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[Traduction - VT 39] Ósanwe-kenta

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Dior

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MessagePosté le: 10 Aoû 2005 16:01     Sujet du message: [Traduction - VT 39] Ósanwe-kenta Répondre en citant

L'Ósanwe-kenta ou "Enquiry into the Communication of Thought" est un texte écrit par Tolkien, probablement en 1960, et publié dans le n° 39 de la revue Vinyar Tengwar (1998).

À l'intérieur du Légendaire, ce texte se veut être un résumé par un éditeur anonyme d'un appendice à un écrit plus long, le Lhammas, ouvrage linguistique rédigé par le célèbre Pengolodh de Gondolin (cf. HoMe V, The Lost Road and other writings). En même temps, au niveau stylistique et lexical, ce texte se rapproche très fort de Quendi et Eldar (cf. HoMe XI, The War of the Jewels), dont il aurait probablement dû être une annexe.

Sont traduits ici le texte même ainsi que ses notes. Les notes étymologiques, publiées dans le Vinyar Tengwar 41, sont jointes, ainsi qu'un petit lexique.

Enfin, pour tout commentaire ou question, je vous suggère d'aller par .
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Dior

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MessagePosté le: 10 Aoû 2005 18:02     Sujet du message: Répondre en citant

ÓSANWE-KENTA

-

"Investigation sur la communication par la pensée"

-

Résumé de la discussion de Pengolodh




À la fin du Lammas, Pengolodh aborde brièvement la transmission directe de la pensée (sanwe-latya, "thought-opening"), affirmant diverses choses à ce sujet qui reposent manifestement sur des théories et des observations des Eldar traitées ailleurs en longueur par les savants elfes. Elles concernent avant tout les Eldar et les Valar (y compris les moindres Maiar du même ordre). Les Hommes ne sont pas spécialement abordés, excepté en ce qu'ils sont inclus dans des déclarations générales au sujet des Incarnés (Mirröanwi). D'eux, Pengolodh dit simplement : "les Hommes ont la même faculté que les Quendi, mais elle est en soi plus faible, et opère de manière moindre en raison de la force de la hröa, que la plupart des Hommes contrôle plus faiblement par la volonté".
Pengolodh inclut cette question avant tout en raison de sa connexion avec la tengwesta. Mais en tant qu'historien, il s'intéresse aussi à l'examen des relations de Melkor et de ses agents avec les Valar et les Eruhíni, bien que ceci ait aussi une connexion avec le "langage", depuis que, comme il l'indique, ceci, le plus grand des talents des Mirröanwi, a été détourné par Melkor à son plus grand avantage.

Pengolodh dit que tous les esprits (sáma, pl. sámar) sont de statut égal, bien qu'ils diffèrent en capacité et en force. Un esprit, de par sa nature, perçoit un autre esprit directement. Mais il ne peut percevoir plus que l'existence d'un autre esprit (en tant que quelque chose d'autre que lui-même, bien que du même ordre), excepté de par la volonté des deux parties (Note 1). Le degré de volonté ne doit néanmoins pas être le même des deux côtés. Si nous appelons un esprit G (pour "guest", invité, ou arrivant) et l'autre H (pour "host", hôte, ou récepteur), alors G doit avoir la pleine intention d'inspecter H ou de l'informer. Mais la connaissance peut être acquise ou transmise par G, même quand H ne cherche ou n'a pas l'intention de transmettre ou d'apprendre : l'acte de G sera effectif si H est simplement "ouvert" (láta; látie, "openness"). Cette distinction, dit-il, est de la plus grande importance.
L'"ouverture" est l'état (indo) simple et naturel d'un esprit qui n'est pas occupé autrement (Note 2). En "Arda Immarrie" (c'est-à-dire dans des conditions idéales libres du mal), l'ouverture serait l'état normal. Néanmoins, tout esprit peut être fermé (pahta). Cela requiert un acte de volonté consciente : le Non-Vouloir (avanir). Cela peut être dirigé contre G, contre G et quelques autres, ou être une retraite totale dans l'"intimité" (aquapahtie).
Bien qu'en "Arda Immarrie", l'ouverture soit l'état normal, chaque esprit a, depuis sa conception en tant qu'individu, le droit de se fermer; et il a le pouvoir absolu de réaliser cela de son gré. Rien ne peut pénétrer la barrière du Non-Vouloir (Note 3).
Toutes ces choses, dit Pengolodh, sont vraies pour tous les esprits, des Ainur en présence d'Eru, ou des grands Valar tels Manwë et Melkor, aux Maiar en Eä, et jusqu'au moindre des Mirröanwi. Mais différents états entraînent des "limitations", qui ne sont pas complètement contrôlées par la volonté.
Les Valar entrèrent en Eä et dans le Temps de leur plein gré, et ils sont à présent dans le Temps, tant qu'il durera. Ils ne peuvent rien percevoir en dehors du Temps, excepté via la mémoire de leur existence avant qu'il ne commençât; ils peuvent se souvenir de la Musique et de la Vision. Ils sont évidemment ouverts à Eru, mais ils ne peuvent de leur propre volonté "voir" aucune partie de Son esprit. Ils peuvent s'ouvrir à Eru en prière, et Il peut alors leur révéler Sa pensée (Note 4).

