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[Traduction - HoMe XI] Quendi et Eldar

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Dior

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MessagePostť le: 25 Jan 2007 10:19†† †Sujet du message: [Traduction - HoMe XI] Quendi et Eldar Rťpondre en citant

Quendi et Eldar (en anglais Quendi and Eldar) constitue la Partie Quatre de HoMe XI, The War of the Jewels (HarperCollins, 2002, pp. 359-424).

Ce texte, qui, à première vue, peut sembler très difficile à aborder de par sa nature essentiellement linguistique, regorge d'informations historiques sur les différents peuples de la Terre du Milieu.

Ce qui suit en est la traduction intégrale officieuse. Pour plus de facilité, le texte a été divisé comme suit (selon les sections originales du texte) :
Pour toute question ou commentaire, rendez-vous ici Sourire

N.B. :
  • Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien. Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement pr√©cis√©.
  • Les num√©ros de pages donn√©s sont ceux donn√©s par Christopher Tolkien et renvoient aux √©ditions en sa possession (donc la plupart du temps aux √©ditions originales anglaises).
  • Les pages indiqu√©es sans r√©f√©rence √† un livre renvoient aux pages de HoMe XI, le volume contenant ce texte.
  • Les autres volumes des HoMes sont r√©f√©renc√©s par de simples chiffres romains, les pages l'√©tant par des chiffres arabes (ex. : X.226 renvoie √† HoMe X, p. 226).
  • Outre les abr√©viations mentionn√©es en d√©but de texte et relatives aux langues, le texte en contient quelques autres :
    • adj. : adjectif
    • cf. : confer (reportez-vous √†)
    • e.g. : exempli gratia (par exemple)
    • etc. : et caetera : (et les autres)
    • f : f√©minin(e)
    • i.e. : id est (c'est-√†-dire)
    • m. : masculin(e)
    • pl. : pluriel
    • sc. : scilicet (√† savoir)
    • sg. : singulier
    • v. : verbe
    • vol. : volume
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MessagePostť le: 25 Jan 2007 12:01†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

QUENDI ET ELDAR



Le titre Quendi et Eldar appartient clairement et vraiment au long essai imprim√© ici, bien que mon p√®re l'utilis√Ęt aussi pour inclure deux autres travaux bien plus brefs, visiblement √©crits √† peu pr√®s √† la m√™me p√©riode; l'un d'eux, sur l'origine des Orcs, a √©t√© publi√© dans L‚ÄôAnneau de Morgoth (voir X.415, o√Ļ un compte-rendu plus d√©taill√© est donn√©). Quendi et Eldar consiste en un tapuscrit avec copie carbone qui peut √™tre assez certainement dat√© des ann√©es 1959-60 (ibid.); et les deux copies sont pr√©c√©d√©es d'une page manuscrite qui, en plus du pr√©ambule suivant, donne un titre parall√®le, Essekenta Eldarinwa.
    Investigation sur les origines des noms elfes pour les Elfes et leurs variétés de clans et de divisions : avec des appendices sur leurs noms pour les autres Incarnés : Hommes, Nains et Orcs, et sur leur analyse de leur propre langue, le quenya : avec une note sur la 'Langue des Valar'.
Mon p√®re corrigea les deux copies avec soin et pr√©cis√©ment de la m√™me mani√®re (except√© pour quelques modifications ult√©rieures au crayon). Le texte imprim√© ici suit l'original de tr√®s pr√®s, except√© des changements tr√®s mineurs effectu√©s dans un but de coh√©rence et de clart√©, l'omission d'un passage de phonologie extr√™mement complexe, et une r√©organisation du texte relative aux notes. Comme souvent ailleurs dans ses √©crits tardifs, mon p√®re interrompit son texte principal avec des notes, dont certaines sont longues; et celles-l√†, je les ai num√©rot√©es et rassembl√©es √† la fin, les distinguant de ses propres notes num√©rot√©es en se r√©f√©rant √† elles dans le corps du texte en tant que Note 1, Note 2, etc., avec une r√©f√©rence √† la page o√Ļ elles peuvent √™tre trouv√©es. Aussi, et plus radicalement, j'ai omis une section substantielle de l'appendice D (voir p. 396). Ceci fut fait avant tout pour des raisons d'espace, mais le passage en question est un compte-rendu quelque peu abstrait des th√©ories phonologiques de savants linguistes ant√©rieurs et des contributions de F√ęanor, reposant plut√īt par allusion sur des donn√©es phonologiques qui sont prises pour garanties : il se situe √† part du contenu du travail dans son ensemble (et apparut, je le soup√ßonne, depuis le remue-m√©ninges de mon p√®re plut√īt qu'en tant qu'un √©l√©ment planifi√© du tout).
√Čgalement pour des raisons d'espace, mon commentaire s'en tient √† un strict minimum. Les abr√©viations utilis√©es sont PQ (quendien primitif), CE (eldarin commun), CT (telerin commun), Q (quenya), T (telerin), √Ď (√Īoldorin), S (sindarin), V (valarin).



QUENDI ET ELDAR


Origines et significations des mots elfes se référant aux Elfes et à leurs espèces. Avec des appendices sur leurs noms pour d'autres Incarnés.


A. Les principaux éléments linguistiques concernés



1. *KWENE.
(a) PQ *kwene 'une personne' (m. ou f.). CE *kwēn (-kwen), pl. *kwenī, 'une personne' (m. ou f.), 'un', '(quelqu')un', pl. 'personnes', '(quelques) gens'.
(b) PQ et CE *kwende, pl. *kwendī. Cette forme fut obtenue de *kwene par affermissement primitif du n > nd m√©dian. Il fut probablement utilis√© d'abord uniquement au pluriel, dans le sens 'des gens, les gens comme un tout', sc. embrassant les trois clans originels.
(c) *kwendjā adj. 'appartenant aux *kwendī, aux gens comme un tout'.
2. *ELE Selon la l√©gende elfe, il s'agissait d'une exclamation primitive, '√ī !' 'voyez !' cr√©√©e par les Elfes lorsqu'ils virent les √©toiles pour la premi√®re fois. D'o√Ļ :
(a) CE *el, *ele, *el-ā, '√ī !' 'regardez !' 'voyez !'
(b) CE *ēl, pl. *eli, ēli, '√©toile'.
(c) CE *elen, pl. *elenī, '√©toile', avec 'une base √©tendue'.
(d) CE *eldā, une formation adjectivale 'connect√© aux ou concern√© par les √©toiles', utilis√©e en tant que description des *kwendī. Selon la l√©gende, ce nom, et le suivant, √©taient dus au Vala Orom√ę. Ils √©taient donc au d√©part probablement utilis√©s seulement au pluriel, signifiant 'peuple-√©toile'.
(e) CE *elenā, une forme adjectivale obtenue du radical √©tendu *elen, de m√™me signification et usage que *eldā.
3. *DELE.
(a) Une base verbale *dele, aussi avec suffixe *del-ja, 'marcher, aller, avancer, voyager'.
(b) *edelō, une formation agentale de style primitif : 'quelqu'un qui va, un voyageur, un migrant'. Un nom cr√©√© au moment de la S√©paration par ceux qui d√©cid√®rent de suivre Orom√ę.
(c) *awa-delo, *awā-delo, ?*wā-delō. Anciens compos√©s avec l'√©l√©ment *awa 'loin, au loin' (voir ci-dessous). Un nom cr√©√© en Beleriand pour ceux qui finalement quitt√®rent la Terre du Milieu.
4. *HEKE. Probablement pas √† l'origine une base verbale, mais un √©l√©ment adverbial '√† c√īt√©, √† part, s√©par√©'.
(a) PQ *heke 'à part, n'incluant pas'.
(b) PQ et CE d√©riv√© verbal, transitif : *hek-tā 'mettre √† c√īt√©, exclure, abandonner'.
(c) PQ *hekla 'quoi (ou qui) que ce soit mis √† c√īt√© de, ou exclu de, sa compagnie normale'. Aussi en forme personnelle *heklō 'un abandonn√© ou exclu'; formes adjectivales *heklā et *hekelā.
L'√©l√©ment *AWA, apparaissant en 3(c) ci-dessus, se r√©f√®re √† un √©loignement, vu du point de vue de la chose, de la personne ou du lieu quitt√©. Comme pr√©fixe, il avait d√©j√† probablement d√©velopp√© en CE la forme *au-. La forme *awā √©tait originellement une forme adverbiale ind√©pendante, mais semble aussi avoir √©t√© utilis√©e comme pr√©fixe (en tant que forme intensive de *awa-, *au-). La forme *wā- √©tait probablement originellement utilis√©e comme radical verbal, et peut-√™tre aussi en composition avec des radicaux verbaux.
Dans les langues eldarines, cette racine entra en contact en forme avec d'autres √©l√©ments, distincts en origine et en sens. *ABA 'refuser', 'dire non (en refus ou d√©n√©gation)' : c'est la source du CE *abar, pl. *abarī 'quelqu'un qui refuse', quelqu'un qui refusa de suivre Orom√ę. *WO sous les formes * et *wo- (la derni√®re seulement en tant que pr√©fixe) : c'√©tait un adverbe duel 'ensemble', se r√©f√©rant √† la jonction de deux choses, ou groupes, en une paire ou ensemble. L'√©quivalent pluriel √©tait *, *jōm, et en tant que pr√©fixe *jo, *jom. *HO sous les formes * et *ho : c'√©tait un adverbe 'de, venant de', le point de vue se situant en dehors de la chose √† laquelle il est fait r√©f√©rence.

Les principaux dérivés en forme (leur emploi est abordé ci-dessous) des mots CE donnés ci-dessus étaient les suivants :

*KWEN


QUENYA. 1(a) quēn, pl. queni; non accentu√©, en tant que pronom ou √©l√©ment final dans un compos√©, quen.
1(b) Quendi. Le singulier quende (peu utilisé) fut formé en quenya à partir de Quendi, sur le modèle d'autres noms en -e, dont la majorité formaient leur pluriel en -i. Il y avait aussi deux anciens composés : Kalaquendi 'Elfes lumineux' et Moriquendi 'Elfes sombres'.
1(c) Quendya, qui surv√©cut dans le dialecte vanyarin, mais qui en √Īoldorin devint Quenya. Il √©tait uniquement utilis√© en r√©f√©rence √† la langue.
TELERIN. 1(a) pen en tant que pronom, et -pen dans quelques vieux composés.
1(b) Pendi, au pluriel uniquement. √Čgalement dans les compos√©s Calapendi et Moripendi.
1(c) Inusité.
SINDARIN. 1(a) pen, g√©n√©ralement mut√© ben, en tant que pronom. √Čgalement -ben, -phen dans quelques compos√©s anciens.
1(b) Inusit√©. Les compos√©s Calben (pl. Celbin) et Morben (pl. Moerbin, Morbin) devaient certainement descendre de la m√™me source que ceux susmentionn√©s, mais leur √©l√©ment final fut de toute √©vidence alt√©r√© pour s'accorder avec les compos√©s de *kwen. Les d√©riv√©s inalt√©r√©s auraient √©t√© *Calbend, *Moerbend; mais bien que la finale -nd dev√ģnt finalement -n en sindarin, ce changement n'avait pas encore eu lieu dans les premi√®res traces √©crites, et on ne trouve aucun cas de -bend. En outre, la forme Morben (sans affection1 du o) indique soit une alt√©ration en *mora- pour mori-, d'apr√®s *kala-, ou plus probablement une substitution du S morn- de *mornā, la forme adjectivale usuelle S.
1(c) Inusité.

*EL


QUENYA. 2(a) ela ! exclamation impérative, dirigeant la vue vers un objet réellement visible.
2(b) ēl, pl. ēli, '√©toile' (mot po√©tique).
2(c) elen, pl. eleni (occasionnellement en vers eldi), 'étoile'. Le mot normal pour une étoile du firmament réel. La forme pl. eleni, sans syncope, est reformée d'après le singulier.
2(d) Elda uniquement utilisé en tant que nom, principalement au pl. Eldar. Voir aussi (quenya) 3(b) ci-dessous.
2(e) Elda comme ci-dessus. En tant qu'adjectif se référant aux étoiles, la forme utilisée était elenya.
TELERIN. 2(a) ela ! comme en quenya.
2(b) ēl, pl. ēli. Le mot ordinaire pour '√©toile'.
2(c) elen, pl. elni. Une variante archa√Įque ou po√©tique du pr√©c√©dent.
2(d) Ella. Une variante occasionnelle d'Ello, qui √©tait la forme normale du mot. Ceci montre un contact avec les produits de *edelō : voir plus loin sous (telerin) 3.
2(e) Inusité. La forme aurait été *Elna.
SINDARIN. 2(a) elo ! Une exclamation d'émerveillement, d'admiration, de joie.
2(b) Inusité.
2(c) √™l, pl. elin, pluriel de classe elenath. Un mot archa√Įque pour '√©toile', peu utilis√© except√© en vers, en dehors de la forme elenath 'toute la troupe des √©toiles du ciel'.
2(d) Ell-, uniquement utilisé dans les formes m. et f. Ellon, Elleth, Elfe-homme, Elfe-femme; le pluriel de classe El(d)rim; et la finale -el, pl. -il, dans quelques vieux composés : voir (sindarin) 3(b).
2(e) Elen, pl. Elin, avec le pluriel de classe Eledhrim, Elfe, Elfes. dhr est < n-r en contact secondaire. Sur l'emploi, voir plus loin ci-dessous.

*DEL


QUENYA. 3(a) lelya- 'aller, avancer (dans n'importe quelle direction), voyager', pass√© lende. Cette forme est due au changement pr√©coce en Q de l'initiale d > l. Le changement √©tait r√©gulier √† la fois dans les dialectes vanyarin et √Īoldorin du quenya. Il appara√ģt occasionnellement aussi dans les langues telerines, bien que ceci puisse √™tre plut√īt d√Ľ √† la variation d/l en PQ, dont il y a quelques signes. Un exemple notable √©tant de/le en tant qu'√©l√©ments pronominaux √† la seconde personne.
En Q *del- semble être devenu *led, par dissimilation. La forme passée montre clairement *led, tandis que lelya pourrait aussi être dérivé de *ledja, étant donné que dj devint médialement ly en quenya.
3(b) Eldo. Une variante archa√Įque d'Elda, avec laquelle elle se fondit en forme et en sens. Eldo ne peut cependant pas √™tre issu de *edelō. Sa forme est probablement due √† un changement *edelo > eledo, suivant le changement dans le verbe. Le changement de l'initiale d > l se produisit t√īt et pourrait avoir pr√©c√©d√© la syncope, et la perte du sens des connections √©tymologiques du mot, qui r√©sulta finalement dans la fusion des produits de 2 et 3. Inalt√©r√©, *edelō aurait donn√© par syncope *e√įlo > *ello (qui est inusit√©). Voir, cependant, sous sindarin pour des raisons de supposer qu'il pourrait y avoir eu une forme variante *edlō (avec perte de la sund√≥ma) :2 ceci aurait pu produire une forme quenya *eldo, √©tant donn√© que la transposition de dl en contact primaire dans la s√©quence favoris√©e ld ne se rencontrait pas infr√©quemment dans la phase pr√©-√©crite du quenya.
3(c) Aurel < *aw(a)delo. O√§rel < *awādelo. En dialecte vanyarin, Auzel et O√§zel. O√§rel (O√§zel) √©taient les formes commun√©ment utilis√©es en Q. Les pluriels prenaient les formes -eldi. Ceci montre que la terminaison -el √©tait associ√©e au nom Elda. Ceci fut facilit√© par un d√©veloppement normal en morphologie Q : un mot d'une telle forme, comme *eldā, lorsque utilis√© en tant qu'√©l√©ment final d'un compos√© de date ancienne, √©tait r√©duit ind√©pendamment en *elda, pl. *eldī > *eld, *eldī > Q historique -el, -eldi. En plus, o√§r √©tait vraiment utilis√© en Q en tant que forme adverbiale d√©riv√©e de *AWA (voir ci-dessous) : un fait qui compte aussi pour la s√©lection d'√∂arel, √∂azel.
TELERIN. 3(a) delia 'aller, avancer'. Passé delle.
3(b) Ello. La forme usuelle, pr√©f√©r√©e √† Ella, dont, cependant, il ne diff√©rait pas en sens. *edelō et *edlō devinrent tous deux r√©guli√®rement ello en telerin.
3(c) Audel, pl. Audelli. Ceci montre la même association avec -el, la forme réduite en composition de ella, ello, comme celle observée en Q.
SINDARIN. 3(a) Inusité.
3(b) Edhel, pl. Edhil. Le mot le plus utilis√© en sindarin; mais uniquement normalement utilis√© sous ces formes. Comme not√© ci-dessus sous (sindarin) 2(d), les formes m. et f. √©taient Ellon, Elleth; et il y avait √©galement un pluriel de classe Eldrim, Elrim (ll-r en contact secondaire > ldr, ult√©rieurement encore simplifi√©). Comme sugg√©r√© sous (quenya) 3(b), il pourrait y avoir eu une variante *edlō, qui aurait r√©guli√®rement donn√© ell- en sindarin. √Čtant donn√© qu'il est tr√®s possible que cette forme plus courte apparaisse dans des compos√©s et des formes √©tendues, elle expliquerait la limitation du sindarin ell- en des formes telles que Ellon, Elleth, Eldrim. Elle expliquerait √©galement la fusion des produits des radicaux 2 El et 3 Del en sindarin, tout comme en quenya. La forme -el, pl. -il, appara√ģt aussi dans quelques compos√©s anciens (en particulier des noms propres), o√Ļ elle peut aussi √™tre due √† une fusion de *elda et *edlo. Dans des compos√©s tardifs, -edhel est utilis√©.
3(c) √ďdhel, pl. √ďdhil; √† c√īt√© du plus tardif et plus usuel G√≥dhel, G√≥dhil. √Čgalement un pluriel de classe √ďdhellim, G√≥dhellim. √ďdhel vient de *aw(a)delo, et est l'exact √©quivalent du Q Aurel, T Audel. G√≥dhel pourrait √™tre d√©riv√© de *wādelo : initiale S *wā- > > go. Mais √©tant donn√© qu'il appara√ģt plus tard qu'√ďdhel, et apr√®s que ce terme √©tait devenu sp√©cialement appliqu√© aux √Ďoldor exil√©s, il semble tr√®s probable qu'il prit g- de l'ancien nom de clan Golodh, pl. Goelydh, qu'il rempla√ßa pratiquement. Golodh √©tait l'√©quivalent S du Q √Ďoldo, tous deux du PQ *√Īgolodō.

