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[Traduction - HoMe X] Lois et coutumes parmi les Eldar

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Dior

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MessagePosté le: 19 Fév 2005 18:21     Sujet du message: [Traduction - HoMe X] Lois et coutumes parmi les Eldar Répondre en citant

Le texte Lois et coutumes parmi les Eldar est un essai inséré par Christopher Tolkien dans Le Quenta Silmarillion tardif - La seconde phase (HoMe X, L'Anneau de Morgoth, pp. 207 et suivantes, HarperCollins 1993) et datant probablement de la fin des années cinquante. Dans sa version finale, il s'intitule Des lois et coutumes parmi les Eldar relatives au mariage et à d'autres questions s'y rapportant : avec le Statut de Finwë et Míriel et le Débat des Valar à son élaboration. Ce qui suit en est la traduction intégrale officieuse

Pour plus de facilités, le texte a été divisé :


N.B. :
  • Les textes de Tolkien apparaissent en caractères de taille normale, tandis que les commentaires et introduction de Christopher Tolkien sont reproduits en caractères de taille réduite. Les notes sont de Christopher Tolkien, sauf mention contraire.
  • Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
  • Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe X, le volume contenant ce texte.
  • Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : XI.226 renvoie à HoMe XI, p. 226).
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MessagePosté le: 21 Fév 2005 15:34     Sujet du message: Répondre en citant

LOIS ET COUTUMES PARMI LES ELDAR



Comme je l'ai expliqué (p. 199), j'ai estimé que la meilleure méthode pour présenter le matériau est de donner, en cet endroit, le long essai au sujet de la nature et des coutumes des Eldar, bien que, bien sûr, on ne puisse dire qu'il s'agit d'une partie du Quenta Silmarillion.
Ce travaille existe en deux versions, un manuscrit achevé ('A') et une révision de celui-ci dans un tapuscrit ('B'), réalisé par mon père, qui fut abandonné lorsqu'arrivé à un peu moins que mi-chemin. Les deux textes portent des titres différents, et étant donné que les deux sont longs, j'utiliserai une forme abrégée, Lois et Coutumes parmi les Eldar (en références, par après, simplement Lois et Coutumes). De l'existence des deux versions, une difficulté de présentation surgit, fréquemment rencontrée dans l'œuvre de mon père. Le tapuscrit B, aussi loin qu'il aille, suit le manuscrit A assez étroitement pour la majeure partie - trop étroitement pour justifier l'impression des deux en entiers, même si l'espace le permettait. D'un autre côté, il y a de nombreux points pour lesquels B diverge significativement de A. Les options sont par conséquent de donner A en entier avec les divergences importantes en B dans des notes de texte, ou de donner B, aussi loin qu'il aille, avec les divergences de A en notes, et ensuite le restant de A. Étant donné que B est un texte plus clair et amélioré, j'ai choisi la dernière voie.

Il n'est pas aisé de dire à partir de quelle perspective fictive Lois et Coutumes parmi les Eldar fut composé. Il y a une référence aux Elfes qui s'attardent en Terre du Milieu "en ces jours ultérieurs" (p. 223); d'un autre côté, l'écrivain parle comme si les coutumes des Noldor étaient actuelles et observables ("On peut voir chez les Noldor que la préparation du pain est principalement réalisée par les femmes", p. 214) - bien que cela ne puisse être poursuivi. Il est en tout cas clair qu'il est présenté comme l'œuvre, non pas de l'un des Eldar, mais d'un Homme : l'observation au sujet de la variété des noms portés par les Eldar, "qui ... peut nous paraître déroutante" (p. 216; trouvé dans les deux textes, en formulations différentes), est décisive. Ælfwine est en effet associé à l'œuvre, mais d'une manière extrêmement déconcertante. Il n'apparaît pas du tout en A tel qu'il était originellement écrit; mais parmi diverses corrections et modifications effectuées au stylo à bille rouge (sans aucun doute en préliminaire à la réalisation du tapuscrit), mon père écrivit "Préambule d'Ælfwine" dans la marge à côté de l'ouverture du texte - sans toutefois marquer où ce "préambule" se finissait. En B, les deux premiers paragraphes sont marqués "Préambule d'Ælfwine" et sont placés entre crochets très ornementés, et ceci appartient clairement à la réalisation du tapuscrit, bien que la raison pour laquelle l'ouverture soit ainsi mise de côté ne soit aucunement évidente; alors que plus tard en B (p. 224), il y a une longue observation, placée dans des crochets similaires, qui se termine par les mots "Ainsi parlait Ælfwine" - mais ce passage est absent sous toute forme de A.
Il ne subsiste ni brouillon initial, ni écrits grossiers, et si aucun n'a jamais existé, le texte manuscrit est remarquablement clair et ordonné, sans trop de corrections à l'époque de sa composition, bien qu'une bonne partie changeât subséquemment. Il se peut qu'il eût été substantiellement composé, le produit d'une longue réflexion, avant qu'il ne fût couché sur le papier; en même temps, mon impression est que mon père n'avait pas complètement plannifié sa structure quand il commença. Ceci est suggéré par la manière curieuse dont le jugement de Mandos dans l'affaire du mariage de Finwë et Míriel précède l'histoire réelle de ce qui mena au jugement (pp. 225-6, 236-9); alors qu'après le récit du mariage de Finwë avec Indis suit le Débat des Valar, bien qu'il fût tenu avant que "le Statut de Finwë et Míriel" fût promulgué. Il est difficile de croire que mon père ait pu vouloir cette structure plutôt déroutante, et l'opinion selon laquelle l'œuvre évolua comme il l'écrivait semble confirmée par le titre en A :

Des lois et coutumes des Eldar au sujet
du mariage, de leurs enfants,
et d'autres questions s'y rapportant


En même temps que les mots "Préambule d'Ælfwine" et d'autres corrections au stylo à bille rouge furent apportées au manuscrit (voir ci-dessus), il écrivit en lettres capitales sous le titre : "Le Statut de Finwë et Míriel" - presque comme si cela devait être le nouveau titre de l'œuvre dans sa totalité, bien que l'originel ne fût pas barré.
Le tapuscrit B a le long titre donné au début du texte ci-dessous; le texte, dans cette version, se termine avant que le récit de Finwë et Míriel et du Débat des valar ne fût atteint. Pourquoi mon père l'abandonna-t-il, je ne peux le dire; peut-être fut-il simplement interrompu par quelque cause externe, peut-être était-il insatisfait de sa forme.

Mais toutes ces questions sont très secondaires par rapport à l'importance de l'œuvre même : une affirmation détaillée (si parfois obscure, et fascinante par son obscurité) de sa pensée à cette époque sur des aspects fondamentaux de la nature des Quendi, les distinguant des Hommes : le pouvoir de la fëa (esprit) incarnée en relation au corps; la "consomption" du corps par la fëa; le destin des esprits elfes, destinés par Eru "à résider en Arda pour toute la durée d'Arda"; la signification de la mort pour de telles créatures, et de l'existence après la mort; la nature de la re-naissance elfe; et les conséquences du Marrissement d'Arda par Melkor.

Suit à présent la version tapuscrite B, aussi loin qu'elle va. À la fin du texte (pp. 228 et suivantes) figurent des notes largement limitées aux relations textuelles entre les deux versions; celles-ci sont nécessairement très sélectives, et ne rapportent pas les très nombreux changements de vocabulaire en B qui modifient ou améliorent l'expression sans altérer le sens du texte originel de manière importante. B lui-même fut à peine modifié après qu'il fut dactylographié; mais une note au crayon sur la première page se lit "Pour hrondo, lire hröa", et ce changement fut effectué dans la majeure partie du texte. Le mot utilisé en A pour le corps était hrôn, qui devint hrondo en cours de rédaction du manuscrit.



Des lois et coutumes parmi les Eldar relatives au mariage et à d'autres questions s'y rapportant :
avec le statut de Finwë et Míriel et le débat des Valar à
son élaboration


Préambule d'Ælfwine


[La croissance physique des Eldar était plus lente que celle des Hommes, à l'inverse de leur croissance spirituelle. Ils apprenaient à parler avant un an; durant la même période, ils apprenaient également à marcher et à danser, car leur volonté maîtrisait tôt leur corps. Les différences entre Elfes et Hommes étaient néanmoins moindres durant la première enfance, et un homme qui aurait regardé des enfants elfes jouer aurait pu les prendre pour des enfants humains, d'un peuple agréable et heureux. Car dans leurs premières années, les enfants elfes se délectaient toujours du monde, et le feu de leur esprit ne les avait pas encore consumés, et le poids du souvenir leur était encore léger.1
Le même observateur aurait en effet pu être étonné par les petits membres et la petite taille de ces enfants, jugeant de leur âge sur la base de leurs aptitudes verbales et de la grâce de leurs mouvements. À la fin de leur troisième année, les enfants mortels commençaient à devancer les Elfes, s'empressant de grandir alors que les Elfes s'attardaient dans le premier printemps de leur enfance. Les enfants des Hommes pouvaient atteindre leur taille adulte alors que les Elfes de même âge avaient toujours l'apparence de mortels de sept ans maximum.2 Ce n'est qu'à partir de leur cinquantième année que les Elfes atteignaient la taille et la forme qu'ils conserveraient toute leur vie, et pour certains, cent ans auraient pu passer avant que ce ne fût le cas.]

Les Eldar se mariaient pour la plupart dans leur jeunesse, tôt après leur cinquantième année. Ils avaient peu d'enfants, mais ils leur étaient très chers. Leurs familles, ou maisons, reposaient sur l'amour et un profond sentiment de parenté d'esprit et de corps; et les enfants n'avaient besoin que de peu de gouvernance ou d'éducation.3 Il y avait rarement plus de quatre enfants dans une maison, et ce chiffre fut de moins en moins dépassé au fil des Âges. Mais même dans les Jours anciens, alors que les Elfes étaient encore peu nombreux et impatients d'accroître leur espèce, Fëanor était célèbre comme père de sept fils, et les récits ne rapportent personne l'ayant surpassé.4
Les Elfes se mariaient une seule fois dans leur vie, et par amour ou, au moins, du consentement de chacun. Même quand, dans les temps d'après, comme les récits le révèlent, beaucoup d'Eldar furent corrompus en Terre du Milieu, et leurs cœurs assombris par l'ombre recouvrant Arda, rarement a-t-il été fait mention de faits de luxure parmi eux.5
Le mariage, excepté de rares cas de malchance ou d'étranges destins, était une étape naturelle de la vie pour tous les Eldar. Cela se déroulait de la manière suivante. Il se pouvait que les futurs mariés se choisissent tôt dans leur jeunesse, parfois même dans leur enfance (et cela arrivait souvent en temps de paix), mais à moins qu'ils ne désirassent un mariage précoce et qu'ils ne fussent nubiles, les fiançailles devaient attendre l'accord de chacun des parents.
Le mariage était annoncé lors de la réunion des deux maisons concernées,6 et les fiancés échangeaient des anneaux d'argent. Selon les lois eldarines, ces fiançailles duraient un an au moins, et bien souvent, elles duraient plus longtemps. Pendant ce temps, elles pouvaient être rompues par la remise publique des anneaux, les anneaux étant alors fondus et n'étant plus utilisés pour d'autres fiançailles. Telle était la loi; mais cela arrivait rarement, car les Eldar ne prennent pas un tel engagement à la légère. Ils ne sont pas facilement déçus par les leurs; et leur esprit étant maître de leur corps, ils sont rarement mus par ses seuls désirs, mais sont par nature chastes et constants.
Néanmoins, parmi les Eldar, et même en Aman, le désir de mariage n'était pas toujours rencontré. L'amour n'était pas toujours réciproque, et plus d'un pouvait désirer épouser la même personne. Concernant ceci, la seule cause ayant introduit le chagrin dans la félicité d'Aman, les Valar étaient divisés. Certains pensaient que cela provenait du Marrissement d'Arda et de l'ombre sous laquelle les Eldar s'éveillèrent; car de cela seul (d'après les mêmes) viennent la peine et le désordre. D'autres pensaient que cela venait de l'amour même et de la liberté de chaque fëa, et qu'il s'agissait d'un mystère de la nature des Enfants d'Eru.
Après les fiançailles, il revenait aux fiancés de fixer le moment de leur mariage, au plus tôt après un an. Alors, lors d'une fête, à nouveau7 partagée par les deux maisons, le mariage était célébré. À la fin de la fête, les fiancés s'avançaient, et la mère de la fiancée et le père du fiancé leur joignaient les mains et les bénissaient. Il y avait une forme solennelle pour cette bénédiction, mais nul mortel ne l'a jamais entendue; les Eldar disent pourtant que Varda était prise à témoin par la mère, et Manwë par le père; le nom d'Eru était prononcé (ce qui arrivait rarement en d'autres circonstances). Les fiancés se rendaient alors leurs anneaux d'argent (et les conservaient précieusement) et s'échangeaient de gracieux anneaux d'or, qui étaient portés à l'index de la main droite.
Parmi les Noldor, il était aussi de coutume que la mère de la fiancée offre au fiancé un bijou monté sur chaîne ou sur collier, et que le père du fiancé offre un cadeau semblable à la fiancée. Ces cadeaux étaient parfois offerts avant la fête. (Ainsi le cadeau de Galadriel à Aragorn, vu qu'elle remplaçait la mère d'Arwen, était aussi un cadeau de mariage précédant la célébration de celui-ci.)
Mais ces cérémonies n'étaient pas des rites nécessaires au mariage; elles n'étaient que le signe bienveillant par lequel l'amour des parents se manifestait,8 et la reconnaissance d'une union non seulement des fiancés, mais aussi des deux maisons. L'union physique concluait le mariage, rendant le lien indissoluble. Dans les jours heureux et en temps de paix, se passer de cérémonie était jugé peu aimable et méprisant vis-à-vis de la famille, mais il était de tout temps légal pour chacun des Eldar, les deux étant célibataires, de se marier de commun accord sans cérémonie ni témoin (excepté les bénédictions et le prononcé du Nom); une telle union était aussi indissoluble. Dans les jours anciens, en temps de trouble, dans la fuite, l'exil et l'errance, de tels mariages eurent souvent lieu.9
En ce qui concerne la conception et la grossesse, une année se passe entre le jour de la conception et celui de la naissance d'un enfant, de telle sorte que ces deux jours sont les mêmes ou presque, et c'est le jour de la conception qui est commémoré année après année. En général, ces jours sont des jours de printemps. On pourrait penser que, vu que les Eldar ne vieillissent pas physiquement (comme c'est la destinée des Hommes), ils peuvent avoir des enfants à n'importe quel âge. Mais il n'en est pas ainsi. Car les Eldar vieillissent vraiment, même si lentement : la limite de leur vie est la vie d'Arda, qui, même si sa durée échappe à l'entendement des Hommes, n'est pas sans fin, et vieillit également. Bien plus, leur corps et leur esprit ne sont pas séparés mais cohérents. Tout comme le poids des ans, avec tous leurs changements de désir et de pensée, s'amasse sur l'esprit des Eldar, les changements d'élan et d'humeur affectent leur corps. C'est ce que les Eldar entendent lorsque qu'ils disent que leurs esprits les consument; ils disent qu'avant même la fin d'Arda, tous les Eldalië sur terre seront devenus semblables à des esprits invisibles aux yeux des mortels, sauf quand ils voudront être vus par certains Hommes au contact de l'esprit desquels ils pourront entrer directement.10
Les Eldar disent aussi que, dans la conception et encore plus durant la grossesse, une plus grande part et une plus grande force de leur être, en esprit et en corps, est impliquée que pour les enfants mortels. C'est pour ces raisons que les Elfes en sont venus à avoir peu d'enfants, et à n'en avoir que dans leur jeunesse ou tôt dans leur vie, à moins que d'étranges et dures destinées ne leur échussent. Mais quel que soit l'âge auquel ils se marient, leurs enfants naissent peu d'années après.* Car, en ce qui concerne la reproduction, le pouvoir et la volonté ne se distinguent pas chez les Eldar. Sans doute conserveraient-ils le pouvoir de reproduction pendant plusieurs Âges, si la volonté et le désir n'étaient pas satisfaits; mais avec l'exercice de ce pouvoir le désir tôt disparaît, et l'esprit se tourne vers d'autres choses.11 L'union d'amour leur est en effet une grande source d'allégresse et de joie, et les "jours des enfants", comme ils les appellent, restent dans leurs souvenirs comme les plus heureux de leur vie; mais ils ont beaucoup d'autres pouvoirs physiques et spirituels que leur nature les pousse à utiliser.
Ainsi, bien que les mariés le restent pour toujours, ils ne résident ni ne logent nécessairement ensemble à tout moment; car, sans considérer les aléas et séparations des mauvais jours, la femme et le mari, bien qu'unis, restent des individus ayant chacun des dons spirituels et physiques qui diffèrent. Encore que les Eldar considèreraient comme préjudiciable la séparation d'un couple marié durant la grossesse ou les premières années d'un enfant. C'est pourquoi les Eldar ne conçoivent d'enfants qu'en période de bonheur et de paix, s'ils le peuvent.