Les Incarnés ont par la nature du sáma les mêmes facultés; mais leur perception est réduite par la hröa, car leur fëa est unie à leur hröa et son fonctionnement normal se fait via la hröa, qui est en elle-même une partie d'Eä, sans pensée. La réduction est en effet double; car la pensée doit traverser une couche de hröa et en pénétrer une autre. Pour cette raison, chez les Incarnés, la transmission de pensée doit être renforcée pour être effective. Ce renforcement peut s'effectuer par affinité, par urgence, ou par autorité.
L'affinité peut être due à la parenté; car ceci peut augmenter la ressemblance des hröar, et ainsi des intérêts et modes de pensée des fëar résidentes; la parenté est aussi normalement accompagnée de l'amour et de la sympathie. L'Affinité peut venir simplement de l'amour et de l'amitié, ce qui consiste en une ressemblance ou une affinité de fëa à fëa.
L'urgence est transmise par un grand besoin de l'"émetteur" (dans la joie, les soucis ou la crainte); et si ces sentiments sont à quelque degré partagés par le "récepteur", la pensée est plus clairement reçue. L'autorité peut aussi renforcer la pensée de celui qui a un devoir envers un autre, ou de tout gouvernant qui a le droit d'ordonner ou de chercher la vérité pour le bien des autres.
Ces causes peuvent aider la pensée à passer à travers les voiles et à atteindre un esprit destinataire. Mais cet esprit doit rester ouvert, et pour le moins de manière passive. Si, étant conscient qu'on s'adresse à lui, il se ferme, ni urgence ni affinité ne permettront à la pensée de l'émetteur de le pénétrer.

Enfin, la tengwesta est aussi devenue un obstacle. Elle est, chez les Incarnés, plus claire et plus précise que leur réception directe de pensée. Par elle, ils peuvent aussi communiquer aisément avec d'autres, quand aucune force ne soutient leur pensée : comme, par exemple, lorsque des étrangers se rencontrent pour la première fois. Et, comme nous l'avons vu, l'usage du "langage" devient vite habituel, de telle sorte que la pratique de l'ósanwe (échange de pensée) est négligée et devient plus difficile.
Nous voyons ainsi que les Incarnés ont de plus en plus tendance à utiliser ou à tenter d'utiliser l'ósanwe uniquement en cas d'extrême nécessité et d'urgence, et spécialement quand le lambe n'est d'aucune aide. Comme lorsque la voix ne peut être entendue, principalement à cause de la distance. Car la distance, en elle-même, ne présente aucun obstacle pour l'ósanwe. Mais ceux qui, par affinité, pourraient utiliser l'ósanwe utiliseront le lambe à proximité, par habitude ou préférence. Pourtant, nous pouvons remarquer que les "affinés" peuvent comprendre plus rapidement le lambe qu'ils utilisent entre eux, et en effet, tout ce qu'ils diraient n'est pas mis en mots. En moins de mots, ils arrivent plus vite à une meilleure compréhension. Il ne peut y avoir de doute qu'ici l'ósanwe se retrouve souvent aussi; car la volonté de converser en lambe est une volonté de communiquer une pensée, et cela ouvre les esprits. Il se peut bien sûr que les deux personnes qui conversent connaissent déjà une partie de la question et de la pensée de l'autre à ce propos, de telle sorte que de seules allusions, obscures pour l'étranger, suffisent; mais il n'en est pas toujours ainsi. Les affinés atteindront une compréhension plus rapidement que des étrangers sur des questions qu'ils n'ont jamais discutées avant, et ils percevront plus rapidement la signification de mots qui, bien que nombreux, bien choisis et précis, doivent rester inadéquats.