*HEK


QUENYA. 4(a) heka ! exclamation imp√©rative 'va-t-en ! √©carte-toi !'. Normalement uniquement adress√©e √† des personnes. Elle appara√ģt souvent dans les formes hekat sg. et hekal pl. avec des affixes pronominaux r√©duits de la seconde personne. √Čgalement hequa (? de *hek-wā), adverbe et pr√©position 'laissant de c√īt√©, ne comptant pas, excluant, except√©'.
4(b) hehta-, pass√© hehtane, 'mettre de c√īt√©, laisser √† l'√©cart, exclure, abandonner, quitter'.
4(c) hekil et hekilo m., hekile f. : 'quelqu'un de perdu ou de d√©laiss√© par des amis, abandonn√©, exclu, hors-la-loi'. √Čgalement Hekel, pl. Hekeldi, reform√© pour faire pendant √† O√§rel, en particulier appliqu√© aux Eldar laiss√©s en Beleriand. De l√† Hekelmar et Hekeldamar, les noms dans la langue des savants d'Aman pour le Beleriand. Il √©tait con√ßu comme une longue r√©gion c√īti√®re pr√®s de la Mer (cf. Eglamar sous sindarin ci-dessous).
TELERIN. 4(a) heca ! Pour le Q hequa, la forme T est heco (? < *hek + au).
4(b) hecta- 'rejeter, abandonner'.
4(c) hecul, heculo. √Čgalement en r√©f√©rence particuli√®re √† ceux abandonn√©s en Beleriand, Hecello; Heculbar ou Hecellubar, Beleriand.
SINDARIN. Le PQ h- surv√©cut uniquement dans les dialectes d'Aman. Il disparut sans laisser de trace en sindarin. *hek par cons√©quent appara√ģt comme *ek, identique en forme au PQ *eke 'pointe aff√Ľt√©e'.
4(a) ego ! 'va-t-en !' Ceci vient de *hek(e) ā : ā la particule imp√©rative, √©tant originellement ind√©pendante et variant en place, surv√©cut en S comme ō > o, bien que ceci suiv√ģt √† pr√©sent toujours le radical verbal et f√Ľt devenu une flexion.
4(b) eitha-. Ceci est en g√©n√©ral un d√©riv√© du PQ *ek-tā, et signifie 'piquer d'une pointe aff√Ľt√©e', 'poignarder'; mais le sens 'traiter avec m√©pris, insulter' (souvent en r√©f√©rence √† un rejet ou √† une rebuffade) pourrait montrer l'effet d'une fusion avec le PQ *hek-ta. Dire √† quiconque ego ! √©tait en effet l'eithad la plus grave.
4(c) Eglan, principalement utilis√© au pluriel Eglain, Egladhrim. Le nom que les Sindar se donn√®rent ('les Abandonn√©s') en tant que distincts des Elfes qui quitt√®rent la Terre du Milieu. Eglan est < d'une forme adjectivale √©tendue *heklanā. La forme plus ancienne et plus courte (*hekla ou *heklā) survit dans quelques noms de lieux, tels que Eglamar (cf. Hekelmar, etc.), Eglarest. Ceux-ci sont indiqu√©s comme √©tant anciens de formation, avec l'√©l√©ment g√©nitif pr√©c√©dant : *ekla-mbar, *ekla-rista.

*AWA


QUENYA. au- en tant que préfixe verbal : > soit *au, soit *awa; comme dans au-kiri- 'couper'. Le point de vue était à l'origine 'loin du locuteur ou de l'endroit de sa pensée', et cette distinction est habituellement préservée en Q. Donc aukiri signifiait 'couper, de telle sorte qu'une portion est perdue ou plus disponible', mais hókiri (voir ci-dessous) signifiait 'couper une portion requise, afin de l'avoir ou de l'utiliser'.
√∂a, √∂ar. Adverbes : < *awā; la forme √∂ar montre l'ajout de la terminaison -d (pr√©historique -da), indiquant un mouvement jusqu'√† ou vers un point. La forme awā para√ģt avoir originellement √©t√© utilis√©e soit pour le repos, soit pour le mouvement, et √∂a peut toujours √™tre utilis√© ainsi en Q. Ce √∂a, √∂ar adverbial √©tait occasionnellement utilis√© en tant que pr√©fixe dans des compos√©s de formation plus tardive. Pourtant, comme il a √©t√© montr√©, dans O√§reldi, le plus commun√©ment utilis√©, le r est en fait d'origine diff√©rente.
Le verbe auta- 'partir, quitter (le point de la pens√©e du locuteur)' avait un ancien pass√© 'fort' anwe, uniquement usit√© dans la langue archa√Įque. Les pass√© et parfait les plus fr√©quemment utilis√©s √©taient vāne, avānie, obtenus √† partir du radical *; avec une forme participe pass√© vanwa. Cette derni√®re √©tait une ancienne formation (que l'on trouve aussi en sindarin), et √©tait la partie la plus fr√©quemment utilis√©e du verbe. Elle d√©veloppa la signification 'parti, perdu, plus en possession, disparu, quitt√©, mort, pass√© et fini'. √Ä elle les formes vāne et avānie √©taient particuli√®rement associ√©es en emploi et en signification. Dans le sens plus purement physique 'alla (en un autre endroit)', les formes r√©guli√®res (pour un verbe -ta de cette classe) √∂ante, √∂antie √©taient utilis√©es. La forme du parfait avānie est r√©guli√®rement d√©velopp√©e √† partir de *a-wāniiē, obtenue durant la p√©riode pr√©historique de la forme plus ancienne du parfait de ce type *awāwiiē, avec intrusion du n du pass√© (les formes du pass√© et du parfait devinrent progressivement plus √©troitement associ√©es en quenya). L'accent resta sur le , √©tant donn√© que l'augment ou la reduplication dans les formes verbales ne fut jamais accentu√©, m√™me durant la p√©riode de r√©traction du quenya (ainsi aucune forme *√∂anie ne se d√©veloppa : contraste √∂ante < *√°wa-n-tē). La forme vānie apparaissant en vers n'a pas d'augment : probablement un d√©veloppement phon√©tique apr√®s une voyelle pr√©c√©dant; mais de telles formes ne sont pas rares en vers.
SINDARIN. Le seul d√©riv√© normal est la pr√©position o, le mot usuel pour '[venant] de, de'. Aucune des formes de l'√©l√©ment *awa n'appara√ģt en tant que pr√©fixe en S, probablement parce qu'elles devinrent semblables ou identiques aux produits de *, *wo (voir suivant). La forme √ďdhel est isol√©e (voir ci-dessus, sindarin 3(c)). Comme les mutations suivant la pr√©position o le montrent, elle a d√Ľ pr√©historiquement se terminer en -t ou -d. Probablement, d√®s lors, vient-elle de *aud, avec un d d'origine identique √† celui vu en Q √∂ar (voir ci-dessus). Certains ont pens√© qu'elle re√ßut l'ajout -t (√† une √©poque o√Ļ *au √©tait d√©j√† devenu > o) par association avec *et 'hors, hors de'. Ce dernier conserve sa consonne sous la forme ed devant des voyelles, mais la perd devant des consonnes, bien que es, ef, eth sont souvent observ√©s devant s, f, th. o, cependant, est normalement o dans toutes les positions, bien que od apparaisse occasionnellement devant des voyelles, en particulier devant o-. L'influence de *et > ed est par cons√©quent probablement uniquement tardive, et n'explique pas les mutations.
TELERIN. Les formes telerines sont √©troitement similaires √† celles du quenya en forme et en signification, bien que le d√©veloppement *√°ua > √∂a n'apparaisse pas, et v reste w en son. Ainsi nous avons le pr√©fixe au-, l'adverbe au ou avad; le verbe auta- avec le participe pass√© vanua, et les pass√© et parfait associ√©s vāne et avānie; et dans les sens physiques vante, avantie.

*WO


QUENYA. Ceci ne subsiste pas en Q en tant que mot ind√©pendant. Il s'agit cependant d'un pr√©fixe fr√©quent sous la forme √≥- (habituellement r√©duite √† o- quand non accentu√©e), utilis√©e dans des mots d√©crivant la r√©union, la jonction, ou l'union de deux choses ou personnes, ou de deux groupes pens√©s comme unit√©s. Ainsi : o-mentie (r√©union ou jonction de directions de deux personnes) comme dans la salutation famili√®re entre deux personnes, ou deux compagnies, chacune allant sur un chemin qui croise celui de l'autre : Elen s√≠la l√ļmenna omentielvo !3 'une √©toile brille sur l'heure de la rencontre de nos chemins.' (Note 1, p. 407)
Ce pr√©fixe √©tait normalement non accentu√© dans des verbes ou des d√©riv√©s de verbes; ou g√©n√©ralement quand la syllabe suivante √©tait longue. Quand accentu√©, il avait la forme √≥-, comme dans √≥noni 'jumeaux', √† c√īt√© de l'adj. on√≥na 'n√© jumeau', √©galement utilis√© comme un nom 'l'un d'une paire de jumeaux'.
TELERIN. L'emploi ne diff√®re pas mat√©riellement; mais en forme, le w- (perdu en quenya avant le ō) est conserv√© : pr√©fixe , vo-. (Note 1, p. 407)
SINDARIN. Dans le pr√©fixe gwa-, go- 'ensemble, co-, com-'. La limitation duelle n'√©tait plus effectu√©e; et go- avait les sens d'√† la fois *wo et *jo. *jo, *jom- disparut en tant que pr√©fixe vivant. gwa- apparaissait uniquement dans quelques dissyllabes S, o√Ļ il √©tait accentu√©, ou dans leurs d√©riv√©s reconnaissables : e.g. gwanūn 'une paire de jumeaux', gwanunig l'un d'une telle paire. Ceux-ci √©taient principalement de formation ancienne, et conserv√®rent ainsi leur signification duelle. gwa- est r√©guli√®rement d√©velopp√© de *wo > *wa > gwa, lorsque accentu√© en sindarin pr√©historique. go- vient de *wo > gwo > go, lorsque primitivement non accentu√©; et aussi de gwa- > go-, lorsqu'il devint √† nouveau non accentu√©. √Čtant donn√© que PQ * (une des formes de *AWA) aurait aussi produit gō-, go-, ou gwa- si r√©duit primitivement (e.g. devant deux consonnes), tandis que *au aurait produit o-, le m√™me que la forme fr√©quente initialement mut√©e de go- 'ensemble', les formes pr√©fixales de *AWA furent perdues en sindarin.

*HO


QUENYA. Ceci √©tait manifestement un ancien √©l√©ment adverbial, apparaissant principalement en tant que proclitique ou enclitique : proclitique, en tant qu'un pr√©fixe de radicaux verbaux; et enclitique, en tant qu'attach√© √† des radicaux nominaux (la place usuelle pour les √©l√©ments 'pr√©positionnels' plus simples en PQ). D'o√Ļ le quenya hō- (habituellement ainsi, m√™me lorsqu'il √©tait devenu non accentu√©), en tant que pr√©fixe verbal. Il signifiait 'loin de, de, de parmi', mais le point de vue √©tait hors de la chose, le lieu, ou le groupe en pens√©e, alors que dans les d√©riv√©s de *AWA, le point en pens√©e √©tait la place ou la chose quitt√©e. Ainsi, Q h√≥kiri- 'couper', tel que avoir ou utiliser une portion requise; alors que aukiri- signifiait 'couper' et se d√©barrasser ou perdre une portion. h√≥tuli- 'partir', tel que quitter une place ou un groupe et en joindre un autre dans la pens√©e ou le lieu du locuteur; alors que au ne pouvait pas √™tre utilis√© avec le radical tul- 'venir'.
En tant qu'enclitique nominal, *-hō devint ō, √©tant donn√© que le h m√©dial fut tr√®s t√īt perdu sans laisser de trace en CE. Ceci fut la source de la flexion 'g√©nitive' la plus utilis√©e du quenya. Correctement, il √©tait utilis√© partitivement, ou pour d√©crire la source ou l'origine, pas comme un 'possessif', ou adjectivement pour d√©crire des qualit√©s; mais naturellement, ce 'd√©riv√© g√©nitif' (comme l'anglais of) pouvait √™tre utilis√© en de nombreuses circonstances qui pouvaient avoir des implications possessives ou adjectivales, bien que la 'possession' f√Ľt indiqu√©e par le suffixe adjectival -va, ou (en particulier dans des descriptions g√©n√©rales) par un 'compos√© large'. Ainsi 'cor d'Orome' √©tait r√≥ma Orom√©va (s'il restait en sa possession); Orome r√≥ma signifierait 'un cor d'Orome', sc. un des cors d'Orome (s'il en avait plus d'un); mais r√≥ma Orom√ęo signifiait 'un cor venant d'Orome', e.g. en tant que cadeau, dans des circonstances o√Ļ le receveur, montrant le cadeau avec fiert√©, pouvait dire 'c'est un cor d'Orome'. S'il disait 'c'√©tait un cor d'Orome', il dirait Orom√©va. De m√™me, lambe Eldaron ne serait pas utilis√© pour 'la langue des Eldar' (except√© concevablement dans un cas o√Ļ la langue enti√®re √©tait adopt√©e par un autre peuple), qui s'exprime par soit Elda-lambe, soit lambe Eldaiva. (Note 2, p. 407)
Il restait naturellement de nombreux cas o√Ļ les g√©nitifs soit possessivo-adjectivaux, soit partitivo-d√©riv√©s, pouvaient √™tre utilis√©s, et la tendance √† pr√©f√©rer les derniers, ou √† les utiliser √† la place des premiers, augmentait. Ainsi alkar Orom√ęo ou alkar Orom√©va pouvaient √™tre utilis√©s pour 'la splendeur d'Orom√ę', bien que le dernier √©tait correct dans une description d'Orom√ę tel qu'il √©tait en permanence, et le premier de sa splendeur telle que vue √† un moment donn√© (d√©coulant de lui) ou √† un point pr√©cis dans une narration. 'Les Rois des Eldar' pouvait √™tre soit i arani Eldaron, soit i arani Eldaive, bien que le premier signifierait si utilis√© correctement 'ceux parmi les Eldar qui √©taient rois', et le dernier 'ceux (rois) dans une assembl√©e particuli√®re qui √©taient elfes'. Dans des expressions telles que 'Elwe, Roi des Sindar (peuple), ou de Doriath (pays)', la forme d√©riv√©e √©tait usuelle : Elwe, Aran Sindaron, ou Aran Lestan√≥r√ęo.
TELERIN. L'emploi en telerin du pr√©fixe ho- √©tait identique √† celui en quenya. La flexion √©tait -o, comme en quenya, mais elle ne re√ßut pas un ajout -n au pluriel. Elle √©tait plus largement utilis√©e qu'en quenya pur, sc. dans la plupart des cas l√† o√Ļ l'anglais emploierait la flexion -s ou of; bien que le possessif, en particulier quand il concernait une seule personne ou possesseur, √©tait exprim√© sans flexion : soit avec le possesseur plac√© en premier (l'ancien usage), soit (peut-√™tre sous l'influence des expressions g√©nitives ou adjectivales qui √©taient plac√©es en second) suivant le poss√©d√©. Dans le dernier cas, le suffixe possessif appropri√© ('son, sa, ses') √©tait habituellement ajout√© au nom. Ainsi Olue cava; ou cava Olue, habituellement cavaria Olue (sc. 'la maison de lui, Olwe'); = 'la maison d'Olwe'. La derni√®re forme √©tait √©galement utilis√©e en quenya avec des noms propres, comme k√∂arya Olwe. Les deux langues utilisaient √©galement les suffixes adjectivaux possessifs d'une curieuse fa√ßon, les attachant aux adjectifs attribu√©s aux noms propres (ou aux noms de fonctions personnelles, comme 'roi') : comme Varda Aratarya, 'Varda la noble, Varda dans sa sublimit√©'. Ceci √©tait le plus usuel dans le vocatif : comme dans Meletyalda, ou plus complet Aran Meletyalda (litt√©ralement 'votre puissance', ou 'roi votre puissance'), plus ou moins √©quivalents √† 'Votre Majest√©'. Cf. l'adieu d'Aragorn : Arwen vanimalda, nam√°rie !4
SINDARIN. √Čtant donn√© que l'initiale h- disparut en sindarin, * serait devenu ū et ainsi, se heurtant √† la n√©gative ū, ne surv√©cut naturellement pas. *ho en tant que proclitique pourrait avoir donn√© o; mais il n'appara√ģt pas en tant que pr√©fixe verbal, bien qu'il contribu√Ęt peut-√™tre √† la pr√©position sindarine o (voir sous *Awa, sindarin) qui est utilis√©e dans les deux directions, du ou vers le point de vue du locuteur. √Čtant donn√© que toutes les voyelles finales disparurent en sindarin, on ne peut d√©terminer si cette langue avait d√©velopp√© ou non dans la p√©riode primitive un flexionnel. Sa pr√©sence dans le telerin d'Aman rend sa pr√©sence pass√©e en sindarin probable. Le placement du nom g√©nitif en second en sindarin normal est √©galement probablement d√©riv√© de formes flexionnelles. Les compos√©s dont le premier √©l√©ment √©tait 'g√©nitif' √©taient apparemment toujours normaux durant l'ancienne p√©riode, comme on le voit en de nombreux noms de lieux et de personnes (tel que Egla-mar), et existaient toujours en emploi plus limit√© par apr√®s, en particulier l√† o√Ļ le premier √©l√©ment √©tait ou √©tait consid√©r√© comme un adjectif (tel que Mordor 'Pays de T√©n√®bres' ou 'Pays t√©n√©breux'). Mais des s√©quences g√©nitives avec le possesseur ou le qualificateur en second devinrent durant la p√©riode ult√©rieure √©galement des compos√©s fixes : tel que D√≥riath, pour D√īr I√Ęth 'Pays de la Barri√®re'.