En dehors de la procréation, les neri et les nissi12 (c'est-à-dire les hommes et les femmes) des Eldar sont égaux - sauf que (comme elles le disent elles-mêmes) pour les nissi, la création de choses nouvelles se résume principalement à la formation de l'enfant durant la grossesse, de telle sorte que l'invention et le changement sont d'ordinaire le fait des neri. Il n'y a cependant pas de chose que, parmi les Eldar, seul un ner puisse imaginer ou faire, ou d'autres ne concernant qu'une nis. Il y a bien quelques différences dans les inclinations naturelles des neri et des nissi, et d'autres différences coutumièrement établies (en fonction de l'endroit et de l'époque, et des différents peuples eldarins). Par exemple, l'art de guérir, et tout ce qui touche aux soins du corps, est chez les Eldar le plus souvent exercé par les nissi, alors que ce sont plus fréquemment les neri qui portent les armes en cas de besoin. Et les Eldar estimaient que donner la mort, légalement ou par nécessité, diminuait les pouvoirs de guérison, et que l'adresse des nissi en la matière était plus due au fait qu'elles s'abstenaient de chasser ou de guerroyer qu'à n'importe quel pouvoir spécial venant de leur féminité. Car en cas de nécessité ou de défense désespérée, les nissi se battaient vaillamment, et la force et la vitesse différaient moins entre neri et nissi n'ayant pas encore porté d'enfant qu'entre Mortels des deux sexes. D'un autre côté, beaucoup de neri furent de grands guérisseurs et instruits dans la connaissance des corps vivants, bien qu'ils s'abstinssent de chasser et d'aller à la guerre, sauf en dernier ressort.
Il nous reste à parler des coutumes des Noldor (desquels beaucoup est connu en Terre du Milieu). On peut voir chez les Noldor que la préparation du pain est principalement réalisée par les nissi, et que la préparation des lembas leur est réservée par d'anciennes lois. Encore que la cuisson et la préparation d'autres nourritures soient généralement la tâche et le plaisir des neri. Les nissi sont plus souvent douées pour l'entretien des champs et jardins, pour la pratique des instruments de musique, et pour le filage, le tissage, la confection et la décoration de tout fil et de tout tissu; pour ce qui est de la tradition, elles préfèrent les récits des Eldar et des maisons noldorines; et elles sont la mémoire de toutes les questions de parenté et d'ascendance. Les neri sont quant à eux doués en tant que forgerons et artisans, bûcherons et carriers, et en tant qu'orfèvres. Ce sont principalement eux qui composent la musique et qui produisent les instruments, ou en imaginent de nouveaux; ils sont des poètes de premier rang, des philologues et des inventeurs de mots. Beaucoup d'entre eux se délectent de la foresterie et de la connaissance de la nature, recherchant l'amitié de toutes les choses qui y poussent ou y vivent en liberté. Mais toutes ces choses, tout travail et tout loisir, toute connaissance de l'existence et de la vie du monde, peuvent être en différents moments le fait de tout Noldo, ner ou nis.

* [Note de Tolkien] Peu selon leur appréhension du temps. Selon l'appréhension humaine, l'intervalle était long entre le mariage et la première naissance, et encore plus long entre chaque enfant.
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MessagePosté le: 22 Fév 2005 13:32     Sujet du message: Répondre en citant

Du don du nom


Telle est la manière dont le nom était donné aux enfants chez les Noldor. Peu de temps après la naissance, l'enfant recevait un nom. Le droit de concevoir ce premier nom appartenait au père,13 et c'était lui qui l'annonçait à la parentèle de l'enfant, des deux côtés. Ce nom était par conséquent appelé le patronyme, et il se plaçait en première position si d'autres noms étaient attribués ultérieurement. Il demeurait inchangé** car il ne relevait pas du choix de l'enfant. Mais chaque enfant chez les Noldor (ce en quoi, peut-être, ils différaient des autres Eldar) avait aussi le droit de s'attribuer lui-même un nom. La première cérémonie, l'annonce du patronyme, était appelée Essecarmë ou "conception du nom". Plus tard, il y avait une autre cérémonie appelée Eccesilmë ou "choix du nom". Elle prenait place à une date non fixée par rapport à l'Essecarmë, qui ne pouvait avoir lieu avant que l'enfant fût estimé prêt et capable de lámatyávë, comme les Noldor l'appellent, c'est-à-dire de plaisir individuel causé par les sonorités et les formes des mots. Les Noldor étaient parmi les Eldar les plus rapides à acquérir la maîtrise des mots; mais même chez eux, peu nombreux étaient ceux qui, avant au moins leur septième année, étaient devenus complètement conscients de leur propre lámatyávë individuel, ou qui avaient acquis la complète maîtrise de leur langue et de sa structure, leur permettant d'exprimer habilement leur tyávë dans ses limites. Par conséquent, l'Eccesilmë, l'objet de l'expression de cette caractéristique personnelle,*** avait généralement lieu lors ou à plus ou moins la fin de la dixième année.
Dans les temps anciens, le "nom choisi", ou deuxième nom, était généralement originellement conçu, et bien que s'inscrivant dans la structure de la langue en vigueur, n'avait souvent pas de signification existante. Plus tard, quand il y eut une grande abondance de noms déjà existants, on obtenait plus souvent des noms connus. Mais même ainsi, des modifications pouvaient être apportées à l'ancien nom.14
Maintenant ces deux noms, le patronyme et le nom choisi, étaient les "vrais noms", non des surnoms; mais le patronyme était public, et le nom choisi privé, spécialement si utilisé seul. Privé, non pas secret. Les noms choisis étaient considérés par les Noldor comme leur propriété personnelle, comme leurs anneaux, leurs tasses, leurs couteaux, ou d'autres possessions qu'ils pouvaient prêter ou partager avec leurs parents et amis, mais qui ne pouvaient être prises sans autorisation. L'emploi du nom choisi, excepté par les membres de la même maison (parents, sœurs et frères) était un signe de très grande intimité et d'amour, quand il était permis. Il était donc présomptueux et insultant de l'utiliser sans permission.15
Cependant, comme les Eldar étaient par nature immortels en Arda, mais n'étaient d'aucune façon insensibles au changement, l'un d'entre eux pouvait désirer un nouveau nom après un certain temps.††16 Il pouvait alors concevoir pour lui-même un nouveau nom choisi. Mais cela n'éliminait pas l'ancien nom, qui continuait à faire partie du "titre complet" de tout Noldo : la suite de tous les noms acquis au cours de la vie.17
Ces changements délibérés de noms choisis n'étaient pas fréquents. Il y avait une autre source de variété des noms portés par n'importe quel Elda, qui, à la lecture de leurs récits, peut nous paraître déroutante. Il s'agissait des Anessi : les noms donnés (ou ajoutés). Parmi eux, les plus importants étaient les matronymes.18 Les mères donnaient souvent à leurs enfants des noms de leur propre choix. Les plus remarquables d'entre eux étaient les "noms de vue", essi tercenyë, ou ceux "de prévue", apacenyë. À l'heure de la naissance, ou en d'autres occasions, la mère pouvait donner un nom à son enfant, illustrant quelque caractéristique dominante de sa nature telle que perçue par elle, ou quelque aperçu de sa destinée spécifique.19 Ces noms faisaient autorité, étaient considérés comme de vrais noms si solennellement donnés, et étaient publics et non privés s'ils étaient placés (comme cela arrivait parfois) immédiatement après le patronyme.
Tous les autres noms donnés n'étaient pas de vrais noms, et pouvaient en effet ne pas être reconnus par la personne à laquelle ils s'appliquaient, sauf s'ils étaient effectivement adoptés ou auto-donnés. Les noms, ou surnoms, de cette espèce pouvaient être donnés par tout un chacun, et pas nécessairement par des membres de la même maison ou parenté, en mémoire de quelque fait, ou événement, ou en raison de quelque caractéristique physique ou spirituelle marquée. Ils faisaient rarement partie du "titre complet", mais quand c'était le cas, en raison d'un emploi répandu et de renom, ils figuraient en dernière position sous la forme : "appelé par certains Telcontar" (Grand-Pas); ou "parfois connu comme Mormacil" (Épée Noire).
Les amilessi tercenyë, ou matronymes de prévue, étaient tenus en haute estime, et dans la vie de tous les jours, ils remplaçaient parfois, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la famille, le patronyme et le nom choisi, bien que le patronyme (et le nom choisi, chez ceux des Eldar connaissant la coutume de l'Eccesilmë) restât toujours le vrai nom ou nom primaire, et une partie nécessaire du "titre complet". Les "noms de vue" étaient le plus souvent donnés dans les premiers temps des Eldar, et à cette époque ils étaient plus facilement utilisés publiquement, car il était encore alors de coutume que le patronyme d'un fils fût une modification du nom de son père (ainsi Finwë/Curufinwë) ou un dérivé (ainsi Finwion, "fils de Finwë"). Le patronyme d'une fille aurait de la même manière souvent dérivé du nom de sa mère.
On peut trouver des exemples célèbres dans les récits anciens. Ainsi Finwë, premier seigneur des Noldor, nomma d'abord son fils aîné Finwion,20 et, plus tard, vu ses aptitudes, le renomma Curufinwë.21 Mais le nom de vue que lui donna à sa naissance Míriel, sa mère, était Fëanáro, "Esprit de feu"†††; et il devint connu de tous sous ce nom, lequel est utilisé dans tous les récits. (On dit qu'il prit aussi ce nom comme nom choisi, en l'honneur de sa mère qu'il ne vit jamais.)22 Elwë, seigneur des Teleri, devint communément connu sous l'anessë ou nom donné Sindicollo "Manteau gris", et plus tard, en sindarin, on l'appela Elu Thingol. Thingol était en effet le nom que l'on utilisait le plus, bien que Elu Thingol ou Elu-thingol restât le titre correct dans son royaume.

** [Note de Tolkien] Excepté pour les changements d'ordre linguistique dus au passage des ans; car (comme il est dit ailleurs) même les langues eldarines étaient sujettes au changement.

*** [Note de Tolkien] Ce lámatyávë était perçu comme une marque d'individualité, plus importante en effet que d'autres comme la stature, la couleur, ou les traits du visage.

[Note de Tolkien] Ce sentiment n'avait donc rien à voir avec la "magie" ou avec des tabous, comme cela se rencontre parfois chez les Hommes.

†† [Note de Tolkien] Les Eldar considèrent que, en dehors des cas de malchance et de destruction de leur corps, ils peuvent, au fil des ans, exercer et jouir de tous les dons de leur espèce, que ce soit du savoir-faire ou de la connaissance, bien qu'en ordre différent et selon divers degrés. Avec de tels changements d'état d'esprit, ou inwisti, leurs lámatyáver pouvaient aussi évoluer. Mais ces changements ou progressions étaient en fait le plus souvent le fait des neri, car les nissi, bien que plus rapidement matures, restaient plus constantes et désiraient moins le changement. [Selon les Eldar, la seule "caractéristique" d'une personne non sujette au changement était le sexe. Car ils considèrent que l'identité sexuelle n'appartient pas seulement au corps (hrondo) [> (hröa)] mais aussi à l'esprit (inno) [> (indo)], c'est-à-dire à la personne comme un tout. Ils appellent cette personne ou individualité essë ("nom"), mais aussi erdë, ou "singularité". Dès lors, ceux qui reviennent de Mandos, après la mort de leur premier corps, reviennent toujours sous le même nom et avec la même identité sexuelle.]

††† [Note de Tolkien] Alors que la forme Fëanor que ce nom prit plus tard dans la langue de Beleriand est plus souvent utilisée. [> (par après) Alors que la forme Fëanor, qui est plus souvent utilisée, était un mélange du q[uenya] Fëanáro et du s[indarin] Faenor.]
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MessagePosté le: 22 Fév 2005 15:57     Sujet du message: Répondre en citant

De la mort et de la séparation de la fëa et du hrondo [> de la hröa]23


Il doit être compris que ce qui vient d'être dit au sujet du mariage eldarin se réfère à son cours et à sa nature ordinaires dans un monde immarri, ou à la façon de ceux qui ne sont pas corrompus par l'Ombre, en jours de paix et d'ordre. Mais en fin de compte, rien, comme cela a été dit, n'échappe à l'Ombre recouvrant Arda, ni n'est entièrement immarri, qui puisse suivre son propre cours sans entraves. Dans les Jours anciens, et dans les Âges d'avant la Domination des Hommes, les temps étaient très troublés et connaissaient beaucoup de maux et de sorts funestes; et la Mort24 touchait tous les Eldar, comme toute autre créature vivante en Arda, excepté les Valar; car l'apparence visible des Valar découle de leur propre volonté et, au regard de leur vraie nature, ressemble davantage aux vêtements portés par les Elfes et les Hommes qu'à leur corps.
Les Eldar sont immortels en Arda, selon leur vraie nature. Mais si une fëa (ou esprit) réside dans et adhère à un hrondo [> une hröa] (ou forme corporelle) qui n'est pas de son propre choix mais lui est assignée, et qui est faite de la chair ou substance d'Arda elle-même,25 alors le sort de cette union doit être vulnérable aux maléfices accablant Arda, et ce même si cette union est naturelle et en principe permanente. Car en dépit de cette union, d'une telle espèce que, selon une nature immarrie, il n'y a pas de personne vivante incarnée sans fëa ni sans hrondo [> hröa], la fëa et le hrondo [> la hröa] ne sont pas la même chose; et bien que la fëa ne puisse être brisée ou anéantie par violence, le hrondo [> la hröa] peut être blessé[e] et même finalement détruit[e].
Si le hrondo [> la hröa] est détruit[e], ou si endommagé[e] qu'il [elle] ne puisse recouvrer la santé, tôt ou tard il [elle] "meurt". Ce qui signifie qu'il devient douloureux pour la fëa de l'habiter, n'étant plus apte à la vie ni au plaisir de l'utiliser, de telle sorte que la fëa s'en sépare, et sa fonction étant terminée, sa cohérence s'estompe, et elle retourne à nouveau au hrón [> à l'orma] d'Arda.26 Alors, la fëa est, comme avant, "sans logis", et elle devient invisible aux yeux physiques (bien qu'elle reste clairement perceptible par la conscience directe des autres fëar).
Cette destruction du hrondo [> de la hröa], causant la mort ou le délogement de la fëa, fut très tôt vécue par les immortels Eldar, quand ils se réveillèrent dans le royaume marri et obscurci d'Arda. En effet, en leurs premiers jours, la mort venait plus facilement; car leurs corps étaient alors moins différents27 de ceux des Hommes, et la maîtrise de leurs esprits sur leurs corps moins accomplie.
Cette maîtrise était toutefois en tout temps plus grande qu'elle ne l'a jamais été chez les Hommes. Depuis leurs débuts, la principale différence entre les Elfes et les Hommes réside dans le destin et dans la nature de leurs esprits. Les fëar des Elfes furent destinées à résider en Arda pour toute la durée d'Arda, et la mort de la chair n'abrogeait pas cette destinée. Leurs fëar s'accrochaient dès lors opiniâtrement à la vie "dans les vêtements d'Arda", et surpassaient de loin les Hommes dans leur pouvoir sur ces "vêtements", même dans les premiers jours,28 protégeant leurs corps de nombreux maux et attaques (telle la maladie), et les guérissant rapidement de leurs blessures, leur permettant de se rétablir de blessures qui auraient été fatales aux Hommes.
Les Âges passant, la maîtrise de leurs fëar s'est sans cesse accrue, "consumant" leurs corps (comme on l'a noté).29 La fin de ce processus est leur "dissipation", comme l'appelèrent les Hommes; car le corps devient finalement un simple souvenir gardé par la fëa; et ce processus s'est déjà accompli dans de nombreuses régions de la Terre du Milieu, montrant en effet que les Elfes ne connaissent pas la mort et ne peuvent être détruits ou altérés.30 C'est ainsi que, plus on remonte dans les récits, plus nous en lisons sur la mort des Elfes de jadis; et, en ces jours où les esprits des Eldalië étaient encore jeunes et pas encore entièrement éveillés, la mort parmi eux semblait ne guère différer de la mort chez les Hommes.
Qu'arrivait-il alors à la fëa sans logis ? La réponse à cette question n'était pas naturellement connue des Elfes. À leurs débuts, selon eux, ils croyaient, ou imaginaient, qu'ils "entraient dans le Néant", et finissaient comme les autres choses vivantes qu'ils connaissaient, comme un arbre qui aurait été coupé et brûlé. D'autres imaginaient plus sinistrement qu'ils entraient dans "le Royaume de la Nuit", sous la domination du "Seigneur de la Nuit".31 Ces hypothèses découlaient pleinement de l'Ombre sous laquelle ils s'éveillèrent; et ce fut pour les délivrer de cette ombre recouvrant leurs esprits, plus que du danger d'Arda marrie, que les Valar désirèrent les conduire dans la lumière d'Aman.
Ce fut en Aman qu'ils apprirent de Manwë que chaque fëa était impérissable en Arda, et que son destin était d'habiter Arda jusqu'à sa fin. Donc, ces fëar qui, dans le Marrissement d'Arda, avaient souffert de manière non naturelle d'un divorce d'avec leurs hrondor [> hröar], restaient toujours en Arda et dans le Temps. Mais dans cet état, elles étaient ouvertes aux instructions directes et aux commandements des Valar. Aussitôt qu'elles étaient désincarnées, elles étaient appelées à quitter le lieu de leur séjour et de leur mort, et à se rendre aux "Halls de l'Attente" : Mandos, dans le royaume des Valar.
Si elles obéissaient à cet appel, différentes possibilités s'offraient à elles.32 La durée de leur séjour en Attente était fixée en partie par Námo le Juge, seigneur de Mandos, et en partie par elles-mêmes. L'issue la plus heureuse, estimait-on, était de re-naître après l'Attente, car ainsi le mal et le chagrin qu'elles avaient subis lors de leur mort prématurée pourraient être redressés.
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MessagePosté le: 22 Fév 2005 21:53     Sujet du message: Répondre en citant