La hröa et la tengwesta ont inévitablement des effets semblables sur les Valar s'ils assument une enveloppe corporelle. La hröa obscurcira à un certain degré en force et en précision l'émission de la pensée, et si l'autre est aussi incarné, sa réception. S'ils ont acquis l'habitude de la tengwesta, comme le peuvent certains qui ont acquis l'habitude de revêtir une enveloppe corporelle, alors la pratique de l'ósanwe se réduira. Mais ces effets sont bien moindre que dans le cas des Incarnés.
Car la hröa d'un Vala, même quand elle est devenue habituelle, est bien plus sous le contrôle de la volonté. La pensée des Valar est bien plus forte et pénétrante. Et en ce qui concerne leur comportement entre eux, l'affinité entre Valar est plus grande que l'affinité entre n'importe quelles autres créatures; de telle sorte que l'usage de la tengwesta ou de lambe n'est jamais devenue impérative, et seulement pour certains est-il devenu une habitude et une préférence. Et en ce qui concerne leur comportement envers les autres esprits en Eä, leur pensée a souvent la plus haute autorité, et la plus grande urgence. (Note 5)

Pengolodh se penche alors sur les abus de sanwe. "Car", dit-il, "ceux qui ont lu jusqu'ici pourraient déjà s'être interrogés sur ma science, en disant : 'Cela ne semble pas s'accorder avec les récits. Si la sáma était inviolable par la force, comment Melkor aurait-il pu tromper autant d'esprits et en asservir autant ? Ou n'est-il pas plutôt vrai que la sáma peut être protégée avec une plus grande force mais aussi conquise par une plus grande force ? Pour cette raison, Melkor, la plus grande, et même à tout le moins possédant la volonté la plus figée, la plus déterminée et la plus impitoyable, pourrait pénétrer les esprits des Valar tout en se préservant d'eux, de telle sorte que même Manwë, quand il a à faire avec lui, puisse parfois nous sembler faible, trop confiant, et trompé. N'est-ce pas le cas ?'
"Je dis que ce n'est pas le cas. Les choses peuvent paraître telles, mais si elles sont en fait complètement différentes, elles doivent être distinguées. La pré-voyance, qui est la prévision, et la prévoyance, qui est une opinion faite par raisonnement sur des preuves soumises, peuvent être identiques quant à leur prédiction, mais elles sont complètement différentes de par leur mode, et elles devraient être distinguées par les savants, même si le langage journalier à la fois des Elfes et des Hommes leur donne le même nom en tant que catégories de la sagesse". (Note 6)
"De la même manière, l'extorsion des secrets d'un esprit peut sembler venir de sa lecture par la force en dépit de son non-vouloir, car la connaissance acquise peut parfois paraître aussi complète que possible. Elle ne vient néanmoins pas de la pénétration des barrières du non-vouloir. Il n'y a en effet pas d'axan édictant que ces barrières ne devraient pas être forcées, car c'est un únat, une chose impossible ou impossible à faire, et plus la force est grande, plus la résistance du non-vouloir est forte. Mais il y a un axan universel édictant que nul ne prendra d'un autre, directement par la force ou indirectement par escroquerie, ce qu'il a le droit de retenir et de garder comme sien.
Melkor a renié tous les axani. Il abolirait aussi (pour lui-même) tous les únati s'il le pouvait. En effet, à ses débuts et en ses jours de grande puissance, les plus ruineuses de ses violences vinrent de ses tentatives d'ordonner Eä de manière à ce qu'il n'y ait ni limites ni obstacles à sa volonté. Mais ceci, il ne put le faire. Les únati subsistèrent, un rappel perpétuel de l'existence d'Eru et de Son invincibilité, un rappel aussi de sa coexistence avec d'autres créatures (égales en origine si pas en pouvoir) insubjugables par la force. C'est de là que découle sa rage incessante et intarissable.
Il vit que l'approche ouverte d'une sáma de puissance et de grande force de volonté était ressentie par une sáma moindre comme une pression immense, accompagnée par la peur. Dominer par le poids de la puissance et de la peur lui était un délice; mais dans ce cas, il vit que ce n'était d'aucune utilité : la peur fermait la porte plus vite. Par conséquent, il s'essaya à la tromperie et à la dérobade.
En cela il fut aidé par la simplicité de ceux qui étaient inconscients du mal, ou qui n'étaient pas encore accoutumés à s'en méfier. Et pour cette raison a-t-il été dit plus haut que la distinction entre l'ouverture et la volonté active de recevoir était d'une grande importance. Car il viendrait à la dérobade vers un esprit ouvert et non averti, espérant apprendre quelques parts de sa pensée avant qu'il ne se ferme, et encore plus y implanter sa propre pensée, pour le tromper et le gagner à son amitié. Sa pensée était toujours la même, même si variant afin de s'adapter à chaque cas (tel qu'il le comprenait) : il était par dessus tout bienveillant; il était riche et pouvait offrir tout don qu'ils désiraient à ses amis; il portait un amour spécial à celui à qui il s'adressait; mais on devait lui faire confiance.