*ABA


Bien que ceci dev√ģnt un radical verbal, il √©tait probablement d√©riv√© d'un √©l√©ment n√©gatif primitif, ou d'une exclamation, telle que *BA 'non !' Il ne niait cependant pas des faits, mais exprimait toujours une pr√©occupation ou une volont√©; c'est-√†-dire qu'il exprimait un refus de faire ce que d'autres pourraient souhaiter ou pousser √† faire, ou une interdiction de quelque action par d'autres. En tant que radical verbal, il d√©veloppa la forme *aba- (avec une voyelle de connexion a √† l'aoriste); en tant que particule ou pr√©fixe, les formes *aba, *, et *abā.
QUENYA. En quenya, le verbe ava- √©tait peu utilis√© en langage courant, et r√©v√©lait qu'il n'√©tait pas √† l'origine un radical verbal 'fort' ou basique en ayant la forme du pass√© 'faible' avane. En emploi courant, il fut remplac√© par le compos√© vā-quet (v√°quetin, v√°quenten) 'dire non', sc. 'dire je ne ferai pas', ou 'ne pas faire', 'refuser' ou 'interdire'.
En tant que pr√©fixe, la forme utilis√©e √©tait habituellement ava-, dont la force peut √™tre observ√©e dans avaqu√©tima '√† ne pas √™tre dit, qui ne doit pas √™tre dit', avany√°rima '√† ne pas √™te racont√© ou rapport√©', contrast√© avec √ļqu√©tima 'indescriptible', c'est-√†-dire, 'impossible √† dire, √† mettre en mots, ou impronon√ßable', √ļny√°rima 'impossible √† raconter', sc. parce que tous les faits ne sont pas connus, ou le conte est trop long. Comparer aussi Avamanyar 'ceux qui n'all√®rent pas en Aman, parce qu'ils ne le voulaient pas' (un √©quivalent d'Avari) avec √öamanyar 'ceux qui en fait n'atteignirent pas Aman' (un √©quivalent de Hekeldi).
En tant que particule (la forme de ce radical la plus utilisée en langage courant), la forme quenya était habituellement vá ! Ceci était une exclamation ou une particule exprimant la volonté ou le souhait du locuteur, signifiant selon le contexte 'je ne ferai pas' ou 'Ne fais pas !' À noter qu'elle n'était pas utilisée, même à la première personne, dans une affirmation à propos d'une action future du locuteur, reposant sur de la prescience, ou un jugement de la force des choses. Elle pouvait parfois, comme vu dans váquet- (ci-dessus), être utilisée en tant que préfixe verbal.
Une forme plus longue √°va ou av√° (accentu√©e sur la derni√®re syllabe), qui pr√©sente une combinaison avec la particule imp√©rative *ā, √©tait commun√©ment utilis√©e comme imp√©ratif n√©gatif 'Ne fais pas !', utilis√© soit seul, soit avec un radical verbal non fl√©chi, comme √°va kare ! 'Ne le fais pas !' √Ä la fois v√° et √°va recevaient parfois des affixes verbaux pronominaux de la premi√®re personne du singulier et de la premi√®re personne du pluriel exclusive : comme √°van, v√°n, v√°nye, 'Je ne ferai pas', avamme, vamme 'nous ne ferons pas'.
Un ancien d√©riv√© de *aba- en tant que radical quasi verbal √©tait *abaro > CE *abar. Il s'agissait d'une ancienne formation agentale, telle qu‚Äôobserv√©e √©galement dans Teler, pl. Teleri, obtenu avec le suffixe -rŏ, ajout√© √† une √≥mataina.5 (D'autres formes de ce suffixe √©taient -rō ajout√© au radical, avec ou sans infixation en n; et -rdŏ > rd.) *abar signifiait donc 'r√©fractaire, quelqu'un qui refuse d'agir comme conseill√© ou ordonn√©'. Il √©tait sp√©cialement appliqu√© √† (ou tout d'abord obtenu pour d√©crire ?) la section des Elfes qui refusa de se joindre √† la Marche vers l'Ouest : Q Avar, pl. Avari.
TELERIN. L'emploi telerin était étroitement similaire à celui du quenya. Les formes étaient les mêmes, excepté que le telerin préserva le CE b distinct de v ou de w : donc le préfixe était aba- (abapétima 'à ne pas être dit'); la particule bá; l'exclamation abá. La forme verbale, cependant, était en usage courant : aban 'je refuse, je ne ferai pas'. En ordre négatif, seule la forme non fléchie abá était utilisée : abá care 'ne le fais pas !'
SINDARIN. En sindarin, les formes suivantes sont usit√©es. baw ! n√©gatif imp√©rieux : 'Non, non ! Ne fais pas !' avo adverbe n√©gatif avec des verbes, comme avo garo ! 'ne le fais pas'; parfois utilis√© en tant que pr√©fixe : avgaro (< *aba-kar ā). Ceci pouvait √™tre personnalis√© sous la forme avon 'je ne ferai pas', avam 'nous ne ferons pas' : celles-ci n'√©taient en fait bien s√Ľr pas d√©riv√©es d'avo, qui contient l'imp√©ratif -o < *ā, mais du radical verbal *aba, avec des flexions assimil√©es aux radicaux tendus en ; mais nulle autre partie du verbe ne surv√©cut dans l'usage, except√© le nom avad 'refus, r√©pugnance'. Directement d√©riv√© de baw ! (*) √©tait le verbe boda- 'exclure, interdire' (*bā-ta).
(Sur les emplois de ce radical, signifiant primitivement 'refuser, ne pas vouloir', pour former des imp√©ratifs, cf latin nōlī, nōlīte.)
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MessagePostť le: 25 Jan 2007 12:47†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

B. Significations et emploi des différents termes appliqués aux Elfes et à leurs variétés en
quenya, telerin, et sindarin


Quenya


1. quén, pl. queni, personne, individu, homme ou femme. Principalement utilisé sous la forme non accentuée quen. Le plus observé au singulier : 'un, quelqu'un'; au pl. 'des gens, ils'. Aussi combiné avec d'autres éléments, comme dans aiquen 'si personne, quiconque', ilquen 'tout le monde'. Dans un nombre d'anciens composés -quen, pl. queni était combiné avec des radicaux nominaux ou adjectivaux pour désigner des occupations habituelles ou des fonctions, ou pour décrire ceux ayant des qualités notables (permanentes) : comme -man en anglais (mais sans distinction de sexe) dans horseman [NdTr : 'cavalier'], seaman [NdTr : 'marin'], workman [NdTr : 'ouvrier'], nobleman [NdTr : 'noble'], etc. Q roquen 'cavalier'; (Note 3, p. 407) kiryaquen 'marin'; arquen 'un noble'. Ces mots appartiennent au langage de tous les jours, et n'ont pas de références spéciales pour les Elfes. Ils furent librement appliqués à d'autres Incarnés, tels que les Hommes et les Nains, lorsque les Eldar firent leur connaissance.
2. Quendi Elfes, de quelque sorte, incluant les Avari. Le sg. Quende √©tait naturellement moins utilis√©. Comme il a √©t√© observ√©, le mot fut cr√©√© lorsque les Elfes ne connaissaient pas encore d'autres 'gens' qu'eux-m√™mes. Le sens 'la gent elfe, en tant que tout', ou au sg. 'un Elfe et non une autre cr√©ature similaire', se d√©veloppa d'abord en Aman, o√Ļ les Elfes vivaient parmi ou en contact avec les Valar et les Maiar. Durant l'Exil, lorsque les √Ďoldor furent r√©-associ√©s √† leur parent√© elfe, les Sindar, mais rencontr√®rent d'autres peuples non-elfes, tels que les Orcs, les Nains, et les Hommes, il devint un terme encore plus utile. Mais en fait, il avait cess√© en Aman d'√™tre un mot de tous les jours, et resta par apr√®s principalement utilis√© dans le langage sp√©cial du 'Savoir' : histoires ou contes des jours anciens, ou √©crits appris sur les peuples et les langues. En langage courant, les Elfes d'Aman se nommaient Eldar (ou en telerin Elloi) : voir ci-dessous.
Il existait √©galement deux anciens compos√©s contenant *kwendī : *kala-kwendī et *mori-kwendī, le Peuple lumineux et le Peuple sombre. Ces termes semblent remonter √† la p√©riode d'avant la S√©paration, ou plut√īt au moment du d√©bat entre les Quendi au sujet de l'invitation des Valar. Ils furent manifestement cr√©√©s par le parti favorable √† Orome, et se r√©f√©raient originellement √† ceux qui d√©siraient la Lumi√®re de Valinor (d'o√Ļ les ambassadeurs rapport√®rent qu'il n'y avait pas de t√©n√®bres), et √† ceux qui ne souhaitaient pas un endroit dans lequel il n'y avait pas de nuit. Mais d√©j√† avant la s√©paration finale, *mori-kwendī peut s'√™tre r√©f√©r√© aux t√©n√®bres et aux nuages estompant le soleil et les √©toiles durant la Guerre des Valar et de Melkor,6 de telle sorte que le terme d√®s le d√©part avait une nuance de m√©pris, impliquant que de telles personnes n'avaient rien contre les ombres de Melkor sur la Terre du Milieu.
Les descendants en ligne directe de ces termes ne survécurent que dans les langues d'Aman. Les formes quenya étaient Kalaquendi et Moriquendi. Le Kalaquendi en quenya s'appliquait uniquement aux Elfes qui en fait vivaient ou avaient vécu en Aman; et le Moriquendi était appliqué à tous les autres, qu'ils eussent suivi la Marche ou non. Les derniers étaient considérés comme grandement inférieurs aux Kalaquendi, qui avaient connu la Lumière de Valinor, et avaient également acquis des connaissances et des pouvoirs bien plus grands par leur association aux Valar et aux Maiar.
Durant la p√©riode de l'Exil, les √Ďoldor modifi√®rent leur usage de ces termes, qui √©tait insultant pour les Sindar. Kalaquendi devint obsol√®te, except√© dans le savoir √©crit √Īoldorin. Moriquendi fut √† pr√©sent appliqu√© √† tous les autres Elfes, except√© les √Ďoldor et les Sindar, c'est-√†-dire aux Avari ou √† toute autre sorte d'Elfes qui, au moment de l'arriv√©e des √Ďoldor, ne s'√©taient pas √©tablis depuis longtemps en Beleriand et n'√©taient pas des sujets d'Elw√ę. Il ne fut jamais appliqu√©, cependant, √† d'autres que des peuples elfes. La vieille distinction, quand faite, √©tait repr√©sent√©e par les nouveaux termes Amanyar 'ceux d'Aman', et √öamanyar ou √ömanyar 'ceux pas d'Aman', √† c√īt√© des formes plus longues Amaneldi et √ömaneldi.
3. Quendya, Quenya en dialecte √Īoldorin. Ce mot subsista en usage courant, mais il √©tait uniquement utilis√© comme un nom pour 'la langue quendienne'. (Note 4, p. 407) Cet emploi de Quendya a d√Ľ appara√ģtre en Aman, alors que Quendi subsistait encore dans l'usage g√©n√©ral. Historiquement, et dans l'usage plus correct des Savants linguistiques, Quenya incluait le dialecte des Teleri, qui, bien que divergent (en certains points depuis les jours d'avant l'√©tablissement en Aman, tel que *kw > p), resta g√©n√©ralement intelligible aux Vanyar et aux √Ďoldor. Mais dans l'usage ordinaire, il √©tait uniquement appliqu√© aux dialectes des Vanyar et des √Ďoldor, d'entre lesquels les diff√©rences n'apparurent qu'ult√©rieurement, et persist√®rent, jusqu'√† la p√©riode juste avant l'Exil, d'importance mineure.
Dans l'usage des Exil√©s, Quenya en vint naturellement √† signifier la langue des √Ďoldor, d√©velopp√©e en Aman, comme distincte des autres langues, elfes ou non. Mais les √Ďoldor n'oubli√®rent pas sa connexion avec l'ancien mot Quendi, et consid√©raient encore le mot comme impliquant 'elfe', c'est-√†-dire la principale langue elfe, la plus noble, et celle pr√©servant au plus pr√®s l'ancien caract√®re du langage elfe. Pour une note sur les mots elfes pour 'langue', en particulier parmi les Savants √Īoldorins, voir Appendice D (p. 391).
4. Elda et Eldo. La distinction originelle entre ces formes, comme signifiant 'quelqu'un du Peuple des Etoiles, ou Elfes en g√©n√©ral', et un des 'Marcheurs', fut obscurcie par la ressemblance √©troite des formes. La forme Eldo devint obsol√®te, et Elda resta le mot principal pour 'Elfe' en quenya. Mais il n'√©tait pas en usage correct consid√©r√© comme incluant les Avari (quand ils √©taient rem√©mor√©s ou pris en consid√©ration); i.e. il prit le sens d'Eldo. Il peut, cependant, avoir √©t√© partiellement d√Ľ √† sons sens plus ancien que, en usage populaire, il √©tait le mot couramment employ√© pour tout Elfe, c'est-√†-dire, comme un √©quivalent du Quende des Savants. Quand un des Elfes d'Aman parlait de l'Eldalie, 'le Peuple elfe', il signifiait vaguement toute la race des Elfes, bien qu'il ne pensait probablement pas aux Avari.
Car, bien s√Ľr, la parent√© sp√©ciale des Amanyar avec ceux laiss√©s en Beleriand (ou Hekeldamar) √©tait rem√©mor√©e, en particulier par les Teleri. Lorsqu'il √©tait n√©cessaire de distinguer ces deux branches des Eldar (ou correctement Eldor), ceux qui √©taient arriv√©s en Aman √©taient appel√©s O√§zeldi √Ď O√§reldi, dont une autre forme (moins utilis√©e) √©tait Auzeldi, √Ď Aureldi; ceux qui √©taient rest√©s derri√®re √©taient les Hekeldi. Ces termes appartenaient naturellement plut√īt √† l'histoire qu'au langage de tous les jours, et durant la p√©riode de l'Exil, ils devinrent obsol√®tes, ne convenant pas √† la situation en Beleriand. Les Exil√©s revendiquaient toujours √™tre des Amanyar, mais en pratique ce terme signifiait √† pr√©sent ces Elfes restant en Aman, alors que les Exil√©s se nommaient Etya√Īgoldi '√Ďoldor exil√©s', ou simplement (√©tant donn√© que la grande majorit√© de leur clan √©tait partie en exil) √Ďoldor. Tous les sujets d'Elw√ę, ils les nommaient Sindar ou 'Elfes gris'.

Telerin


1. Les d√©riv√©s de *KWEN √©taient plus parcimonieusement repr√©sent√©s dans les dialectes telerins, d'Aman ou du Beleriand. C'√©tait en partie d√Ľ au changement en telerin commun de kw > p, (Note 5, p. 407) qui causa le choc de *pen < *kwen avec la racine PQ *PEN 'manquer, √™tre sans', et aussi avec quelques-uns des d√©riv√©s de *PED 'pencher, √™tre inclin√©' (e.g. *penda 'en pente'). Les Teleri se sentaient √©galement un peuple distinct, en comparaison avec les Vanyar et les √Ďoldor, que, pris ensemble, ils surpassaient en nombre. Ce sentiment naquit avant la S√©paration, et augmenta durant la Marche et en Beleriand. En cons√©quence, ils ne ressentaient pas fortement le besoin d'un mot g√©n√©ral embrassant tous les Elfes, jusqu'√† ce qu'ils vinssent en contact avec d'autres Incarn√©s non elfes.
En tant qu'enclitique pronominale (e.g. dans aipen, Q aiquen; ilpen, Q ilquen), *kwen survécut en telerin; mais peu des composés avec pen 'homme' subsistèrent en langage courant, excepté arpen '(homme) noble', et l'adjectif dérivé arpenia.
Pendi, l'√©quivalent dialectal du Q Quendi, surv√©cut uniquement en tant que mot appris des historiens, utilis√© en r√©f√©rence aux jours anciens d'avant la S√©paration; l'adjectif *Pendia (l'√©quivalent de Quendya) √©tait devenu obsol√®te. (Note 6, p. 408) Les Teleri avaient peu d'int√©r√™t pour le savoir linguistique, qu'ils laiss√®rent aux √Ďoldor. Ils ne consid√©raient pas leur langue comme un 'dialecte' du quenya, mais la nommaient Lindārin ou Lindalambe. Ils appelaient le quenya Goldōrin ou Goldolambe; car ils avaient peu de contacts avec les Vanyar.
Les anciens composés en forme telerine Calapendi et Moripendi survécurent dans l'usage historique; mais étant donné que les Teleri en Aman restèrent plus conscients de leur parenté avec les Elfes laissés en Beleriand, alors que Calapendi était utilisé, comme Kalaquendi en quenya, pour se référer uniquement aux Elfes d'Aman, Moripendi n'était pas appliqué aux Elfes d'origine telerine qui n'avaient pas atteint Aman.
2. Ello et Ella. L'histoire des significations de ces mots √©tait presque identique √† celle des correspondants Elda et Eldo en quenya. En telerin, la forme -o en vint √† √™tre pr√©f√©r√©e, de telle sorte que g√©n√©ralement le T Ello √©tait l'√©quivalent du Q Elda. Mais Ella resta en usage dans une fonction quasi adjectivale (e.g. en tant que premier √©l√©ment dans des compos√©s larges ou g√©nitifs) : donc l'√©quivalent du Q Eldalie √©tait en T Ellālie.
En contraste avec les Elloi laissés en Beleriand, ceux d'Aman étaient dans les récits appelés Audel, pl. Audelli. Ceux du Beleriand étaient les Hecelloi de Heculbar (ou Hecellubar).