De la re-naissance et des autres sorts de ceux qui vont en Mandos33


Les Eldar considèrent qu'à chaque enfant elfe est accordée une nouvelle fëa, non apparentée aux fëar des parents (mis à part qu'elle est du même ordre et de même nature); et cette fëa soit n'existait pas avant la naissance, soit est la fëa de celui qui re-naît.
Ils croient que la nouvelle fëa, et donc en leur début toutes les fëar, vient directement d'Eru et d'au-delà d'Ëa. En conséquence de quoi beaucoup pensent qu'il ne peut être soutenu que la destinée des Elfes est confinée à Arda pour toujours et connaîtra sa fin avec elle. Cette dernière opinion ressort de leurs propres réflexions, car les Valar, n'ayant eu aucune part à la création des Enfants d'Eru, ne connaissent pas pleinement les desseins d'Eru à leur sujet, ni la fin qu'Il leur réserve.
Mais ils n'en sont pas arrivés là soudainement et sans dissidence. Dans leur jeunesse, alors que leur savoir et leur expérience étaient infimes et qu'ils n'avaient pas encore reçu l'instruction des Valar (ou ne l'avaient pas encore entièrement assimilée), beaucoup considéraient qu'à la création de leur espèce, Eru leur avait confié ce pouvoir : faire des enfants qui leur seraient en tout point semblables, corps et esprit l'habitant; et que donc la fëa d'un enfant venait de ses parents, comme c'était le cas de son hrondo.34
Mais il y avait toujours des dissidences, et certains disaient : "Certes, une personne vivante peut ressembler à ses parents et être perçue comme un mélange, à degrés divers, de ces deux-là; mais cette ressemblance est très raisonnablement relative au hrondo. Elle est la plus forte et la plus claire dans la prime jeunesse, quand le corps est dominant et le plus ressemblant aux corps des parents". [Ceci vaut pour tous les enfants elfes.]35 "Alors qu'en chaque enfant, et pour certains de manière plus marquée et apparaissant plus tôt, il y a une part du caractère qui ne peut s'expliquer par la parenté, et à laquelle elle peut d'ailleurs être contraire. Cette différence s'attribue très raisonnablement à la fëa, nouvelle et non apparentée aux parents; car elle devient plus claire et plus forte au fur et à mesure que la vie avance et que la fëa accroît sa maîtrise."
Plus tard, quand les Elfes devinrent conscients de la re-naissance, il fut ajouté : "Si les fëar des enfants découlaient normalement de leurs parents et leur étaient apparentées, alors la re-naissance serait non naturelle et injuste. Car cela priverait les parents, sans leur consentement, de la moitié de leur parenté, en introduisant dans la famille un enfant lui étant à demi étranger."
Toutefois, la première opinion n'était pas tout à fait sans valeur. Car tous les Eldar, en en étant eux-mêmes conscients, parlaient de la transmission de beaucoup de force, à la fois spirituelle et physique, à leurs enfants, pendant la grossesse et lors de la conception. Dès lors, ils considèrent que la fëa, bien que non conçue par eux, se nourrit des parents avant la naissance de l'enfant : directement de la fëa de la mère lorsqu'elle porte et nourrit le hrondo, et indirectement mais tout autant du père, dont la fëa est unie à celle de la mère et la supporte.
C'était pour cette raison que tous les parents désiraient résider ensemble pendant l'année de la grossesse, et considéraient une séparation pendant cette période comme un mal et un dommage, privant l'enfant d'une partie de son héritage paternel. "Car," disaient-ils, "bien que l'union des fëar des mariés n'est pas brisée par la distance spatiale, pour des créatures vivant sous forme d'esprits incorporés, une fëa ne communie pleinement avec une autre que lorsque les corps résident ensemble."

Une fëa sans logis qui choisit ou à qui il fut permis de retourner à la vie ré-entrait dans le monde incarné via la naissance d'un enfant. Cela ne pouvait se passer que de la sorte. Car il est certain que l'apport d'une enveloppe corporelle à une fëa, et l'union de la fëa et du hrondo, étaient assignés par Eru aux Enfants, via l'acte de procréation.
En ce qui concerne la re-naissance, il ne s'agissait pas d'une opinion, mais d'un fait certain. Car la fëa re-née devenait un enfant en effet, jouissant à nouveau des délices et des nouveautés de l'enfance; mais lentement, et seulement après qu'elle avait acquis une connaissance du monde et une maîtrise d'elle-même, sa mémoire se réveillerait; jusqu'à ce que, lorsque l'Elfe re-né était arrivé à maturité, il se souvienne de sa vie précédente, et donc de son ancienne vie, de l'Attente, et que la nouvelle vie devint une histoire et une identité ordonnées. Cette mémoire détiendrait donc une double joie de l'enfance, ainsi qu'une expérience et un savoir plus importants que les années de son corps. La violence et le mal dont le re-né avait souffert étaient ainsi redressés, et son être en était enrichi. Car les Re-nés sont nourris deux fois et deux fois apparentés,‡‡ et ils ont deux souvenirs de la joie de l'éveil et de la découverte du monde des vivants et de la splendeur d'Arda. Leur vie est donc telle qu'une année connaissant deux printemps, et, bien qu'un gel interminable ait succédé au premier printemps, le second et tout l'été lui succédant étaient plus agréables et plus bénis.
Les Eldar disent qu'il y eut plus d'un re-né. Mais ils n'en comprennent pas entièrement les raisons. Peut-être est-ce là la volonté d'Eru; alors que les Re-nés (disent-ils) sont plus forts, ayant une plus grande maîtrise de leur corps et étant plus résistants aux chagrins. Mais sans doute nombreux sont ceux qui, étant morts deux fois, ne souhaitent pas revenir.36

La Re-naissance n'est pas le seul destin des fëar sans logis. L'Ombre recouvrant Arda ne causait pas seulement le malheur et la blessure du corps. Elle pouvait aussi corrompre l'esprit; et ceux des Eldar dont l'esprit fut noirci commirent des actes non naturels, et étaient capables de haine et de méchanceté. Tous ceux qui moururent ne souffrirent pas en toute innocence. Bien plus, certaines fëar en peine ou lassées abandonnèrent l'espoir, et se détournant de la vie, quittèrent leur corps, même s'il aurait pu être guéri ou n'était pas blessé.‡‡‡37 Peu d'entre eux désirèrent par après re-naître, ou en tout cas pas avant d'avoir longtemps connu l'Attente; certains ne revinrent jamais. Les autres, les malfaisants, connurent une longue Attente, et certains ne furent pas autorisés à recommencer leur vie.
Car il y avait, pour les fëar des morts, une période d'Attente, au cours de laquelle, de quelque façon qu'elles mourussent, elles étaient corrigées, instruites, renforcées et réconfortées, selon leurs besoins ou mérites. Si elles y consentaient. Mais la fëa dans sa nudité est opiniâtre, et reste longtemps enchaînée à ses souvenirs et anciens desseins (spécialement quand ils étaient mauvais).
Celles qui étaient guéries pouvaient re-naître, si elles le désiraient : nul ne re-naquit ou ne fut rendu à la vie contre son gré. Les autres restaient, par choix ou par contrainte, des fëar désincarnées, et elles pouvaient seulement observer le déroulement du Conte d'Arda de loin, n'ayant aucun rôle en son sein. Car c'était le jugement de Mandos que seules celles qui revenaient à la vie pussent à nouveau agir en Arda, ou communier avec les fëar des vivants, même avec celles qui leur furent chères un jour.38
Concernant le sort des autres Elfes, spécialement les Elfes de la Nuit qui rejetèrent l'Appel des Valar, les Eldar n'en savent que très peu. Les Re-nés rapportent qu'en Mandos, il y a beaucoup d'Elfes, et parmi eux beaucoup d'Alamanyar,39 mais qu'il n'y a dans les Halls de l'Attente que peu de mélange ou de communion entre peuples, et même de fëa à fëa. Car la fëa sans logis est solitaire par nature, et se tourne seulement vers celles avec lesquelles, peut-être, elle avait de forts liens d'amour de son vivant.

La fëa est unique, et en fin de compte insubjuguable. Elle ne peut être amenée en Mandos. Elle est appelée; et l'appel est issu d'une autorité juste, et est impératif; mais il peut être refusé. Parmi celles qui refusèrent l'Appel (ou plutôt l'invitation) des Valar en Aman dans les premières années des Elfes, le rejet de l'injonction à se rendre en Mandos et dans les Halls de l'Attente est, d'après les Eldar, fréquent. Il était cependant moins fréquent dans les jours anciens, quand Morgoth était en Arda, et son serviteur Sauron après lui; car alors, la fëa sans logis aurait fui, terrorisée, l'Ombre pour tout refuge - à moins qu'elle ne fût déjà liée aux Ténèbres et passée sous leur domination. De même, même certains Eldar qui furent corrompus rejetèrent l'appel, et eurent alors moins de chance de résister au contre-appel de Morgoth.
Mais il semblerait que, en ces jours ultérieurs, de plus en plus d'Elfes, qu'ils proviennent des Eldalië ou d'autres peuples, s'attardant en Terre du Milieu, refusent à présent l'appel de Mandos, et errent sans logis à travers le monde,§ sans désir de le quitter40 et incapables de l'habiter, hantant arbres ou sources ou endroits reculés qu'ils connurent un jour. Tous ne sont pas aimables ou non souillés par l'Ombre. Car le rejet de l'appel est en lui-même un signe de souillure.
Il est dès lors stupide et périlleux, en plus d'être un acte mauvais justement interdit par les Monarques désignés d'Arda, pour les Vivants d'essayer de communier avec les Désincarnés, même si les Sans logis peuvent le désirer, spécialement les plus indignes d'entre eux. Car les Désincarnés, errant de par le monde, sont ceux qui, au minimum, ont rejeté la porte de la vie et demeurent dans le regret et l'auto-apitoiement. Certains sont remplis d'amertume, de doléances, et d'envie. Certains furent asservis par le Seigneur ténébreux et continuent encore son œuvre, bien qu'il soit lui-même parti. De leur bouche ne sortira ni vérité ni sagesse. Les appeler n'est que folie. Tenter de les maîtriser et d'en faire les serviteurs de sa propre volonté n'est que perversité. De telles pratiques sont celles de Morgoth; et les nécromanciens sont l'armée de Sauron, son serviteur.
Certains disent que les Sans logis désirent un corps, bien qu'ils ne soient guère désireux d'en obtenir un légalement, en se soumettant au jugement de Mandos. Les pervers parmi eux prendront un corps, s'ils le peuvent, illégalement. Le danger en communiant avec eux n'est donc pas seulement le danger d'être égaré par des fantaisies ou des mensonges : il y a aussi péril de destruction. Car l'un des Sans logis affamés, s'il est reçu en l'amitié des Vivants, peut chercher à expulser la fëa de son corps; et dans la lutte pour la maîtrise, le corps peut être gravement endommagé, même s'il n'est pas arraché à son juste occupant. Ou bien le Sans logis peut demander refuge, et s'il est admis, alors il cherchera à asservir son hôte et à utiliser son esprit et son corps pour ses propres desseins. Il est dit que Sauron faisait ces choses, et les enseigna à ses disciples.

[Il peut ainsi être vu que ceux qui, de nos jours, tiennent les Elfes pour dangereux pour les Hommes et considèrent que c'était folie ou perversité que de tenter de converser avec eux, ne parlent pas sans raison. Car, comment, pourrait-on demander, un mortel distinguera-t-il les différentes sortes ? D'une part, les Sans logis, en révolte à tout le moins aux Valar, et peut-être encore plus asservis à l'Ombre; et d'autre part, Ceux qui s'attardent, dont les formes corporelles ne peuvent plus être vues par nous autres mortels, ou seulement partiellement et irrégulièrement. Encore que la réponse ne soit guère difficile. Le Mal n'est pas une chose chez les Elfes et une autre chez les Hommes. Ceux qui donnent de malveillants conseils ou dénigrent les Valar (ou, s'ils l'osent, l'Unique), sont malveillants, et devraient être écartés, incarnés ou non. De plus, Ceux qui s'attardent ne sont pas sans logis, bien qu'ils puissent en avoir l'air. Ils ne désirent pas de corps, ni de refuge, ni ne se battent pour le contrôle du corps ou de l'esprit. En fait, ils ne recherchent absolument pas à communier avec les Hommes, excepté peut-être rarement, soit pour l'accomplissement de quelque bien, soit qu'ils perçoivent dans l'esprit d'un Homme quelque amour des choses anciennes et belles. Alors ils peuvent lui révéler leurs formes (peut-être à travers une projection de son esprit), et il les admirera dans leur beauté. D'eux il peut n'avoir nulle crainte, quoiqu'il puisse être effrayé. Car les Sans logis n'ont pas de forme à révéler, et même s'il était en leur pouvoir (comme certains Hommes le pensent) de contrefaire les formes elfes, égarant les esprits des Hommes avec des fantaisies, de telles visions seraient marries par la malveillance de leur intention. Car les cœurs des vrais Hommes gagnent en joie à admirer la vraie apparence des Premiers-nés, leurs aînés; et cette joie, aucune malveillance ne peut la produire. Ainsi parlait Ælfwine.]41

[Note de Tolkien] Excepté quelques cas rares et étranges : quand le corps que la fëa avait abandonné était intact, et était resté cohérent et incorrompu. Mais cela ne pouvait que rarement arriver; car une mort non voulue ne pouvait être causée que par une grande violence faite au corps; et dans les cas de mort voulue, en cas de grande lassitude ou de peine trop forte, la fëa ne désirait pas revenir avant que le corps, déserté par l'esprit, ne fût dissous. Cela arrivait rapidement en Terre du Milieu. Il n'y avait qu'en Aman qu'il n'y avait pas de putréfaction. C'est ainsi que Míriel réintégra son corps, comme il est dit plus loin.

‡‡ [Note de Tolkien] Dans certains cas, une fëa re-née pouvait à nouveau avoir les mêmes parents. Par exemple quand son premier corps était mort pendant sa première jeunesse. Mais cela n'arriva pas souvent; de même une fëa ne re-naissait pas nécessairement dans sa propre maison, car il pouvait s'écouler une grande période de temps avant qu'elle ne souhaitât ou ne fût autorisée à revenir.

‡‡‡ [Note de Tolkien] Bien que les peines puissent avoir été trop grandes et complètement imméritées, et que la mort (ou plutôt l'abandon de la vie) puisse donc avoir été compréhensible et innocente, le refus de retourner à la vie, après le repos en Mandos, était considéré comme une faute montrant une faiblesse ou un manque de courage de la part de la fëa.

