flamme, elle ravivera les Deux Arbres" ceci ne fut corrigé que sur la copie carbone du tapuscrit en "il [Fëanor] les brisera et, avec leur flamme, Yavanna ravivera les Deux Arbres".
Approximativement à côté des deux dernières phrases du paragraphe (à partir de "Dans cette lumière les Dieux redeviendront jeunes à nouveau ..."), mon père inscrivit un grand X dans la marge du manuscrit.

Parmi ces changements tardifs, il y eut également les sous-titres (De la Grande Bataille et de la Guerre de la Colère au §15, De la Fin ultime du Serment de Fëanor et de ses Fils au §20, et Du Départ des Elfes au §26) qui furent notés dans le commentaire de ce texte, V.336; j'ai néanmoins négligé d'y mentionner l'introduction d'un sous-titre supplémentaire, La Seconde Prophétie de Mandos, au §31.

J'ai dit à propos de ce texte en V.324 : "Le fait même que la fin du 'Silmarillion' revêtait encore cette forme lorsque Le Seigneur des Anneaux fut commencé est suffisamment remarquable". Il semble bien plus remarquable, et pas facile à interpréter, que mon père était en train de le traiter comme un texte ne requérant qu'une révision mineure et particulière à ce moment bien plus tardif. Mais son mode de correction pouvait parfois être résolument superficiel, suggérant non pas tant une prise en considération étroite et comparative d'un texte précédent qu'une série de descentes sur des points particuliers qui attiraient son attention; et il se peut que des corrections tardives telles que celles qu'il fit dans ce cas doivent être considérées à cette lumière plutôt que comme suggérant quelque forme d'approbation finale du contenu. Mais ce texte était particulier en son début, sautant du début de l'histoire de Túrin au milieu d'une phrase bien plus loin dans le Quenta, et son histoire ultérieure ne diminue pas sa nature quelque peu mystérieuse.
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Dior

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MessagePosté le: 19 Mai 2007 16:10     Sujet du message: Répondre en citant

Pour les commentaires, remarques ou autre, c'est par ici Sourire

HoMe XI se poursuit avec Les Errances de Húrin (traduction en cours).


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