Sindarin


1. Les d√©riv√©s de *KWEN √©taient limit√©s au sens : pronominal 'un, quelqu'un, quiconque', et √† quelques anciens compos√©s qui surv√©curent. PQ *kwende, *kwendī disparurent tous deux. Les raisons de ceci √©taient en partie les modifications linguistiques d√©j√† cit√©es; et en partie les circonstances dans lesquelles les Sindar vivaient, jusqu'au retour des √Ďoldor, et la venue des Hommes. Les modifications linguistiques rendirent les mots inadapt√©s √† la survie; les circonstances enlev√®rent toute utilit√© pratique au terme. L'ancienne unit√© des Elfes avait √©t√© bris√©e lors de la S√©paration. Les Elfes du Beleriand √©taient isol√©s, sans contact avec n'importe quel autre peuple, elfe ou d'une autre sorte; et ils √©taient tous d'un seul clan et d'une seule langue : telerin (ou lindarin). Leur propre langue √©tait la seule qu'ils entendaient jamais; et ils n'avaient besoin d'aucun mot pour la distinguer, ni pour se distinguer eux-m√™mes.
En tant que pronom, habituellement enclitique, la forme pen, mutée ben, survécut. Quelques composés survécurent, comme rochben 'cavalier' (m. ou f.), orodben 'un montagnard' ou 'quelq'un vivant dans les montagnes', arphen 'un noble'. Leurs pluriels se faisaient par inflexion en i-, se reportant à l'origine à travers le mot : comme roechbin, oerydbin, erphin, mais la forme normale du premier élément était souvent restaurée lorsque la nature de la composition restait évidente : comme rochbin, mais toujours erphin. Ces mots ne présentaient aucune association spéciale aux Elfes.
Associ√©s √† ces compos√©s, il y avait deux anciens mots Calben (Celbin) et Morben (Moerbin). Sur la relation formelle de ceux-ci au quenya Kalaquendi et Moriquendi, voir p. 362. Ils ne faisaient pas r√©f√©rence aux Elfes, except√© par concours de circonstances. Celbin conserva ce qui √©tait, comme il a √©t√© dit, probablement sa signification originale : tous les Elfes autres que les Avari; et il incluait les Sindar. Il √©tait en fait l'√©quivalent (quand un √©quivalent √©tait n√©cessaire) du quenya Eldar, telerin Elloi. Mais il se r√©f√©rait aux Elfes uniquement parce qu'aucun autre peuple ne se qualifiait pour le titre. Moerbin √©tait de m√™me un √©quivalent d'Avari; mais qu'il ne signifiait pas seulement 'Elfes sombres' se voit par son application imm√©diate √† d'autres Incarn√©s, lorsque par apr√®s ils devinrent connus. Par les Sindar, quiconque demeurant en dehors du Beleriand, ou entrant dans leur royaume du dehors, √©tait appel√© un Morben. Le premier peuple de cette sorte √† √™tre rencontr√© fut les Nandor, qui entr√®rent en Beleriand oriental, par del√† les passes des Montagnes avant le retour de Morgoth; t√īt apr√®s son retour vinrent les premi√®res invasions de ses Orcs depuis le nord.7 Un peu plus tard, les Sindar prirent conscience des Avari, qui s'√©taient infiltr√©s par petits groupes secrets en Beleriand depuis le sud. Plus tard vinrent les Hommes des Trois Maisons, qui √©taient amicaux; et plus tard des Hommes d'autres sortes. Tous ceux-ci furent √† la premi√®re rencontre appel√©s Moerbin. (Note 7, p. 408) Mais lorsque les Nandor furent reconnus comme un peuple apparent√© d'origine et de langue lindarines (comme il √©tait encore possible de le reconna√ģtre), ils furent re√ßus dans la classe des Celbin. Les Hommes des Trois Maisons furent √©galement t√īt retir√©s de la classe des Moerbin. (Note 8, p. 408) Ils re√ßurent leur propre nom, Edain, et furent en fait rarement appel√©s Celbin, mais ils √©taient reconnus comme appartenant √† cette classe, qui devint pratiquement √©quivalente √† 'peuples en alliance dans la Guerre contre Morgoth'. Les Avari rest√®rent ainsi les principaux exemples de Moerbin. Tout Avar individuel qui se joignait aux ou √©tait admis parmi les Sindar (cela se produisit rarement) devenait un Calben; mais les Avari en g√©n√©ral rest√®rent secrets, hostiles aux Eldar, et indignes de confiance; et ils demeuraient en des lieux dissimul√©s dans les bois plus profonds, ou dans des grottes. (Note 9, p. 408) Moerbin tel qu'appliqu√© √† eux est usuellement traduit 'Elfes sombres', en partie parce que Moriquendi, dans le quenya des √Ďoldor exil√©s, se r√©f√©rait √† eux. Mais le fait qu'aucune r√©f√©rence sp√©ciale aux Elfes n'√©tait recherch√©e par le mot sindarin est indiqu√© par le fait que Moerbin fut imm√©diatement appliqu√© aux nouveaux groupes d'Hommes (Orientaux) qui apparurent avant la Bataille de la Nirnaeth. (Note 9, p. 408) Si, en sindarin, un Avar, en tant que distinct des autres genres de Morben, √©tait vis√©, il √©tait appel√© Mornedhel.
2. Edhel, pl. Edhil. En dépit de sa dérivation ultime (voir p. 360), ceci était le mot général pour 'Elfe, Elfes'. Dans les premier temps, il se référait naturellement uniquement aux Sindar eldarins, car aucune autre sorte n'était jamais vue; mais ultérieurement, il fut librement appliqué aux Elfes de toute sorte qui entrèrent en Beleriand. Il était cependant uniquement utilisé sous ces deux formes.
Les formes masculine et féminine étaient m. Ellon et f. Elleth, et le pluriel de classe était Eldrim, plus tard Elrim, quand celui-ci n'était pas remplacé par le plus communément utilisé Eledhrim (voir ci-dessous). La forme sans les suffixes m. et f. n'était pas utilisée, et survécut uniquement dans plusieurs composés anciens, en particulier des noms personnels, sous la forme el, pl. il, en tant qu'élément final.
La forme Elen, pl. Elin, était uniquement utilisée dans les récits ou les travaux des Savants, en tant que mot incluant tous les Elfes (Eldar et Avari). Mais le pluriel de classe Eledhrim était le mot usuel pour 'toute la race elfe', à chaque fois qu'une telle expression était nécessaire.
Tous ces mots et formes, quelles que soient leurs étymologies (voir ci-dessus), étaient applicables à toute sorte d'Elfe. En fait, Edhel était correctement appliqué aux seuls Eldar; Ell- pourrait avoir une origine mixte; et Elen était un ancien mot général. (Note 10, p. 410)
3. Les Sindar n'eurent pas de nom g√©n√©ral pour eux-m√™mes, en tant que distincts d'autres vari√©t√©s d'Elfes, jusqu'√† ce que d'autres genres p√©n√©trassent en Beleriand. Le descendant de l'ancien nom de clan *Lindāi (Q Lindar) √©tait sorti de l'usage normal, n'√©tant plus n√©cessaire dans une situation o√Ļ tous les Edhil √©taient du m√™me genre, et o√Ļ les gens √©taient plus conscients des diff√©rences croissantes, au niveau de la langue et d'autres sujets, entre ces groupes d'Elfes qui vivaient en des endroits largement s√©par√©s d'un pays √©tendu et principalement sans routes. Ils √©taient donc tous, en langage courant, des Edhil, mais certains appartenaient √† une r√©gion et d'autres √† une autre : ils √©taient les Falathrim des rivages du Beleriand occidental, ou les Iathrim de Doriath (le pays de la Barri√®re, ou iath), ou les Mithrim qui s'en √©taient all√©s au nord du Beleriand et habitaient les r√©gions aux alentours du grand lac qui porta ult√©rieurement leur nom. (Note 11, p. 410)
L'ancien nom de clan *Lindāi surv√©cut dans le compos√© Glinnel, pl. Glinnil, un mot uniquement connu en savoir historique, et l'√©quivalent du quenya Teleri ou Lindar, voir les Notes sur les noms de clans ci-dessous. Tous les sujets sindarins du Roi Elu-Thingol, en tant que distincts des √Ďoldor arrivant, furent parfois ult√©rieurement appel√©s les Eluwaith. D√ļnedhil 'Elfes de l'Ouest' (la r√©f√©rence √©tant √† l'ouest de la Terre du Milieu) √©tait un terme cr√©√© pour correspondre √† D√ļnedain 'Hommes de l'Ouest' (uniquement appliqu√© aux Hommes des Trois Maisons). Mais avec l'amalgame croissant, hors de Doriath, des √Ďoldor et des Sindar en un peuple employant la langue sindarine en tant que langue de tous les jours, ceci en vint rapidement √† s'appliquer √† la fois au √Ďoldor et aux Sindar.
Pendant que les √Ďoldor √©taient encore distincts, et √† chaque fois que l'on d√©sirait rappeler leur diff√©rence d'origine, ils √©taient usuellement appel√©s √ďdhil (sg. √ďdhel). Ceci, comme il a √©t√© vu, √©tait √† l'origine un nom pour tous les Elfes qui quitt√®rent le Beleriand pour Aman. Ceux-ci √©taient aussi nomm√©s par les Sindar Gwanwen, pl. Gwenwin (ou Gwanwel, Gwenwil) ' les partis' : cf. Q vanwa. Ce terme, qui ne pouvait √™tre correctement appliqu√© √† ceux qui √©taient revenus, resta le nom sindarin usuel pour les Elfes qui rest√®rent en Aman. √ďdhil devint ainsi sp√©cialement le nom des √Ďoldor exil√©s.
Dans ce sens, la forme G√≥dhel, pl. G√≥dhil rempla√ßa t√īt la forme plus ancienne. Cela semble avoir √©t√© d√Ľ √† l'influence du nom de clan Golodh, pl. Goelydh; ou plut√īt √† une fusion d√©lib√©r√©e des deux mots. L'ancien nom de clan n'√©tait pas tomb√© dans l'oubli (car les √Ďoldor et les Sindar, en raison de la grande amiti√© entre Finwe et Elwe, √©taient √©troitement associ√©s durant leur s√©jour en Beleriand, avant le D√©part), et il avait par cons√©quent une forme sindarine authentique ( < CE *√Īgolodō). Mais la forme Golodh semble avoir √©t√© phon√©tiquement d√©sagr√©able aux √Ďoldor. Le nom √©tait, en outre, principalement utilis√© par ceux qui souhaitaient marquer la diff√©rence entre les √Ďoldor et les Sindar, et ignorer le s√©jour des √Ďoldor en Aman, qui pourrait leur donner un titre de sup√©riorit√©. Ceci √©tait sp√©cialement le cas en Doriath, o√Ļ le Roi Thingol √©tait hostile aux chefs √Īoldorins, F√ęanor et ses fils, et Fingolfin, √† cause de leur assaut sur les Teleri en Aman, le peuple de son fr√®re Olwe. Les √Ďoldor, par cons√©quent, en employant le sindarin, ne s'appliquaient jamais ce nom (Golodh), et il devint obsol√®te parmi ceux qui leur √©taient amicaux.
4. Eglan, pl. Eglain, Egladrim. Ce nom, 'les Abandonn√©s', √©tait, comme il a √©t√© dit, donn√© par les Sindar √† eux-m√™mes. Mais en Beleriand, il ne s'agissait pas d'un nom pour tous les Elfes qui y rest√®rent, comme l'√©taient les noms apparent√©s, Hekeldi, Hecelloi, en Aman. Il s'appliquait uniquement √† ceux qui souhaitaient partir, et qui attendirent longuement en vain le retour d'Ulmo, s'√©tablissant sur ou √† proximit√© des c√ītes. L√†, ils devinrent habiles dans la construction et l'exploitation de navires. C√≠rdan √©tait leur seigneur.
Les gens de Círdan étaient constitués à la fois de nombre des suivants d'Olwe, qui, errant ou s'attardant, parvinrent trop tard aux rives, et aussi de beaucoup des suivants d'Elwe, qui abandonnèrent sa recherche et ne souhaitaient pas être à jamais séparés de leurs parents et amis. Ces gens conservèrent le désir d'Aman pendant de longues années, et ils étaient parmi les plus amicaux envers les Exilés.
Ils continu√®rent √† s'appeler les Eglain, et les r√©gions o√Ļ ils demeuraient Eglamar et Eglador. Le dernier nom devint obsol√®te. Il avait originellement √©t√© appliqu√© √† tout le Beleriand occidental, entre le Mont Taras et la Baie de Balar, sa fronti√®re orientale se situant approximativement le long de la rivi√®re Narog. Eglamar, cependant, resta le nom de la 'Demeure des Eglain' : le bord de mer, du Cap Andras au promontoire de Bar-in-Mŷl ('Demeure des Mouettes'),8 qui incluait les ports de C√≠rdan √† Brithonbar9 et √† la sortie du golfe d'Eglarest.
Les Eglain devinrent un peuple à part par rapport aux Elfes de l'intérieur des terres, et, à l'époque de l'arrivée des Exilés, leur langue était différente à bien des égards. (Note 12, p. 411) Mais ils reconnaissaient la haute-royauté de Thingol, et Círdan ne prit jamais le titre de roi.10

*Abarī


Ce nom, manifestement cr√©√© par les Eldar au moment de la S√©paration, appara√ģt dans les r√©cits sous la forme quenya Avari, et sous la forme telerine Abari. Il √©tait toujours utilis√© par les historiens des √Ďoldor exil√©s, bien qu'il diff√©r√Ęt peu de Moriquendi, qui (voir ci-dessus) n'√©tait plus utilis√© par les Exil√©s pour inclure les Elfes d'origine eldarine. Le pluriel Evair √©tait connu des savants sindarins, mais n'√©tait plus utilis√©. Les Avari qui vinrent en Beleriand √©taient, comme il a √©t√© dit, appel√©s Morben, ou Mornedhel.


C. Les noms de clans,
avec des notes sur les autres noms des divisions des Eldar


En forme quenya, les noms des trois grands Clans √©taient Vanyar, √Ďoldor, et Lindar. Le plus ancien de ces noms √©tait Lindar, qui remonte certainement aux jours d'avant la S√©paration. Les deux autres apparurent probablement √† la m√™me √©poque, ou peu de temps apr√®s : leurs formes originelles peuvent donc √™tre donn√©es en PQ comme √©tant *wanjā, *√Īgolodō, et *lindā / glindā. (Note 13, p. 411)
Selon la légende, préservée en forme presque identique à la fois chez les Eldar d'Aman et chez les Sindar, les Trois Clans dérivaient à l'origine des trois Pères des Elfes : Imin, Tata, et Enel (sc. Un, Deux, Trois), et de ceux que chacun d'entre eux choisit pour joindre sa suite. Ainsi avaient-ils au départ simplement les noms Minyar 'Premiers', Tatyar 'Deuxièmes', et Nelyar 'Troisièmes'. Ceux-ci se montaient, hors des 144 Elfes des origines qui s'éveillèrent en premier, à 14, 56, et 74; et ces proportions furent approximativement maintenues jusqu'à la Séparation.11
Il est dit que, du petit clan des Minyar, nul ne devint Avari. Les Tatyar √©taient divis√©s en parts √©gales. Les Nelyar r√©pugnaient le plus √† quitter leurs demeures du bord du lac; mais ils √©taient tr√®s coh√©sifs, et tr√®s conscients de l'unit√© particuli√®re de leur Clan (comme ils continu√®rent √† l'√™tre), de telle sorte que, quand il devint clair que leurs chefs Elwe et Olwe √©taient r√©solus √† partir et qu'ils auraient une grande suite, beaucoup de ceux parmi eux qui s'√©taient d'abord joints aux Avari pass√®rent aux Eldar, plut√īt que d'√™tre s√©par√©s de leur parent√©. Les √Ďoldor soutenaient en effet que la plupart des 'Teleri' √©taient Avari de cŇďur, et que seuls les Eglain regrettaient r√©ellement d'avoir √©t√© abandonn√©s en Beleriand.
Selon les historiens √Īoldorins, les proportions, hors des 144, qui, lorsque la Marche commen√ßa, devinrent Avari ou Eldar √©taient approximativement ainsi :

Minyar 14 :

Avari 0

Eldar 14

Tatyar 56 :

Avari 28

Eldar 28

Nelyar 74 :

Avari 28

Eldar 46

> Amanyar Teleri 20; Sindar et Nandor 26


Au final les √Ďoldor √©taient le plus grand clan d'Elfes en Aman; alors que les Elfes qui restaient en Terre du Milieu (les Moriquendi, dans le quenya d'Aman) d√©passaient en nombre les Amanyar, dans la proportion de 82 √† 62.12
Jusqu‚Äô√† quel point les noms de clans descriptifs, *wanjā, *√Īgolodō, et *lindā furent pr√©serv√©s parmi les Avari n'est pas connu; mais l'existence des anciens clans √©tait rem√©mor√©e, et une parent√© sp√©ciale entre ceux du m√™me clan originel, qu'ils s'en fussent all√©s ou rest√©s, √©tait toujours reconnue. Les premiers Avari que les Eldar rencontr√®rent √† nouveau en Beleriand semblent avoir revendiqu√© √™tre Tatyar, qui reconnaissaient leur parent√© avec les Exil√©s, bien qu'il n'y ait pas de trace de leur emploi du nom √Ďoldo sous quelque forme avarine reconnaissable. Il √©taient en fait inamicaux envers les √Ďoldor, et jaloux de leurs parents de plus haut rang, qu'ils accusaient d'arrogance.
Ce malaise provenait en partie de la violence du D√©bat avant que la Marche des Eldar ne commen√ß√Ęt, et fut sans aucun doute ult√©rieurement augment√© par les machinations de Morgoth; mais il met √©galement quelque peu en lumi√®re le temp√©rament des √Ďoldor en g√©n√©ral, et de F√ęanor en particulier. En effet, les Teleri, de leur c√īt√©, affirmaient que la plupart des √Ďoldor en Aman m√™me √©taient des Avari de cŇďur, et qu'ils retourn√®rent en Terre du Milieu lorsqu'ils d√©couvrirent leur erreur; ils avaient besoin d'espace pour se quereller. Car, en contraste, les √©l√©ments lindarins des Avari occidentaux √©taient amicaux envers les Eldar, et pleins de bonne volont√© pour apprendre d'eux; et si √©troit √©tait le sentiment de parent√© entre les restants des Sindar, des Nandor, et des Avari lindarins, que, plus tard, en Eriador et dans le Val d'Anduin, ils se m√™l√®rent souvent ensemble.

Lindar (Teleri)13


Ceux-ci √©taient, comme il a √©t√© vu, de loin le plus large des anciens clans. Il est d√©j√† fait r√©f√©rence au nom, apparaissant ult√©rieurement sous forme quenya comme Lindar (telerin Lindai), dans la l√©gende de 'L'√Čveil des Quendi', qui dit des Nelyar qu''ils chant√®rent avant qu'ils ne pussent parler'. Le nom *Lindā est par cons√©quent clairement un d√©riv√© de la racine primitive *LIN (montrant un renforcement du N m√©dial et du adjectival). Cette racine √©tait peut-√™tre une des contributions des Nelyar au quendien primitif, car il refl√®te leurs pr√©dilections et associations, et produit plus de d√©riv√©s dans les langues lindarines que dans les autres. Sa r√©f√©rence primaire √©tait au son m√©lodieux ou plaisant, mais il se r√©f√®re √©galement (sp√©cialement en lindarin) √† l'eau, dont les mouvements √©taient toujours associ√©s par les Lindar au son vocal (elfe). Les renforcements, soit m√©dial lind-, soit initial glin-, glind-, √©taient cependant presque uniquement utilis√©s √† propos de sons musicaux, en particuliers vocaux, produits dans l'intention de plaire. C'est donc √† l'amour des Nelyar pour le chant, pour la musique vocale avec ou sans emploi de mots articul√©s, que le nom Lindar se r√©f√©rait √† l'origine; bien qu'ils aimassent aussi l'eau, et qu'avant la S√©paration ils ne s'√©loignassent jamais du lac et de la chute d'eau14 de Cuivi√©nen, et que ceux qui s'en all√®rent √† l'Ouest devinssent amoureux de la Mer. (Note 14, p. 411)
En quenya, c'est-√†-dire dans la langue des Vanyar et des √Ďoldor, ceux de ce clan qui se joignirent √† la Marche √©taient appel√©s les Teleri. Ce nom √©tait appliqu√© en particulier √† ceux qui vinrent, enfin et en dernier lieu, en Aman; mais il fut aussi ult√©rieurement appliqu√© aux Sindar. Le nom Lindar ne fut pas oubli√©, mais en savoir √Īoldorin, il √©tait principalement utilis√© pour d√©crire le clan entier, y incluant les Avari. Teleri signifiait 'ceux en fin de ligne, les derniers', et √©tait manifestement un surnom apparu durant la Marche, quand les Teleri, les moins enthousiastes au d√©part, √©taient souvent loin √† la tra√ģne. (Note 15, p. 411)

Vanyar


Ce nom fut probablement donn√© au Premier Clan par les √Ďoldor. Ils l'accept√®rent, mais continu√®rent √† s'appeler la plupart du temps par leur ancien nom num√©rique Minyar (√©tant donn√© que la totalit√© de ce clan s'√©tait jointe aux Eldar et avait atteint Aman). Le nom se r√©f√©rait √† la chevelure des Minyar, qui √©tait, chez presque tous les membres du clan, blonde ou or profond. Ceci √©tait consid√©r√© comme une belle caract√©ristique par les √Ďoldor (qui aimaient l'or), bien qu'ils eussent eux-m√™mes principalement les cheveux fonc√©s. En raison d'intermariages, la chevelure dor√©e des Vanyar apparut parfois ult√©rieurement parmi les √Ďoldor : notamment dans le cas de Finarfin, et de ses enfants Finrod et Galadriel, pour lesquels ceci vint de la seconde √©pouse du Roi Finwe, Indis des Vanyar.
Vanyar vient donc d'un d√©riv√© adjectival *wanjā de la racine *WAN. Son sens premier semble avoir √©t√© tr√®s similaire √† l'emploi en anglais (moderne) de 'fair' [NdTr : 'blond, clair, beau'] en r√©f√©rence √† la chevelure et au teint; bien que son d√©veloppement r√©el f√Ľt en fait l'inverse de l'anglais : il signifiait 'p√Ęle, de couleur claire, ni brun ni sombre', et son implication de beaut√© √©tait secondaire. En anglais, le sens 'beau' est primaire. De la m√™me racine fut d√©riv√© le nom donn√© en quenya √† la Valie V√°na, femme d'Orome.
√Čtant donn√© que les Lindar avaient peu de contact avec les Vanyar soit durant la Marche, soit plus tard en Aman, ce nom n'√©tait pas souvent utilis√© par eux pour le Premier Clan. Les Amanyar Teleri avaient la forme Vaniai (sans aucun doute emprunt√©e aux √Ďoldor), mais le nom para√ģt avoir √©t√© oubli√© en Beleriand, o√Ļ le Premier Clan (en savoir et en histoire uniquement) √©tait appel√© Miniel, pl. M√≠nil.

√Ďoldor


Ce nom était probablement plus ancien que Vanyar, et a pu être créé avant la Marche. Il fut donné au Deuxième Clan par les autres. Il fut accepté, et utilisé en tant que leur propre nom régulier par tous les membres eldarins du clan jusqu'à leur histoire récente.
Le nom signifiait 'les Sages', c'est-√†-dire ceux qui ont de grandes connaissances et une grande compr√©hension. Les √Ďoldor en effet firent preuve des plus grands talents de tous les Elfes, √† la fois pour des travaux intellectuels et pour des dons techniques.
Les formes variantes du nom : Q √Ďoldo, T Goldo, S Golodh (Ngolodh), indiquent un PQ originel *√Īgolodo. Il s'agit d'un d√©riv√© de la racine *NGOL 'connaissance, sagesse, savoir'. Ceci s‚Äôobserve dans Q √Ī√≥le 'longue √©tude (de tout sujet)', i√Īgole 'savoir', ingolmo 'savant'. En T g√≥le, engole avaient les m√™mes sens qu'en Q, mais √©taient utilis√©s le plus souvent √† propos du 'savoir' sp√©cial poss√©d√© par les √Ďoldor. En S le mot g√Ľl (√©quivalent du Q √Ī√≥le) avait des associations moins √©logieuses, √©tant principalement utilis√© √† propos de la connaissance secr√®te, en particulier telle celle poss√©d√©e par les artisans qui cr√©aient des choses √©tonnantes; et le mot s'assombrit encore plus par son emploi fr√©quent dans le compos√© morgul 'sciences occultes', appliqu√© aux sciences et connaissances trompeuses ou p√©rilleuses issues de Morgoth. En effet, ceux parmi les Sindar qui √©taient inamicaux envers les √Ďoldor attribu√®rent leur supr√©matie dans les sciences et le savoir √† leur apprentissage de Melkor - Morgoth. C'√©tait un mensonge, venu lui-m√™me en fin de compte de Morgoth; bien qu'il ne f√Ľt pas sans fondement (tout comme les mensonges de Morgoth l'√©taient rarement). Mais les grands dons des √Ďoldor ne venaient pas de l'enseignement de Melkor. F√ęanor, le plus grand d'entre eux, n'eut jamais de relation avec Melkor en Aman, et √©tait son plus grand ennemi.

