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Le Conte d'Arda et les peuples

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Dior

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MessagePosté le: 09 Juil 2007 14:45     Sujet du message: Le Conte d'Arda et les peuples Répondre en citant

    Car ce que recouvre « le Conte d'Arda » semble être ceci. Le Monde et son Temps semblent commencer et finir simplement parce qu'ils sont limités, et non infinis ou éternels. Son histoire finale, lorsqu'elle arrivera à son terme, sera, comme une œuvre d'art, belle et bonne (comme un tout), et, de l'extérieur, c'est-à-dire non dans le Temps ou dans son Temps, pourra être contemplée avec émerveillement et joie - spécialement par ceux qui auront pris part à ce « Conte » .

    Lois et Coutumes parmi les Eldar, note (iii).
Je vous propose de discuter ici du rôle respectif de chaque peuple au sein de ce Conte d’Arda.

Commençons tout d’abord par le Conte lui-même. Le Conte d’Arda est préfiguré dans la Musique des Ainur, se déploie en Arda Marrie (Arda Sahta) et s’achèvera par l’avènement d’Arda Guérie (Arda Envinyanta). La connaissance de la Musique entraîne donc une connaissance au moins partielle du Conte. Le degré de cette connaissance est très varié et semble être le plus fort chez certains personnages :
  • Varda était la plus presciente de tous les Valar, possédant le souvenir le plus clair de la Musique et de la Vision dans lesquelles elle avait joué un petit rôle en tant qu'actrice ou exécutrice, mais qu'elle avait écoutées très attentivement.

    Mythes transformés, Texte IV.

  • Manwë était l'esprit le plus sage et le plus prudent en Arda. Il est présenté comme ayant eu la plus grande connaissance de la Musique, en tant que tout, qu'ait eu un esprit fini; [...]

    Ibid., Texte VII.
Il semble que nulle créature ne connaisse l’entièreté de la Musique :
    J'ai parlé avec les Valar qui étaient présents lors de la conception de la Musique avant que l'existence du Monde ne commence. Et maintenant je me demande : entendirent-ils la fin de la Musique ? N'y eut-il pas quelque chose dans ou au-delà des accords finaux d'Eru que, étant bouleversés, ils ne perçurent point ?

    Athrabeth Finrod ah Andreth.
Et :
    Tout le passé, ils [les Valar et les Maiar] pouvaient le percevoir; mais étant à présent dans le Temps, ils ne pouvaient percevoir ou explorer le futur que dans la mesure où son cours leur avait été rendu clair durant la Musique, ou de par le fait que chacun d'entre eux était spécialement concerné par telle ou telle part des desseins d'Eru, étant Son agent ou subcréateur.

    Mythes transformés, Texte XI.
Principalement parce que :
    Seul Eru pourrait ou peut modifier la « Musique ».

    Ibid., Texte VII.
Donc la modifier dans un sens non connu « précédemment ».

Ceci étant posé, je commence avec le rôle des Elfes dans le Conte d’Arda. À cet égard, nous disposons de quelques éléments :
  • Les Elfes déclinèrent similairement, ayant introduit « l'art et la science ».

    Ibid.

  • Par leur association avec les Eldar en guerre, les Hommes s'élevèrent à leur stature maximale, et par les deux mariages s'accomplit le transfert ou l'infusion du plus noble des sangs elfiques à l'Humanité, en préparation pour les jours encore lointains, mais approchant inexorablement, où les Elfes « déclineraient ».

    Ibid.
Est-ce là tout ? C’est en tout cas tout ce qui est affirmé. Cependant, je ne pense pas qu’ils se trompaient au sujet de leur devenir en Arda Envinyanta :
  • Les Elfes trouvent que cette supplantation par les Hommes est un mystère, et une cause de chagrin; car ils disent que les Hommes, ou au moins si gouvernés qu'ils le sont par le mal de Melkor, ont de moins en moins d'amour pour Arda elle-même, et s'emploient largement à la détruire par leur tentative de la dominer. Ils pensent toujours que le redressement par Eru de toutes les peines d'Arda viendra par ou via les Hommes; mais la part des Elfes dans ce redressement ou rédemption consistera principalement en la restauration de l'amour d'Arda, ce à quoi leur mémoire du Passé et leur compréhension de ce qui aurait pu être contribuera. Arda, disent-ils, sera détruite par des Hommes mauvais (ou par la méchanceté en les Hommes); mais sera guérie via la bonté en les Hommes. La méchanceté, le non-amour dominateur, les Elfes les compenseront. Par la sainteté des hommes de bien - par leur attachement direct à Eru, avant et au-dessus de toute Å“uvre d'Eru -, les Elfes pourront être délivrés de la dernière de leurs peines : la tristesse; la tristesse qui doit même venir de l'amour désintéressé de toute chose moindre qu'Eru.)

    Athrabeth Finrod ah Andreth, Note de l’auteur 7.

  • « Et alors soudainement j'ai eu une vision d'Arda Refaite; et là les Eldar achevés mais non arrivés à leur terme pourraient résider à jamais dans le présent, et là pourraient-ils marcher, peut-être, avec les Enfants de la Félicité d'au-delà la félicité, et feraient sonner les vertes vallées et vibrer comme des harpes les sommets des montagnes éternelles. »
    Alors Andreth regarda Finrod par dessous ses sourcils : « Et, quand vous ne seriez pas en train de chanter, que nous diriez-vous ? » demanda-t-elle.
    Finrod rit. « Je peux seulement deviner, » dit-il. « Sage dame, je pense que nous devrions vous réciter les contes du Passé et d'Arda qui fut Avant … Nous étions les nobles alors ! Mais vous, vous seriez alors chez vous, regardant toute chose intensément, comme il se doit. Vous seriez les nobles. »

    Athrabeth Finrod ah Andreth.
Bien que, comme nous le savons, il s’agisse là d’une question de foi :
    Au-delà de la « Fin d'Arda », la pensée elfe ne pouvait pénétrer, et ils n'avaient aucune instruction spécifique.

    [...]

    Par conséquent, en fin de compte, les Elfes furent obligés de s'appuyer sur un « estel nu » (comme ils disaient) : la confiance en Eru, dans le fait que, quoi qu'Il ait imaginé au-delà de la Fin, ce serait reconnu par chaque fëa comme entièrement satisfaisant (au moins). Probablement y aurait-il de la joie imprévisible. Mais ils continuèrent à croire que cela resterait en relation intelligible avec leur nature présente et leurs désirs, découlerait d'eux et les inclurait.

    Ibid., Commentaire.
Personnellement, je leur vois un second rôle, apparenté au précédent, basé sur ceci : non seulement les Elfes, ou certains d’entre eux, furent la cause de la nuisance limitée de Morgoth :
    Si l'on considère la situation après la fuite de Morgoth et le rétablissement de sa demeure en Terre du Milieu, on voit que les héroïques Noldor étaient la meilleure arme possible pour tenir Morgoth à distance / en échec , virtuellement assiégé, et tout du moins occupé en permanence, dans les confins septentrionaux de la Terre du Milieu, sans provoquer chez lui une crise de destruction nihiliste.