§ [Note de Tolkien] Car seuls ceux qui se rendent volontairement en Mandos peuvent re-naître. La re-naissance est une grâce, et découle du pouvoir qu'Eru confia aux Valar pour le gouvernement d'Arda et le redressement de son Marrissement. Elle ne réside pas dans les pouvoirs de la fëa elle-même. Seuls reviennent ceux que, après que Mandos a prononcé son jugement de relaxe, Manwë et Varda bénissent.
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MessagePosté le: 23 Fév 2005 15:21     Sujet du message: Répondre en citant

De la dissolution du mariage


Beaucoup a, à présent, été dit sur la mort et la re-naissance chez les Elfes. La question suivante peut être posée : quel est leur effet sur le mariage ?
Comme la mort et la séparation de l'esprit et du corps étaient l'un des maux d'Arda marrie, il en vint inévitablement à arriver que la mort séparât un couple marié. Cela plongeait les Eldar dans le doute, car c'était un mal non naturel. Le mariage permanent s'accordait à la nature elfe, et ils n'avaient jamais eu besoin de loi pour l'enseigner ou l'appliquer; mais si un mariage "permanent" était brisé, par exemple quand l'un des conjoints était tué, ils ne savaient que faire ni penser.
Ils demandèrent alors conseil à Manwë, et, comme il est dit en ce qui concerne Finwë, seigneur des Noldor, Manwë rendit son jugement par la bouche de Námo Mandos, le Juge.
"Le mariage des Eldar", dit-il, "est réservé aux Vivants, et dure toute leur vie. Comme les Elfes sont par nature permanents dans la vie en Arda, il en va de même de leur mariage immarri. Mais si leur vie est interrompue ou finie, alors il doit en être de même de leur mariage. Maintenant, le mariage est principalement de corps, mais pas seulement, c'est un mariage à la fois de corps et d'esprit, car il commence et perdure dans la volonté de la fëa. Par conséquent, quand l'un des époux meurt, le mariage ne prend pas fin, mais est suspendu. Car ceux qui étaient unis sont maintenant séparés; mais leur union reste toujours une union de volonté.
"Comment donc un mariage peut-il se finir et l'union se dissoudre ? Car sans cela, il ne peut y avoir de second mariage. De par la loi de la nature des Elfes, les neri et les nissi étant égaux, il ne peut y avoir d'union qu'entre deux personnes.42 La seule fin possible est la fin de la volonté; et cela doit venir des Morts, ou d'une sentence. Par la fin de la volonté, quand les Morts ne désirent plus jamais revenir à la vie corporelle; par sentence, quand il ne leur est pas permis de revenir. Car une union qui est pour la vie d'Arda se termine si elle ne peut reprendre son cours dans la vie d'Arda.
"Nous disons que la fin de la volonté doit venir des Morts, car les Vivants ne peuvent dans leurs propres intérêts obliger les Morts à le rester, ni leur dénier la re-naissance, s'ils la désirent. Et il doit être clairement compris que cette volonté des Morts de ne pas revenir, quand elle est solennellement déclarée et qu'elle est ratifiée par Mandos, deviendra alors une sentence : les Morts ne seront plus jamais autorisés à revenir à la vie corporelle."
Les Eldar demandèrent alors : "Comment la volonté ou la sentence seront-elles connues ?" Il leur fut répondu : "Seulement par recours à Manwë et par le prononcé de Námo. De la sorte, il ne sera pas légal pour un Elda de juger de son propre cas. Car qui parmi les Vivants peut discerner les pensées des Morts, ou préjuger des sentences de Mandos ?"

Sur ce prononcé de Mandos, qui est appelé "la sentence de Finwë et Míriel",43 pour des raisons qui seront exposées, il y a de nombreux commentaires rapportant l'explication des points soulevés par son examen, certains donnés par les Valar, d'autres élaborés par les Eldar. Les plus importants sont les suivants.
1. Il fut demandé : "Qu'entend-on quand on dit que le mariage est principalement de corps, mais qu'il est à la fois d'esprit et de corps ?"
Il fut répondu : " Le mariage est principalement de corps car il est conclu par union physique, et sa première œuvre est la procréation, même s'il perdure au-delà de celle-ci et qu'il effectue d'autres œuvres. Et l'union des corps dans le mariage est unique, aucune autre union ne lui ressemble. Alors que l'union des fëar dans le mariage ne diffère pas tellement d'autres unions d'amour ou d'amitié, que ce soit par sa nature, sa solidité ou sa permanence, qui dérivent partiellement de leurs corps unis et résidant ensemble.
"Toutefois, le mariage concerne aussi les fëar. Car les fëar des Elfes, et pas seulement leurs hrondor,44 sont par nature mâles et femelles. Et le mariage trouve son origine dans l'affinité des fëar, et dans l'amour qui en découle. Et cet amour comprend, depuis son premier éveil, le désir du mariage, et est donc semblable, mais pas identique en tout point, à d'autres élans d'amour et d'amitié, même entre Elfes mâle et femelle n'ayant pas cette inclination. Il est donc vrai de dire que, bien que conclu par et dans le corps, le mariage ressort de la fëa et repose finalement dans sa volonté. Raison pour laquelle il ne peut se terminer, comme il a été déclaré, tant que la volonté persistera."
2. Il fut demandé : "Si les Morts retournent parmi les Vivants, les conjoints ayant été séparés sont-ils toujours mariés ? Et comment cela se peut-il, si le mariage est principalement de corps, quand le corps de l'un des deux conjoints a été détruit ? Les séparés doivent-ils être à nouveau mariés, s'ils le souhaitent ? Ou doivent-ils l'être, qu'ils le souhaitent ou non ?"
Il fut répondu :" Il a été dit que le mariage réside en dernier lieu dans la volonté des fëar. De même, l'identité personnelle réside entièrement dans la fëa,45 et le re-né est la même personne que celui qui mourut. C'est la raison d'être de la grâce de la re-naissance que la rupture non naturelle de la continuité de la vie soit redressée; et aucun des Morts ne sera autorisé à re-naître à moins qu'il ne désire reprendre sa vie première et la continuer. En effet, ils ne peuvent y échapper, car les Re-nés recouvrent tôt la pleine mémoire de leur passé.
"Si le mariage ne se termine pas pendant que les Morts sont dans les Halls de l'Attente, dans l'espoir ou le but de revenir, mais est seulement suspendu, comment alors se terminera-t-il, quand la fëa est à nouveau dans le monde des Vivants ?
"Il y a en effet là une difficulté, qui nous montre que la mort est une chose non naturelle. Elle peut être amendée, mais, tant qu'Arda dure, ne peut être entièrement défaite ou annulée. Ce qui arrivera quand les Eldar seront vieux ne peut être complètement prévu. Mais percevant leur nature, comme nous la percevons maintenant, nous considérons que l'amour de

La version tapuscrite B s'arrête ici, la plupart du contenu de l'essai, tel que déclaré dans le titre, n'étant pas couverte (voir p. 209). Le texte se termine au pied d'une page, mais j'estime quasiment certain que ce fut ici que mon père l'abandonna.

Notes :

1 En A, le paragraphe d'ouverture se terminait : "le feu de leur esprit ne les avaient pas encore consumés, et leurs intellects ne s'étaient pas encore renfermés sur eux-même", subséquemment modifié dans la direction du texte B.

2 Ajouté ultérieurement ici en A : "Pourtant, l'enfant elfe aurait plus de connaissances et de technique". Ceci ne fut pas repris en B.

3 Ils avaient peu d'enfants, mais ils leurs étaient chers, au-delà de tout ce qu'ils possédaient. (Bien que nul Elfe ne parlerait de posséder des enfants; il dirait 'trois enfants m'ont été ajoutés', ou 'sont avec moi', ou 'sont dans ma maison'; car leurs familles étaient réunies ..." (la parenthèse se refermant aux mots "ou d'éducation").

4 A : "... alors que les Elfes étaient encore peu nombreux, et impatients d'accroître leur espèce, il n'est pas fait état d'un nombre supérieur à sept", avec "rarement" écrit par après au-dessus de"[n'...] pas".

5 Pour ce paragraphe, A a : " Les Eldar se mariaient une fois pour toute. Beaucoup, comme les récits le montrent, s'éloignèrent du bien, car rien ne pouvait entièrement échapper à l'ombre maléfique qui recouvrait Arda. Certains succombèrent à l'orgueil et à l'égoïsme, et pouvaient se rendre coupables d'actes de malveillance, d'hostilité, de cupidité et de jalousie. Mais même parmi ceux-là, il n'y a pas trace d'un Elfe ayant pris le conjoint d'un autre de force; car cela allait entièrement à l'encontre de leur nature, et celui qui se serait vu forcé de la sorte aurait rejeté sa vie incarnée et s'en serait allé à Mandos. La fourberie ou la ruse dans ce domaine n'étaient qu'à peine possibles (même en imaginant qu'un Elfe eût pu y avoir recours); car les Eldar peuvent en un instant lire dans les yeux et dans la voix des autres s'ils sont mariés ou non."

6 A se lisait originellement "lors d'un[e fête >] repas partagé entre les deux 'maisons' concernées", modifié ultérieurement en "lors d'une réunion", comme en B. Voir note 7.

7 Les mots "à nouveau" dans "à nouveau partagée par les deux maisons" dépendent de la lecture originelle de A donnée en note 6.

8 A : "et n'étaient qu'une reconnaissance courtoise du changement d'état".

9 Ajouté ici en A, probablement bien plus tard : "[Ainsi Beren et Tinuviel auraient-ils pu se marier légalement, n'était-ce le serment de Beren à Thingol.]"

10 Ce paragraphe se termine en A : "C'est ce que les Eldar entendent lorsque qu'ils disent que leur esprit les consume; ils disent qu'avant même la fin d'Arda, tous les Elfes seront devenus des esprits rien moins que ceux en Mandos, invisibles aux yeux des mortels, sauf quand ils voudront être vus." Les mots "rien moins que ceux en Mandos" apparaissaient en B tel que dactylographié, mais furent fortement barrés.

11 Pour le passage en B "Car, en ce qui concerne la reproduction ...", A a "Car, que les Eldar conservent leur pouvoir de se reproduire (ce qui est probable si nous parlons des jours d'antan quand tous les Eldalië étaient jeunes) ou qu'ils le perdent avec le temps (comme certains disent que ceux qui restent sur Terre l'ont à présent perdu), en tous temps, ils perdent le désir et la volonté avec l'exercice de ce pouvoir."

12 Pour neri et nessi en B (voi les Étymologies en V, entrées NĒR, MIS), A a quendor et quender, modifiés ultérieurement en quendur et quendir. Pour les singuliers nér et nis apparaissant subséquemment, A a quendo et quende, modifiés en quendu et quendi. La substance de ce passage concernant la différence en activité caractéristique entre hommes et femmes des Eldar est essentiellement la même en A, mais nulle référence n'est faite aux Noldor.

13 Il est dit en A que le droit du père était non pas de "concevoir" le premier nom, mais de l'"annoncer", et ceci est suivi d'une note : "Bien que le nom fût souvent le choix de la mère. Mais on considérait qu'appartenait au père le droit de concevoir le nom [du premier fils >] de ses fils, s'il le voulait, et à la mère celui de concevoir le nom de [la première fille >] ses filles. Mais en tout cas, le père proclamait le nom." Aux mots "Ce nom était donc appelé le 'patronyme' ou premier nom" fut ultérieurement ajouté en A : "Il avait toujours un sens et était fait de mots connus."

14 En cet endroit, il y a une note de bas de page en B (dérivant étroitement de A) qui fut ultérieurement barrée :
    On observera dans les récits combien rarement le même nom réapparaît pour des personnes différentes. La raison en est que, à la fois dans l'Essecarmë et dans l'Essecilmë, il y avait habituellement une tentative de marquer l'individualité; et les noms étaient considérés comme la propriété de ceux qui les portaient en premier.
15 La note de bas de page se lit ainsi en A :
    Ce sentiment n'avait donc rien à voir avec la "magie" ou avec un tabou. Les Eldar croyaient en effet en une relation spéciale entre le nom d'une personne et sa vie et individualité; mais cela concernait à la fois le premier et le second nom (seuls ou ensemble), qu'ils pouvaient cacher aux ennemis.
16 La dernière partie de la note de bas de page ici, que j'ai placée entre crochets, se trouve dactylographiée sur une page séparée appartenant au tapuscrit B, mais sans indication quant à son insertion (voir note 37). Elle se trouve cependant en des mots étroitement similaires dans la version A de la note de bas de page, suivant "leur lámatyávë pouvait aussi évoluer" (A ne contient pas la conclusion de la note en B, "Mais ces changements ou progressions...").
Dans la version A de la note, le mot elfe dont "état d'esprit" est une traduction fut d'abord écrit ingil-[?weidi, très incertain], modifié en inwaldi, et ultérieurement en inwisti, comme en B. En A, le mot elfe pour le corps est rhōn (changé ultérieurement en hrondo, le mot utilisé en B), et pour l'esprit īn, indo (ce dernier changé ultérieurement en inno, alors que B a inno > indo).

17 A comprend ici un passage différent : "Ils pouvaient alors concevoir un nouveau "nom choisi", mais celui-ci remplaçait le précédent, et devenait le Second Nom. L'identité était préservée par la permanence, pour tous projets formels et légaux, du Premier Nom ou nom du père."

18 A a : "il s'agissait des Anessi, les noms donnés, ou 'sur-noms'" ([NdTr : en anglais nick-names] en référence au sens originel de nick-name, modifié à partir de (un) eke-name, signifiant un nom additionnel ou ajouté).

19 Le passage suivant ceci en A se lit ainsi :
    Plus tard, quand le caractère et les dons de l'enfant étaient révélés, comme il grandissait, elle pouvait aussi lui donner un nom similaire (ou modifier son patronyme). Mais cette dernière branche de matronymes différait en autorité seulement, plutôt qu'en genre, des noms donnés ou surnoms généraux. Ceux-ci étaient donnés aux personnes par quiconque (même pas nécessairement des membres de leur "maison" ou parentèle), en souvenir de quelque acte, ou événement, ou de quelque particularité frappante. Bien que ces noms n'avait pas d'autorité et n'étaient pas de "vrais noms", ils devenaient souvent largement connus et utilisés, et étaient parfois reconnus par les personnes elles-mêmes et leurs familles.
    Les matronymes de vue avaient une position intermédiaire. Ils avaient une autorité parentale et l'autorité du terken [ajouté : vue] maternel, et étaient souvent utilisés à la place du patronyme ou du nom choisi, ou pouvaient les remplacer tous deux - les remplacer, c'est-à-dire, en emploi réel. L'Essë "véritable" ou primaire de toute personne restait le patronyme. Les "noms de vue", bien qu'en nulle époque fréquents, étaient plus fréquents dans les premiers jours des Eldar ...
20 En A, il est dit que "Finwë nomma tout d'abord son fils aîné Finwë".

21 Curufinwë : le nom a été rencontré dans l'ajout rejeté à AAm où apparaissent les premières pensées de mon père sur le récit de la naissance de Fëanor (lorsque sa mère se nommait Indis) : voir p. 87 note 3 [NdTr : Annales d’Aman].

22 A a ici un passage qui fut omis en B :
    Finwë nomma également son deuxième fils (de mère différente, Indis) Finwë, qu'il modifia par après en Nolofinwë. Mais le matronyme donné par Indis était Ingoldo, montrant qu'il était à la fois des Ingar (le peuple d'Ingwë), par sa mère, et des Noldor. Il devint aussi généralement connu sous ce nom; lorsque, par après, le gouvernement des Noldor lui fut confié par Manwë (à la place de son frère aîné et de son père), il prit le nom de Finwë mais fut en fait appelé Ingoldo-finwë. De même, le troisième fils était Arafinwë et aussi Ingalaurë (car il avait les cheveux blonds du peuple de sa mère).
Comme pour le nom Noldor à travers les textes tardifs, Nolofinwë est écrit avec un tilde au-dessu du N - Sur ce passage, voir plus p. 265 note 10.

23 En A, il n'y a pas de sous-titre ici, mais avant "Il doit être compris ..." figure ce qui suit :
    Dans ce qui vient d'être dit au sujet des noms, on remarquera que, pour Finwë, deux épouses sont nommées : Míriel et Indis; bien qu'il ait été dit que le mariage des Eldar est permanent et indissoluble.
24 Après "et la Mort" suivait en B "dans son mode elfe", dérivé de A; mais ceci fut rejeté aussitôt qu'il fut dactylographié.