Sindar


Moins commun√©ment, la forme Sindel, pl. Sindeldi, se rencontre √©galement en quenya exilique. Il s'agissait du nom donn√© par les √Ďoldor exil√©s (voir Note 11) √† la deuxi√®me en nombre des divisions des Eldar. (Note 16, p. 412) Il √©tait appliqu√© √† tous les Elfes d'origine telerine que les √Ďoldor trouv√®rent en Beleriand, bien qu'il excl√Ľt les Nandor ult√©rieurement, except√© ceux qui √©taient les sujets directs d'Elwe, ou qui s'√©taient fondus dans son peuple. Le nom signifiait 'les Gris', ou 'les Elfes gris', et d√©rivait de *THIN, PQ *thindi 'gris, gris p√Ęle ou argent√©', Q √ĺinde, dialecte √Ď sinde.
Sur l'origine de ce nom, voir Note 11. Les Savants supposaient √©galement que r√©f√©rence √©tait faite √† la chevelure des Sindar. Elwe lui-m√™me avait en effet une longue et belle chevelure de teinte argent√©e, mais cela ne semble pas avoir √©t√© un trait commun des Sindar, bien qu'il f√Ľt occasionnellement observ√© chez eux, en particulier dans la parent√®le plus proche ou plus √©loign√©e d'Elwe (comme dans le cas de C√≠rdan).15 En g√©n√©ral, les Sindar paraissent avoir ressembl√© de tr√®s pr√®s aux Exil√©s, ayant une chevelure fonc√©e, √©tant forts et grands, mais agiles. En effet, ils pouvaient difficilement √™tre distingu√©s, except√© par leurs yeux; car les yeux de tous les Elfes qui avaient r√©sid√© en Aman impressionnaient ceux de la Terre du Milieu par leur brillance per√ßante. Raison pour laquelle les Sindar les appelaient souvent Lachend, pl. Lechin 'aux yeux de feu'.

Nandor


Ce nom a d√Ľ √™tre cr√©√© √† l'√©poque, lors des derniers jours de la Marche, o√Ļ certains groupes des Teleri abandonn√®rent la Marche; et il √©tait sp√©cialement appliqu√© √† la large suite de Lenwe, (Note 17, p. 412) qui refusa de traverser les Hithaeglir.16 Le nom √©tait souvent interpr√©t√© comme 'Ceux qui s'en retournent'; mais en fait, aucun des Nandor ne para√ģt √™tre retourn√©, ou avoir rejoint les Avari. Beaucoup rest√®rent et s'√©tablirent dans les r√©gions qu'ils avaient atteintes, en particulier le long du fleuve Anduin; quelques-uns se d√©tourn√®rent et err√®rent vers le sud. (Note 18, p. 412) Il y eut, cependant, comme on le vit ult√©rieurement, une lente d√©rive des Moriquendi vers l'ouest durant la captivit√© de Melkor, et finalement des groupes de Nandor, passant par la Trou√©e entre les Hithaeglir et l'Eryd Nimrais, se r√©pandirent largement en Eriador. Certains d'entre eux p√©n√©tr√®rent finalement en Beleriand, peu avant le retour de Morgoth.17 Ceux-ci √©taient men√©s par Denethor, fils de Denweg (voir Note 17), qui devint un alli√© d'Elwe lors des premi√®res batailles contre les cr√©atures de Morgoth. L'ancien nom Nandor n'√©tait cependant rem√©mor√© que par les historiens √Īoldorins en Aman; et ils ne savaient rien de l'histoire ult√©rieure de ce peuple, se souvenant seulement que le chef de cette d√©fection avant la travers√©e des redoutables Hithaeglir √©tait nomm√© Lenwe (i.e. Denweg). Les savants sindarins se souvenaient des Nandor comme Danwaith, ou, par confusion avec le nom de leur chef, Denwaith.
Ce nom, ils l'appliqu√®rent tout d'abord aux Nandor qui entr√®rent en Beleriand oriental; mais ces gens se nommaient toujours par l'ancien nom de clan *Lindai, qui avait √† cette √©poque pris la forme Lindi dans leur langue. La r√©gion dans laquelle la plupart d'entre eux s'installa finalement, en tant que petit peuple ind√©pendant, ils l'appel√®rent Lindon (< *Lindānā) : il s'agissait de la contr√©e sur les contreforts occidentaux des Montagnes Bleues (Eryd Luin), irrigu√©e par les tributaires du grand fleuve Gelion, et auparavant nomm√©e par les Sindar Ossiriand, le Pays des Sept Rivi√®res. Les Sindar reconnurent rapidement les Lindi comme des parents d'origine lindarine (S Glinnil), utilisant une langue qui, en d√©pit de grandes diff√©rences, √©tait toujours per√ßue comme apparent√©e √† la leur; et ils adopt√®rent les noms Lindi et Lindon, leur donnant les formes Lindil (sg. Lindel) ou Lindedhil, et Lindon ou Dor Lindon. En quenya exilique, les formes utilis√©es (d√©riv√©es des Sindar ou directement des Nandor) √©taient Lindi et Lindon (ou Lind√≥ne). Les √Ďoldor exil√©s se r√©f√©raient √©galement usuellement √† l'Eryd Luin par Eryd Lindon, √©tant donn√© que les parties les plus √©lev√©es de cette cha√ģne formaient les fronti√®res orientales de la contr√©e du Lindon.
Ces noms furent toutefois ult√©rieurement remplac√©s parmi les Sindar par le nom 'Elfes verts', au moins pour autant que les habitants d'Ossiriand fussent concern√©s; car ils se retir√®rent et prirent aussi peu part √† la lutte contre Morgoth qu'ils le purent. Ce nom, S Laegel, pl. Laegil, pluriel de classe Laegrim ou Laegel(d)rim, fut donn√© √† la fois en raison de la verdeur du pays de Lindon, et parce que les Laegrim se v√™taient de vert en tant qu'aide au secret. Ce terme, les √Ďoldor le traduisirent en quenya Laiquendi; mais il n'√©tait pas beaucoup utilis√©.
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Dior

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MessagePostť le: 25 Jan 2007 15:13†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

Appendice A : noms elfes des Hommes


Les premiers Elfes que les Hommes rencontr√®rent dans le monde √©taient des Avari, dont certains leur √©taient amicaux, mais la plupart les √©vitait ou leur √©tait hostile (selon les r√©cits des Hommes). Quels noms les Hommes et les Elfes se donn√®rent-ils les uns aux autres en ces temps √©loign√©s, dont peu √©tait rem√©mor√© lorsque les Savants en Beleriand firent la connaissance des Seconds N√©s, il n'y en a √† pr√©sent nulle trace. Par les D√ļnedain, les Elfes √©taient appel√©s Nim√ģr (les Beaux).18
Les Eldar ne rencontr√®rent nul Homme, de quelque genre ou race, jusqu'√† ce que les √Ďoldor fussent depuis longtemps retourn√©s en Beleriand et fussent en guerre contre Morgoth. Les Sindar ne savaient m√™me rien de leur existence, jusqu'√† l'arriv√©e des Nandor; et ceux-ci n'apport√®rent qu'une rumeur d'√™tres √©tranges (qu'ils n'avaient pas vus eux-m√™mes) errant dans les contr√©es de l'Est, au-del√† des Hithaeglir. De ces r√©cits incertains, les Sindar conclurent que les '√™tres √©tranges' √©taient soit une race diminu√©e des Avari, soit apparent√©s aux Orcs, des cr√©atures de Melkor, √©lev√©es en moquerie des authentiques Quendi. Mais les √Ďoldor avaient d√©j√† entendu parler des Hommes en Aman. Leur connaissance leur venait en premier lieu de Melkor, et √©tait corrompue par sa malveillance, mais avant l'Exil, ceux qui voulaient √©couter en avaient appris plus au sujet de la v√©rit√© des Valar, et ils savaient que les nouveaux venus leur √©taient apparent√©s, √©tant aussi des Enfants d'Il√ļvatar, bien que diff√©rant en dons et destin√©e. Par cons√©quent, les √Ďoldor cr√©√®rent des noms pour la Seconde Race des Enfants, les nommant les Atani 'le Second Peuple'. D'autres noms qu'ils con√ßurent √©taient Apan√≥nar 'les Seconds N√©s', et Hildor 'les Suivants'.
En Beleriand, Atan, pl. Atani, fut le nom le plus utilis√© d√®s le d√©part. Mais √©tant donn√© que, pendant une longue p√©riode, les seuls Hommes connus des √Ďoldor et des Sindar √©taient ceux des Trois Maisons des Amis des Elfes, ce nom leur devint particuli√®rement associ√©, de telle sorte qu'il √©tait rarement appliqu√©, en langage courant, √† d'autres esp√®ces d'Hommes, qui arriv√®rent ult√©rieurement en Beleriand, ou dont il √©tait rapport√© qu'ils demeuraient au-del√† des Montagnes. Les Amis des Elfes (Note 19, p. 412) √©taient parfois appel√©s par les Savants N√ļnatani (S D√ļnedain), 'Hommes de l'Ouest', un terme cr√©√© pour correspondre √† D√ļnedhil, qui √©tait un nom pour tous les Elfes du Beleriand, alli√©s dans la Guerre (voir p. 378). Il s'agissait d'une r√©f√©rence originelle √† l'ouest de la Terre du Milieu, mais le nom N√ļnatani, D√ļnedain fut ult√©rieurement appliqu√© uniquement aux N√ļmen√≥r√©ens, descendants des Atani, qui se retir√®rent sur la lointaine √ģle occidentale de N√ļmen√≥re.
Apan√≥nar 'les Seconds N√©s' √©tait un mot savant, non utilis√© dans le langage quotidien. Un terme g√©n√©ral pour les Hommes de tous genres et de toutes races, en tant que distincts des Elfes, fut seulement con√ßu apr√®s que leur mortalit√© et leur br√®ve esp√©rance de vie devinrent connues des Elfes, par l'exp√©rience. Ils furent alors appel√©s Firyar 'Mortels', ou F√≠rimar de sens similaire (litt√©ralement 'ceux capables de mourir'). (Note 20, p. 412) Ces mots √©taient d√©riv√©s de la racine *PHIRI 'expirer', qui n'avait √† l'origine pas de connexion avec la mort.19 De la mort, telle que subie par les Hommes, les Elfes ne savaient rien, jusqu'√† ce qu'ils fussent √©troitement associ√©s aux Atani; mais il y avait des cas o√Ļ un Elfe, vaincu par un grand chagrin ou une grande lassitude, avait abandonn√© la vie dans le corps. Le principal d'entre eux, le tr√©pas de M√≠riel, la femme du Roi Finwe, fut un sujet de grande inqui√©tude pour tous les √Ďoldor, et il √©tait dit d'elle que son dernier acte, quand elle abandonna la vie dans le corps et s'en remit √† la garde de Mandos, fut un profond soupir de lassitude.
Ces noms quenya furent ult√©rieurement adapt√©s en des formes de la langue sindarine : Atan > Adan, pl. Edain; Firya > Feir, pl. F√ģr (avec Firion m. sg., Firieth f. sg.), pluriel de classe Firiath; F√≠rima > F√≠reb, pl. F√≠rib, pluriel de classe Firebrim. Ces formes, qui ne pouvaient pas, pour des raisons historiques, √™tre h√©rit√©es du CE, mais qui sont celles que les mots, si h√©rit√©s, auraient rev√™tues, montrent qu'elles furent adapt√©es par des gens disposant d'une connaissance consid√©rable des deux langues et d'une compr√©hension de leurs relations l'une √† l'autre; autrement dit, elles furent probablement d'abord cr√©√©es par les √Ďoldor pour un emploi en sindarin, lorsqu'ils eurent adopt√©s cette langue pour l'usage quotidien en Beleriand. F√≠reb, compar√© √† F√≠rima, montre l'emploi d'un suffixe diff√©rent, (Note 21, p. 412) √©tant donn√© que l'√©quivalent S du Q -ima (*-ef) n'√©tait pas commun. Apan√≥nar fut rendu par Abonnen, pl. Eboennin, utilisant une formation participiale diff√©rente de la racine *ONO 'engendrer, donner naissance √†'. Hildor, √©tant donn√© que la racine *KHILI 'suivre' n'√©tait pas commune en sindarin, fut rendu par Aphadon, pl. Ephedyn, pluriel de classe Aphadrim, du S aphad- 'suivre' < *ap-pata 'marcher derri√®re, sur une piste ou un chemin'.


Appendice B : noms elfes des Nains


Les Sindar avaient depuis longtemps fait la connaissance des Nains, et avaient √©tabli des relations pacifiques avec eux, bien que de commerce et d'√©change de techniques plut√īt que de v√©ritable amiti√©, avant l'arriv√©e des Exil√©s. Le nom (au pluriel) que les Nains se donnaient √©tait Khazād, et celui-ci, les Sindar le rendirent comme ils le purent dans les termes de leur propre langue, lui donnant la forme * > *cha√įaud > Hadhod. (Note 22, p. 412) Hadhod, Hadhodrim √©tait le nom qu'ils continu√®rent d'employer dans leurs rapports r√©els avec les Nains; mais entre eux, ils se r√©f√©raient habituellement aux Nains comme √©tant les Naugrim 'le Peuple ch√©tif'. L'adjectif naug 'nain (nanis√©), ch√©tif', cependant, n'√©tait pas utilis√© en soi pour l'un des Khazād. Le mot utilis√© √©tait Nogoth, pl. Noegyth, pluriel de classe Nogothrim (en tant qu'√©quivalent occasionnel de Naugrim). (Note 23, p. 413) Ils se r√©f√©raient √©galement souvent aux Nains en tant que race par le nom Dornhoth 'le Peuple rigide', en raison de leur humeur obstin√©e ainsi que de leur endurance corporelle.
Les Exil√©s entendirent d'abord parler des Nains par les Sindar, et, en utilisant la langue sindarine, ils adopt√®rent naturellement les noms d√©j√† √©tablis. Mais ult√©rieurement, en Beleriand oriental, les √Ďoldor d√©velopp√®rent des relations ind√©pendantes avec les Nains de l'Eryd Lindon, et ils adapt√®rent le nom Khazād √† nouveau pour usage en quenya, lui donnant la forme Kasar, pl. Kasari ou Kasāri. (Note 24, p. 413) Ceci √©tait le mot tr√®s commun√©ment utilis√© en quenya pour les Nains, le pluriel partitif √©tant Kasalli, et le nom de race Kasallie. Mais les noms sindarins furent aussi adapt√©s ou imit√©s, un Nain √©tant appel√© Nauko ou Norno (le peuple entier Naukalie ou Nornalie). Norno √©tait le terme plus amical. (Note 25, p. 413)
Les Petits-Nains. Voir aussi Note 7. Les Eldar ne reconnurent pas de prime abord ceux-ci en tant qu'Incarnés, car ils les apercevaient rarement à la lumière claire. Ils ne devenaient en effet conscients de leur existence que lorsqu'ils attaquaient les Eldar à la dérobée la nuit, ou s'ils capturaient l'un d'entre eux dans des endroits sauvages. Les Eldar, par conséquent, pensèrent qu'ils étaient une espèce d'animal bipède rusé, vivant dans des grottes, et ils les appelèrent Levain tad-dail, ou simplement Tad-dail, et ils les chassèrent. Mais après que les Eldar eurent fait la connaissance des Naugrim, les Tad-dail furent reconnus comme une variété de Nains et furent laissés en paix. Il y en avait alors peu d'entre eux qui survivaient, et ils étaient très prudents, et trop craintifs pour attaquer un Elfe, à moins que leurs refuges ne fussent approchés de trop près. Les Sindar leur donnèrent les noms Nogotheg 'Nabot', ou Nogoth niben 'Petit-Nain'.20
Les grands Nains m√©prisaient les Petits-Nains, qui √©taient (est-il dit) les descendants de Nains qui avaient quitt√© ou avaient √©t√© rejet√©s des Communaut√©s, √©tant difformes ou trop petits, ou paresseux et rebelles. Mais ils reconnaissaient toujours leur parent√© et ils n'appr√©ciaient aucun tort qui leur √©tait fait. En effet, c'√©tait l'une de leurs dol√©ances contre les Eldar qu'ils eussent chass√©s et tu√©s leur parents moindres, qui s'√©taient √©tablis en Beleriand avant que les Elfes n'y arrivassent. Cette dol√©ance fut mise de c√īt√©, lorsque des trait√©s furent conclus entre les Nains et les Sindar, en consid√©ration de l'argument selon lequel les Petits-Nains ne s'√©taient jamais d√©clar√©s aux Eldar, ni n'avaient pr√©sent√© de revendications de pays ou d'habitations, mais avaient imm√©diatement attaqu√© les nouveaux venus dans l'obscurit√© et en guet-apens. Mais la dol√©ance couvait toujours, comme il fut vu ult√©rieurement dans le cas de M√ģm, le seul Petit-Nain qui joua une part m√©morable dans les Annales du Beleriand.
Les √Ďoldor, pour l'emploi en quenya, traduisirent ces noms sindarins pour les Petits-Nains par Attalyar 'Bip√®des', et Pikinaukor ou Pitya-naukor.

Les demeures principales des Nains qui devinrent connues des Sindar (bien que peu les visitassent jamais) √©taient situ√©es sur le versant oriental de l'Eryd Luin. Elles √©taient nomm√©es, dans la langue des Nains, Gabilgathol et Tumunzahar. La plus grande de toutes les demeures des Nains, Khazad-d√Ľm, sous les Hithaeglir loin √† l'est, √©tait connue des Eldar seulement de nom et par la rumeur en provenance des Nains occidentaux.
Ces noms, les Sindar n'essay√®rent pas de les adapter, mais les traduisirent selon leur sens, comme Belegost 'Mickleburg'; Novrod, ult√©rieurement Nogrod, signifiant originellement 'Hollowbold'; et Hadhodrond 'Dwarrowvault'.21 (Note 26, p. 414) Ces noms, les √Ďoldor les utilis√®rent naturellement en parlant et en √©crivant le sindarin, mais pour emploi en quenya, ils traduisirent √† nouveau les noms en T√ļrosto, N√°varot, et Cassarondo.


Appendice C : noms elfes des Orcs


Les paragraphes d'ouvertures de cet appendice ont été donnés dans L’Anneau de Morgoth, p. 416, et ne sont pas répétés ici.

____________________


[NdTr : suivent ces paragraphes d’ouverture.]