De cette manière il s'ouvrit maints esprits, dissipant leur non-vouloir, et déverrouillant la porte par la seule clef, bien que cette clef fût contrefaite. Et pourtant, ce n'était pas ce qu'il désirait le plus, la conquête du récalcitrant, l'asservissement de ses ennemis. Ceux qui l'écoutèrent et ne fermèrent pas la porte étaient déjà trop souvent enclin à son amitié; certains (selon leur mesure) s'étaient déjà lancés sur des chemins semblables au sien, et écoutèrent parce qu'ils espéraient apprendre et recevoir de lui des choses qui serviraient leur propres desseins. (Tel fut le cas de certains des Maiar qui, en premier et le plus tôt, tombèrent sous sa domination. Ils étaient déjà des rebelles, mais manquant des pouvoirs et de la volonté impitoyable de Melkor, ils l'admiraient, et voyaient dans son leadership un espoir de rébellion effective.) Mais ceux qui étaient encore simples et non corrompus dans leur "cœur" (Note 7) furent directement conscients de son entrée, et s'ils écoutaient l'avertissement de leur cœur, arrêtèrent d'écouter, le rejetèrent et fermèrent la porte. C'était des êtres tels que ceux-ci que Melkor désirait dominer : ses ennemis, car pour lui, tous ceux qui lui résistaient en la moindre chose ou revendiquaient quoi que ce soit comme le leur et non le sien étaient des ennemis.
Par conséquent, il rechercha des moyens de contourner l'únat et le non-vouloir. Et cette arme, il la trouva dans le "langage". Car nous parlons à présent des Incarnés, les Eruhíni, qu'il désirait le plus subjuguer, en dépit d'Eru. Leurs corps, étant d'Eä, sont sujets à la force; et leurs esprits, étant unis à leurs corps dans l'amour et la sollicitude, sont sujet à la peur pour eux. Et leur langage, bien qu'il vienne de l'âme ou de l'esprit, œuvre à travers et par le corps : ce n'est ni la sáma ni son sanwe, mais il peut exprimer le sanwe en son mode et selon sa capacité. Sur le corps et sur le résident, par conséquent, une telle pression et une telle peur peut être exercée que la personne incarnée puisse être forcée à parler.
Ainsi pensait Melkor dans l'obscurité de sa prévoyance bien avant que nous ne nous éveillâmes. Car en ces jours anciens, quand les Valar instruisirent les Eldar récemment arrivés en Aman du commencement des choses et de l'hostilité de Melkor, Manwë lui-même dit à ceux qui voulaient écouter : "Des Enfants d'Eru Melkor savait moins que ses pairs, prêtant moins d'attention à ce qu'il aurait pu apprendre, comme nous l'avons appris, de la Vision de leur Venue. Pourtant, comme nous le craignons maintenant depuis que nous vous connaissons de par votre existence, à tout ce qui pourrait aider ses desseins de dominations son esprit prêtait-il attention, et ses projets y tendaient-ils plus vite que les nôtres, n'étant soumis à aucun axan.
Dès le départ, il fut grandement intéressé par le "langage", ce talent que les Eruhíni avaient par nature; mais nous n'avons pas immédiatement perçu la malice dans cet intérêt, car beaucoup d'entre nous le partageaient, et Aule en premier. Mais nous finîmes par découvrir qu'il avait élaboré un langage pour ceux qui le servaient; et il a appris notre langue aisément. Il a un grand don dans ce domaine. Sans nul doute, il maîtrisera toutes les langues, même le beau parler des Eldar. Dès lors, si jamais vous deviez lui parler, méfiez-vous !"
"Hélas !" dit Pengolodh, "en Valinor, Melkor utilisait le quenya avec une telle maîtrise que tous les Eldar étaient stupéfaits, car son usage ne pouvait pas être dépassé, même difficilement égalé, par les poètes et les savants".
Ainsi, par la tromperie, par les mensonges, par le tourment du corps et de l'âme, par la menace du tourment pour les êtres chers, ou par la terreur absolue de sa présence, Melkor cherchait sans cesse à forcer les Incarnés qui tombèrent en son pouvoir, ou vinrent à sa portée, à parler et à lui dire tout ce qu'il voulait savoir. Mais son propre Mensonge engendra une progéniture infinie de mensonges.
Par ces moyens, il en a détruit beaucoup, il a causé des trahisons non révélées, et il a acquis la connaissance de secrets à son grand avantage et à la perte de ses ennemis. Mais ce n'est pas en pénétrant l'esprit, ou en le lisant tel qu'il est, en son dépit. Non, car aussi grande soit la connaissance qu'il a acquise, derrière les mots (même derrière ceux de peur et de tourment) réside toujours la sáma inviolable : les mots n'y sont pas, bien qu'ils puissent en venir (comme des cris venant de derrière une porte fermée); ils doivent être jugés et évalués pour la vérité qu'ils pourraient contenir. Dès lors, le Menteur dit que tous les mots sont des mensonges : toutes les choses qu'il entend sont mêlées à la tromperie, aux faux-fuyants, aux significations cachées, et à la haine. Dans ce vaste réseau, lui-même mêle les luttes et les rages, rongé par la suspicion, le doute et la peur. Il n'en aurait pas été ainsi, s'il avait pu briser les barrières et voir le cœur tel qu'il est dans sa vérité dévoilée.