25 A : "et [...] est également faite du hrōn (ou chair et substance) d'Arda"; cf. rhōn "corps", note 16. Le mot hrōn fut laissé inchangé en A ici (voir note 26); subséquemment, là où B a hrondo ( > hröa), A a hrōn, hrón, et hrôn (> hrondo), jusqu'à ce que plus loin dans le texte hrondo apparaisse en A tel qu'écrit en premier (note 34).

26 Les mots "et elle retourne à nouveau au hrôn d'Arda" furent ajoutés au texte A en même temps que d'autres occurrences de hrôn furent changées en hrondo (note 25), donc hrón ici en B (subséquemment > orma) représente une distinction entre hrón (du "corps" d'Arda) et hrondo. À un endroit plus loin dans le manuscrit A, il y a la note suivante, raidement écrite, qui fut barrée :
    s-ron "chair, substance, matière". Q[uenya] hrōn, hrom- "matière", la substance d'Arda, d'où hrondo "corps physique, 'la chair'".
27 B tel que dactylographié a "peu différents", comme A, mais "peu" fut immédiatement changé en "moins".

28 Là où B a "même dans les premiers jours", A a "même au début".

29 "comme on l'a noté" (pas dit en A) : les références précédentes sont aux pp. 210 ("Préambule d'Ælfwine") et 212.

30 En A, la première partie de ce paragraphe se lit :
    Les Âges passant, leurs esprits devinrent plus dominants, et "consumèrent leurs corps - la fin de ce processus (à présent achevé), disaient-ils, était que le corps doive devenir comme s'il était un simple souvenir de l'esprit - bien qu'il ne devînt jamais changeable comme un vêtement.
31 A : "D'autres imaginaient qu'ils entraient dans le royaume des Ténèbres, sous la domination du Seigneur ténébreux (comme ils l'appelaient)."

32 A : "(Les fëar des Eldar, à de rares exceptions près, obéissaient directement à cet appel.) Après ceci, différentes possibilités s'offraient à elles."

33 Il n'y a pas de sous-titre ici en A.

34 Ici et subséquemment, hrondo (pas hrôn) apparaît dans le texte A tel qu'écrit (voir notes 25 et 44). Par pure coïncidence, semble-t-il, ici et subséquemment, hrondo ne fut pas changé en hröa en B.

35 Cette affirmation entre crochets dérive d'un ajout en A : "Ceci vaut pour tous les enfants elfes, quel que puisse être le cas des Hommes, chez lesquels le corps est toujours plus dominant."

36 Ce paragraphe est absent en A.

37 Cette note de bas de page ne figure pas dans le texte B, mais figure dactylographiée isolément sur la même page que le passage auquel il est fait référence en note 16, et comme ce passage sans indication pour son insertion. Elle dérive assez étroitement d'une note de bas de page se trouvant à cet endroit en A; celle-ci, cependant, se termine : "... était considéré comme une faute ou une faiblesse, nécessitant un redressement ou une guérison, si cela pouvait être accompli."

38 Depuis "Les autres restaient" jusqu'à la fin du paragraphe, le texte A tel que d'abord écrit se lisait ainsi :
    D'autres, libérés du désir de vivre et de faire, mais pas encore des opérations de l'esprit dans l'observation ou la réflexion, pouvaient rester en tant qu'esprits, des fëar désincarnées, et pourtant être autorisées à sortir de Mandos, et d'y retourner ou non, comme elles le voudraient. Les âges passants, leur nombre crût, disent les Eldar. Avec les esprits des Vivants, elles pouvaient communiquer, si les Vivants se souvenaient d'elles ou ouvraient leurs esprits pour les recevoir. Ceci, les Eldar l'appellent "communiquer avec les fëar (des Non-Vivants)", et dans les jours ultérieurs, cela était devenu plus facile et plus fréquent. Mais elles ne pouvaient qu'observer ce qui se passait ou était fait comme le Conte d'Arda se déroulait. Elles pouvaient
Le passage fut barré lorsque ce point fut atteint, et remplacé par le texte qui figure ici en B. Cf. le passage subséquent (p. 224), se trouvant à la fois en A et en B : "Il est dès lors stupide et périlleux, en plus d'être un acte mauvais justement interdit par les Monarques désignés d'Arda, pour les Vivants d'essayer de communier avec les Désincarnés".

39 Sur Alamanyar, voir pp. 170-1.

40 A met l'ouverture de ce paragraphe au passé : "Mais dans les jours ultérieurs, de plus en plus d'Elfes qui s'attardèrent en Terre du Milieu refusèrent les appels de Mandos, et errèrent sans logis à travers le monde, sans désir de le quitter ..."

41 Ce paragraphe, attribué à Ælfwine et placé entre crochets de la même manière que le "Préambule" d'ouverture, est absent de A, qui continue à partir de "Il est dit que Sauron faisait ces choses, et les enseigna à ses disciples" comme suit :
    Dans cet écrit, les vies et coutumes des Eldar ont été considérées principalement dans leurs cours naturels en des jours non troublés, et selon leur vraie nature immarrie. Mais, comme il a été dit, les Eldar n'échappèrent pas à l'Ombre sur Arda, qui causa à la fois des infortunes et des méfaits pour les affliger.
Ceci fut remplacé par la phrase commençant : "Beaucoup a, à présent, été dit sur la mort et la re-naissance chez les Eldar ...", comme en B, mais sans le sous-titre "De la dissolution du mariage".

42 Cette phrase est absente de A, et ainsi il n'apparaît pas ici d'équivalents des mots neri et nessi en B (voir note 12).

43 A a "le 'Statut de Finwë et Míriel'", comme dans le titre du texte B.

44 A a ici hróni, changé en hrondor : voir note 34.

45 À partir d'ici jusqu'au point où il s'interrompt, B diverge complètement de A, et je reprends la présentation du texte A en entier à partir du début de la seconde réponse.
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Dior

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MessagePosté le: 04 Mar 2005 0:04     Sujet du message: Répondre en citant

Je donne à présent le reste de l'œuvre à partir du manuscrit originel A, reprenant brièvement avant le point où le tapuscrit B s'interrompt (voir note 45 ci-dessus). Les modifications et les ajouts sont principalement notés comme tels.
En A, le sort effectif de Finwë, Míriel et Indis réapparaît (pp. 236-9); on voit aisément que cette version suivit FM1 (l'annexe au chapitre 6 du LQ, Les Silmarils et le Crépuscule de Valinor, pp. 205-7), mais je pense que ce ne fut pas à un long intervalle : le style manuscrit des deux textes est remarquablement similaire.



Il fut répondu : "Il a été dit que le mariage réside en dernier lieu dans la volonté de la fëa. De même, l'identité personnelle réside dans la fëa; et les Morts qui reviennent [barré : recouvreront] recouvrent en temps voulu leur entière mémoire du passé; bien plus, bien que le corps soit plus qu'un vêtement et que le changement de corps [ne sera pas sans effet >] aura certainement un effet sur le re-né, la fëa est le maître, et les re-nés en viendront à ressembler si fortement à leur ancien "Moi" que tous ceux qui les connaissaient avant la Mort les reconnaîtront, au premier rang desquels l'ancien conjoint.
Toutefois, comme le mariage est aussi de corps et que le corps a péri, ils doivent à nouveau être mariés, s'ils le veulent. Car ils seront revenus, comme avant, à cet état de leur ancienne vie où, par élan de leur fëar, ils désirèrent se marier. Et la question ne sera pas de savoir s'ils désirent ou non cela. Car de par la constance des fëar des Eldar incorrompus, ils le désireront; et aucun des Morts ne sera autorisé par Mandos à re-naître s'il ne désire revenir à la vie en continuité avec son passé. Car le but de la période d'Attente en Mandos est qu'il soit remédié à la rupture non naturelle de la continuité de la vie des Eldar, bien que cette rupture ne puisse être effacée ou neutralisée en Arda. Il s'ensuit donc aussi que les Morts re-naîtront en un lieu et en une période qui feront que la rencontre et la reconnaissance des séparés aura lieu de manière certaine, et il n'y aura pas d'obstacle à leur mariage.
Commentaire des Eldar : "Ceci signifie que les conjoints re-nés ne reviendront pas dans la proche parenté des conjoints vivants, et d'ailleurs, les Re-nés reviennent systématiquement dans leur ancienne maison, à moins qu'en Arda, les choses aient tellement changé que cela rendrait la réunion des époux improbables. [Ajout : Car le premier but de la fëa recherchant la re-naissance est de trouver son conjoint, et ses enfants, si elle en avait dans la vie]. Les Re-nés qui n'étaient pas mariés retournent toujours dans leur maison. Car les mariages des Eldar n'ont pas lieu entre proches parents." Ils n'avaient pas besoin de loi ou d'éducation pour savoir cela, mais agissaient ainsi naturellement, bien qu'après ils trouvèrent des raisons, déclarant que cela était dû à la nature des corps et au processus d'engendrement, mais aussi à la nature des fëar. "Car", disaient-ils, "les fëar sont aussi apparentées, et les élans d'amour entre elles, comme par exemple entre un frère et sa sœur, ne sont pas de la même espèce que ceux entraînant le mariage." "Proches parents" signifiait membres de la même "maison", spécialement les sœurs et les frères. Aucun Elda n'épousa un parent en ligne directe, ni enfant des même parents, ni sœur ou frère de l'un de ses parents, ni "demi-sœur" ou "demi-frère". Comme les Eldar n'avaient de second conjoint que dans de très rares cas, les mots demi-sœur ou demi-frère avaient pour eux une signification spéciale : ils utilisaient ces mots quand les deux parents d'un enfant étaient apparentés aux deux parents d'un autre enfant, comme lorsque deux frères épousaient deux sœurs d'une autre famille, ou que la sœur et le frère d'une maison épousaient le frère et la sœur d'une autre maison : des choses qui arrivaient souvent. Sinon, les "cousins au premier degré", comme nous dirions, pouvaient se marier mais le faisaient ou le désiraient rarement, à moins que deux des quatre parents soient apparentés de loin.
Il en irait difficilement autrement quand les deux conjoints ont été tués ou sont morts : ils se marieront à nouveau en temps voulu après leur re-naissance, à moins qu'ils ne désirent rester ensemble en Mandos.
Il fut demandé : "Pourquoi les Morts doivent-ils rester en Mandos pour toujours, si la fëa consent à la fin du mariage ? Et quelle est cette sentence dont Mandos parle ?"
Il fut répondu : "les réponses doivent être trouvées dans ce qui a déjà été dit. Le mariage est pour la vie et ne peut dès lors prendre fin, si ce n'est par l'interruption de la mort sans retour. Tant qu'il y a espoir ou but de retour, il ne prend pas fin, et par conséquent, le Vivant ne peut se remarier. S'il est permis au Vivant de se remarier, alors, par sentence, Mandos ne permettra pas au Mort de revenir. Car, comme il a été déclaré, un re-né est la même personne qu'avant et revient pour reprendre et continuer sa vie. Mais si l'ancien conjoint se remariait, cela ne serait plus possible, et un grand mal et le doute affligeraient les trois parties. En ce qui concerne les sentences de Mandos : elles sont de trois sortes. Il prononce les décisions de Manwë, ou des Valar réunis en conclave, qui deviennent obligatoires pour tous, même pour les Valar, quand elles sont ainsi déclarées : raison pour laquelle un temps sépare décision et sentence. De la même manière, il prononce les décisions et volontés d'autres qui sont sous sa juridiction, les Morts, pour les questions graves qui affectent la justice et le bon ordre d'Arda; et, quand ainsi prononcées, ces décisions deviennent aussi des "lois", bien que n'ayant rapport qu'à des personnes ou des cas particuliers, et Mandos ne permettra pas qu'elles soient révoquées ou brisées : raison pour laquelle un temps doit séparer décision et sentence.§§ Et en dernier, il y a les sentences de Mandos venant de Mandos lui-même, en tant que juge des matières relevant de ses compétences, comme fixé depuis le commencement. Il est le juge du bien et du mal, et de l'innocence ou de la culpabilité (et de tous leurs degrés et combinaisons) dans les infortunes et les méfaits commis en Arda. Tous ceux qui viennent à Mandos sont jugés en fonction de l'innocence ou de la culpabilité, en ce qui concerne leur mort et tous les faits et intentions de leur vie incarnée; et Mandos appointe à chacun la manière et la longueur de leur séjour en Attente au regard de son jugement. Mais ses sentences pour ces matières ne sont pas prononcées en hâte; et même les plus coupables sont longuement testés, selon qu'ils puissent être guéris ou corrigés, avant qu'une sentence finale ne soit donnée (telle que ne jamais revenir parmi les Vivants). C'est pourquoi il fut dit 'qui parmi les Vivants peut présumer des sentences de Mandos ?'"
Commentaire des Eldar : "L'innocence ou la culpabilité en ce qui concerne la mort est évoquée parce que être de quelque manière coupable d'infliger ce mal (soit en forçant d'autres à tuer l'un pour leur défense contre une injuste violence, ou par imprudence ou par la réalisation de fanfaronnades irréfléchies, ou en tuant quelqu'un, ou en retirant volontairement la fëa du corps) est considéré comme une faute. Ou, à tout le moins, l'abandon de la vie est considéré comme une bonne raison, à moins que la volonté de la fëa ne soit changée, pour que la fëa reste parmi les Morts et ne revienne pas. En ce qui concerne la culpabilité dans les autres domaines, on en sait peu des manières dont Mandos traite les Morts. Pour plusieurs raisons : parce que ceux qui ont causé de grands maux (ils sont peu) ne reviennent pas. Parce que ceux qui ont connu la correction de Mandos n'en parleront pas, et en effet, étant guéris, s'en souviendront peu; car ils sont revenus à leur cours naturel, et le non naturel et le perverti ne sont plus dans la continuité de leur vie. Parce qu'aussi, comme il a été dit, bien que tous ceux qui meurent soient appelés en Mandos, il est du pouvoir des fëar des Elfes de refuser les appels, et sans doute la plupart des plus malheureux ou des plus pervertis des esprits (spécialement ceux des Elfes de la Nuit) refusent-ils, et en viennent ainsi à un mal pire, ou au mieux errent sans logis et non guéris, sans espoir de retour. Même ainsi ils n'échappent pas au jugement à jamais; car Eru veille et est au-dessus de tout."