Ici n'est pas l'endroit pour d√©battre de l'origine des Orcs. Ils furent √©lev√©s par Melkor, et leur √©levage fut la plus affreuse et la plus lamentable de ses Ňďuvres en Arda, mais non la plus terrible. Selon sa malveillance, ils √©taient de toute √©vidence cens√©s √™tre une moquerie des Enfants d'Il√ļvatar, totalement soumis √† sa volont√© et nourris d'une haine inextinguible pour les Elfes et les Hommes.
Les Orcs des guerres qui s'ensuivirent, apr√®s l'√©vasion de Melkor-Morgoth et son retour en Terre du Milieu, n'√©taient ni des esprits ni des fant√īmes, mais des cr√©atures vivantes, capables de parler et, dans une moindre mesure, dot√©es de talents et capables de s'organiser, ou du moins aptes √† apprendre de telles choses de cr√©atures sup√©rieures ou de leur Ma√ģtre. Ils se multipliaient rapidement lorsqu'on les laissait en paix. Il est improbable, comme le montrerait une √©tude de leur origine premi√®re, que les Quendi aient rencontr√© des Orcs de cette sorte avant qu'Orom√ę ne les d√©couvre et que les Eldar et les Avari ne se s√©parent.
Mais on sait que Melkor avait d√©couvert les Quendi avant que les Valar ne lui d√©clarent la guerre, et la joie des Elfes en Terre du Milieu avait d√©j√† √©t√© entach√©e par l'ombre de la peur. Des formes terrifiantes avaient commenc√© √† hanter les abords de leurs demeures, et certains d'entre eux s'√©vanouissaient dans les t√©n√®bres, et d'eux on n'entendait plus parler. Certaines de ces choses √©taient peut-√™tre des fant√īmes et des illusions ; mais d'autres √©taient sans aucun doute des formes prises par les serviteurs de Melkor, moquant et d√©gradant les formes m√™mes des Enfants. Car Melkor avait √† son service de nombreux Maiar, qui avaient le pouvoir, tout comme leur ma√ģtre, de prendre des formes visibles et tangibles en Arda.

____________________


Les mots qui suivent à présent, 'ces formes et la terreur qu'elles inspiraient', se réfèrent aux 'formes terrifiantes' qui hantaient les demeures des Elfes au pays de leur éveil.

Pour ces formes et la terreur qu'elles inspiraient, l'√©l√©ment principalement utilis√© dans l'ancienne langue des Elfes semble avoir √©t√© *RUKU. Dans toutes les langues eldarines (et, est-il dit, en avarin √©galement), il y a de nombreux d√©riv√©s de cette racine, ayant des formes anciennes telles que : ruk-, rauk-, uruk-, urk(u), runk-, rukut/s, en plus du radical renforc√© gruk-, et l'√©labor√© guruk-, √Īguruk. (Note 27, p. 415) D√©j√† en PQ, ce mot a d√Ľ √™tre form√©, qui avait en CE la forme *rauku ou *raukō. Ceci √©tait appliqu√© aux formes plus grandes et plus terribles de l'ennemi. Mais anciennes √©galement √©taient les formes uruk, uruk/ō, et l'adjectival urkā 'horrible'. (Note 28, p. 415)
En quenya, nous rencontrons le nom urko, pl. urqui, d√©rivant, comme le montre la forme plurale, de *urku ou *uruku. En sindarin, on trouve le correspondant urug; mais il y a, en emploi courant, la forme orch, qui doit √™tre d√©riv√©e de *urkō ou de l'adjectival *urkā.
Dans le savoir du Royaume B√©ni, le Q urko appara√ģt naturellement rarement, except√© dans les r√©cits des jours anciens et de la Marche, et est alors de sens vague, se r√©f√©rant √† tout ce qui causa la peur chez les Elfes, toute forme ou ombre douteuse, ou cr√©ature r√īdeuse. En sindarin, urug a une utilisation similaire. Il peut en effet √™tre traduit par 'd√©mon'. Mais la forme orch semble imm√©diatement avoir √©t√© appliqu√©e aux Orcs, aussit√īt qu'ils apparurent; et Orch, pl. Yrch, pluriel de classe Orchoth resta le nom r√©gulier pour ces cr√©atures en sindarin ult√©rieurement. La parent√©, pourtant pas une √©quivalence pr√©cise, du S orch au Q urko, urqui √©tait reconnue, et en quenya exilique urko √©tait commun√©ment utilis√© pour traduire le S orch, bien qu'une forme indiquant l'influence du sindarin, orko, pl. orkor et orqui, apparaisse souvent √©galement.
Ces noms, d√©riv√©s par diff√©rents chemins des langues elfes, du quenya, du sindarin, du nandorin, et sans aucun doute des dialectes avarins, se diffus√®rent largement, et semblent avoir √©t√© la source des noms des Orcs dans la plupart des langues des Jours Anciens et des premiers √Ęges, dont il n'existe plus de trace. La forme en aduna√Įque urku, urkhu peut venir directement du quenya ou du sindarin; et cette forme est √† la base des mots pour Orc dans les langues des Hommes du nord-ouest durant le Second et le Troisi√®me √āges. Les Orcs eux-m√™mes l'adopt√®rent, car le fait qu'il se r√©f√©rait √† la terreur et √† la haine les enchantait. Le mot uruk qui appara√ģt en Parler Noir, con√ßu (dit-on) par Sauron pour servir de lingua franca √† ses sujets, fut probablement emprunt√© par lui aux langues elfes des √©poques pr√©c√©dentes. Il se r√©f√©rait, cependant, particuli√®rement aux Orcs entra√ģn√©s et disciplin√©s des r√©giments du Mordor. Les esp√®ces moindres semblent avoir √©t√© appel√©es snaga.22
Les Nains pr√©tendaient avoir rencontr√© et combattu les Orcs longtemps avant que les Eldar en Beleriand ne fussent conscients d'eux. Ce fut en effet leur haine incontestable des Orcs, et leur volont√© d'aider en toute guerre contre eux, qui convainquirent les Eldar que les Nains n'√©taient pas des cr√©atures de Morgoth. Toutefois, le nom nain des Orcs, Rukhs, pl. Rakhās, semble indiquer une affinit√© envers les noms elfes, et √©tait probablement en fin de compte d√©riv√© de l'avarin.
Les Eldar avaient de nombreux autres noms pour les Orcs, mais la plupart d'entre eux √©tait des 'kennings', des termes descriptifs d'emploi occasionnel. L'un √©tait, cependant, d'usage courant en sindarin : plus souvent que Orchoth, le nom g√©n√©ral pour les Orcs en tant que race qui appara√ģt dans les Annales √©tait Glamhoth. Glam signifiait 'vacarme, tumulte, les hurlements et mugissements confus de b√™tes', de telle sorte que Glamhoth √† l'origine signifiait plus ou moins 'la horde hurlante', en r√©f√©rence √† l'horrible clameur des Orcs dans la bataille ou en cas de poursuite - ils pouvaient √™tre assez furtifs en cas de besoin. Mais Glamhoth devint si fermement associ√© aux Orcs que Glam seul pouvait √™tre utilis√© pour tout corps d'Orcs, et une forme singuli√®re fut cr√©√©e √† partir de lui, glamog. (Comparer le nom de l'√©p√©e Glamdring.)

Note. Le mot utilisé en traduction des Q urko, S orch, est Orc. Mais c'est en raison de la similarité entre le mot en vieil anglais orc 'esprit mauvais ou démon' et les mots elfes. Il n'y a probablement aucune connexion entre eux. Le mot anglais est à présent généralement supposé être dérivé du latin Orcus.
Le mot pour Orcs dans la langue √† pr√©sent oubli√©e des Druedain, dans le royaume du Gondor, est rapport√© √™tre (? au pluriel) gorg√Ľn. Ceci est probablement d√©riv√© en fin de compte des mots elfes.
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MessagePostť le: 25 Jan 2007 16:26†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

Appendice D :
*Kwen, quenya, et les mots elfes (en particulier √Īoldorins) pour 'langue'


Les Savants √Īoldorins affirment souvent que la signification de Quendi √©tait 'ceux qui parlent', 'ceux qui forment des mots avec leurs voix' - i karir quettar √≥mainen. √Čtant donn√© qu'ils √©taient en possession de traditions provenant des jours anciens d'avant la S√©paration, cette affirmation ne peut √™tre √©cart√©e; bien que le d√©veloppement du sens expos√© ci-dessus puisse aussi √™tre tenu pour correct.
On peut objecter qu'en fait, on ne trouve pas de racine *KWEN se r√©f√©rant clairement au langage ou au son vocal dans aucune langue elfe connue. La racine la plus proche en forme est *KWET 'parler, prononcer des mots, dire'. Mais en traitant cet ancien mot, nous devons remonter aux d√©buts de la langue elfe, avant l'organisation ult√©rieure de sa structure basique, avec sa pr√©f√©rence (en particulier dans les radicaux de port√©e verbale) pour le mod√®le X-X(-), avec une consonne m√©diale fixe, comme e.g. dans des radicaux d√©j√† exemplifi√© ci-dessus, tels que *Dele, *Heke, *Tele, *Kala, *Kiri, *Nuku, *Ruku, etc. Un grand nombre de radicaux monosyllabiques (avec seulement une consonne ou groupe consonantique initial) appara√ģt encore dans les langues eldarines; et nombre des radicaux dissyllabiques ont d√Ľ √™tre obtenus par √©laboration de ceux-ci, tout comme, lors d'une √©tape ult√©rieure √† nouveau, les soi-disant radicaux *kalat- furent √©tendus √† partir des formes dissyllabiques : *kala > *kalat(a).
Si nous supposons alors que l'ancienne forme de cette racine se r√©f√©rant au langage oral √©tait *KWE, dont *KWENE et *KWETE furent des √©laborations, nous trouverons un parall√®le frappant dans les formes de *KWA. Cette racine se r√©f√©rait manifestement √† l''ach√®vement'. En tant que tel, il survit comme un √©l√©ment en nombre des mots eldarins pour 'entier, total, tout', etc. Mais il appara√ģt √©galement dans la forme *KWAN, et ne peut √™tre bien s√©par√© de la racine verbale *KWATA, Q quat- 'remplir'. La supposition aide √©galement √† expliquer une forme curieuse et manifestement archa√Įque qui ne survit que dans les langues d'Aman : *ekwē, Q eque, T epe. Elle n'a pas de formes de temps et ne re√ßoit habituellement pas d'affixes pronominaux, (Note 29, p. 415) √©tant principalement utilis√©e uniquement devant soit un nom propre (sg. ou pl.), soit un pronom compl√®tement ind√©pendant, dans les sens dis / dit ou disais / disait. Une citation suit alors, soit directe, soit moins habituellement indirecte apr√®s une conjonction 'que'.
Dans cet *ekwē, nous avons clairement un dernier survivant du primitif *KWE. Il trouve √† nouveau un √©quivalent avec la formation similaire (bien que de fonction diff√©rente) √† partir de *KWA : *akwā. Ceci ne survit en quenya que comme aqua 'enti√®rement, compl√®tement, en tout, totalement'. (Note 30, p. 415) Comparer l'emploi de -kwā dans la formation d'adjectifs √† partir de noms, tels que -ful en anglais, except√© que le sens a √©t√© moins affaibli, et reste plus proche de la signification originelle de la racine : ‚Äėcompl√®tement‚Äô. (Note 31, p. 415)
En quenya, la forme eques, signifiant originellement 'dit-il, dit quelqu'un' [NdTr : au pass√©] (voir Note 29) √©tait √©galement utilis√©e en tant qu'un nom eques, avec le pluriel analogique equessi, 'un dicton, une maxime, une citation des mots prononc√©s par quelqu'un', d'o√Ļ √©galement 'une maxime, un dicton courant ou proverbial'.
Nous pouvons par cons√©quent accepter l'√©tymologie de *kwene, *kwēn qui donnerait sa signification originelle 'parlant, qui parle, quelqu'un utilisant un langage vocal'. Il serait en effet naturel pour les Elfes, requ√©rant un mot pour quelqu'un de leur propre esp√®ce en tant que distinct d'autres cr√©atures alors connues, de choisir l'emploi du langage en tant que caract√©ristique principale. Mais une fois form√©, le mot a d√Ľ prendre la signification 'personne', sans r√©f√©rence particuli√®re √† ce talent des Incarn√©s. Ainsi *nere, *nēr une personne masculine, un homme, fut d√©riv√© de *NERE se r√©f√©rant √† la force physique et √† la bravoure, mais il √©tait possible de parler d'un nēr faible ou l√Ęche, ou d‚Äôailleurs de parler d'un kwēn idiot ou silencieux.
On pourrait par cons√©quent encore douter que, dans le d√©riv√© *kwendī, la notion de parole ne f√Ľt plus r√©ellement pr√©sente. L'affirmation des Savants ne peut, cependant, √™tre rejet√©e; alors qu'il faut se souvenir que les Elfes √©taient toujours plus profond√©ment int√©ress√©s par la langue que les autres races. Jusqu'au moins √† l'√©poque de la S√©paration, donc, *Kwendī a d√Ľ sugg√©rer 'nous, les gens qui parlent'; il peut en effet s'√™tre primairement appliqu√© √† des affluences de discussion, ou √† l'√©coute de discours et de r√©citations. Mais lorsque les Elfes en vinrent √† conna√ģtre d'autres cr√©atures de formes similaires, et d'autres Incarn√©s qui utilisaient un langage vocal, et que le nom *Kwendī, Quendi fut utilis√© pour les distinguer de ces autres esp√®ces, le sens linguistique n'a plus d√Ľ √™tre pr√©sent dans le langage courant.

Au sujet du mot Quenya : un compte-rendu est donn√© ci-dessus √† propos de la fa√ßon dont ce mot en vint √† √™tre utilis√© d'abord en Aman pour la langue elfe, (Note 32, p. 416) et ensuite pour les dialectes des Eldar en Aman, et ult√©rieurement pour les langues des Vanyar et des √Ďoldor, et finalement en Terre du Milieu pour l'ancienne langue des √Ďoldor pr√©serv√©e en tant que langue de rite et de savoir. Ceci est historiquement correct, quelle que puisse √™tre l'√©tymologie ultime de Quenya avant que les Eldar n'arrivassent en Aman. L'opinion adopt√©e ci-dessus (p. 360) est qu'il est d√©riv√© d'un adjectif *kwendjā, form√© sur le radical *kwende (dont *kwendi √©tait le pluriel), signifiant 'appartenant aux Quendi ou Elfes'.
Pengolodh le Savant d'Eress√ęa dit, dans son Lammas ou Expos√© des Langues, que Quenya signifiait correctement 'langue, langage', et √©tait le mot le plus ancien pour cette signification. Ce n'est pas une affirmation bas√©e sur la tradition, mais une opinion de Pengolodh; et il semble uniquement vouloir dire que Quendya, Quenya n'est en fait jamais rapport√© except√© en tant que nom d'une langue, et que cette langue √©tait la seule existante connue lorsque ce mot fut cr√©√© pour la premi√®re fois.
En tout cas, il est clair que Quenya fut en fait toujours particulier par sa r√©f√©rence; car lorsque les Savants √Īoldorins en vinrent √† consid√©rer les sujets linguistiques, et eurent besoin de mots pour le langage ou la langue vocale en g√©n√©ral, en tant que mode d'expression ou de communication, et pour diff√©rents aspects du langage, ils ne firent pas usage de l'√©l√©ment *kwen, quen ou de ses d√©riv√©s.
Le mot usuel, en emploi non technique, pour 'langue' √©tait *lambē, Q et T lambe, S lam. Ceci √©tait indubitablement apparent√© au mot pour la langue physique : *lambā, Q et T lamba, S lam. Il signifiait 'mouvement de langue, (genre d') utilisation de la langue'. (Note 33, p. 416) Cet emploi d'un mot d√©signant la langue et ses mouvements pour la langue articul√©e provint sans aucun doute, m√™me dans une p√©riode pendant laquelle tous les locuteurs connus parlaient substantiellement la m√™me langue, de l'observation √©l√©mentaire du r√īle important jou√© par la langue dans la parole articul√©e, et de la perception des particularit√©s des individus, et des diff√©rences mineures sur le point de se d√©velopper dans la langue des groupes et des clans.
Lambe signifiait donc primairement 'une fa√ßon de parler', au sein d'un syst√®me commun g√©n√©ralement intelligible, et √©tait plus proche de notre 'dialecte' que de 'langue'; mais ult√©rieurement, lorsque les Eldar devinrent conscients des autres langues, inintelligibles sans √©tude, lambe devint naturellement appliqu√© aux langues s√©par√©es de tout peuple ou r√©gion. Les Savants, par cons√©quent, n'utilisaient pas lambe en tant que terme pour une langue ou un langage en g√©n√©ral. Leurs termes √©taient d√©riv√©s de la racine *TE√Ď 'indiquer, signifier', √† partir duquel fut form√© le mot d√©sormais bien connu *tenwe > Q tengwe 'indication, signe, marque'. √Ä partir de ceci, ils cr√©√®rent le mot tengwesta 'un syst√®me ou code de signes'. Chaque 'langue' √©tait un tel syst√®me. Une lambe √©tait une tengwesta construite sur des sons (hloni). Pour le sens Langue, en tant que tout, l'art propre aux Incarn√©s dont chaque tengwesta √©tait un produit particulier, ils utilisaient la formation abstraite tengwestie.
√Ä pr√©sent, *TE√Ď ne contenait pas de r√©f√©rence sp√©ciale au son. En fin de compte, il signifiait 'pointer sur', et ainsi indiquer une chose, ou transmettre une pens√©e, par quelque geste, ou par quelque signe qui serait compris. Ceci √©tait appr√©ci√© par les Savants, qui souhaitaient un mot libre de toute limitation au regard du genre de signes ou tengwi utilis√©s. Ils pouvaient ainsi inclure sous tengwesta tout groupe de signes, incluant des gestes visibles, utilis√©s et reconnus par une communaut√©.
Ils connaissaient de tels syst√®mes de gestes. Les Eldar poss√©daient un syst√®me assez √©labor√©, (Note 34, p. 416) contenant un grand nombre de signes gestuels conventionnels, dont certains √©taient aussi 'arbitraires' que ceux de syst√®mes phon√©tiques. C'est-√†-dire, ils n'avaient pas plus de connexion √©vidente avec des gestes se passant d'explication (tel que pointer vers une direction d√©sir√©e) que n'en avait la majorit√© des √©l√©ments ou combinaisons vocaux avec des mots 'en √©cho' ou imitatifs (tels que *māmā, Q m√°ma 'mouton', ou *k(a)wāk, Q qu√°ko 'corbeau').
Les Nains, d'ailleurs, comme on le sut ult√©rieurement, avaient un syst√®me bien plus √©labor√© et organis√©. Ils poss√©daient en fait une tengwesta secondaire de gestes, en parall√®le avec leur langue parl√©e, qu'ils commen√ßaient √† apprendre presque aussit√īt qu'ils apprenaient √† parler. On devrait plut√īt dire qu'ils poss√©daient un nombre de tels codes gestuels; car, √† la diff√©rence de leur langue parl√©e, qui resta √©tonnamment uniforme et inchang√©e √† la fois dans le temps et dans l'espace, leurs codes gestuels variaient consid√©rablement de communaut√© √† communaut√©. Et ils √©taient diff√©remment utilis√©s. Pas pour la communication √† distance, car les Nains √©taient myopes, mais pour le secret et l'exclusion des √©trangers.
Les éléments-signes constituants d'un tel code étaient souvent si légers et si rapides qu'ils pouvaient difficilement être détectés, encore moins interprétés par des spectateurs non initiés. Comme les Eldar le découvrirent finalement lors de leurs échanges avec les Naugrim, ils pouvaient parler avec leurs voix mais en même temps, par 'gestes', transmettre aux leurs des modifications de ce qui était en train d'être dit. Ou ils pouvaient rester silencieux en considérant une proposition, et pourtant conférer entre eux pendant ce temps.
Cette 'langue gestuelle', ou, comme ils l'appelaient, iglishm√™k, les Nains n'√©taient pas plus empress√©s de l'enseigner que leur propre langue. Mais ils comprenaient et respectaient le d√©sir d√©sint√©ress√© de la connaissance, et certains des savants √Īoldorins ult√©rieurs furent autoris√©s √† apprendre suffisamment √† la fois leur lambe (agl√Ęb) et leur iglishm√™k pour comprendre leurs syst√®mes.
Bien qu'une lambe f√Ľt donc en th√©orie simplement une tengwesta qui se trouvait employer des signes phon√©tiques, hlon√≠ti tengwi, les premiers savants consid√©raient qu'il s'agissait d'une forme sup√©rieure, capable de produire un syst√®me incalculablement plus subtil, pr√©cis et √©tendu que tout hwerme ou code gestuel. Quand non qualifi√©e, donc, tengwesta signifiait une langue parl√©e. Mais en emploi technique, elle signifiait plus que lambe. L'√©tude d'une langue incluait non seulement la lambe, la fa√ßon de parler (il s'agit de ce que nous devrions appeler sa phon√©tique et sa phonologie), mais aussi sa morphologie, sa grammaire, et son vocabulaire.