Si nous parlons enfin de la "folie" de Manwë et de la faiblesse et du manque de méfiance des Valar, méfions-nous de la manière dont nous jugeons. Dans les récits, en effet, nous pouvons être stupéfaits et peinés de lire comment (apparemment) Melkor a dupé et trompé les autres, et comment même Manwë paraît parfois presque comme un nigaud par rapport à lui : comme si un père gentil mais malavisé traitait un enfant indiscipliné qui percevrait assurément en son temps ses erreurs. Alors que nous, observant et sachant le résultat, nous voyons maintenant que Melkor connaissait bien ses erreurs, mais leur était lié par haine et orgueil sans retour. Il pouvait lire l'esprit de Manwë, car la porte était ouverte; mais son propre esprit était mensonger et même si la porte semblait ouverte, il contenait des portes de fer fermées à jamais.
Comment en aurait-il été autrement ? Manwë et les Valar devaient-ils opposer le subterfuge au secret, la fausseté à la tromperie, plus de mensonges aux mensonges ? Si Melkor usurpait leurs droits, devaient-ils lui dénier les siens ? La Haine peut-elle triompher de la haine ? Non, Manwë était plus sage; ou étant toujours ouvert à Eru, il fit Sa volonté, qui est plus que la sagesse. Il était toujours ouvert parce qu'il n'avait rien à cacher, aucune pensée nuisible à quiconque aurait pu la comprendre. En effet, Melkor connaissait sa volonté sans l'interroger; et il savait que Manwë était lié par les commandements et les injonctions d'Eru, et ferait ceci ou s'abstiendrait de faire cela en fonction, toujours, même en sachant que Melkor les violerait en fonction de ses desseins. Ainsi la volonté sans pitié compte toujours sur la pitié, et les menteurs utilisent la vérité; car si la pitié et la vérité sont retirées au cruel et au menteur, elles cessent d'être honorées.
Manwë ne pouvait par contrainte tenter de forcer Melkor à révéler sa pensée et ses desseins, ou (s'il utilisait des mots) à dire la vérité. S'il parlait et disait : c'est la vérité, il devait être cru tant que ça n'aurait pas été prouvé faux; s'il disait : je le ferai, comme tu le demandes, l'opportunité de tenir sa promesse devait lui être donnée. (Note 8)
La force et la contrainte qui furent utilisées contre Melkor par la puissance unie de tous les Valar ne furent pas utilisées afin de lui extorquer une confession (ce qui était inutile); ni pour le forcer à révéler sa pensée (ce qui était illégal, si pas vain). Il fut fait captif en punition de ses actes mauvais, sous l'autorité du Roi. Ainsi pouvons-nous dire; mais il était mieux de dire qu'il fut privé pour un terme, fixé par promesse, de son pouvoir d'agir, de telle sorte qu'il puisse s'arrêter et considérer un amendement. Pour la guérison d'Arda en effet, mais aussi pour sa propre guérison. Melkor avait le droit d'exister, et le droit d'agir et d'utiliser ses pouvoirs. Manwë avait l'autorité pour régner et pour ordonner le monde, autant qu'il le pouvait, pour le bien-être des Eruhíni; mais si Melkor se repentait et retournait sous l'allégeance d'Eru, sa liberté devait lui être rendue. Il ne pouvait être asservi, ou privé de sa part. La fonction de Premier Roi était de maintenir tous ses sujets sous l'allégeance d'Eru, ou de les y faire revenir, et sous cette allégeance, de les laisser libres.
Par conséquent, ce n'est pas avant la fin, et sur le commandement d'Eru et par Son pouvoir, que Melkor fut définitivement abattu et privé à jamais de tout pouvoir de faire ou de défaire.
Qui parmi les Eldar considère-t-il que la captivité de Melkor en Mandos (qui fut réalisée par la force) fut malavisée ou illégale ? Pourtant, la résolution d'assaillir Melkor, non simplement de lui faire face, d'opposer le courroux à la violence jusqu'au péril d'Arda, fut prise par Manwë uniquement à contrecœur. Et considérez : quel bien dans ce cas-ci l'usage légal de la force a-t-il même accompli ? Cela l'a écarté pour un temps et a soulagé la Terre du Milieu de la pression de sa malice, mais cela n'a pas déraciné son mal, car cela ne se pouvait pas. Sauf si, peut-être, Melkor s'était repenti. (Note 9) Mais il ne se repentit pas, et dans l'humiliation il devint plus obstiné : plus subtil dans ses tromperies, plus astucieux dans ses mensonges, plus cruel et plus ignoble dans sa revanche. La plus faible et la plus imprudente de toutes les actions de Manwë, comme il semble à beaucoup, fut de libérer Melkor de sa captivité. De ceci vint la plus grande perte et le plus grand mal : la mort des Arbres, et l'exil et le supplice des Noldor. Pourtant, par cette souffrance, vint aussi, comme peut-être cela n'aurait pu advenir autrement, la victoire des Jours Anciens : la chute d'Angband et la défaite finale de Melkor.
Qui peut alors dire avec assurance que, si Melkor avait été tenu enchaîné, moins de mal s'en serait ensuivi ? Même dans sa diminution, le pouvoir de Melkor est au-delà de notre entendement. Pourtant, quelque ruineux accès de son désespoir n'est pas le pire qui aurait pu arriver. Sa libération eut lieu selon la promesse de Manwë. Si Manwë avait brisé cette promesse pour ses propres desseins, même si visant le "bien", il aurait fait un pas sur les chemins de Melkor. C'est un pas périlleux. En cette heure et en cette action, il aurait cessé d'être le représentant de l'Unique, devenant un roi qui prend l'avantage sur son rival qu'il aurait soumis par la force. Aurions-nous eu alors les chagrins qui advinrent en effet, ou aurions-nous eu le Premier Roi perdant son honneur, et serions-nous ainsi passés, peut-être, à un monde déchiré entre deux fiers seigneurs s'affrontant pour le trône ? De cela nous pouvons être sûrs, nous, enfants de faible force : n'importe lequel des Valar aurait pu prendre les chemins de Melkor et devenir comme lui : un seul suffisait.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 17:52     Sujet du message: Répondre en citant