    Mythes transformés, Texte VII.
Mais également :
    Indis la belle sera rendue heureuse et féconde, qui autrement aurait été solitaire. Car pas seulement via la mort l'Ombre est-elle entrée en Aman lors de la venue des Enfants destinés à souffrir; il y a d'autres chagrins, même si moindres. Longtemps a-t-elle aimé Finwë, patiemment et sans amertume. Aulë a nommé Feänor le plus grand des Eldar, et en puissance cela est vrai. Mais je vous dis que les enfant d'Indis aussi seront grands, et le Conte d'Arda sera plus glorieux en raison de leur arrivée. Et d'eux viendront des choses si belles qu'aucune larme n'altèrera leur beauté; en l'existence desquelles les Valar, et les Maisons des Elfes et des Hommes qui sont à venir auront tous une part, et des faits desquelles ils retireront de la joie. De telle sorte que, longtemps après que tout ce qui est ici et semble beau et imprenable aura disparu et dépéri, la Lumière d'Aman survivra parmi les peuples libres d'Arda jusqu'à la Fin.

    Lois et Coutumes parmi les Eldar.
Par ceci, les Elfes n’enseignèrent pas seulement l’estel aux Hommes, mais ils leur montrèrent concrètement ce qu’il pouvait accomplir. Je dirai même qu’ils, ou certains d’entre eux, incarnèrent l’estel.

Vos réflexions sur ceci sont les bienvenues. De même, si vous voulez synthétiser le rôle d’autres peuples dans le Conte d’Arda, ne vous gênez pas Clin d'oeil
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Dior

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MessagePosté le: 09 Juil 2007 16:26     Sujet du message: Répondre en citant

Le rôle des Ents au sein du Conte est relativement simple à déterminer. Ils apparurent dans la Musique à la suite de l’inquiétude de Yavanna :
    Toutes ces choses ont leur valeur et chacune contribue à celle des autres. Mais les kelvar peuvent s'enfuir ou se défendre, alors que les olvar qui poussent dans la terre en sont incapables. Et, parmi les plantes, j'aime tellement les arbres : ils grandissent si lentement, ils tombent si vite, et ceux qui ne paient pas leur tribut en portant des fruits ne sont pas regrettés longtemps. Voilà ce que je pense. Que les arbres puissent parler pour tout ce qui a des racines, et punir ceux qui leur font du tort !

    […]

    C'était pourtant dans la Musique, dit Yavanna. Car lorsque vous étiez dans les cieux en compagnie d'Ulmo à fabriquer les nuages et à faire tomber la pluie, j'élevais les branches des grands arbres pour la recevoir et quelques-uns, sous les averses et les bourrasques, chantaient pour Ilúvatar.

    Quenta Silmarillion, Ch. 2.
Inquiétude rencontrée par Ilúvatar :
    Écoute-moi ! Quand les Enfants naîtront, alors l'esprit de Yavanna s'éveillera aussi, elle invoquera des puissances lointaines qui viendront se mêler aux kelvar et aux olvar, et certains y resteront qui seront respectés et dont la juste colère sera redoutée. Cela pour un temps : tant que les Premiers-Nés garderont leur pouvoir et que ceux qui les suivront resteront jeunes. »

    Ibid.
Ce qui réjouit Yavanna :
    Eru est généreux ! s'écria-t-elle. Que [t]es Enfants prennent garde, désormais ! Car les forêts seront parcourues par des esprits dont il sera dangereux de provoquer la colère.

    Ibid.
Cependant, pour reprendre les mots d’Aulë :
    Pourtant, dit Aulë, ils auront besoin de bois.

    Ibid.
Quant au rôle des Ents à la fin du Conte, il reste largement inconnu :
    Mais je crois qu’il apparaît clairement dans le vol[ume] II p. 80-81 [p. 516] qu’il n’y aurait pas de retrouvailles pour les Ents au cours de « l’Histoire » - mais les Ents et leurs femmes, étant des créatures rationnelles, trouveraient un « paradis terrestre » en attendant la fin du monde, après laquelle ni la sagesse des Elfes ni celle des Ents ne pouvaient voir. Même s’ils partageaient peut-être l’espoir d’Aragorn qu’ils n’étaient pas « liés à jamais aux cercles du monde, et [qu’]au-delà, il y [avait] plus que le souvenir ».

    Lettres n° 338.
S’ils le partageaient, nous ne le savons pas, Sylvebarbe n’ayant pas répondu à ces mots de Galadriel :
    « Pas en Terre du Milieu, ni avant que les terres qui sont sous les flots ne soient remontées. Nous pourrons alors nous rencontrer au Printemps, dans les saulaies de Tasarinan. Adieu ! »

    Le Seigneur des Anneaux, L. VI, Ch. 6.
Enfin, pour être complet, on retrouve une trace de la croyance en un paradis terrestre dans la chanson de l’Ent et de l’Ent-femme :
    Ensemble nous prendrons la route qui mène jusqu'à l'Ouest,
    Et au loin nous trouverons une terre où nos deux cœurs pourront avoir le repos.

    Ibid., L. III, Ch. 4.

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Malaelin

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MessagePosté le: 09 Juil 2007 17:46     Sujet du message: Répondre en citant

Le rôle des Ents serait donc double ? d'un côté, de façon similaire aux Elfes, contenir le nihilisme de Melkor et d'un autre côté, agir en tant que protecteur des kelvar et olvar ? Fou

En tout cas, c'est ce qui semble ressortir de tes différentes citations. Non ?
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MessagePosté le: 09 Juil 2007 18:19     Sujet du message: Répondre en citant

Ils sont principalement les protecteurs des olvar, pas des kelvar.
Quant à leur rôle face à Morgoth, je ne le vois pas trop. À vrai dire, tout ce que l'on sait des Ents au Premier Âge concerne leur intervention lors de la Bataille de Sarn Athrad, aux côtés de Beren, contre les Nains. Et tant qu'à parler de ces derniers, ils seront l'objet de mon prochain post Clin d'oeil
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MessagePosté le: 09 Juil 2007 18:25     Sujet du message: Répondre en citant

Attardons-nous donc à présent sur le rôle des Nains. Ceux-ci n’étaient pas présents à proprement parler dans la Musique mais apparurent à la suite d’une impatience d’Aulë :
    On raconte qu'au commencement les Nains furent créés par Aulë pendant la nuit de [la] Terre du Milieu. Aulë désirait si fort la venue des Enfants pour avoir des apprentis auxquels il pourrait enseigner son savoir et ses talents qu'il ne voulut pas attendre l'accomplissement des plans d'Ilúvatar. Et il créa les Nains tels qu'ils sont encore aujourd'hui, car l'apparence des Enfants à venir n'était pas claire à son esprit et la Terre était encore au pouvoir de Melkor : il souhaitait donc qu'ils fussent robustes et résistants.

    Quenta Silmarillion, Ch. 2.
Cette idée originale d’Aulë fut toutefois immédiatement reprise par Ilúvatar :
    « Cela t'étonne-t-il ? » dit-il. « Vois ! Tes créatures vivent à présent, libérées de ta volonté ! Car j'ai perçu ton humilité, et pris en pitié ton impatience. Ta création, je l'ai intégrée dans mon dessein. »

    Le Quenta Silmarillion tardif, Ch. 13.
Le rôle des Nains au sein du Conte d’Arda me semble relativement similaire à celui des Elfes, dans leurs propres spécialités :
    Les Nains avaient déjà créé de grandes œuvres dans la nuit d'Arda car, dès l'époque de leurs Pères Fondateurs, ils étaient merveilleusement habiles à travailler le métal et la pierre. Mais autrefois ils préféraient façonner le fer et le cuivre plutôt que l'or et l'argent.