Ce jugement est connu sous l'appellation "Statut de Finwë et Míriel", car leur cas fut le premier, et ce fut à la demande de Finwë que les conseils de Manwë furent sollicités. Finwë, premier Seigneur des Noldor, avait pour femme Míriel, appelée Serindë en raison de son incomparable adresse au tissage et à la couture, et grand était leur amour l'un pour l'autre. Mais en portant son premier fils, Míriel se consuma d'esprit et de corps, de telle sorte que presque toute force sembla l'avoir quittée. Ce fils était Curufinwë, mieux connu de tous les Noldor sous le nom de Feänáro (ou Feänor),1 Esprit-de-feu, le nom que Míriel lui donna à sa naissance; il était puissant de corps et en toutes les aptitudes du corps, et premier parmi les Eldar en ardeur, force et finesse d'esprit. Mais Míriel dit à Finwë : "Jamais plus je ne porterai d'enfant; car la force qui aurait pu nourrir la vie de plusieurs est passée en Feänáro."
Finwë fut alors grandement peiné, car les Noldor étaient dans la jeunesse de leurs jours et demeuraient dans la félicité de l'apogée d'Aman, mais n'étaient encore que peu nombreux, et il désirait mettre au monde beaucoup d'enfants dans cette félicité. Il dit dès lors : "Sûrement y a-t-il guérison en Aman ? Ici, toute fatigue peut trouver le repos."
En conséquence, Finwë sollicita les conseils de Manwë, et Manwë confia Míriel aux soins d'Irmo en Lorien.2 À leur séparation (de courte durée, comme il le pensait), Finwë fut triste, car il semblait malheureux que la mère doive partir et manquer au moins le début de l'enfance de son fils. "Malheureux en effet," dit Míriel, "et je pleurerais si je n'étais si lasse. Mais ne me blâme pas pour cela, ni pour ce qui pourrait en découler. Me reposer maintenant je dois. Adieu, cher Seigneur." Elle ne fut pas plus claire que cela, mais en son cœur elle n'aspirait pas seulement au sommeil et au repos, mais à la délivrance des labeurs de la vie. Elle s'en alla alors en Lorien et s'allongea pour dormir sous un arbre argenté, mais bien qu'elle semblât dormir, en fait son esprit quitta son corps et s'en alla en silence vers les Halls de Mandos; et les demoiselles d'Estë s'occupèrent de son beau corps afin qu'il ne se flétrît point, mais elle ne revint pas.
Grand fut le chagrin de Finwë, et il alla souvent aux jardins de Lorien et, assis sous les saules argentés auprès du corps de sa femme, il l'appela par ses noms. Mais cela fut sans effet, et lui seul dans tout le Royaume béni était endeuillé et attristé. Après un temps, il ne vint plus en Lorien, car cela ne faisait qu'accroître sa peine. Tout son amour, il le donna à son fils; car Feänáro ressemblait à sa mère en voix et expression, et Finwë était pour lui à la fois père et mère, et un double lien d'amour liait leurs cœurs. Mais Finwë n'était pas satisfait, étant jeune et ardent, et désirant avoir plus d'enfants apportant la joie dans sa maison. [Il parla dès lors à Manwë >] Dès lors, quand dix ans furent passés, il parla à Manwë, disant : "Voyez Seigneur, je suis endeuillé et solitaire. Seul parmi les Eldar je n'ai pas d'épouse, et ne puis espérer de fils sauf un, ni de fille. Dois-je demeurer ainsi pour toujours ? [Car je ne crois pas que Míriel reviendra jamais >] Car mon cœur m'avertit que Míriel ne reviendra pas de la maison de Vairë tant que durera Arda. N'y a-t-il point de guérison du chagrin en Aman?"
Alors Manwë prit Finwë en pitié et considéra sa requête, et quand Mandos prononça sa sentence, comme il a été écrit,3 Manwë appela Finwë à lui, et dit : "Tu as entendu la sentence qui a été prononcée. Si Míriel, ton épouse, ne veut pas revenir et te libère, votre union est dissoute,4 et tu es libre de prendre une autre femme."
Il est dit que Míriel répondit à Mandos, disant :"Je vins ici pour échapper au corps, et ne désire jamais lui revenir. Ma vie s'en est allée en Feänáro, mon fils. Ce don, je lui ai donné à lui que j'aimais, et je ne peux donner plus. Au-delà d'Arda cela pourrait être guéri, mais pas en elle."
Alors Mandos la déclara innocente, l'estimant morte de circonstances trop grandes à affronter. Dès lors son choix fut autorisé, et elle fut laissée en paix; et après dix ans, la sentence de dissolution fut prononcée. [Dans l'année suivante >] Et trois ans après, Finwë prit pour épouse Indis la belle; et elle était différente de Míriel en tout. Elle n'était pas des Noldor mais des Vanyar, [de la parentèle >] la sœur d'Ingwë; et elle avait des cheveux d'or, était grande, et extrêmement rapide. Elle ne travaillait pas de ses mains, mais chantait et jouait de la musique, et il y eut toujours de la lumière et de la joie autour d'elle tant que dura la béatitude d'Arda. Elle aimait Finwë tendrement, car son cœur s'était tourné vers lui depuis longtemps, quand le peuple d'Ingwë vivait encore avec les Noldor à Túna.5 En ces jours elle avait contemplé le Seigneur des Noldor, aux cheveux noirs et au front blanc, au visage ardent et au regard sérieux, et il lui semblait le plus beau et le plus noble des Eldar, et sa voix et sa maîtrise des mots l'enchantaient. Elle resta par conséquent célibataire quand son peuple partit pour Valinor, et elle marcha souvent seule dans les champs et les clairières des Valar, [tournant ses pensées vers les choses croissant sans surveillance >] les emplissant de musique. Mais il advint qu'Ingwë, apprenant l'étrange chagrin de Finwë, et désirant soulager son cœur et le détourner de son deuil vain en Lorien, lui envoya des messages l'invitant à quitter Túna et les signes de sa perte pour un temps, et à venir s'établir dans la lumières des Arbres. À ces messages Finwë ne répondit pas, jusqu'à ce que la sentence de Mandos fût prononcée; mais alors, estimant qu'il devait chercher à refaire sa vie et que l'invitation d'Ingwë était sage, il se leva et se rendit à la maison d'Ingwë, sur le versant ouest du Mont Oiolossë. Son arrivée n'était pas attendue mais fut appréciée; et quand Indis vit Finwë gravir les chemins de la montagne (et la lumière de Laurelin était derrière lui comme une gloire), sans y penser elle chanta soudainement en grande joie, et sa voix s'éleva comme le chant d'un lirulin dans le ciel.6 Et quand Finwë entendit ce chant venant d'en haut, il leva les yeux et vit Indis dans la lumière dorée, et il sut à ce moment qu'elle l'aimait, et ce depuis longtemps. Alors son cœur enfin se tourna vers elle, et il crut que cette chance, à ce qu'il semblait, leur avait été accordée pour leur réconfort mutuel. "Vois !" dit-il. "Il y a en effet guérison du chagrin en Aman !"
De cette manière eut lieu sous peu le mariage de Finwë et d'Indis, sœur d'Ingwë. En Indis se révéla vrai en effet le dicton disant que "la perte de l'un peut être le gain d'un autre". Mais elle trouva celui-ci vrai aussi : "la maison se souvient du bâtisseur, même si d'autres l'occupent par après." Car Finwë l'aimait bien et était content, et elle lui donna des enfants qui lui redonnèrent de la joie,§§§7 mais l'ombre de Míriel ne quittait pas son cœur, et Feänáro avait la part principale de ses pensées. Le mariage de son père ne plut pas à Feänáro, et bien qu'il ne diminuât pas son amour pour son père, il eut peu d'amour pour Indis et ses enfants, encore moins pour ses demi-frères. Aussi vite qu'il le pût (et il était presque parvenu au terme de sa croissance peu avant que Nolofinwë ne naquît), il quitta la maison de son père et vécut séparé d'eux, consacrant tout son cœur et ses pensées à la recherche du savoir et à la pratique de l'artisanat. Dans ces choses malheureuses qui s'ensuivirent et pour lesquelles Feänáro fut un meneur, beaucoup virent les effets de cette rupture dans la maison de Finwë, estimant que si Finwë avait supporté sa perte et s'était contenté de la paternité de son puissant fils, le cours de la vie de Feänáro aurait été tout autre, et beaucoup de peine et de mal ne serait jamais survenu.
C'est ainsi que les cas dans lesquels le remariage des Eldar peut avoir lieu sont rares, mais plus rares encore sont ceux qui se remarient, même quand cela est acceptable. Car les peines et les conflits de la maison de Finwë sont gravés dans la mémoire des Eldar.

[Les Eldar se souviennent que les Valar trouvèrent cette question de Finwë étrange, et débattirent longtemps à son sujet. Car ils ne pouvaient accuser Finwë d'aucune faute, et le Statut qui avait été fait pour Finwë et Míriel était juste et raisonnable. Pourtant, il était clair que de nombreux maux auraient été évités, [si soit Miriel avait été moins faible, soit Finwë plus patient >] s'il n'avait pas été fait, ou, au moins, s'il n'avait pas été utilisé. Ce passage fut par la suite remplacé ainsi :] Les Eldar se souviennent que les Valar débattirent longuement du cas de Finwë et Míriel, après que le Statut fut fait, mais pas encore prononcé. Car ils perçurent qu'il s'agissait d'une question grave, et de grande importance, en ce que Míriel mourut en Aman même, et amena le chagrin dans le Royaume béni, choses qu'auparavant ils n'avaient pas cru pouvoir advenir. Aussi, bien que le Statut semblât juste, certains craignirent qu'il ne guérirait pas le deuil, mais le perpétuerait. Et Manwë parla aux Valar, disant : "En cette question vous ne devez pas oublier que vous avez affaire à Arda Marrie - hors de laquelle vous amenâtes les Eldar. Vous ne devez pas oublier non plus qu'en Arda Marrie, la Justice n'est pas la Guérison. La Guérison ne vient que par la souffrance et la patience, et ne demande rien, pas même la Justice. La Justice ne fonctionne seulement que dans les entraves des choses telles qu'elles sont, en acceptant le Marrissement d'Arda, et dès lors, bien que la Justice soit elle-même bonne et ne désire pas plus de mal, elle peut quand même perpétuer le mal qui existait, et ne l'empêche pas de porter ses fruits dans le chagrin. Ainsi le Statut était juste, mais il accepta la Mort et la séparation de Finwë et Míriel, une chose non naturelle en Arda Immarrie, et par conséquent, en référence à Arda Immarrie, il était non naturel et empli de Mort. La liberté qu'il a donnée était une route plus basse qui, si elle ne menait pas plus bas, ne pouvait pas remonter. Mais la Guérison doit retenir à jamais la pensée d'Arda Immarrie, et si elle ne peut remonter, elle doit attendre patiemment. C'est l'Espoir qui, selon moi, est avant tout la vertu la plus belle des enfants d'Eru, [mais il ne peut lui être ordonné de venir en cas de besoin : la patience doit souvent l'attendre longtemps.]"8
Alors Aulë, ami des Noldor [ajout : et aimant Fëanor], parla. "Mais cette question trouve-t-elle vraiment sa source en Arda Marrie ?" demanda-t-il. "Car il me semble qu'elle découle de la grossesse de Feänáro. Par ailleurs, ni Finwë ni tous les Noldor qui le suivirent ne furent jamais, en cœur comme en pensée, influencés par [Morgoth >] Melkor, le Marrisseur; comment alors cette étrange chose a-t-elle bien pu survenir, même en Aman non souillé par l'Ombre ? Que la grossesse d'un enfant provoque une telle lassitude chez la mère qu'elle ne désire plus la vie ? Cet enfant est le plus grand en terme de dons qui soit issu ou sera issu des Eldar. Mais les Eldar sont les premiers Enfants d'Eru, et lui appartiennent directement. Dès lors, la grandeur d'un enfant doit découler de Sa volonté directement, en vue du bien des Eldar et de toute Arda. Qu'en est-il alors du coût de la naissance ? Ne doit-il pas être pensé que la grandeur et le coût ne viennent pas d'Arda, Marrie ou Immarrie, mais d'au-delà d'Arda ? Car nous savons qu'il est vrai, et avec le passage des Âges, cela sera souvent manifeste (pour de petites comme pour de grandes questions), que tout le Conte d'Arda n'était pas dans la Grande Musique, et que des choses surviendront dans ce Conte qui ne peuvent être prévues, car elles sont nouvelles et ne sont pas engendrées par le passé les ayant précédées."9 [Ajout : Ainsi parla Aulë, ne voulant pas croire qu'une seule trace de l'Ombre souille Fëanor, ni aucun des Noldor. Il avait été le plus ardent à les appeler en Valinor.]10
Mais Ulmo répondit : "Toutefois Míriel est morte. [Et la mort n'est-elle pas pour les Eldar un mal, c'est-à-dire une chose non naturelle en Arda Immarrie, qui doit donc découler du marrissement ? Ou, si la mort de Míriel n'en vient pas, mais vient d'au-delà d'Arda, comment la mort qui est non naturelle et mauvaise sera-t-elle distinguée de celle-là qui est une chose nouvelle et qui ne trouve pas de raison dans le passé, à moins que cette dernière ne cause ni peine ni doute ? Mais la mort de Míriel a apporté les deux en Aman. Ce passage fut ultérieurement remplacé ainsi :] Et la mort pour les Eldar est un mal, c'est-à-dire une chose non naturelle en Arda Immarrie, qui doit donc découler du marrissement. Car si la mort de Míriel était différente, et venait d'au-delà d'Arda (comme une chose nouvelle ne trouvant pas de justification dans le passé), elle n'apporterait ni chagrin ni doute. Car Eru est le Seigneur de Tout, et incorpore tous les desseins de Ses créatures, y compris la malice du Marrisseur, dans Ses projets ultimes, mais Il ne leur impose pas le chagrin de Lui-même. Mais la mort de Míriel a amené le chagrin en Aman. L'arrivée de Feänáro doit certainement découler de la volonté d'Eru; mais je considère que le marrissement de sa naissance vient de l'Ombre, et est un présage des maux à venir. Car les plus grands sont aussi les plus puissants pour le mal. Préoccupez-vous, mes frères, en ne pensant pas que l'Ombre soit partie pour toujours, bien qu'elle soit abattue. Ne réside-t-elle pas à présent en Aman, bien que vous estimiez les liens incassables ?" Ainsi parla Ulmo, qui avait désapprouvé les avis des Valar, quand ils amenèrent Melkor le Marrisseur en Mandos après sa défaite.11 [Ajout : Aussi il aimait les Elfes (et les Hommes par après), mais autrement qu'Aulë, croyant qu'ils devraient être laissés libres, aussi périlleux que cela puisse paraître. Ainsi, par après, l'on vit que, bien qu'il aimât Fëanor et tous les Noldor plus fraîchement, il eut plus de miséricorde pour leurs erreurs et leurs méfaits.]
Alors Yavanna prit la parole, et bien qu'elle fût l'épouse d'Aulë, elle appuya plutôt Ulmo. "Mon seigneur Aulë se méprend," dit-elle, "en ce qu'il parle de Finwë et de Míriel comme étant de cœur et de pensée libres de l'Ombre, comme si cela prouvait que rien de ce qui leur est arrivé ne pouvait venir de l'Ombre ou du Marrissement d'Arda. Mais même ainsi les Enfants ne sont pas comme nous (qui sommes venus d'au-delà d'Arda entièrement et dans tout notre être) mais sont à la fois d'esprit et de corps, et ce corps est d'Arda et par Arda a été nourri : ainsi l'Ombre ne travaille-t-elle pas seulement sur les esprits mais a marri le hrón même d'Arda, et toute la Terre du Milieu est pervertie par la malice de Melkor, qui l'a travaillée plus puissamment qu'aucun d'entre nous ici. Dès lors, aucun de ceux qui s'éveillèrent en Terre du Milieu, et y résidèrent avant de venir ici, n'est venu ici entièrement libre. La défaillance de la force du corps de Míriel peut donc être attribuée, assez raisonnablement, au mal d'Arda Marrie, et sa mort est une chose non naturelle. Et que cela doive apparaître en Aman me semble à moi comme à Ulmo un signe dont il faut tenir compte."12
Ensuite parla Niënna, qui venait rarement à Valmar, mais était maintenant assise à la gauche de Manwë. "Dans l'usage de la Justice il doit y avoir de la Compassion, qui est la prise en compte de la singularité de chaque être soumis à la Justice. Lequel d'entre vous Valar, dans votre sagesse, blâmera ces Enfants, Finwë et Míriel ? Car les Enfants sont à la fois forts et sans puissance. Vous considérez Mandos comme étant le plus fort de tous en Arda, étant le moins sujet aux émotions, et c'est pourquoi vous avez osé remettre même le Marrisseur en sa garde. Je vous dis pourtant que chaque fëa des Enfants est aussi forte que lui; car elle a la force de sa singularité inexpugnable (qui, comme pour nous, lui vient d'Eru) : dans sa nudité, elle est inexorable au-delà de tout pouvoir que vous avez pour la mouvoir si elle ne le veut. Pourtant, les Enfants ne sont pas puissants : dans la vie, ils sont peu, et peuvent affecter peu; et ils sont jeunes, et ils connaissent seulement le Temps. Leurs esprits sont comme les mains de leurs bébés, de petite poignée, et même cette poignée n'est pas remplie. Comment percevront-ils la [?fin] des actes, comment renonceront-ils aux désirs suscités par leur nature même, le logement de l'esprit dans le corps, qui est leur vraie condition ? Avez-vous connu la lassitude de Míriel, ou ressenti le deuil de Finwë ?
"Míriel, je pense, est morte par nécessité du corps, en raison de souffrances pour lesquelles elle n'avait rien à se reprocher ou pour lesquelles elle devait en fait être louée, et contre lesquelles pourtant elle n'avait pas le pouvoir de résister : le coût d'une si grande grossesse. Et en cela, je pense qu'Aulë a perçu une part de vérité. Le départ de la fëa fut chez Míriel un cas spécial. La Mort est en effet la mort et, à l'intérieur de la Grande Musique, vient du Marrisseur et est cruelle; mais Eru en cette mort avait un dessein de bien immédiat, et nul n'était besoin qu'elle porte d'amers fruits; alors que la Mort qui vient du Marrisseur a pour seul but le mal, et sa guérison doit résider dans l'Espoir seul, même jusqu'à la fin. Mais Finwë, ne comprenant pas la mort (mais comment le pourrait-il ?), appela Míriel, et elle ne revint pas, et il fut endeuillé, et sa vie naturelle et ses attentes furent ébréchées. Justement il cria 'N'y a-t-il pas de guérison en Aman ?' Le cri ne pouvait rester sans réponse, et ce qui pouvait être fait, nous l'avons fait. Pour quelle raison cela devrait-il être rabaissé ?"
Mais Ulmo lui répondit en disant : "Non ! Bien que je ne condamne pas, je jugerai. Dans leur cas, je perçois non seulement la volonté directe d'Eru, mais aussi la faute de Ses créatures. Pas la culpabilité, mais pourtant une défaillance de l'idéal qu'est l'Espoir dont le Roi a parlé. Et je ne doute pas que le fait de prendre la route plus élevée, une montée qui, bien que difficile, n'était pas impossible, faisait partie de cet objectif de bien immédiat dont Niënna a parlé.13 Car la fëa de Míriel aurait pu partir par nécessité, mais elle partit avec la volonté de ne pas revenir. En cela était sa faute, car cette volonté n'était pas soumise à une contrainte irrésistible; c'était une défaillance d'espoir par la fëa, l'acceptation de la lassitude et de la faiblesse du corps, comme une chose non guérissable, et qui par conséquent ne fut pas guérie. Mais cette résolution entraîna non seulement l'abandon de sa propre vie, mais aussi l'abandon de son époux, et son marrissement. La justification qu'elle a fait valoir est insuffisante; car par le don d'un enfant si grand soit-il, et encore moins par le don de nombreux enfants, ne se finit le mariage, qui a d'autres objectifs. Car, Feänáro sera privé de la part maternelle de son éducation. Bien plus, si elle revenait, elle n'aurait plus besoin d'avoir d'autres enfants, à moins que par le renouveau de la re-naissance, sa lassitude soit guérie.
"Ainsi Finwë fut endeuillé et réclama justice. Mais quand il l'appela et qu'elle ne revint pas, en quelques années seulement il tomba dans le désespoir. En cela réside sa faute à lui, défaillant d'Espoir. Mais il fonda principalement sa requête sur son désir d'enfants, donnant plus d'importance à sa propre personne et à sa perte qu'aux peines advenues à sa femme : c'était une défaillance d'amour entier.
"Les fëar des Eldar, comme Niënna l'a dit, ne peuvent être brisées ou forcées,# et les mouvements de leur volonté ne peuvent être prédits avec certitude. Il me semble pourtant qu'il y avait encore de l'espoir que, après un repos en Mandos, la fëa de Míriel devait revenir d'elle-même à sa nature, qui est de désirer habiter un corps. Cet étrange événement devait aboutir, plutôt qu'à la dissolution de leur union, à l'usage par Finwë de la patience de l'amour entier, et à l'apprentissage de l'Espoir; et au retour de Míriel, plus large d'esprit et renouvelée corporellement. Ainsi, ensemble, ils pourraient nourrir leur grand fils de leur amour , et assurer sa juste éducation. Mais la fëa de Míriel n'a pas été laissée en paix, et en l'importunant, sa volonté a été renforcée; et en cette résolution, elle doit rester sans changement tant que durera Arda, si le Statut est déclaré. Ainsi, l'impatience de Finwë refermera la porte de la vie sur la fëa de son épouse. Ceci est la plus grande faute. Car il est plus non naturel que l'un des Eldar doive rester pour toujours une fëa sans corps que l'un reste en vie marié mais endeuillé. Un test a été imposé à Finwë (pas seulement par Míriel), et il a demandé la justice, et la libération."
"Non !" dit Vairë soudainement. "La fëa de Míriel est avec moi. Je la connais bien, car elle est petite. Mais elle est forte; fière et opiniâtre. Elle est du genre de celle qui, ayant dit je ferai ceci, fait de ses mots des sentences irrévocables. Elle ne reviendra pas à la vie, ou à Finwë, même s'il attend pendant des Âges. De ceci, il est conscient, je pense, comme le montrent ses mots. Car il n'a pas seulement fondé sa requête sur son désir d'enfants, mais il a dit au Roi : mon cœur me dit que Míriel ne reviendra pas tant que durera Arda. De quelle sorte est ce savoir ou ce pressentiment qu'il a ainsi exprimé, et d'où il vient, je ne le sais pas. Mais la fëa perçoit la fëa et connaît ses dispositions, spécialement dans le mariage, d'une manière que nous ne pouvons entièrement comprendre. Nous ne pouvons explorer tout le mystère de la nature des Enfants. Mais si nous en sommes à parler de Justice, alors le pressentiment de Finwë doit être pris en compte; et si, comme je l'estime, il est bien fondé, et non une chimère de sa propre inconstance, mais contre sa volonté et son désir, nous devons différemment évaluer les fautes de ces deux-là. Quand l'une des Reines des Valar, Varda ou Yavanna, ou même moi, partira pour toujours d'Arda et abandonnera son époux, qu'il le veuille ou ne le veuille pas,14 alors laissons cet époux juger Finwë, s'il le veut, en gardant en mémoire que Finwë ne peut suivre Míriel sans causer du tort à sa nature, ni sans abandonner les devoirs et les liens de sa paternité."
Lorsque Vairë eut parlé, les Valar s'assirent longuement en silence, jusqu'à ce qu'enfin Manwë parlât à nouveau. "Il y a de la raison et de la sagesse dans tout ce qui a été dit. Vraiment, en ce qui concerne les Enfant, nous approchons de mystères, et la clef de leur pleine compréhension ne nous a pas été donnée. En partie, les Enfants sont en effet une, si pas la principale, de ces 'nouvelles choses' dont Aulë a parlé.## Pourtant, ils arrivèrent en Arda Marrie, comme ils y étaient destinés, tout comme à endurer le Marrissement, même s'ils vinrent dans leur commencement d'au-delà d'Eä. Car ces 'nouvelles choses', indiquant le doigt d'Ilúvatar, comme nous disons : ils peuvent ne pas avoir de passé en Arda et être imprévus avant leur apparition, ils posent pourtant par après des actes qui peuvent être prédits, en fonction de la sagesse et du savoir, puisqu'ils deviennent d'un coup une part d'Eä, et une part du passé de tout ce qui s'ensuit. Nous pouvons dire, dès lors, que les Elfes sont destinés à connaître la 'mort' à leur façon, étant envoyés dans un monde qui contient la 'mort', et ayant une forme pour laquelle la 'mort' est possible. Car, bien que, par leur prime nature, immarrie, ils vivent justement comme esprit et corps cohérents, il y a là pourtant deux choses, non identiques, et leur séparation (qui est la 'mort') est une possibilité inhérente à leur union.
"Aulë et Niënna se trompent, je pense; car ce que chacun a dit en différents mots signifie surtout ceci : que la Mort qui vient du Marrisseur puisse être une chose, et la Mort comme instrument d'Eru puisse être une autre, discernable : l'une étant de malice, et donc seulement mauvaise et inévitablement pénible; l'autre, étant de bienveillance, visant un bien particulier et immédiat, et donc non mauvaise ni pénible, étant remédiable facilement et rapidement. Or le mal et la peine de la mort résident principalement dans la séparation et la négation de la nature, qui est semblable dans les deux cas (ou alors mort n'est pas leur nom); et les deux surviennent uniquement en Arda Marrie, et s'accordent à ses méthodes.
"C'est pourquoi j'estime qu'il faut plutôt suivre Ulmo, considérant qu'Eru n'a pas besoin et ne désirerait pas comme instrument de Sa bienveillance une chose qui est mauvaise. Pour quelle raison, en effet, devrait-Il introduire la mort comme une 'nouvelle chose' dans un monde qui en souffre déjà ? Toutefois, Eru est Seigneur de Tout, et utilisera comme instrument de Ses desseins finaux, qui sont bons, quoi que l'une de Ses créatures, grande ou petite, fasse ou conçoive, contre Lui ou à Son service. Mais nous devons considérer qu'il est de Sa volonté que les Eldar qui Le servent ne soient écrasés par les peines et les maux qu'ils affrontent en Arda Marrie; mais qu'ils doivent atteindre une force et une sagesse qu'ils n'auraient pu atteindre autrement : que les Enfants d'Eru doivent grandir pour être filles et fils.
"Car Arda Immarrie a deux aspects ou sens. Le premier est l'Immarri qu'ils discernent dans le Marri, si leurs yeux ne sont pas voilés, et auquel ils aspirent, comme nous aspirons à la Volonté d'Eru : là est le terrain sur lequel se bâtit l'Espoir. Le second est l'Immari qui sera : c'est-à-dire, pour parler en fonction du Temps dans lequel ils ont leur existence, Arda Guérie, qui sera plus grande et plus belle que la première, en raison du Marrissement : là est l'Espoir qui soutient. Il vient non seulement de l'aspiration à la Volonté d'Ilúvatar le Père (qui par elle-même ne peut mener ceux qui sont dans le Temps à rien d'autre qu'au regret), mais aussi de la confiance en Eru le Seigneur à jamais, en le fait qu'Il est bon, et que Ses travaux finiront tous dans le bien. Cela le Marrisseur a nié, et dans cette négation est la racine du mal, et sa fin est dans le désespoir.
"Dès lors, nonobstant les mots de Vairë, je maintiens ce que j'ai dit en premier. Car bien qu'elle ne parle pas sans savoir, elle émet une opinion et non une certitude. Les Valar n'ont pas et ne doivent pas présumer de certitude au regard des volontés des Enfants. Tout comme, même s'ils étaient certains dans ce cas concernant la fëa de Míriel, cela ne déferait pas l'union d'amour qui fut entre elle et son époux, ou ne rendrait vain le jugement que sa persistance serait pour Finwë un meilleur et plus beau sort, plus en accord avec Arda Immarrie, ou avec la volonté d'Eru ayant permis que cette chose lui arrive. Le Statut ouvre la liberté d'un chemin moindre, et, acceptant la mort, l'admet et ne peut y remédier. Si cette liberté est utilisée, le mal de la mort de Míriel continuera d'agir et produira des fruits de tristesse.
"Mais je confie maintenant cette question à Námo le Juge. Laissons-le parler en dernier !"