Note 1


Ici níra ("volonté" en tant que potentiel ou faculté) vu que la condition minimale est que cette faculté ne sera pas exercée en refus; l'action ou un acte de volonté est nirme; tout comme sanwe "la Pensée" ou "une pensée" est l'action ou un acte de sáma.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 17:59     Sujet du message: Répondre en citant

Note 2


Il peut être occupé à penser et être inattentif aux autres choses; il peut être "tourné vers Eru"; il peut être engagé dans une "conversation par la pensée" avec un esprit tiers. Pengolodh dit : "Seuls les grands esprits peuvent converser avec plus d'un autre en même temps; plusieurs peuvent se consulter, mais alors à un moment, seul un émet, tandis que les autres reçoivent".
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 18:03     Sujet du message: Répondre en citant

Note 3


"Nul esprit ne peut néanmoins être fermé à Eru, ni à Son inspection, ni à Son message. Ce dernier, il peut ne pas y prêter attention, mais il ne peut pas dire qu'il ne l'a pas reçu".
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 18:08     Sujet du message: Répondre en citant

Note 4


Pengolodh ajoute : "Certains disent que Manwë, par une grâce spéciale en faveur du Roi, pouvait toujours, dans une certaine mesure, percevoir Eru; d'autres plus probablement, qu'il restait le plus proche d'Eru, et qu'Eru était le plus souvent disposé à l'écouter et à lui répondre".
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 19:00     Sujet du message: Répondre en citant

Note 5


Ici Pengolodh ajoute une longue note sur l'usage de hröar par les Valar. En résumé, il dit que, bien qu'à l'origine un "habillage", il pouvait avoir tendance à approcher l'"incarnation", spécialement chez les membres moindres de cet ordre (les Maiar). "Il est dit que plus l'usage est prolongé et plus la hröa utilisée est la même, plus grand est le lien de l'habitude, et moins l'"habillé" désire la quitter. Tout comme une tenue peut bientôt cesser d'être un ornement, et devient (comme il est dit dans les langues à la fois des Elfes et des Hommes) un "habit", un vêtement habituel. Ou si elle se porte chez les Elfes et les Hommes pour atténuer la chaleur ou le froid, elle rend bientôt le corps habillé moins capable d'endurer ces choses quand il est nu". Pengolodh mentionne aussi l'opinion selon laquelle, si un "esprit" (c'est-à-dire un de ceux qui ne sont pas incorporés par création) utilise une hröa pour l'accomplissement de ses desseins personnels, ou (encore plus) pour la jouissance des facultés corporelles, il trouve de plus en plus difficile d'œuvrer sans la hröa. Les choses les plus liantes sont celles que les Incarnés doivent faire pour la vie de la hröa elle-même, son alimentation et sa reproduction. Ainsi, manger et boire sont liants, mais pas la joie retirée de la beauté d'un son ou d'une forme. Encore plus liant est l'enfantement ou la conception.