    Quenta Silmarillion, Ch. 10.
Cette habilité et les connaissances y relatives que les Nains possédaient, ils en firent bénéficier les autres peuples d’Arda, avec souvent un apport réciproque, comme le montrent de nombreux exemples :
  • II n'y eut jamais qu'une amitié assez fraîche entre les Eldar et les Naugrim, bien qu'ils aient tiré grand profit les uns des autres.

    Ibid.

  • Melian, comme tous les Maiar, avait le don de prévoyance, et quand la seconde période de la captivité de Melkor se termina elle prévint Thingol que la Paix d'Arda ne serait pas éternelle. Il réfléchit alors à ce qu'il devait faire pour s'assurer une position sûre et digne de sa royauté si l'ennemi devait redresser sa tête hideuse, et il demanda aide et conseil auprès des Nains de Belegost. Ils acceptèrent volontiers, étant encore en ce temps-là pleins d'ardeur pour des tâches nouvelles, et s'ils demandaient toujours à être payés pour ce qu'ils faisaient, en plaisir ou en travail, ils s'estimaient pour cette fois déjà récompensés. Melian leur enseignait ce qu'ils désiraient apprendre et Thingol leur offrait des perles que Círdan lui apportait, car on les trouvait nombreuses sur les hauts-fonds qui entourent l'ÃŽle de Balar.

    Ibid.

  • Grâce aux Nains les Cirth franchirent les montagnes de l'Est et vinrent contribuer au savoir de nombreux peuples, alors que les Sindar ne s'en servaient guère pour tenir des livres, avant la Guerre, et beaucoup de souvenirs disparurent sous les ruines de Doriath.

    Ibid.

  • Alors Thingol pensa à s'armer, ce dont son peuple n'avait pas encore eu besoin, et les Nains forgèrent pour lui les premières épées. Il y étaient fort habiles, quoique aucun d'eux ne surpassât les artisans de Nogrod dont Telchar, le forgeron, était le plus connu.

    Ibid.

  • Les Nains étaient de caractère secret, prompts à la rancune, et Caranthir, toujours arrogant, cachait mal son mépris pour l'aspect disgracieux des Naugrim imité par son peuple. Néanmoins la peur et la haine qu'ils avaient tous deux pour Morgoth en firent des alliés, et ils en tirèrent grand profit, car les Naugrim apprirent beaucoup de nouvelles techniques, les forgerons et les maçons de Nogrod et de Beleriand gagnèrent en renom, et quand les Nains reprirent leurs voyages [en] Beleriand, tout le commerce de leurs mines passa d'abord entre les mains de Caranthir qui en tira de grandes richesses.

    Ibid., Ch. 13.

  • Ainsi, l'économie se développa dans ces régions, plus tard caractéristique des échanges entre les Nains et les Hommes (incluant les Hobbits) : les Hommes devinrent les principaux fournisseurs de nourriture, comme éleveurs, bergers, et cultivateurs, que les Nains échangeaient contre du travail comme constructeurs, traceurs de route, mineurs, et fabricants d’objets artisanaux, des outils utiles aux armes et à beaucoup d'autres choses très coûteuses et de grande finesse.

    Des Nains et des Hommes.

  • Les Rois avaient accoutumé d'appeler nos forgerons et de récompenser très richement même les moins habiles. Les pères nous suppliaient de prendre leurs fils comme apprentis et nous payaient généreusement, surtout en vivres, que nous ne nous souciions jamais de faire pousser ou de nous procurer par nous-mêmes.

    Bilbo le Hobbit, Ch. 1.

  • Là naquit une amitié entre des peuples d’habitude ennemis (les Elfes et les Nains), pour la première et unique fois, et l’art de la forge atteignit son plus haut degré de développement.

    Lettres n° 131.
Les Nains eurent également un rôle similaire à celui des Elfes par rapport à Morgoth :
    Ainsi, ils aidèrent grandement les Eldar dans leur guerre contre les Orcs de Morgoth; […]

    Le Quenta Silmarillion tardif, Ch. 13.
Leur rôle lors de l’avènement d’Arda Envinyanta est moins incertain que celui des deux précédents peuples :
    Et Aulë, disent-ils, déclara à leurs Pères d'antan qu'Ilúvatar avait accepté de lui l'œuvre de son désir, et qu'Ilúvatar les bénira et leur accordera, à la Fin, une place parmi les Enfants. Alors leur rôle sera de servir Aulë et de l'aider à façonner de nouveau Arda après la Dernière Bataille.

    Le Quenta Silmarillion tardif, Ch. 13.

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MessagePosté le: 09 Juil 2007 20:26     Sujet du message: Répondre en citant

Le rôle des Ainur au sein du Conte d’Arda est bien évidemment primordial. Ce sont eux qui ont développé les trois thèmes qu’Ilúvatar leur a soumis, donnant naissance à la Musique, à laquelle Ilúvatar donna l’existence :
    Voyez votre Musique ! Ceci vient de votre art et chacun de vous trouvera, dans ce que je présente à vos yeux, les créations mêmes qu'il croit avoir inspirées ou inventées. Et toi, Melkor, tu verras tes pensées les plus secrètes, tu comprendras qu'elles ne sont qu'une part de l'ensemble, tributaires de sa gloire.

    […]

    Or donc, comme cette vision d'un Monde nouveau se déroulait devant eux, les Ainur virent qu'il renfermait des choses dont ils n'avaient pas idée. Ils assistèrent avec stupéfaction à l'arrivée des Enfants d'Ilúvatar dans la demeure qui leur était aménagée, et comprirent qu'eux-mêmes, tandis qu'ils élaboraient leur musique, avaient participé à la création de cette demeure sans y avoir d'autre dessein que sa propre beauté.

    Ainulindalë.
Ce fut également à eux que revint la charge de modeler Arda :
    Car la Grande Musique n'avait été que la naissance et l'épanouissement de l'esprit dans les Espaces Éternels, la Vision elle-même un présage, mais maintenant ils étaient arrivés au commencement du Temps et les Valar surent que le Monde n'avait été qu'Annonce et Prophétie qu'ils devaient désormais accomplir. Alors ils entreprirent d'immenses travaux dans les déserts inexplorés et sans limites, en des époques sans nombre et sans souvenirs, jusqu'au moment où, dans les profondeurs du Temps, au sein des grands espaces d'Eä, advint le moment et le lieu où fut créée la demeure des Enfants d'Ilúvatar.

    Ibid.
Leur rôle relève donc avant tout de la subcréation :
    Ainsi dans ce mythe, on prétend (de manière légitime, que ce soit ou non un trait du monde réel) qu’Il [Ilúvatar] a donné des pouvoirs « subcréatifs » particuliers à certains des êtres les plus nobles qu’Il a créés : cela est la garantie que ce qu’ils ont conçu et fabriqué devrait mériter de recevoir la réalité de la Création. Dans certaines limites, bien entendu, et bien entendu en restant soumis à certaines obligations et interdictions.

    Lettres n° 153.
À ceux d’entre eux qui entrèrent en Eä et descendirent en Arda, Ilúvatar confia le pouvoir :
    Il n’y a pas de « dieux » proprement dits à l’arrière-plan mythologique de mes histoire. Leur place est occupée par des personnes auxquelles il est fait référence comme étant les Valar (ou Puissances) : des êtres angéliques qui ont été créés, chargés de gouverner le monde.

    Ibid. n° 286.
Le tout sous l’autorité de Manwë :
    Il était destiné à être, dans la plénitude des temps, le premier des Rois: seigneur du royaume d'Arda et maître de tous ses habitants.