La section omise de l'Appendice D (voir p. 359) commence ici.
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[NdTr : Ce qui suit est cette section omise, publiée dans le Vinyar Tengwar 39.]


En cette p√©riode, les Savants ne connaissaient bien s√Ľr pas l'iglishm√™k nain, et √©taient toujours limit√©s en Aman √† l'√©tude des dialectes et gestes eldarins, √©largie par une certaine connaissance de la langue des Valar (voir [la note sur la 'langue des Valar'] ci-dessous). Ils √©taient cependant impressionn√©s par l'analogie avec les signes gestuels silencieux, dont les mouvements constituants pouvaient √™tre observ√©s; et ceci affecta beaucoup leurs premi√®res analyses et descriptions de leur propre langue, qui donc tendaient en premier √† pr√™ter plus d'attention aux mouvements physiques effectu√©s en parlant qu'aux effets audibles, consid√©rant le locuteur plut√īt que l'auditeur.
Ainsi, selon les premiers Savants, une lambe devait √™tre analys√©e en un nombre de tengwi, qui pouvaient √™tre utilis√©s seuls ou en combinaisons. Dans un hwerme, plus d'un geste visiblement distinct pouvait √™tre combin√© pour transmettre un sens simple (Note 1). Bien que n‚Äôimporte lequel de ces mouvements pourrait seul suffire √† v√©hiculer une signification. Il en allait de m√™me pour le langage. Bien qu'il f√Ľt bien plus complexe et organis√© et qu'il utilis√Ęt normalement des combinaisons de mouvements linguaux ou autres, il pouvait toujours employer pour un 'mot' un √©l√©ment phon√©tique qui pouvait √™tre consid√©r√© comme simple ou non combin√©. De cette mani√®re, les premiers analystes en vinrent √† employer, en traitant de la langue, le terme tengwe, non pour un 'mot', m√™me si s√©par√© et non compos√©, en tant que signe ou marque de son sens, mais pour les mouvements phon√©tiques s√©parables dont les mots √©taient compos√©s.
Dans leurs opinions de ce qui constituait un mouvement phonétique élémentaire ou tengwe, ils semblent également avoir été influencés par leurs théories concernant les origines de la langue elfe, et la manière par laquelle les 'racines' normales ou bases de mots avaient été développées à partir de débuts plus simples. En tout cas, ils analysèrent d'abord les tengwi constituants de la langue elfe comme étant chacune des consonnes basiques effectives ou supposées suivies d'une des voyelles basiques qui (comme ils le disaient) la 'colorait'. Le nombre total de quante tengwi, ou signes entiers, composant une tengwesta était, par conséquent, le nombre de ses consonnes basiques multiplié par le nombre de ses voyelles basiques.
Ainsi √mata 'manger' se composait du tengwe ma + le tengwe ta; mais cette conjonction et cet ordre constituaient un quetta distinct ou mot, n'ayant pas de connexion n√©cessaire en signification avec, disons, √maka (dans lequel seul le second tengwe √©tait modifi√©), ni avec √tama (dans lequel seul l'ordre √©tait modifi√©).
Mais en ce qui concerne le quenya tel qu'il existait, cette analyse devait encore expliquer les groupes consonantiques et les consonnes finales (c'est-√†-dire, les consonnes sans voyelle les suivant ou les colorant); et les voyelles apparaissant seules, en particulier initialement. √Ä cette √©poque, les √Ďoldor en savaient d√©j√† beaucoup au sujet de l'histoire de leur propre langue, et ce fut partiellement √† la lumi√®re de cette connaissance qu'ils trait√®rent de ces deux points.
En ce qui concerne les consonnes sans voyelles, ils les considéraient dans tous les cas comme ayant 'perdu' la voyelle suivante, et ils les appelaient rakine tengwi 'signes dépouillés' ou 'dépossédés'. À cet effet, il n'était pas nécessaire de distinguer entre une 'perte' véritable et une 'omission', c'est-à-dire, entre la disparition phonétique 'non voulue' de sons au cours de la conversation et de la transmission linguistique dans le temps, et la suppression ou le rejet de sons au cours de l'invention consciente et de la construction de mots plus complexes. (Finalement, les savants considérèrent cette distinction comme étant de grande importance.)
En ce qui concerne les voyelles sans consonnes les pr√©c√©dant, ils continuaient de mani√®re similaire. Ils avaient en quenya quelques monosyllabes vocaliques, comme i et √ļ; et √©galement quelques dissyllabes qui √©taient vocaliques, telles que √ęa 'cela est' ou √∂a '(hors) de'. Il y avait aussi un nombre non n√©gligeable de mots dissyllabiques qui, bien qu'ils eussent une consonne initiale, n'en avaient pas de m√©diale, tels que t√∂a 'bois' ou lie 'peuple'. Mais il √©tait plus difficile d'accommoder √† leur th√©orie de la structure basique les nombreuses 'racines' qui n'avaient pas de consonne initiale. √Ä c√īt√© du motif qu'ils consid√©raient comme normal : XaXa (dans lequel X repr√©sente toute consonne basique, et a toute voyelle), comme par exemple √mata, il y en avait de nombreux du type -aXa, tel que √ara. Les Savants affirmaient que ces voyelles devaient avoir 'perdu' leurs consonnes pr√©c√©dentes; mais √©tant donn√© qu'ils consid√©raient qu'une consonne √©tait une partie d'un tengwe plus vitale que la voyelle colorante, ils appelaient de telles voyelles non accompagn√©es penye tengwi, c'est-√†-dire 'signes manquants' ou 'inad√©quats'.
La supposition d'une perte, dans ces deux cas, n'était cependant pas simplement due à la théorie. Il s'agissait dans de nombreux mots de l'explication historique de l'occurrence de voyelles sans une consonne précédente (probablement toujours l'explication dans le cas d'un hiatus médial); il s'agissait également souvent de la véritable explication du contact de consonnes sans voyelles intermédiaires, alors que toutes les consonnes finales avaient probablement perdu une voyelle finale, si les lointaines origines quendiennes étaient examinées. Les Savants en étaient conscients. Certaines consonnes avaient été perdues lors de l'histoire consignée du quenya en Aman; ou leur présence ancienne pouvait être détectée par l'examen du quenya et par une comparaison avec le dialecte telerin. De nombreuses consonnes finales contemporaines avaient des voyelles suivantes dans des périodes plus anciennes, ou étaient clairement apparentées à des mots qui avaient toujours des voyelles suivantes.
Par exemple, Mandos de l'ancien Mandostŏ √† c√īt√© d'osto de l'ancien ostō (la r√©duction et la perte subs√©quente de voyelles finales dans les seconds √©l√©ments de compos√©s √©tant un trait fr√©quent des premiers stades du quenya). La pr√©sence autrefois du √Ī intervocalique, ult√©rieurement perdu en quenya, pouvait √™tre d√©tect√©e par prise en compte des relations entre t√ęa 'indique' et tenge 'indiqu√©', tengwe 'signe', et par comparaison avec √ęa 'existe' √† c√īt√© de engwe 'chose'. La pr√©sence autrefois du g initial pouvait √™tre d√©tect√©e par comparaison du, disons, Q alda 'arbre' avec le T galla, et le processus de perte √™tre d√©duit de l'√©pellation dans l'ancienne √©criture r√ļmilienne (utilisant un signe initial qui √©tait connu par tradition parmi les savants avoir repr√©sent√© la spirante ouverte).
√Ä cette √©poque, d√®s lors, les savants repr√©sent√®rent les penye tengwi comme d√©pendants d'un signe pour une consonne perdue; et √† cet effet ils utilisaient le signe en r√ļmilien pour l'ancien [] : ; bien qu'ils ne voulussent pas affirmer par ceci que la consonne manquante √©tait toujours due √† une r√©duction de g, ou que la perte n'√©tait apparue que depuis la divergence du quenya et du telerin. Il y avait de nombreux cas sur lesquels le quenya et le telerin s'accordaient en n'ayant pas de consonne initiale.
En ce qui concerne les penye tengwi, cependant, les premiers savants avaient encore des difficult√©s avec les diphtongues. Ils √©taient en effet oblig√©s d'inclure parmi les voyelles basiques les diphtongues ai, au (les appelant 'couleurs doubles' ou 'm√©lang√©es'). Car il √©tait manifeste que, dans de nombreux cas, ai, au existaient en tant que modifications ou 'renforcements' de i, u simples, qui ne pouvaient √™tre raisonnablement expliqu√©s par perte consonantique, alors que toutes les autres diphtongues ne surgissaient que d'une 'privation' de la voyelle qui avait jadis suivi apr√®s les j et w consonantiques. Par exemple, tuile 'printemps' en relation √† *TUJU 'pousse, bourgeon'. Ceci √©tait analys√© comme tu-yu-le. ai et au purent √©videmment appara√ģtre de la m√™me mani√®re, et furent donc analys√©s de mani√®re similaire : e.g. taina '√©tir√©, allong√©' de *TAJA '√©tirement', et taure 'for√™t' de *TAWA 'bois'; ceux-ci √©taient analys√©s comme ta-ya-na et ta-wa-re. Mais raika 'tordu' de *RIKI 'torsion', et nauka 'ch√©tif' de *NUKU, √©taient analys√©s comme rai-ka et nau-ka.
Cette th√©orie de la perte √©tait donc en de tr√®s nombreux cas historiquement justifi√©e, et √©tait un compte-rendu raisonnable de la mani√®re dont les formes des mots avaient √©t√© invent√©es, ou construites par combinaison, et de la mani√®re dont elles avaient √©t√© modifi√©es par transmission. Mais elle √©tait en de nombreux points historiquement erron√©e. Les groupes consonantiques initiaux, par exemple, ne furent certainement pas, dans la plupart des cas, produits par perte vocalique; l'importante caract√©ristique en quenya de l'infixation nasale m√©diale, comme dans mante 'mangea(it)' en relation √† √mata, ne l'√©tait pas non plus. Durant la p√©riode de formation, les voyelles avaient √©galement et manifestement √©t√© utilisables par elles-m√™mes en tant qu'√©l√©ments significatifs; et le fait qu'il y avait peu de mots ind√©pendants de structure purement vocalique, bien que les voyelles fussent largement utilis√©es comme ajouts modificateurs aux racines basiques, √©tait simplement d√Ľ au petit nombre de voyelles.

Telle √©tait la situation lorsque F√ęanor, au d√©but de sa carri√®re, tourna son attention vers les sujets du langage et de l'√©criture. Il est dit qu'il progressa vite bien plus loin que les savants de son temps. Il fit des collectes de tout le savoir disponible, oral et √©crit, concernant le quenya des temps pr√©c√©dents, et √©tudia en d√©tail ses relations avec le telerin. Il est √©galement dit, √©tant alors dans sa jeunesse avant les jours de son m√©contentement, en avoir appris 'plus qu'aucun autre Elda en Arda' de la langue des Valar. Ceci, il l'obtint surtout d'Aule (Note 2), et √©largit ainsi sa vision par l'exp√©rience d'une langue compl√®tement diff√©rente de sa langue natale en sonorit√©s et en structure. Mais F√ęanor se pencha vite sur d'autres questions; et en tout cas, son int√©r√™t primaire portait sur l'√©criture, dans ses aspects pratiques et d√©coratifs plut√īt qu'en tant qu'une transcription phon√©tique exacte. Non pas qu'il n'avait pas d'int√©r√™t pour l'analyse phon√©tique. Il √©tait en effet sup√©rieur dans ce domaine √† n'importe lequel de ses pr√©d√©cesseurs; et l'alphabet, ou syst√®me alphab√©tique, qu'il con√ßut fournit des moyens d'expression √† bien plus de sons individuels que ceux qui existaient en fait en quenya et en telerin. Bien qu'√©tant primairement cr√©√© pour leur expression, il √©tait largement conditionn√© par le caract√®re et le registre sonores de ces langues.
Dans le mode qu'il proposa pour la repr√©sentation pratique du quenya, il utilisa l'analyse syllabique de ses pr√©d√©cesseurs, d√©j√† incorpor√©e dans l'ancienne √©criture r√ļmilienne, mais il le fit principalement dans un souci de concision et de bri√®vet√©. Les 'lettres' basiques √©taient les consonnes, et les voyelles √©taient indiqu√©es par des signes diacritiques, habituellement √©crits au-dessus de la consonne pr√©c√©dente (c'est-√†-dire, selon l'ancienne terminologie, indiquant sa 'couleur'). L√† o√Ļ une voyelle n'avait pas de consonne pr√©c√©dente, usage √©tait fait du proc√©d√© d√©j√† mentionn√©, par lequel les signes de voyelle √©taient attach√©s √† la lettre . Mais celle-ci n'avait plus, dans le syst√®me f√ęanorien, de valeur consonantique, et elle devint simplement un 'porteur' pour la commodit√© de l'√©criture. F√ęanor r√©pudiait en effet la th√©orie selon laquelle les penye tengwi √©taient toujours dus √† une perte consonantique. (Note 3)
Par cons√©quent, F√ęanor, malgr√© le mode usuel d'√©pellation, consid√©rait que les voyelles √©taient chacune des tengwi ind√©pendants, ou des √©l√©ments de construction de mots, bien que de fonctions diff√©rentes. Il appela les voyelles √≥ma-tengwi ou √≥m√ęar; et les consonnes √Ī√°va-tengwi ou √Ī√°vear. C'est-√†-dire, ceux principalement d√©pendants de la r√©sonance de la voix, et ceux principalement d√©pendants des mouvements dans la bouche (incluant les l√®vres) (Note 4). √Ä √Ī√°vear, il substitua ult√©rieurement le mot invent√© patakar, prenant p, t, k (comme dans son alphabet) pour repr√©senter les principales positions du contact ou de la friction consonantiques.
En fait, F√ęanor con√ßut 'pour les Savants' des lettres s√©par√©es et ind√©pendantes pour les voyelles, distinctes des tehtar. Cette quanta sarme ou '√©criture compl√®te' fut en effet principalement utilis√©e par les Savants pour des buts sp√©ciaux, jusqu'√† ce que, plus tard en Terre du Milieu, les lettres f√ęanoriennes fussent appliqu√©es √† d'autres langues, comme le sindarin, dans lesquelles la m√©thode diacritique d'indication des voyelles √©tait malcommode.
Parmi les autres opinions et d√©couvertes de F√ęanor, deux peuvent √™tre mentionn√©es. Les deux d√©coul√®rent de sa conception du proc√©d√© qu'il appelait 'renforcement' (antoryame). Il disait qu'il √©tait √©vident, d'apr√®s un examen des interrelations entre racines, et entre les d√©riv√©s de n'importe quelle racine, que les 'constructeurs de mots' avaient d√©lib√©r√©ment enrichi ou 'renforc√©' tel ou tel son constituant (selon son propre caract√®re), pour emphase, ou simplement pour diff√©renciation. Les cas les plus simples √©taient ceux dans lesquels un son avait simplement √©t√© allong√© : comme dans la relation de *mātā (la racine de la forme continue 'est en train de manger') √† la racine suppos√©e *mata. L√† o√Ļ la voyelle √©tait allong√©e, le proc√©d√© avait √©t√© n√©glig√©; mais F√ęanor consid√©rait que ce n'√©tait pas diff√©rent en principe de cas tels que *grottā √† c√īt√© de *grotā de la racine *(g)roto, ou *lassē, Q lasse 'feuille', dans lesquels la consonne m√©diale avait √©t√© allong√©e. Il √©tait absurde de les analyser comme go-ro-to-ta, go-ro-ta, la-sa-se. Leurs vraies relations aux formes les plus simples √©taient *rot > +RoT-ā; *laS-ē. (Note 5)
Dans gr- comme variation de r-, F√ęanor voyait un cas d'une autre m√©thode de renforcement : la construction de ce qu'il appelait des 'm√©langes' (ostimi). C'est-√†-dire, la conjonction de deux √©l√©ments, qui pouvaient √™tre analys√©s phon√©tiquement (sans r√©f√©rence √† l'intention ou √† l'effet) comme des gestes ou mouvements s√©par√©s, en une combinaison qui avait et √©tait destin√©e √† avoir un effet et une port√©e uniques. D'autres exemples qu'il citait √©taient les relations entre les st- et s- initiaux, ou t-; gl- et l-; ky- et kw- et k-. Mais il √©tait particuli√®rement impressionn√© par les combinaisons nasales, notamment mb, nd, ng, et indiquait que ces derni√®res √©taient √©norm√©ment fr√©quentes en quenya en tant que renforcements d'√† la fois m, n, √Ī et b, d, g, √©tant en fait pr√©f√©r√©es aux allongements simples mm, nn, √Ī√Ī, et bien plus fr√©quentes que bb, dd, gg. Par exemple, il disait que rondo 'hall vo√Ľt√©' n'√©tait pas ro-no-do, ni m√™me ron+do, mais, en relation √† la racine *ron, √©tait roNo avec 'm√©lange' (ostime) ou diphtongue (consonantique) (ohlon) utilis√©e pour le renforcement du n.
F√ęanor utilisait les m√™mes termes, ostime ou ohlon, pour les diphtongues vocaliques. Il √©tait enclin √† les consid√©rer comme toutes d'une m√™me esp√®ce. Il reconnaissait, bien s√Ľr, qu'elles pouvaient √™tre produites par la perte (ou l'absence) d'une voyelle suivant les formes consonantiques de i, u : J et W; mais il √©tait de l'opinion que nombre des racines suppos√©es d'une telle forme, comme *Tuyu, *Taya (selon les opinions anciennes), √©taient r√©ellement en origine mono-consonantiques; sc. que *tai avait √©t√© une racine utilisant une ohlon, mais √©tait comparable √† 'main' qui utilisait une voyelle simplement allong√©e. Il indiquait qu'en tout cas, des ohloni de voyelles pouvaient √™tre produites par le contact de voyelles avec des ĭ, ī ou ŭ, ū additionnels et sans aucune consonne interm√©diaire perdue : comme (disait-il) dans 'l√®vre' √† c√īt√© de peu 'les deux l√®vres, l'ouverture de la bouche'. (Note 6)
Mais F√ęanor vit que ces points n'expliquaient pas la position particuli√®re de ai, au dans leur relation aux i, u basiques. Ceux-ci avaient manifestement, disait-il, √©t√© renforc√©s, d'une mani√®re similaire √†, disons, d > nd, par la pr√©fixation d'un autre √©l√©ment qui se combina avec le i ou le u : raika en relation √† *RIK √©tait *rIk+ā, avec ai au lieu du simple allongement comme dans ir√≠kie 'a tordu'. Ce fut au cours de sa recherche sur ce point par comparaison avec le telerin qu'il arriva √† la conclusion que non seulement des racines telles que *RIK, *RUK, avec i, u basiques, avaient, durant la p√©riode primitive, √©t√© capables d'utiliser une ohlon au lieu d'un simple allongement, mais √©galement des racines telles que *REK et *ROK. Cependant, les ohloni ne s'√©taient pas r√©v√©l√©es durables, et devinrent des voyelles longues. Mais, par une divergence qui remontait probablement √† tr√®s longtemps, dans la branche vanya-noldorine, devinrent Ňď ('ē long pr√®s de ā') et ('ō long pr√®s de ā'), qui furent ensuite identifi√©s aux ē, ō normaux. Dans la branche telerine, les deux √©taient devenus ā. Ces ē, ō qui √©taient repr√©sent√©s en telerin par ā furent longtemps connus comme 'les e et o de F√ęanor'. Leur existence fut ult√©rieurement confirm√©e par l'√©tude du sindarin et du nandorin. Les Savants ult√©rieurs penchaient cependant pour l'opinion selon laquelle ces n'√©taient pas des d√©veloppements tr√®s primitifs, mais √©taient comparativement tardifs et dus √† l'analogie avec ai : i, et au : u.
Les exemples de ai, au de cette origine ne sont gu√®re nombreux. Ils √©taient principalement 'intensifs', comme dans rauko 'cr√©ature tr√®s terrible' (*RUK); taura 'tr√®s puissant, vaste, de puissance ou de taille incommensurables' (*TUR). Certains √©taient 'continuatifs', comme dans Vaire 'tissant-toujours' (*WIR). Les exemples de Ňď, √©taient moins nombreux, si limit√©s √† des cas indubitables, tels que Q m√©la 'aimant, affectueux', T māla (*MEL); Q k√≥lo 'fardeau', S caul 'grand fardeau, affliction' < *kālō (*KOL). Sur la relation du nom Orome √† la forme sindarine Araw (qui indique probablement un d√©veloppement similaire de > √≥ Q mais ā T), voir note ci-dessous sur le valarin. (Note 7)


Notes de l'auteur sur l'extrait de Quendi et Eldar, App. D


Note 1
Un exemple donné par des commentateurs ultérieurs, probablement issu de l'iglishmêk, est l'élévation légère de l'index de la main droite suivie immédiatement d'un mouvement similaire de l'index de la gauche : ceci signifiait 'j'écoute'. Mais si les deux mouvements étaient effectués simultanément, cela signifiait 'écoute !'