"Nous ne connaissons pas les axani (lois, règles, en tant que découlant en premier d'Eru) qui furent imposés aux Valar en référence à leur état, mais il semble clair qu'il n'y avait pas d'axan contre ces choses. Il semble néanmoins être un axan, ou peut-être une conséquence nécessaire, que si elles sont faites, alors l'esprit doit résider dans le corps qu'il a utilisé, et être soumis aux mêmes nécessités que les Incarnés. Le seul cas connu dans les récits des Eldar est celui de Melian, qui devint l'épouse du Roi Elu-thingol. Ce n'était certainement pas mauvais ni contre la volonté d'Eru, et bien que cela ait mené au chagrin, les Elfes tout comme les Hommes en furent enrichis.

"Les grands Valar ne font pas ces choses : ils n'enfantent pas, ni ne mangent ni ne boivent, excepté lors des hauts asari, en témoignage de leur suzeraineté et de leur habitation d'Arda, et pour la bénédiction de l'alimentation des Enfants. Melkor, seul parmi les Grands, devint finalement lié à une forme corporelle; mais ce fut en raison de l'usage qu'il en fit pour son projet de devenir Seigneur des Incarnés, et des grands maux qu'il fit en ce corps visible. Il avait aussi dissipé ses pouvoirs natifs dans le contrôle de ses agents et servants, de telle sorte qu'il devint à la fin, en lui-même et sans leur support, une chose affaiblie, consumée par la haine et incapable de se relever lui-même de l'état dans lequel il était tombé. Même sa forme visible, il ne pouvait plus la contrôler, de telle sorte que sa hideur ne pouvait plus longtemps être masquée, et elle révélait le mal de son esprit. Il en fut de même pour certains de ses plus grands servants, comme nous le voyons de nos jours : ils devinrent unis aux formes de leurs actes mauvais, et si ces corps leur étaient repris ou détruits, ils en étaient réduits à rien, jusqu'à ce qu'ils aient reconstruit un semblant de leurs anciennes habitations, avec lesquelles ils pouvaient poursuivre les actions mauvaises auxquelles ils étaient devenus liés". (Pengolodh se réfère évidemment ici à Sauron en particulier, en raison de l'ascension duquel il fuit enfin la Terre du Milieu. Mais la première destruction de la forme corporelle de Sauron était inscrite dans les récits des Jours Anciens, dans le Lai de Leithian.)
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 19:33     Sujet du message: Répondre en citant

Note 6


Pengolodh se penche ici (bien que ce ne soit pas nécessaire pour son argumentation) sur la question de la "pré-voyance". Nul esprit, affirme-t-il, ne sait ce qu'il ne contient pas. Tout ce qu'il a vécu est en lui, bien que chez les Incarnés, en fonction des instruments de la hröa, certaines choses puissent être "oubliées", non immédiatement disponibles pour la mémoire. Mais il n'y a là aucune partie du "futur", car l'esprit ne peut le voir ni ne peut l'avoir vu : c'est-à-dire un esprit placé dans le temps. Un tel esprit ne peut apprendre le futur que d'un autre esprit qui l'a vu. Mais cela signifie seulement d'Eru, en fin de compte, ou via un esprit qui a vu en Eru certaines parties de Son dessein (tels les Ainur qui sont maintenant les Valar en Eä). Un Incarné ne peut donc connaître du futur que sur instruction venant des Valar, ou par une révélation venant directement d'Eru. Mais tout esprit, des Valar ou des Incarnés, peut déduire par la raison ce qui se passera ou pourrait arriver. Ce n'est pas de la pré-voyance, bien que cela puisse être plus clair de par ses termes et en effet plus précis que des visions fugitives de pré-voyance. Même pas si cela prend la forme de visions réalisées en rêve, ce qui est aussi un moyen par lequel la "pré-voyance" aussi est présentée à l'esprit.