    Valaquenta.
Dont la fonction est ainsi décrite :
    Manwë avait l'autorité pour régner et pour ordonner le monde, autant qu'il le pouvait, pour le bien-être des Eruhíni; […] La fonction de Premier Roi était de maintenir tous ses sujets sous l'allégeance d'Eru, ou de les y faire revenir, et sous cette allégeance, de les laisser libres.

    Ósanwe-kenta.
Ce en quoi il était aidé par une caractéristique spéciale :
    […] et il est le seul, de toutes les personnes ou esprits de l'époque, qu'on présente comme ayant le pouvoir de recourir et communiquer directement avec Eru.

    Mythes transformés, Texte VII.
Les Valar sont évidemment au départ le moteur de la lutte contre Morgoth :
  • Ainsi commença la première bataille entre Melkor et les Valar pour la domination d'Arda. De ces tumultes, les Elfes n'eurent guère à en connaître. Ce qui en est raconté ici vient des Valar eux-mêmes, avec qui les Eldalië conversèrent au pays de Valinor, et qui en furent instruits, mais les Valar ne dirent jamais que peu de choses sur les guerres d'avant la venue des Elfes.

    Ainulindalë.

  • Quand donc enfin Melkor découvrit le lieu de résidence de Manwë et de ses amis, il y vint en grande hâte, comme un feu étincelant. Et découvrant que de grands travaux avaient déjà été achevés sans son avis, il devint furieux, et désira défaire ce qui était fait ou l'altérer selon sa propre idée.
    Mais cela, Manwë ne le souffrirait pas, et il y eut par conséquent la guerre en Arda.

    Mythes transformés, Texte II.
Ils continuèrent à prendre part à cette lutte, même indirectement :
  • Si l'on considère la situation après la fuite de Morgoth et le rétablissement de sa demeure en Terre du Milieu, on voit que les héroïques Noldor étaient la meilleure arme possible pour tenir Morgoth à distance / en échec , virtuellement assiégé, et tout du moins occupé en permanence, dans les confins septentrionaux de la Terre du Milieu, sans provoquer chez lui une crise de destruction nihiliste.

    Ibid., Texte VII.

  • Manwë cependant envoya des esprits maiar sous la forme d'Aigles s'établir à proximité du Thangorodrim et garder un Å“il sur tout ce que Melkor faisait et assister les Noldor dans les cas extrêmes. Ulmo allait en Beleriand et prit part secrètement mais activement à la résistance elfe.

    Les Annales d’Aman.
À côté des rôles subcréateur, dirigeant et guerrier, les Valar remplirent également un rôle instructeur vis-à-vis des Elfes qui répondirent positivement à leur Appel :
  • Les Hauts Eldar vivants et recevant l'instruction des êtres démiurgiques devaient savoir, ou à tout le moins leurs écrivains et leurs savants, la « vérité » (à la mesure de leur degré de compréhension).

    Mythes transformés, Texte I.

  • Nous le considérons (étant instruits par les Grands qui le savent), vous êtes aussi des Enfants d'Eru, et votre destin et votre nature proviennent de Lui.

    Athrabeth Finrod ah Andreth.
Instruction que les Elfes passeront ultérieurement aux Hommes.

Le rôle des Valar dans le Conte d’Arda alla en s’amenuisant :
    Les Valar « déclinèrent » et devinrent plus impotents, précisément au fur et à mesure que la forme et la constitution des choses devenaient mieux définies et établies en proportion. Plus le Passé dure, plus le Futur est clairement défini, et moins il y a de place pour des changements importants (une action sans entraves, sur le plan physique, qui n'a pas de but destructif).

    Mythes transformés, Texte VII.
Tout comme leurs interventions dans les luttes menées par les Enfants :
    Il est très raisonnable de supposer que Manwë savait qu'avant longtemps (de la façon dont il voyait le « temps ») la Domination des Hommes devait commencer, et le déroulement de l'histoire devrait leur être commis : pour leur lutte contre le Mal, des arrangements particuliers avaient été pris ! Manwë connaissait Sauron, bien sûr. Il avait ordonné à Sauron de se présenter devant lui pour être jugé, mais avait laissé le champ libre pour le repentir et l'ultime réhabilitation. Sauron avait refusé et avait fui se cacher. Sauron était cependant un problème dont les Hommes devraient finalement s'occuper : ils devraient combattre la première des nombreuses concentrations du Mal dans des points de pouvoir définis, tout comme il s'agissait aussi de la dernière de ces concentrations dans une forme « mythologique » personnifiée (mais non-humaine).

    Ibid.
Ce qui ne veut pas dire que les Valar n’ont plus aucun rôle à jouer :
    « L'Ancien Roi » ne sera de toute évidence pas vaincu définitivement ou détruit avant une espèce d'ultime « Ragnarök » - qui même pour nous est encore à venir, donc il ne peut pas vivre de vraies « aventures ».

    Ibid.
Et, lorsque ce Ragnarök aura lieu, l’ensemble des Ainur se retrouveront à nouveau dans un mouvement - clef de l’avènement d’Arda Envinyanta :
    Autrefois, pourtant, à Valinor, les Valar annoncèrent aux Elfes que les Humains les rejoindraient dans la Deuxième Musique des Ainur, alors qu'Ilúvatar n'a pas dévoilé le sort qu'il réservait aux Elfes après la fin du monde, et que Melkor ne l'a pas découvert.

    Quenta Silmarillion, Ch. 1.

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Tilkalin

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MessagePosté le: 10 Juil 2007 14:50     Sujet du message: Répondre en citant

Très intéressant et très bien fait, comme d'habitude ! Sourire

Avec cependant une petite précision sur les Nains (étonnant, non ? Très content ) : lorsqu'Eru accède finalement au souhait d'Aulë d'avoir des apprentis à qui enseigner les beautés façonnées d'Arda, il ne lui permet toutefois pas de les parachever. Mahal ne pourra terminer la formation de ses Enfants qu'après leur mort, dans une hall à part en Mandos, pour les préparer à Arda Envinyanta. Leur séjour en Arda Sahta me semble donc avoir aussi pour rôle de leur permettre d'expérimenter la beauté des matériaux de son sous-sol. Clin d'oeil
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Malaelin

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MessagePosté le: 10 Juil 2007 15:32     Sujet du message: Répondre en citant

En effet, très belles synthèses.
Et maintenant, Dior, le plus facile ! Les Hommes ! Très content

Bon courage Mort de rire
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Dior

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MessagePosté le: 10 Juil 2007 17:32     Sujet du message: Répondre en citant

Tilk, j'y avais pensé à la suite d'une de tes réponses sur CCF (à une question de Mala d'ailleurs ^^); j'aime beaucoup, soit dit en passant. Tu as une citation explicite en tête, ou tu fais une déduction sur la dernière citation ? Dans tous les cas, j'intégrerai Sourire

Mala, je me dirige de plus en plus vers une synthèse générale, qu'il faudra que je retravaille. Je me garde les Hommes pour la fin ( Très content ), mais je compte d'abord aborder Melkor-Morgoth, sur lequel il y a tant à dire, puis ses créatures (là aussi, il y a des choses à noter, contrairement à ce que j'ai pu lire ailleurs) Sourire
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Tilkalin

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MessagePosté le: 10 Juil 2007 23:08     Sujet du message: Répondre en citant

C'est une simple hypothèse. Clin d'oeil

Lorsqu'on lit dans QS10 que les Nains passèrent du travail du fer et du cuivre à celui de l'or et de l'argent, je ne peux m'empêcher d'y trouver un écho du mythe des races métalliques dans lequel l'or et l'argent symbolisent la proximité avec les dieux, à la différence du fer et du cuivre justement.