Alors Námo Mandos prit la parole, disant : "Tout ce que j'ai entendu, je l'ai à nouveau reconsidéré. Bien que rien de pertinent pour le jugement n'ait été soulevé qui n'ait déjà été considéré lors de l'élaboration du Statut. Gardons le Statut, car il est juste.
"Il est de notre tâche de gouverner Arda, et de conseiller les Enfants, ou de leur commander en ce qui a été confié à notre autorité. Il est dès lors de notre tâche de nous occuper d'Arda Marrie, et de déclarer ce qui y est juste. Nous pouvons en effet par nos conseils montrer le chemin élevé, mais nous ne pouvons forcer aucune créature libre à le prendre. Cela mène à la tyrannie, qui défigure le bien et le rend haïssable.
"La guérison par l'Espoir final, comme Manwë l'a décrite, est une loi que l'on ne peut se donner qu'à soi-même; à d'autres, seule la justice peut être demandée. Un dirigeant qui, discernant la justice, lui refuse la sanction de la loi, demandant le renoncement à ses droits et l'abnégation, ne mènera pas ses sujets à la vertu, vertueuse que si libre, mais, en rendant non naturellement la justice illégale les mènera plutôt à la rébellion contre toute loi. Ce n'est pas ainsi qu'Arda sera guérie.
"Il est juste, dès lors, que ce juste Statut doive être prononcé, et ceux qui en feront usage ne pourront être blâmés, quoi qu'il s'ensuive. Ainsi en ira-t-il du Conte des Eldar, au sein du Conte d'Arda.
"Maintenant entendez, ô Valar ! La prévue### m'appartient tout autant que le pouvoir de sentence, et je vais prononcer maintenant pour vous à la fois des choses proches et des choses lointaines. Voyez ! Indis la belle sera rendue heureuse et féconde, qui autrement aurait été solitaire. Car pas seulement via la mort l'Ombre est-elle entrée en Aman lors de la venue des Enfants destinés à souffrir; il y a d'autres chagrins, même si moindres. Longtemps a-t-elle aimé Finwë, patiemment et sans amertume. Aulë a nommé Feänor le plus grand des Eldar, et en puissance cela est vrai. Mais je vous dis que les enfant d'Indis aussi seront grands, et le Conte d'Arda sera plus glorieux en raison de leur arrivée. Et d'eux viendront des choses si belles qu'aucune larme n'altèrera leur beauté; en l'existence desquelles les Valar, et les Maisons des Elfes et des Hommes qui sont à venir auront tous une part, et des faits desquelles ils retireront de la joie. De telle sorte que, longtemps après que tout ce qui est ici et semble beau et imprenable aura disparu et dépéri, la Lumière d'Aman survivra parmi les peuples libres d'Arda jusqu'à la Fin.
"Quand celui qui sera appelé Eärendil posera le pied sur les rivages d'Aman, vous vous souviendrez de mes mots. En cette heure, vous ne direz plus que le Statut de Justice n'aura porté que des fruits de mort; et les peines qui viendront, vous les mettrez dans la balance, et elles ne sembleront plus si lourdes comparées à la naissance de la lumière quand Valinor s'obscurcira."
"Qu'il en soit ainsi !" dit Manwë.15