Les esprits qui ont une grande connaissance du passé, du présent et de la nature d'Eru peuvent prédire de manière très précise, et plus proche est le futur, plus clair est-il (en dehors toujours de la liberté d'Eru). La plupart donc de ce qui est appelé "pré-voyance" en langage courant relève seulement de la déduction du sage; et si c'est reçu, en tant qu'avertissement ou instruction, des Valar, cela peut seulement relever de la déduction du plus sage, bien que cela puisse parfois être de la "pré-voyance" de seconde main.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 21:19     Sujet du message: Répondre en citant

Note 7


Enda. Nous traduisons ce mot par "cœur", bien qu'il ne s'agisse pas d'une référence physique à un organe de la hröa. Il signifie "centre", et il se réfère (bien que par une inévitable allégorie physique) à la fëa ou à la sáma même, distinct de la périphérie (pour ainsi dire) de ses contacts avec la hröa; auto-conscient; doté de la sagesse première de sa conception, qui le rend sensible à tout ce qui est hostile au moindre degré.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 21:25     Sujet du message: Répondre en citant

Note 8


Raison pour laquelle Melkor disait souvent la vérité, et en effet, il mentait rarement sans y mêler la vérité. À moins qu'il ne s'agît de ses mensonges à l'encontre d'Eru; et c'est, probablement, pour les avoir prononcés qu'il fut empêché de tout retour.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 21:30     Sujet du message: Répondre en citant

Note 9


Certains considèrent que, bien que le mal aurait pu être alors atténué, il n'aurait pas pu être défait même par le repentir de Melkor; car le pouvoir était parti de lui et n'était plus sous le contrôle de sa volonté. Arda fut marrie en son existence même. Les graines que la main sème grandiront et se multiplieront bien que la main soit retirée.
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MessagePosté le: 11 Aoû 2005 21:53     Sujet du message: Répondre en citant

Notes étymologiques



sam faire attention à, penser, réfléchir, être conscient de. sāma un esprit. sanwe un acte de pensée, une pensée (*sam-wē). ósanwe échange de pensée (entre 2 samar). sanwekenda inspection de pensée, lecture de pensée. sanwe-menta envoi de pensée, message mental.
lat ouvert, non fermé, d'entrée libre. latya ouvrir quelque chose (de façon à en permettre l'entrée). lāta ouvert, non fermé. lătina est plutôt utilisé au sujet de la liberté de mouvement, au sujet de choses non encombrées d'obstacles.
ler libre (au sujet de choses mobiles ou de choses en mouvement), apte à se mouvoir de son plein gré, sans entraves, sans gêne, en liberté, non solidement fixé ou statique. lerya relâcher, libérer, libre d'aller. lēra libre, au sujet de personnes. lěrĭna au sujet de choses : non gardé, réservé, attaché, ou « possédé ».
ken voir, percevoir, remarquer. kenda- observation intensive, sc. pas ‘garder’ mais observer pendant quelque temps (pour obtenir de l'information etc.). Souvent utilisé pour ‘lecture’.
men bouger, avancer (dans une direction voulue par une personne). menta envoyer, causer un départ (dans une direction désirée).
nir volonté, intention, résolution consciente de bouger, ou de faire. nīra une volonté individuelle (ou potentielle). nirme exercice de la volonté, un acte de volonté.
pak fermer (opposé de √lat): avalatya. pahta fermé, privé.
khap lier, attacher, retenir, priver de liberté. avalerya. √kham. Cf. √khep conserver, garder, ne pas donner ou relâcher, garder la main sur.
lek lâcher, délier, laisser, permettre.
pol pouvoir, avoir un pouvoir et une aptitude physique [comme dans] « je peux sauter cela ». polin quete signifie « je peux parler (parce que et la bouche et la langue sont libres) ».
isi savoir, istan pole [sic, lire istan quete] = « je peux parler (parce que j'ai appris une langue) ».
ler suis libre de faire, sc., ne suis sous aucune contrainte (physique ou autre). lerta quete [sic, lire lertan quete] = "je peux parler parce que je [suis] libre de [le] faire, n'y ayant nul obstacle lié à une promesse, un secret, un devoir ». Parfois = nul obstacle physique, en quel cas = approximativement √pol.


Lexique


Ce lexique n'a pour but que de reprendre des mots non usuels dans le Légendaire, ou non directement définis dans le présent texte. Le traducteur n'est pas un spécialiste des langues du Légendaire, pitié pour lui ...

- asar, pl. asari : moment fixé, festival;
- axan, pl. axani : loi, règle, commandement; provenant en premier d'Eru;
- lambe : parole, le fait de parler;
- tengwesta : code de signes, grammaire, langage.
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MessagePosté le: 19 Aoû 2005 14:46     Sujet du message: Répondre en citant



Merci Dior
_________________
    Tel est le rôle de Curumo dans le Conte des Aratars. De la grandeur et de la beauté il a ramé jusqu'à la ruine et aux ténèbres qui furent jadis le sort d'Arda Marrie. Si cela doit changer, si Curumo doit arrêter de ramer, Manwë et Varda le savent peut-être, mais ils ne l'ont pas annoncé, non plus que les sentences de Mandos.

    Quenta Aratarion.
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