L'analyse de Pierre et André Sauzeau, "Le symbolisme des métaux et le mythe des races métalliques" (Revue de l'histoire des religions, 3, 2002) est à ce sujet passionnante ! Sourire

Bien sûr, on peut y voir un signe de l'aggravation de l'avarice des Nains, mais à elle seule, cette lecture ne me satisfait décidément pas. Maléfique
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Dior

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MessagePosté le: 10 Juil 2007 23:48     Sujet du message: Répondre en citant

Je suis un peu fatigué, mais j'espère avoir repris l'essentiel Sourire

Melkor - Morgoth est l'une des créatures dont le rôle fut et continue d'être très important au sein du Conte d'Arda.

Avant d'aborder ses spécificités, il faut d'abord se rappeler que Melkor est un Ainu, le plus puissant d'entre eux :
    Melkor doit être rendu beaucoup plus puissant dans sa nature originelle (cf. "Finrod et Andreth"). La plus grande puissance sous Eru (c'est-à-dire la plus grande puissance créée).

    Mythes transformés, Texte VI.
Il était au départ compté parmi les Valar :
    On ne compte plus Melkor parmi les Valar et son nom n'est pas prononcé sur la Terre.

    Valaquenta.
À ce titre, Melkor participe également au rôle subcréateur de ses pairs, fût-ce par opposition :
  • Il sembla, et lui-même commença par le croire, qu'il voulait se rendre en cette demeure et y ordonner toutes choses pour le bien des Enfants d'Ilúvatar, et contrôler les tourbillons de chaleur et de glace qui le traversaient, [...]

    Ainulindalë.

  • Ne vois-tu pas comment, dans ce petit royaume au plus profond du Temps, Melkor a entrepris la guerre contre ton domaine ? Il a imaginé un froid extrême et cruel sans avoir pu encore détruire la beauté de tes sources, la limpidité de tes lacs. [Vois] la neige, [le] travail rusé du givre ! Melkor a prévu chaleurs et fournaises ardentes, sans pourtant éteindre ton désir ni taire tout à fait la musique de la mer. Vois plutôt la haute splendeur des nuages et des nuées toujours changeante, écoute la pluie tomber sur la Terre !

    Ibid.

  • Ils édifiaient des terres et Melkor les détruisait, ils creusaient des vallées et Melkor les comblait, ils élevaient des montagnes et Melkor les abattait, ils faisaient le lit des océans et Melkor les dispersait. Rien ne pouvait trouver la paix ni croître dans la durée car aussi sûrement que les Valar entreprenaient une tâche Melkor venait la détruire ou la corrompre. Pourtant leurs travaux ne furent pas vains : si aucun endroit, aucune Å“vre ne vit s'accomplir entièrement leurs intentions ou leur volonté, si tout prit des formes et des couleurs autres que celles que les Valar avaient d'abord imaginées, la Terre néanmoins prit forme et consistance.

    Ibid.
Un texte le pose même en responsable de l'apparition de la Lune :
    [...] néanmoins, Melkor en saisit une part, et la prit pour lui-même, et l'arracha ; et il en fit une petite terre lui appartenant, et elle tourna dans le ciel, suivant la grande terre où qu'elle allât de telle sorte que, de là, Melkor pouvait observer tout ce qui se passait en dessous, et répandre sa malice et troubler les mers et faire trembler les terres. Et pourtant il circule, parmi les Eldar, une rumeur sur la guerre, selon laquelle les Valar prirent d'assaut la forteresse de Melkor, et le jetèrent dehors, et envoyèrent celle-ci hors de la Terre, et qu'elle est toujours dans le ciel, Ithil, que les Hommes appellent Lune.

    Ainulindalë C*.
Il partage également leur rôle instructeur, même si, à leur différence, il n'enseigna jamais gratuitement :
  • À cette époque les pensées comme les actions de Melkor semblèrent loyales et les Valar comme les Eldar profitèrent de ses conseils et de son aide. On ne tarda donc pas à lui donner toute latitude pour parcourir le pays et Manwë put croire que Melkor était guéri de son démon.

    [...]

    Il affectait d'autant plus de les aimer et il recherchait leur amitié, mettant au service de leurs entreprises son savoir et sa force.

    Quenta Silmarillion, Ch. 6.

  • « Si vous voulez être comme moi, » dit-il, « je vous enseignerai ». Alors nous le prîmes comme enseignant.
    Il était moins rapide que nous ne l'avions souhaité à nous enseigner comment trouver, ou comment faire, les choses que nous désirions, bien qu'il eût éveillé de nombreux désirs en nos cœurs. Mais si d'aucun doutait ou s'impatientait, il apportait et mettait à notre disposition tout ce que nous souhaitions. « Je suis le Dispensateur de Dons, » dit-il; « et les dons ne manqueront jamais tant que vous me ferez confiance. »
    Par conséquent, nous le révérions, et nous étions enchantés par lui; et nous dépendions de ses dons, craignant de retourner à une vie sans eux, qui nous semblait alors pauvre et difficile. Et nous croyions tout ce qu'il nous enseignait. Car nous étions avides de connaître le monde et ses créatures : les animaux et les oiseaux, et les plantes qui poussent sur la Terre; notre propre création; et les lumières du ciel, et les étoiles sans nombre, et les Ténèbres les environnant.
    Tout ce qu'il nous enseignait semblait bon, car il avait de grandes connaissances.

    Le Conte d'Adanel.
Sans parler de ce qu'il enseigna à ses serviteurs.

Mais le principal rôle de Melkor dans le Conte d'Arda est bien plus profond et réside dans le Marrissement même de la substance d'Arda :
  • Melkor « s'incarna » lui-même (en tant que Morgoth) de façon permanente. Il agit ainsi pour contrôler la hroa, la « chair » ou matière physique d'Arda. Il tenta de s'identifier à elle. Une procédure plus large et plus périlleuse, mais de nature similaire aux opérations de Sauron avec les Anneaux. Ainsi, en dehors du Royaume Béni, toute « matière » était susceptible de contenir un « ingrédient Melkor », et ceux qui avaient des corps, nourris par la hroa d'Arda, tendaient comme elle, plus ou moins, vers Melkor : aucun d'entre eux n'était totalement dénué de lui en leur forme incarnée, et leurs corps avaient des effets sur leurs esprits.
    Mais en agissant ainsi, Morgoth perdit (ou échangea, ou transmuta) la majeure partie de ses pouvoirs « angéliques » originels, d'esprit et d'âme, tout en gagnant une emprise terrible sur le monde physique. C'est pourquoi il fallait le combattre, principalement par la force physique, et une ruine matérielle considérable était une conséquence probable de tout combat direct contre lui, qu'il soit victorieux ou non. Il s'agit de la raison principale de la réticence constante des Valar à entrer en conflit ouvert contre Morgoth. La tâche et le problème de Manwë étaient bien plus difficiles que ceux de Gandalf. Le pouvoir de Sauron, relativement faible, était concentré ; le vaste pouvoir de Morgoth était disséminé. La totalité de la « Terre du Milieu » était l'Anneau de Morgoth, bien que son attention fût temporairement concentrée sur le nord-ouest.