Par conséquent, le Statut fut prononcé, et la rencontre d'Indis et de Finwë eut lieu, comme il a été dit.
Mais après un certain temps, Niënna vint voir Manwë, et dit : "Seigneur d'Aman, il est maintenant clair que la mort de Míriel était un mal d'Arda Marrie, car avec l'arrivée des Eldar, l'Ombre a trouvé une entrée en Aman même. Toutefois Aman reste le Royaume des Valar, dans lequel ta volonté est primordiale. Bien que la mort de séparation puisse trouver les Eldar dans ton royaume, il y a pourtant une chose qui n'y entre pas+ : la déformation et la pourriture. Regarde donc ! Le corps de Míriel gît immarri, telle une maison qui attend sa maîtresse, qui est partie pour un voyage. En ceci au moins, sa mort diffère de la mort en Terre du Milieu : en ce que pour la fëa sans logis un beau corps reste prêt, et la re-naissance n'est pas la seule porte par laquelle elle pourrait revenir à la vie, si tu l'y autorisais et la bénissais. De plus, le corps a reposé longuement maintenant dans la paix de Lorien; et les Monarques d'Arda ne doivent-ils pas avoir du respect même pour les corps et toutes les belles formes ? Pourquoi devrait-il gésir inactif et inoccupé, quand sans doute il n'affecterait plus la fëa de sa lassitude, mais la réjouirait de l'espoir d'agir ?"
Mais Mandos interdit ceci. "Non," dit-il, "si Míriel était relogée, elle serait à nouveau parmi les Vivants, et Finwë aurait deux épouses en vie en Aman. Le Statut serait ainsi contredit, et ma sentence réduite à néant. Et un dommage serait causé aussi à Indis, qui a usé de la liberté du Statut, mais serait alors lésée par son non respect, car Finwë désirerait revenir à son ancienne épouse."
Mais Niënna dit à Mandos : "Non ! Laisse Míriel jouir de son corps et de l'usage des aptitudes en lesquelles elle prenait plaisir, au lieu de la laisser à jamais se souvenir de sa brève vie d'avant, et de sa fin par lassitude ! Ne peut-elle sortir des Halls de l'Attente, et entrer au service de Vairë ? Si elle y reste et ne cherche pas à marcher parmi les Vivants, pourquoi considèrerais-tu ta sentence comme réduite à néant, pourquoi craindrais-tu des maux qui pourraient survenir ? La Compassion doit avoir une place dans la Justice."
Mais Mandos ne changea pas d'avis. Et le corps de Míriel reposa en Lorien, jusqu'à la fuite de Melkor le Marrisseur et le Crépuscule de Valinor. En ces temps mauvais, Finwë fut tué par le Marrisseur lui-même, et son corps fut brûlé comme si foudroyé, et fut détruit. Alors Míriel et Finwë se rencontrèrent à nouveau en Mandos, et voyez ! Míriel fut heureuse de cette rencontre, et sa tristesse fut allégée; et la volonté qui était la sienne s'estompa.
Et quand elle apprit de Finwë tout ce qui était arrivé depuis son départ (car elle n'y avait pas prêté attention, ni n'avait demandé de nouvelles jusqu'alors), elle fut fort émue; et elle dit à Finwë en pensée : 'Je me suis trompée en vous quittant, toi et mon fils, ou au moins en ne revenant pas aussitôt après un bref repos; car si j'avais agi ainsi, il aurait pu grandir plus sage. Mais les enfants d'Indis redresseront ses erreurs, et par conséquent, je suis contente qu'ils aient eu à exister, et Indis a mon amour. Comment pourrais-je dénigrer celle qui reçut ce que je rejetai et chérit ce que j'abandonnai. Si je pouvais mettre tout le Conte de nos gens et de toi et de tes enfants dans une tapisserie aux nombreuses couleurs, comme un monument plus brillant que le souvenir ! Car bien que je sois maintenant isolée du monde, et que j'accepte cette sentence comme juste, je regarderais et consignerais quand même tout ce qui est arrivé à ceux qui me sont chers et à leurs descendants. [Ajout : Je sens à nouveau l'appel de mon corps et de ses aptitudes.]"
Et Finwë dit à Vairë : "Entends-tu la prière et le désir de Míriel ? Pourquoi Mandos refuserait-il ce redressement de ses peines, que son existence ne puisse être vaine et sans utilité ? Regarde ! À sa place je resterai pour toujours en Mandos, et ainsi ferai amende. Car sûrement, si je reste sans logis et abandonne la vie en Arda, alors sa sentence restera inviolée."
"Cela tu peux l'estimer", répondit Vairë; "pourtant Mandos est sévère, et il ne permettra pas rapidement qu'un vœu soit révoqué. Aussi il ne prendra pas seulement en compte Míriel et toi, mais Indis et ses enfants, que tu sembles oublier, t'apitoyant maintenant seulement sur Míriel."
"Tu es injuste avec moi dans tes pensées," dit Finwë. "Il est illégal d'avoir deux épouses, mais l'on peut aimer deux femmes, chacune différemment, et sans diminuer un amour pour l'autre. L'amour d'Indis n'a pas éteint l'amour de Míriel; donc la pitié pour Míriel maintenant ne diminue pas les soucis de mon cœur pour Indis. Mais Indis m'a quitté sans mort. Je ne l'ai plus vue depuis de nombreuses années, et quand le Marrisseur m'a frappé, j'étais seul. Elle a de chers enfants pour la réconforter, et son amour, je pense, va maintenant surtout à Ingoldo.16 Elle pourrait regretter son père, mais pas celui de Fëanáro ! Mais par dessus tout, son cœur maintenant aspire au palais d'Ingwë et à la paix des Vanyar, loin des querelles des Noldor. Peu de confort lui apporterais-je, si je devais revenir; et le titre de Seigneur des Noldor est passé à mes fils."17
Mais quand Mandos fut approché, il dit à Finwë : "Il est bon que tu ne désires point revenir, car cela, j'aurais dû l'interdire, jusqu'à ce que les présentes peines soient éteintes depuis longtemps. Mais il est quand même mieux que tu aies fait cette offre, de te priver toi-même, de ton propre gré, et non par pitié pour d'autres. C'est un signe de guérison, hors duquel du bien pourrait surgir."
Dès lors, quand Niënna revint vers lui et renouvela sa prière pour Míriel, il consentit, acceptant l'abnégation de Finwë pour sa rançon. Alors la fëa de Míriel fut libérée et vint à Manwë et reçut sa bénédiction; et elle vint alors en Lorien et ré-entra dans son corps, et se réveilla, comme l'une qui se réveillerait d'un sommeil profond; et elle se leva et son corps fut rafraîchi. Mais après qu'elle fut restée debout dans le crépuscule de la Lorien un long moment dans ses pensées, se souvenant de sa vie passée, et de toutes les nouvelles qu'elle avait apprises, son coeur était toujours triste, et elle n'avait aucun désir de revenir à son propre peuple. Dès lors, elle se rendit devant les portes de la Maison de Vairë et supplia qu'on l'admît; et ce vœu fut accordé, bien que dans cette Maison nul Vivant ne résidât ni n'y fût entré en possession de son corps.18 Mais Míriel fut acceptée par Vairë et devint sa principale dame de compagnie; et toutes les nouvelles des Noldor à travers les années depuis leur commencement lui étaient apportées, et elle les tissait en toiles historiées, si belles et habiles qu'elles semblaient vivre, impérissables, brillant d'une lumière aux nuances nombreuses et plus belles que celles connues en Terre du Milieu. Ce travail, Finwë est autorisé à le regarder de temps à autres. Et elle est toujours à l'ouvrage, bien que son nom ait été changé. Car maintenant on l'appelle Fíriel,++ ce qui signifie pour les Eldar "Celle qui mourut", et aussi "Celle qui soupira". Aussi beau que les toiles de Fíriel est un éloge rarement donné, même aux réalisations des Eldar.

§§ [Note de Tolkien] Dans le cas d'une décision par la fëa d'un Mort de ne jamais revenir à la vie, l'intervalle minimum fixé par Mandos était de dix années valiennes. Durant cette période, la décision pouvait être révoquée.

§§§ [Note de Tolkien] Cinq enfants lui donna-t-elle, trois filles et deux garçons, dans cet ordre : Findis, Nolofinwë, Faniel, Arafinwë, et Írimë. Nous avons parlé plus haut des noms des fils.

# [Note de Tolkien] Ceci vise premièrement les fëar nues et sans logis. Vivantes, les fëar peuvent être trompées; et elles peuvent être dominées par la peur (de quelqu'un de grande force comme Melkor) et ainsi être asservies. Mais ces choses sont mauvaises et tyranniques, et sont seulement le fait de Melkor parmi les Valar. Elles n'engendrent que la haine et le dégoût chez les asservis (ce qui est le signe du plus intime et de l'ultime désaccord). Pour nul bon objectif ces moyens ne peuvent être utilisés, car ils rendent tout objectif mauvais.

## [Note de Tolkien] C'est-à-dire que, bien qu'apparus dans la Grande Musique, ils ont été introduits par Eru Lui-même, et non par l'intermédiaire d'un des Ainur; et même ainsi, ils n'ont pas été entièrement révélés aux Ainur.

### [Note de Tolkien] Ceci vise la prophétie des choses qui, ne reposant pas sur des signes, ni (pour les Valar) sur la connaissance de la Grande Musique, peuvent être découvertes ou perçues rapidement. Seulement rarement, et pour des question d'importance, Mandos était-il enclin à prophétiser.

+ [Note de Tolkien] Pourtant, après la perte des Arbres, cela arriva tant que Melkor fut présent; et le corps de Finwë, tué par Melkor, se dessécha et devint poussière, tout comme les Arbres même le firent.

++ [Note de Tolkien] Car avant le départ de Míriel, les Eldar de Valinor n'avaient pas de mot pour "mourir" dans ce sens, bien qu'ils eussent des mots pour "être détruit" (en corps) et "être tué". Mais fírë signifiait "expirer", comme quelqu'un soupirant ou expulsant une grande bouffée d'air; et au départ de Míriel, elle soupira un grand coup et devint immobile; et ceux qui étaient là dirent fírië, "elle a expiré". Ce mot fut utilisé par après par les Eldar pour la mort des Hommes. Mais bien qu'ils prennent ce soupir pour un signe de délivrance, et pour la fin de la vie du corps, les Eldar ne confondent pas la respiration du corps avec l'esprit. Cela, ils l'appellent, comme on l'a vu, fëa ou fairë, dont l'ancienne signification semble plutôt être "rayonnement". Car bien que la fëa ne soit pas en elle-même visible à des yeux corporels, c'est dans la lumière que les Eldar trouvent le symbole le plus approprié en termes corporels de l'esprit logé, "la lumière de la maison", ou cöacalina comme ils l'appellent. Et ceux chez qui la fëa est forte et non souillée, disent-ils, semblent même à des yeux mortels briller par moment comme translucides (quoique faiblement), comme si une lampe brûlait en eux.
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Dior

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MessagePosté le: 21 Mar 2005 0:36     Sujet du message: Répondre en citant

À la fin du manuscrit de Lois et coutumes parmi les Eldar figurent plusieurs pages de notes rapidement écrites, dont je donne quelques passages.

(i)

Ce débat des Valar n'est pas complètement feint. Car les Eldar étaient autorisés à assister à tous les conclaves, et beaucoup le faisaient (spécialement à ceux qui les concernaient si profondément, eux, leur destinée, et leur place en Arda, comme c'est le cas du Statut). Référence est faite à des choses qui n'étaient pas encore arrivées à l'époque (est-ce ... de la prophétie ?), mais c'est partiellement dû à des commentateurs ultérieurs. Car le "Statut de Finwë et Míriel" figurait parmi les documents de savoir les plus profondément étudiés et médités. Et comme on l'a vu, de nombreuses questions et réponses y sont jointes.
[?Ainsi] des questions étaient aussi posées qui concernaient le destin et la mort des Hommes. Tout [?ou Aussi] ce qui concernait d'autres espèces "parlantes" et donc "raisonnables" : Ents, Nains, Trolls, Orcs - et la parole d'animaux tels que Huan ou les Grands Aigles.

Plus tard, mon père indiqua contre le début de cette note que les Eldar ne pouvaient assister à ce débat ("certainement pas Finwë !"), et que les Valar en auraient informé les savants des Eldar.

(ii)

[Le] "Destin des Hommes" fut aussi discuté plus tard par les Eldar, quand ils eurent rencontré les Hommes et les eurent connus. Mais ils avaient peu de preuves, et dès lors ils ne savaient pas ni n'imposaient, mais "supposaient" ou "devinaient". Une de ces suppositions était que les Elfes et les Hommes deviendront un seul peuple. Une autre est que certains Hommes, s'ils le désirent, seront autorisés à rejoindre les Elfes dans la Nouvelle Arda, ou à les y visiter - bien que cela ne deviendra pas l'habitation des Hommes. La supposition la plus largement considérée est que le destin des Hommes est complètement différent, et qu'ils ne seront pas concernés du tout par Arda.

À la fin de cette note, mon père ajouta : "Mais voir traitement complet de ceci dans Athrabeth Finrod ah Andreth." Ce texte constitue la quatrième partie de ce livre.

(iii)

Le Destin des Elfes "Immortels" : ? vivre en Nouvelle Arda (ou Arda Guérie). Probablement pas, dans un sens physique. Car ce que recouvre "le Conte d'Arda" semble être ceci. Le Monde et son Temps semblent commencer et finir simplement parce qu'ils sont limités, et non infinis ou éternels. Son histoire finale, lorsqu'elle arrivera à son terme, sera, comme une œuvre d'art, belle et bonne (comme un tout), et, de l'extérieur, c'est-à-dire non dans le Temps ou dans son Temps, pourra être contemplée avec émerveillement et joie - spécialement par ceux qui auront pris part à ce "Conte". Uniquement dans ce sens, les Elfes (et les Hommes) vivront en Arda finie. Mais la Nouvelle Arda, ou Arda Immarrie (Guérie) impliquera une continuation, par delà la Fin (ou Achèvement). De cela rien ne peut être présumé. Sauf peut-être ceci. Comme les Elfes (et les Hommes) sont faits d'Arda, la satisfaction de leur nature nécessitera Arda (sans la malice du Marrisseur) : dès lors, avant la Fin, le Marrissement sera entièrement défait ou guéri (ou absorbé dans le bien, la beauté et la joie). Dans cette région du Temps et dans cet Endroit, les Elfes résideront, mais ne seront pas confinés. Mais aucun esprit béni de ce qui est encore pour nous le futur ne peut pénétrer dans nos périodes de Temps. Car pour contempler le Conte d'Arda, les Bénis doivent (en esprit ou en entier) sortir du Temps d'Arda. Mais d'autres utilisent une autre analogie, disant qu'il y aura en effet une Nouvelle Arda, reconstruite depuis le début et sans malice, et que les Elfes prendront part à cela dès le début. Ce sera en Ëa, disent-ils - car ils considèrent que toute Création de toute sorte doit être en Ëa, venant d'Eru de la même manière et appartenant donc au même Ordre. Ils ne croient pas en des mondes contemporains non contigus, sauf en tant que fantaisie amusante de l'esprit. Ils sont (disent-ils) soit complètement non connaissables l'un de l'autre, même quant à la question de savoir s'ils sont ou non, soit s'il y a des intersections (cependant rares), ils sont seulement des provinces d'Ëa l'unique."

En tête de la page sur laquelle figure cette note, mon père a écrit : "Mais voir l'Athrabeth". Voir (ii) ci-dessus.


Notes :

1 L'épellation Fëanáro apparaît également dans le premier texte du conte, FM1 (voir p. 206, note de bas de page). Le nom est diversement écrit subséquemment en A (Feänáro, Fëanáro, Feanáro).

2 Pour la forme Lorien avec une voyelle courte, voir p. 56 note 2 [NdTr : Annales d’Aman] et p. 148, §3.

3 Pour la sentence de Mandos (le "Statut de Finwë et Míriel") dans cette œuvre, voir pp. 225-6. En FM1, la sentence, dans sa première expression, est donnée à ce point du récit (pp. 206-7).

4 [NdTr : point de grammaire anglaise] your union [traduit ici par "votre union"] : your est pluriel, et non inconsistant avec thy [ta], thee [te], thou [tu] dans la même phrase.

5 à Túna : voir p. 193, §52, et p. 282.

6 Mon père écrivit d'abord "un aimenel" (> aimenal), mais le changea immédiatement en "un lirulin", écrivant "alouette" dans la marge.

7 La note de bas de page ici se réfère au passage en A (omis en B) qui est donné en note 22. Comme dans ce passage, le nom Nolofinwë est écrit avec un tilde sur le N. L'ordre des noms des filles de Finwë et Indis est tel que dans le texte corrigé de FM1, p. 207. Voir en outre p. 262 et note 10.

8 Les crochets figurent dans l'original.

9 Cf. l'Ainulindalë §13 (p. 11) : "Bien qu'il existe certaines choses que [les Ainur] ne peuvent voir ...; car à nul, hormis lui-même, Ilúvatar n'a révélé tout ce qu'il a en réserve et, au cours de chaque âge, surviennent des choses qui sont nouvelles et qui n'ont fait l'objet d'aucune prédiction, car elles ne jaillissent pas du passé."

10 Nulle part ailleurs il n'est dit qu'Aulë fut le plus ardent des Valar à appeler les Elfes en Valinor. Cf. ce qui est dit précédemment dans Lois et coutumes (p. 219, apparaissant dans les deux textes, mais nulle part ailleurs) au sujet des motifs des Valar pour amener les Elfes en Aman.

11 Tout comme pour la référence à Aulë mentionnée en note 10, il n'est mentionné nulle part ailleurs qu'Ulmo avait désapprouvé la décision des Valar d'amener Melkor en Mandos. Cf. le passage dans le premier texte du Valaquenta, perdu dans sa forme finale : "Les conseils [d'Ulmo] s'écartaient toujours de l'avis de Manwë" (p. 202).

12 En cet endroit suivait à l'origine : "Alors, quand d'autres eurent parlé, Manwë répondit : il y a de la raison dans tout ce qui a été dit ...". Le discours de Manwë fut apparemment abandonné après quelques lignes, et les discours de Niënna, Ulmo, et Vairë furent introduits; après quoi le discours de Manwë réapparaît (p. 244).

13 Cette phrase ("Et je ne doute pas ...") fut subséquemment placée entre crochets.

14 nill [NdTr : traduit ici par "ne veuille pas"] est l'ancien verbe négatif "will not" : ainsi "will he or nill he" signifie "qu'il le veuille ou qu'il ne le veuille pas" (survivant comme willy-nilly [NdTr : "bon gré mal gré"].

15 Le texte s'arrête ici, pas au bas d'une page. Il reprend sur une nouvelle feuille, d'une écriture plus grossière qui continue jusqu'à la fin de l'œuvre; mais mon père pagina ce texte supplémentaire de manière continue avec le précédent.

16 Ingoldo : le matronyme de Fingolfin (p. 230 note 22).

17 Dans le récit du mariage de Finwë et Indis dans la présente œuvre (p. 238), il n'y a pas de mention de cette désunion, ou au moins, de cette séparation. Dans le travail final sur le chapitre 6 du Quenta Silmarillion, cependant, il est suggéré qu'Indis ne partit pas avec Finwë à Formenos, car il est dit que la femme de Fëanor, Nerdanel, ne s'en irait pas avec lui en exil et "demanda à pouvoir demeurer avec Indis" (p. 279, §53d).

18 l'entrée de Míriel dans la Maison de Vairë, voir p. 263 note 9.
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Curumo

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MessagePosté le: 03 Avr 2005 13:24     Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour le post. Bonne lecture à tous et pour les commentaires c'est par ICI


_________________
    Tel est le rôle de Curumo dans le Conte des Aratars. De la grandeur et de la beauté il a ramé jusqu'à la ruine et aux ténèbres qui furent jadis le sort d'Arda Marrie. Si cela doit changer, si Curumo doit arrêter de ramer, Manwë et Varda le savent peut-être, mais ils ne l'ont pas annoncé, non plus que les sentences de Mandos.

    Quenta Aratarion.
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