    Mythes transformés, Texte VII.

  • Mais le pouvoir de Melkor sur les choses matérielles était clairement vaste. L'entièreté d'Arda (et en fait probablement beaucoup d'autres parties d'Eä) fut marrie par lui. Melkor n'était pas juste un Mal local sur Terre, ni un Ange gardien sur Terre qui aurait mal tourné : il était l'Esprit du Mal, s'éveillant avant même la réalisation d'Eä. Sa tentative de dominer la structure d'Eä, et d'Arda en particulier, et d'altérer les desseins d'Eru (qui gouvernèrent toutes les opérations des Valar fidèles), introduisit le mal, ou une tendance à l'aberration par rapport aux desseins, de toute la matière physique d'Arda. C'était pour cette raison, sans aucun doute, qu'il eut un succès total avec les Hommes, mais seulement partiel avec les Elfes (qui restèrent, en tant que peuple, « non déchus »). Son pouvoir prospérait sur la matière, et à travers elle.

    Athrabeth Finrod ah Andreth, Commentaire .
Ce Marrissement eut une conséquence importante pour lui-même :
    Il devint ainsi clair (bien que Manwë et Námo aient dû le comprendre bien plus tôt) que, bien qu'il eût « disséminé » son pouvoir (sa volonté maléfique et possessive et rebelle) de tous côtés dans la matière d'Arda, il en avait perdu le contrôle direct, et tout ce qu'« il », reste survivant de son être complet, avait conservé comme « lui-même » et sous contrôle était l'esprit terriblement rétréci et réduit qui habitait le corps qu'il s'était à lui-même imposé (mais qu'il aimait désormais).

    Mythes transformés, Texte VII.
Mais ce même Marrissement eut une influence jusque sur les Enfants :
  • Mais même ainsi les Enfants ne sont pas comme nous (qui sommes venus d'au-delà d'Arda entièrement et dans tout notre être) mais sont à la fois d'esprit et de corps, et ce corps est d'Arda et par Arda a été nourri : ainsi l'Ombre ne travaille-t-elle pas seulement sur les esprits mais a marri le hrón même d'Arda, et toute la Terre du Milieu est pervertie par la malice de Melkor, qui l'a travaillée plus puissamment qu'aucun d'entre nous ici.

    Lois et Coutumes parmi les Eldar.

  • « Cela je veux bien le croire, » dit Finrod : « que vos corps souffrent dans une certaine mesure de la malice de Melkor. Car vous vivez en Arda Marrie, comme nous, et toute la substance d'Arda a été souillée par lui, avant que vous ou nous ne soyons apparus et que nous n'en ayons tiré nos hröar et leurs moyens de subsistance : tout sauf peut-être Aman avant qu'il n'y vint. »

    Athrabeth Finrod ah Andreth.

  • Mais Melkor avait déjà progressé dans sa transformation en « le Morgoth, un tyran (ou tyrannie et volonté centrales), + ses agents ».

    Mythes transformés, Texte VI.
Melkor – Morgoth se caractérise également de par son rôle d'agent de chute. S'il n'a pas été à l'origine de la chute des Elfes en tant que peuple, il a provoqué la chute de certains d'entre eux :
  • Des Elfes individuels pouvaient être amenés à une forme mineure de "Melkorisme" : désirer être leurs propres maîtres en Arda, et vivre selon leurs désirs, conduisant dans des cas extrêmes à la rébellion contre la tutelle des Valar; mais aucun jamais n'entra au service ou ne fit allégeance à Melkor lui-même, ni ne nia l'existence et la suprématie d'Eru.

    Athrabeth Finrod ah Andreth, Commentaire.

  • L'implication selon laquelle, en opposition aux Celbin, les Moerbin étaient alliés à Morgoth, ou au moins de loyauté douteuse, était, cependant, fausse au regard des Avari. Nul Elfe d'aucune sorte ne s'aligna jamais avec Morgoth de son plein gré, bien que, sous la torture ou la pression d'une grande crainte, ou trompés par des mensonges, ils pourraient obéir à ses ordres : mais ceci s'appliquait aussi aux Celbin. Les « Elfes sombres », cependant, étaient souvent hostiles, et même perfides, dans leurs échanges avec les Sindar et les Ñoldor; et s'ils combattaient, comme ils le faisaient lorsqu'ils étaient eux-mêmes assaillis par les Orcs, ils ne prirent jamais une part ouverte dans la Guerre aux côtés des Celbin. Ils étaient, semble-t-il, emplis d'une amertume héritée envers les Eldar, qu'ils considéraient comme des déserteurs de leur race, et en Beleriand, ce sentiment fut augmenté par l'envie (en particulier des Amanyar), et par ressentiment de leur magnifiscence. La croyance des Celbin selon laquelle, au moins, ils étaient plus faibles en résistance aux pressions ou mensonges de Morgoth, si cette doléance était prise en compte, pourrait avoir été justifiée. Mais le seul cas enregistré dans les récits est celui de Maeglin, le fils d'Eöl.

    Quendi et Eldar, Note de l'auteur 9.
De même, il ne semble avoir réussi que partiellement avec les Nains :
    Hélas, il semble probable que (comme le firent les Hommes plus tard) les Nains des demeures orientales lointaines (et quelques-unes des plus proches?) tombèrent sous l'Ombre de Morgoth et se tournèrent vers le Mal.

    Des Nains et des Hommes.
Sans parler bien entendu des Ainur qui le rejoignirent :
    À cette époque il n'était pas seul, car sa grandeur avait attiré à lui de nombreux Maiar qui restèrent avec lui jusque dans les ténèbres, et d'autres qu'il avait pris à son service grâce à la corruption, au mensonge, à des présents perfides. Les plus redoutables de ces esprits étaient les Valaraukar, les fléaux dévastateurs qu'on appelle sur les Terres du Milieu les Balrogs, les démons de la peur.
    Parmi ses serviteurs les plus connus, il en est un que les Eldar appelèrent Sauron, ou Gorthaur le Cruel. Au début, il faisait partie des Maiar d'Aulë, et les récits de ce peuple racontent sa grandeur. À tout ce qu'a fait Melkor le Morgoth sur Arda, les conspirations, les ruses et les trahisons, Sauron a pris part, et il n'était moins mauvais que son maître qu'en ce qu'il en avait longtemps servi un autre. Plus tard, il fut comme l'ombre de Morgoth, le fantôme de son crime, et il le suivit vers l'Abîme sur le chemin du désastre.

    Valaquenta.
Il eut par contre beaucoup plus de succès avec les Hommes :
    « Il y en a parmi vous qui écoutent encore la Voix des Ténèbres, » dit-il, « et par conséquent, elles se rapprochent. Choisissez maintenant ! Vous pouvez prendre les Ténèbres comme Seigneur, ou vous pouvez m'avoir Moi. Mais à moins que vous ne me preniez comme Seigneur et juriez de Me servir, Je partirai et vous quitterai; car J'ai d'autres royaumes et résidences, et Je n'ai pas besoin de la Terre, ni de vous. »
    Alors, par crainte, nous dîmes ce qu'il demandait, en disant : « Vous êtes le Seigneur; Vous seulement nous servirons; nous abjurons la Voix et ne l'écouterons plus. »
    « Qu'il en soit ainsi ! » dit-il.

    Le Conte d'Adanel.
Cette première chute des Hommes influença considérablement leur place dans le Conte d'Arda et procura un ascendant certain à Melkor – Morgoth :
    Le « désastre », soupçonnaient donc les Elfes, fut quelque rébellion contre Eru ayant pris [la] forme d'une acceptation de Melkor comme Dieu. Une conséquence en fut que la fea fut [?emprisonnée] et que Melkor eut [entre crochets mais pas effacé : une revendication sur ceux qui s'étaient rebellés contre lui et qui avaient recherché la protection d'Eru >] accès à [? ?] óre qui [? ? ?] mais étaient [?inutiles], mais seuls les plus sages des Hommes pouvaient distinguer entre [?ses] incitations maléfiques et le vrai óre.

    Notes sur óre.
Ce qui semble avoir eu la conséquence directe suivante, qui changea fondamentalement la place des Seconds-Nés :
    Vous M'avez abjuré, mais vous restez Miens. Je vous ai donné la vie. Elle sera à présent raccourcie, et chacun d'entre vous sous peu viendra à Moi, pour apprendre qui est votre Seigneur : celui que vous louez, ou Moi qui l'ai créé.

    Le Conte d'Adanel.
Ce rôle corrupteur de Melkor – Morgoth eut dans certains cas une importance capitale, comme nous le verrons dans le post suivant.

Melkor – Morgoth joue ensuite un rôle moteur à la fin du Premier Âge : sans son vol des Silmarils et son meurtre de Finwë, peut-être les Noldor ne seraient-ils jamais revenus en Terre du Milieu et n'auraient-ils jamais bravé l'autorité des Valar. Leur savoir n'aurait peut-être pas été transmis aux habitants de la Terre du Milieu, et, qui sait, les lignées des Elfes et des Hommes ne se seraient peut-être jamais croisées, produisant :
    Par leur association avec les Eldar en guerre, les Hommes s'élevèrent à leur stature maximale, et par les deux mariages s'accomplit le transfert ou l'infusion du plus noble des sangs elfiques à l'Humanité, en préparation pour les jours encore lointains, mais approchant inexorablement, où les Elfes « déclineraient ».

    Mythes transformés, Texte VII.
Tout ceci démontrant encore une fois à suffisance, si besoin en était, les paroles d'Ilúvatar :
    Puissants sont les Ainur, et Melkor est le plus puissant d'entre eux, mais qu'il sache ainsi que tous les Ainur, que je suis Ilúvatar, ces thèmes que [vous avez] chantés, je vous les montrerai pour que vous puissiez voir ce que vous avez fait. Et toi, Melkor, tu verras qu'on ne peut jouer un thème qui ne prend pas sa source ultime en moi, et que nul ne peut changer la musique malgré moi. Celui qui le tente n'est que mon instrument, il crée des merveilles qu'il n'aurait pas imaginées lui-même !

    Ainulindalë.
À la fin du Premier Âge, le sort suivant fut réservé à Melkor – Morgoth :
    La guerre fut couronnée de succès, et la ruine fut limitée à la petite (quoique belle) région du Beleriand. Morgoth fut ainsi réellement fait captif sous sa forme physique, et sous cette forme fut emmené comme un vulgaire criminel en Aman et confié à Námo Mandos comme juge – et bourreau. Il fut jugé, et finalement amené hors du Royaume Béni et exécuté : c'est-à-dire tué, comme un des Incarnés. Il devint ainsi clair (bien que Manwë et Námo aient dû le comprendre bien plus tôt) que, bien qu'il eût « disséminé » son pouvoir (sa volonté maléfique et possessive et rebelle) de tous côtés dans la matière d'Arda, il en avait perdu le contrôle direct, et tout ce qu'« il », reste survivant de son être complet, avait conservé comme « lui-même » et sous contrôle était l'esprit terriblement rétréci et réduit qui habitait le corps qu'il s'était à lui-même imposé (mais qu'il aimait désormais). Lorsque ce corps fut détruit, il était faible et entièrement « sans logis », et pour un temps désorienté et « sans ancrage ». Nous lisons qu'il fut alors jeté au-dehors, dans le Vide. Cela devrait signifier qu'il fut jeté hors du Temps et de l'Espace, hors d'Eä elle-même, mais si tel était le cas, cela impliquerait une intervention directe d'Eru (avec ou sans supplique des Valar). Il est cependant possible que cela se réfère de façon inexacte à l'extraction ou à la fuite de son esprit hors d'Arda.

    Mythes transformés, Texte VII.
Est-ce à dire qu'ainsi s'acheva le rôle de Melkor – Morgoth dans le Conte d'Arda ? Loin s'en faut :
    Dans tous les cas, en cherchant à absorber, ou plutôt à s'infiltrer lui-même dans la « matière », ce qui restait de lui n'était dès lors plus assez puissant pour revêtir à nouveau un corps. (Il se fixerait dès lors sur le désir de le faire : il n'y avait pas de « repentance », ni de possibilité pour cela : Melkor avait à jamais abandonné toute ambition « spirituelle », et il n'existait quasiment plus que comme un désir de posséder et dominer la matière, et Arda en particulier.) Tout du moins, il ne pouvait pas encore revêtir à nouveau un corps. Nous n'avons pas besoin de supposer que Manwë se trompa en supposant qu'il s'était agi là d'une guerre pour mettre fin à la guerre, ou même à Melkor. Melkor n'était pas Sauron. Nous parlons de lui comme étant « affaibli, rétréci, réduit » ; mais il faut comparer cela aux grands Valar. Il avait été un être d'une force et d'une vie immenses. Les Elfes croyaient et enseignaient certainement que les fëar ou « esprits » pouvaient grandir de leur propre vie (indépendamment du corps), tout comme ils pouvaient être blessés et guéris, être diminués et renouvellés. On peut donc s'attendre à ce que le sombre esprit du « reste » de Melkor finisse, après de longs âges, par grandir de nouveau, et même (comme le croient certains) à rassembler en lui-même une partie du pouvoir qu'il avait autrefois dissipé. Il pourrait faire cela (même Sauron en était incapable) à cause de sa relative grandeur. Il ne se repentit pas, non plus qu'il finit par abandonner son obsession, mais il conservait quelques restes de sagesse, et il pouvait donc toujours chercher à atteindre son objectif de façon indirecte, et pas simplement à l'aveuglette. Il se reposerait, chercherait à se soigner, se distrairait lui-même par d'autres pensées et désirs et plans – mais tout cela uniquement pour recouvrir assez de forces pour attaquer les Valar, et revenir à son ancienne obsession. En grandissant de nouveau il deviendrait, comme il l'était, une ombre noire, s'étendant dans les confins d'Arda, et la désirant ardemment.

    Ibid.
Ce qui est reflété dans la croyance númenóréenne plus connue sous le titre de « Seconde Prophécie de Mandos » :
    Ainsi prophétisa Mandos, alors que les Dieux étaient en délibération en Valinor, et la rumeur de ses mots fut répandue parmi tous les Elfes de l'Ouest. Quand le monde sera vieux et les Pouvoirs lassés, alors Morgoth, voyant que la vigilance s'est endormie, reviendra du Vide intemporel par la Porte de la Nuit; et il détruira le Soleil et la Lune. Mais Earendel descendra sur lui tel une flamme blanche et aveuglante, et le chassera des airs. Alors se déroulera sur les terres de Valinor la Dernière Bataille. En ce jour, Tulkas combattra Morgoth, et à sa droite sera Fionwë, et à sa gauche sera Túrin Turambar, fils de Húrin, de retour de la Destinée des Hommes à la fin du monde [et Beren Camlost ?]; et l'épée noire de Túrin apportera à Morgoth sa mort et sa fin définitive; et ainsi les Enfants de Húrin et de tous les Hommes seront-ils vengés.

    Version compilée d'après Le Quenta Silmarillion tardif.
Pour une issue différente à cette prophécie, voir le post suivant.

En attendant, les graines semées par Melkor - Morgoth continuèrent à à germer :
  • Cela l'a écarté pour un temps et a soulagé la Terre du Milieu de la pression de sa malice, mais cela n'a pas déraciné son mal, car cela ne se pouvait pas. Sauf si, peut-être, Melkor s'était repenti.*

    * Certains considèrent que, bien que le mal aurait pu être alors atténué, il n'aurait pas pu être défait même par le repentir de Melkor; car le pouvoir était parti de lui et n'était plus sous le contrôle de sa volonté. Arda fut marrie en son existence même. Les graines que la main sème grandiront et se multiplieront bien que la main soit retirée.

    Ósanwe-kenta.

  • « Profondes en effet sont les racines du Mal, » dit Borlas, « et forte en elles est la sève noire. Cet arbre ne périra jamais. Laissons les Hommes l'abattre aussi souvent que possible, et il produira à nouveau des rejetons dès qu'ils auront tourné le dos. Même à la Fête de la Chute la hache ne devrait pas être accrochée au mur ! »

    La Nouvelle Ombre.


Je suis persuadé d'avoir oublié quelque chose, donc n'hésitez pas Clin d'oeil
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MessagePosté le: 10 Juil 2007 23:50     Sujet du message: Répondre en citant

Je garde bien entendu quelques notes de bas de page sous mon bras Clin d'oeil

OK, Tilk, je verrai comment intégrer Sourire

Edit : ah ben oui, j'ai oublié Melkor - Morgoth en Arda Envinyanta Roulement des yeux ce sera pour ce soir.
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MessagePosté le: 11 Juil 2007 8:49     Sujet du message: Répondre en citant

Bon, j'ai un sacré retard à rattraper là^^

Dior a écrit :
Les Nains eurent également un rôle similaire à celui des Elfes par rapport à Morgoth :
Ainsi, ils aidèrent grandement les Eldar dans leur guerre contre les Orcs de Morgoth; […]

Le Quenta Silmarillion tardif, Ch. 13.


L'aide fut grande effectivement, et on pourrait par exemple saluer leur grande ténacité à Nirnaeth, et évoquer Azaghâl :

    La dernière de toutes les forces de l'est à tenir ferme fut celle des Enfeng de [Nogrod >] Belegost, et ainsi ils gagnèrent leur renom. A présent les Naugrim continrent le feu plus hardiment que les Elfes ou les Hommes, et, en outre, il était coutume chez les Enfeng de porter de grands masques [enlevé : ou visières] dans la bataille, hideux à regarder, qui leur permettait de tenir en bonne position contre les dragons. Et, sans eux, Glaurung et sa progéniture auraient fait disparaître tout ce qui restait des Noldor. Mais les Naugrim formèrent un cercle autour de lui quand il les attaqua, et même sa puissante armure ne pouvait totalement résister aux coups de leurs grandes haches ; et quand, dans sa rage, il se retourna et jeta à terre Azaghâl de Belegost et rampa sur lui, d'un ultime coup Azaghâl lui planta un poignard dans le ventre et ainsi le blessa de telle sorte qu'il s'enfuit du champ, et les bêtes d'Angband, dans l'abattement, le suivirent. Azaghâl eût-il porté une grande épée qu'il aurait épargné aux Noldor une grande affliction qui vint par la suite, [ajouté :] mais son poignard ne pénétra pas assez profondément. / Mais alors les Enfeng soulevèrent le corps d'Azaghâl et l'emportèrent ; et, lentement, ils marchèrent à sa suite, chantant une complainte de leurs voix profondes, comme dans une cérémonie funéraire de leur propre pays, et ils ne prêtèrent plus attention à leur ennemis ; et en vérité nul n'osa les arrêter.

    Annales Grises, §232.

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MessagePosté le: 11 Juil 2007 17:38     Sujet du message: Répondre en citant

J'aimerais en fait une citation plus générale, mais plus longue que celle que j'ai reprise - pas évident Confus
Mais je ferai probablement référence à ce passage Sourire

Je termine Melkor - Morgoth (ce que j'avais oublié hier) :


Melkor - Morgoth jouera-t-il un rôle par rapport à l'avènement d'Arda Envinyanta ? Participera-t-il à la Seconde Musique des Ainur ? Pourra-t-il se repentir ? Et se repentira-t-il ?
  • Mais le désir d'avoir des créatures sous lui, dominées, est devenu habituel et nécessaire à Melkor, de telle sorte que même si le processus était réversible (il l'était probablement uniquement par auto-mortification et repentance absolues et non feintes), il ne pourrait pas l'accepter.

    [...]

    [car la simple considération de la possibilité de repentance véritable, si elle ne venait pas spécialement en tant que grâce directe d'Eru, était au moins une dernière lueur de sa vraie nature primordiale.]

    [...]

    Melkor est envoyé en Mandos (pour y rester en "réclusion" et méditer, et achever sa repentance - et aussi ses plans de redressement).

    Mythes transformés, Texte VI.

  • Manwë avait l'autorité pour régner et pour ordonner le monde, autant qu'il le pouvait, pour le bien-être des Eruhíni; mais si Melkor se repentait et retournait sous l'allégeance d'Eru, sa liberté devait lui être rendue. Il ne pouvait être asservi, ou privé de sa part.

    [...]

    Et considérez : quel bien dans ce cas-ci l'usage légal de la force a-t-il même accompli ? Cela l'a écarté pour un temps et a soulagé la Terre du Milieu de la pression de sa malice, mais cela n'a pas déraciné son mal, car cela ne se pouvait pas. Sauf si, peut-être, Melkor s'était repenti. Mais il ne se repentit pas, et dans l'humiliation il devint plus obstiné : plus subtil dans ses tromperies, plus astucieux dans ses mensonges, plus cruel et plus ignoble dans sa revanche.

    Ósanwe-kenta.
Ces deux citations montrent donc a priori qu'en théorie, Melkor - Morgoth pourrait se repentir. Cependant, son désir de dominer étant devenu « habituel et nécessaire », la question de sa repentance effective reste pendante, Tolkien ne fermant pas explicitement la porte du salut et de l'estel.
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Tar Palantir

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MessagePosté le: 12 Juil 2007 17:57     Sujet du message: Répondre en citant

Bravo pour ce travail, Dior !
Un passage me laisse perplexe:

Dior a écrit :
Un texte le pose même en responsable de l'apparition de la Lune :
[...] néanmoins, Melkor en saisit une part, et la prit pour lui-même, et l'arracha ; et il en fit une petite terre lui appartenant, et elle tourna dans le ciel, suivant la grande terre où qu'elle allât de telle sorte que, de là, Melkor pouvait observer tout ce qui se passait en dessous, et répandre sa malice et troubler les mers et faire trembler les terres. Et pourtant il circule, parmi les Eldar, une rumeur sur la guerre, selon laquelle les Valar prirent d'assaut la forteresse de Melkor, et le jetèrent dehors, et envoyèrent celle-ci hors de la Terre, et qu'elle est toujours dans le ciel, Ithil, que les Hommes appellent Lune.


Cette conception a-t-elle duré, ou n'a-t-elle été qu'épisodique ?
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