Note 2
Mais la l√©gende ult√©rieure selon laquelle Aule l'introduisit √©galement √† la langue qu'il avait cr√©√©e pour les Nains peut √™tre un ajout d√Ľ √† la gloire de F√ęanor.

Note 3
Il est rapport√© (par Pengolodh) avoir dit que 'les mots peuvent √™tre analys√©s dans leurs tengwi, mais je dirais plut√īt qu'ils ont une ou deux chambres, et la voyelle est la pi√®ce dans chacune, et les consonnes sont les murs. L'on peut vivre dans un espace sans murs, mais pas dans des murs sans espace : kt n'est qu'un bruit, difficilement audible dans le langage ordinaire, mais ket peut avoir du sens. Par cons√©quent, nos p√®res, en construisant des mots, prirent les voyelles et les s√©par√®rent avec les consonnes pour murs; mais pour eux, le d√©but du mot et la fin du mot √©taient des divisions suffisantes, bien que la moindre qui puisse √™tre permise. Le d√©but du mot √©tait la plus forte, comme nous le voyons par le fait que les voyelles au d√©but disparaissent rarement, alors que celles √† la fin disparaissent souvent, n'ayant pas de mur de fin pour les contenir'.

Note 4
Principalement : le r√īle jou√© par la langue dans la production des qualit√©s des voyelles, et par la voix dans certaines consonnes, √©tait bien s√Ľr reconnu.

Note 5
Plus tard, bien que généralement en accord, les savants considérèrent que gr- / r- était une variation modelée sur gl- / l-, le renforcement originel de r- était initialement dr- (se manifestant souvent en sindarin).

Note 6
Sur le dernier point il avait bien s√Ľr raison, bien que l'exemple peu f√Ľt incorrect (voir ci-dessous); mais les Savants ult√©rieurs (qui suivaient g√©n√©ralement ses opinions) abandonn√®rent ses id√©es des racines avec J ou W m√©diaux, lorsque les origines quendiennes furent davantage √©tudi√©es, √† la lumi√®re de leur connaissance d'autres langues telles que le sindarin et le nandorin. L'id√©e ult√©rieure √©tait que, en fait, des 'racines enti√®res' (signifiant des racines nomino-adjectivales ou verbales) √©taient effectivement, √† la fin du d√©veloppement commun du quendien primitif, rarement, sinon jamais, mono-consonantiques : par exemple 'main' √©tait per√ßu comme √©tant une contraction de l'ancien *maha apr√®s perte pr√©historique du h intervocalique (un son que F√ęanor ne savait pas exister en quendien), qui fut pr√©serv√© devant t, comme dans mahta- 'manier, brandir, g√©rer'. fut reconnu comme √©tant une contraction similaire de *pe√Īe, et le duel peu de *pe√Īū, le √Ī originel √©tant discernable dans la racine 'renforc√©e' penga- 'bouder' et en Q pe√Īquanta 'plein √† ras bord, avec la bouche pleine'.

Note 7
Certains des savants √©taient d'avis que si la th√©orie de F√ęanor √©tait correcte, la limitation du 'renforcement vocalique' √† la pr√©fixation du a int√©rieur √©tait difficile √† comprendre, et qu'il devrait y avoir des exemples d'ajout de i, u : ei, ai, oi, ui √† partir des simples e, a, o, u, et ou, au, eu, iu √† partir des simples o, a, e, i. Aucun exemple certain d'ajout du u ne peut √™tre cit√©; bien que ceci pourrait s'expliquer par le fait que l'eldarin (et probablement le quendien primitif) montrait une pr√©f√©rence marqu√©e pour les diphtongues se terminant en i, et en effet pour j plut√īt que w comme √©l√©ment suffixal. Des exemples cit√©s pour le i ajout√©, peu sont convaincants ou incapables de recevoir une explication aussi probable. Le meilleur exemple est *maikā, Q maika 'lame d'un outil tranchant ou d'une arme, particuli√®rement d'une √©p√©e' en relation √† *MAK 'couper, tailler avec une tranche aiguis√©e', Q make 'taille avec une √©p√©e', makil '√©p√©e', makar '√©p√©iste'. Nulle autre origine ne peut √™tre trouv√©e pour maika, et il ne peut s'agir d'un mot tr√®s ancien cr√©√© √† partir de mat√©riau perdu. Par certains savants, il √©tait mis en relation avec un petit groupe de formations 'd√©rivatives' anciennes suppos√©es avec un i introduit, qui m√©rite aussi consid√©ration : Q maita 'affam√©' (*MAT); soika 'assoiff√©' (*SOK 'engloutir, avaler, boire'); m√≠na 'qui d√©sire / impatient de partir', et m√≠na- v. 'd√©sirer aller dans une direction, souhaiter se rendre dans un endroit, le faire; avoir une fin en vue' < *meinā (*MEN 'aller'). Maika serait ainsi interpr√©t√© comme 'impatient de, convenant √†, pr√™t √† couper', et il pourrait bien √™tre mis en relation avec l'id√©e souvent observ√©e dans les anciens contes selon laquelle les √©p√©es √©taient avides ou assoiff√©es.

____________________


Le reste du texte, qui suit à présent, était entièrement inclus dans cet Appendice.

Avant qu'il ne se tourn√Ęt vers d'autres mati√®res, F√ęanor acheva son syst√®me alphab√©tique, et ici aussi il introduisit un changement en des termes qui furent par apr√®s suivis. Il nomma la repr√©sentation √©crite d'un tengwe parl√© (selon sa d√©finition)23 une tengwa. Une 'lettre' ou toute marque significative individuelle avait auparavant √©t√© appel√©e un sarat, de *SAR 'marquer, graver' > '√©crire'.24 Les lettres f√ęanoriennes furent toujours appel√©es tengwar en quenya, bien que sarati rest√Ęt le nom des lettres r√ļmiliennes. √Čtant donn√© que, cependant, dans le mode d'√©criture commun√©ment utilis√©, les signes pleins √©taient consonantiques, dans l'usage ordinaire non technique, les tengwar devinrent l'√©quivalent des 'consonnes', et les signes des voyelles furent appel√©s √≥matehtar. Lorsque les lettres f√ęanoriennes furent introduites en Beleriand et appliqu√©es (en premier par les √Ďoldor) au sindarin, tengwa fut rendu par son √©quivalent sindarin reconnu t√™w, pl. t√ģw. Les lettres de l'alphabet natif S √©taient appel√©es certh, pl. cirth. Le mot en quenya exilique certa, pl. certar √©tait un emprunt adapt√© au sindarin; un tel mot n'existait pas en quenya ant√©rieur. Le sindarin certh est probablement de *kirtē '(d√©)coupant', un d√©riv√© verbal d'un type non utilis√© en quenya, dont la forme aurait en tout cas √©t√© *kirte, si h√©rit√©e.
Bien que F√ęanor, apr√®s les jours de sa prime jeunesse, ne pr√ģt plus de part active en savoir et recherche linguistiques, il est cr√©dit√© par tradition de la fondation d'une √©cole de Lambengolmor ou 'Savants des Langues' charg√©e de continuer son Ňďuvre. Celle-ci continua d'exister parmi les √Ďoldor, m√™me √† travers les rigueurs et les d√©sastres de la Fuite d'Aman et des Guerres en Beleriand, et elle surv√©cut en effet, pour retourner en Eress√ęa.
De l'√Čcole, le membre le plus √©minent apr√®s le fondateur √©tait, ou est toujours, Pengolodh,25 un Elfe d'ascendance mixte sindarine et √Īoldorine, n√© en Nevrast, qui v√©cut √† Gondolin depuis sa fondation. Il √©crivait √† la fois en sindarin et en quenya. Il fut l'un des survivants de la destruction de Gondolin, d'o√Ļ il sauva quelques √©crits anciens, et quelques-unes de ses propres copies, compilations, et commentaires. C'est en raison de ceci, et de sa prodigieuse m√©moire, que beaucoup de la connaissance des Jours Anciens fut pr√©serv√©.
Tout ce qui a √©t√© dit ici au sujet des noms elfes et de leurs origines, et des opinions des savants plus anciens, provient directement ou indirectement de Pengolodh. Car avant le renversement de Morgoth et la ruine du Beleriand, il rassembla beaucoup de mat√©riaux parmi les survivants des guerres √† la Bouche du Sirion √† propos des langues et des syst√®mes gestuels au sujet desquels, en raison de l'isolation de Gondolin, il n'avait pas eu de connaissance directe auparavant. Pengolodh est dit √™tre rest√© en Terre du Milieu jusque loin dans le Second √āge pour l'avancement de ses recherches, et, pour un temps, avoir r√©sid√© parmi les Nains de Cassarondo (Khazad-d√Ľm). Mais lorsque l'ombre de Sauron recouvrit Eriador, il quitta la Terre du Milieu, le dernier des Lambengolmor, et navigua vers Eress√ęa, o√Ļ peut-√™tre demeure-t-il encore.
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MessagePostť le: 25 Jan 2007 17:16†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

Note sur la 'Langue des Valar'


Peu est dit en savoir √Īoldorin, tel qu'il a √©t√© pr√©serv√©, au sujet de la 'langue des Valar et des Maiar'; bien qu'il f√Ľt suppos√© ci-dessus que l'application de Quenya au langage des Elfes en Aman fut due au contraste entre la langue des Valar et la langue des Elfes, qu'ils avaient auparavant suppos√©e √™tre la seule langue dans le monde. Consid√©rant l'int√©r√™t des √Ďoldor pour toutes les questions concernant le langage, c'est √©trange. Pengolodh le commente en effet et offre des explications. Ce qu'il dit au d√©but de son Lammas est r√©sum√© ici; car son commentaire contient tout ce qui est √† pr√©sent connu du sujet.
'M√™me si nous en avions des connaissance,' dit-il, 'nous ne pourrions raisonnablement douter que les Valar avaient leur propre lambe. Nous savons que tous les membres de leur ordre √©taient incarn√©s de par leur propre d√©sir, et que la plupart d'entre eux choisit de rev√™tir des formes semblables √† celles des Enfants d'Eru, comme ils nous nomment. Dans de telles formes, ils reprendraient tous les caract√®res des Incarn√©s qui √©taient dus √† la coop√©ration de la hr√∂a avec la f√ęa r√©sidente, car autrement l'appropriation de ces formes aurait √©t√© inutile, et ils se par√®rent de la sorte longtemps avant qu'ils eussent une raison d'appara√ģtre devant nous de mani√®re visible. √Čtant donn√©, alors, que la cr√©ation d'une lambe est le caract√®re principal d'un Incarn√©, les Valar, s'√©tant par√©s de la sorte, auraient in√©vitablement, lors de leur long s√©jour en Arda, cr√©√© une lambe pour eux-m√™mes.
'Mais sans argument, nous savons qu'ils le firent; car il existe des r√©f√©rences √† la Lambe Valarinwa dans l'ancien savoir et les anciens r√©cits, bien que celles-ci fussent peu nombreuses et √©parpill√©es. La plupart de ces r√©f√©rences paraissent provenir, par tradition orale, de 'les Paroles de R√ļmil' (I Equessi R√ļmilo), l'antique sage de Tirion, au sujet des premiers jours des Eldar en Aman et de leurs premiers √©changes avec les Valar. Seuls des fragments de ces Equessi26 furent pr√©serv√©s dans la m√©moire des Lambengolmor durant les sombres ann√©es de la Fuite et de l'Exil. Tout ce que je peux trouver ou tout ce dont je peux me souvenir, je l'ai rassembl√© ici.'
L'information que Pengolodh donne alors est expos√©e plus bri√®vement ici. Ses points pr√©liminaires sont les suivants. Peu des Eldar apprirent jamais √† parler le valarin, m√™me de fa√ßon h√©sitante; parmi le peuple dans son ensemble, seul un petit nombre de mots ou de noms devint largement connu. F√ęanor, en effet, avant le d√©veloppement de son m√©contentement, est dit avoir appris plus de cette langue que tout autre avant son √©poque, et sa connaissance a en tout cas d√Ľ surpasser de loin le peu qui est √† pr√©sent rapport√©; mais ce qu'il savait, il le garda pour lui-m√™me, et il refusa de le transmettre, m√™me aux Lambengolmor, en raison de sa querelle avec les Valar.
Notre connaissance (Note 35, p. 416) est par conséquent à présent limitée (1) aux affirmations des 'anciens' selon lesquelles certains mots en quenya étaient en fait dérivés du valarin; (2) aux citations occasionnelles de mots ou de noms se présentant comme valarins (ni adoptés en quenya, ni adaptés à lui), bien qu'indubitablement rapportés avec une exactitude approximative seulement, étant donné que ni signes ni lettres non déjà connus dans les alphabets elfes ne sont employés; (3) aux affirmations selon lesquelles certains noms (en particulier ceux des Valar ou de lieux en Valinor) étaient des traductions de formes valarines. Dans les cas (1) et (3), les mots valarins authentiques ne sont pas toujours indiqués.
En ce qui concerne le groupe (1), Pengolodh cite une 'Parole' de R√ļmil : 'les Eldar emprunt√®rent peu de mots aux Valar, car ils √©taient riches en mots et prompts √† la cr√©ation en cas de besoin. Mais bien que l'honneur qu'ils accord√®rent aux Valar aurait pu les inciter √† reprendre des mots de leur langue, que cela soit n√©cessaire ou non, peu de mots du valarin pouvaient √™tre adapt√©s √† la langue elfe sans grand changement ou diminution. Car les langues et voix des Valar sont grandes et rudes, et pourtant √©galement rapides et subtiles en mouvement, produisant des sons que nous trouvons difficiles √† imiter; et leurs mots sont pour la plupart longs et rapides, comme l'√©clat des √©p√©es, comme la vol√©e de feuilles dans un grand vent ou la chute de pierres dans les montagnes.'
Pengolodh commente : 'Manifestement, l'effet du valarin sur les oreilles elfes n'était guère plaisant.' Il était, ajoute-t-il, comme l'on peut le voir ou le deviner de ce qui en survit, rempli de nombreuses consonnes non familières aux Eldar, et étranger au système de leur langue.27
Les exemples que Pengolodh donnent sont les suivants.

(1) (a) mots.
Ainu
'un de l''ordre' des Valar et des Maiar, cr√©√© avant E√§'. Valarin ayanūz. Ce fut √† partir de cet ainu que fut cr√©√© en quenya l'adjectif aina 'saint', √©tant donn√© que, selon la d√©rivation quenya, ainu paraissait √™tre une forme personnelle d'un tel adjectif.
aman 'b√©ni, libre du mal'. Principalement utilis√© en tant que nom du pays o√Ļ les Valar demeuraient. La forme V n'est pas donn√©e; r√©put√©e signifier 'en paix, en accord (avec Eru)'. Voir Manwe.
a√ĺar, √Ď asar 'p√©riode fixe, festival'. V a√ĺāra 'convenu'.
axan 'loi, r√®gle, commandement'. V akaŇ°ān, r√©put√© signifier 'Il dit', en r√©f√©rence √† Eru.
indil 'un lys, ou une autre fleur simple plut√īt grande'. V ini√įil.
mahalma 'tr√īne'. V maχallām (adapt√© en quenya), √† proprement parler l'un des si√®ges des Valar dans le M√°hanaxar ou 'Cercle de Justice'. L'√©l√©ment māχan, r√©put√© signifier 'autorit√©, d√©cision faisant autorit√©', √©tait √©galement employ√© sous la forme M√°han, l'un des huit principaux Valar, habituellement traduit par Aratar.
miruv√≥re, miruvor 'un vin ou cordial particulier'. V mirubhōzē-; r√©put√© √™tre le d√©but d'un mot plus long, contenant l'√©l√©ment mirub- 'vin'.28
telluma 'd√īme', en particulier le 'D√īme de Varda' par dessus Valinor; mais aussi appliqu√© aux d√īmes de la r√©sidence de Manwe et Varda sur le Taniquetil. V delgūmā, alt√©r√© par association avec le Q telume. Voir Note 15.

Pengolodh mentionne √©galement les noms de couleurs, qui, dit-il, peuvent √™tre trouv√©s dans d'anciens vers, bien qu'ils ne soient utilis√©s que par les Vanyar, 'qui, comme le rapporte R√ļmil, adopt√®rent bien plus de mots que ne le firent les √Ďoldor' :
ezel, ezella 'vert'. Voir Ezellohar.
nasar 'rouge'; ulban 'bleu'. Formes V non données.
tulka 'jaune'. Voir Tulkas.
(b) noms.
Aule
V (signification non donnée).
Manwe R√©duction et alt√©ration pour convenir au quenya, dans lequel les mots de cette forme, se terminant en -we, √©taient fr√©quents dans les noms personnels. V Mānawenūz 'le B√©ni, Celui (le plus proche) en accord avec Eru'. Anciennes formes Q M√°nwen, M√°nwe.
Tulkas V Tulukhastāz, r√©put√© contenir les √©l√©ments V tulukha(n) 'jaune', et (a)Ň°ata- 'pilosit√© de la t√™te' : 'celui √† la chevelure dor√©e'.
Osse, Orome Sur ces deux noms, les seuls qui devinrent connus des Eldar avant qu'ils n'atteignissent Aman, voir ci-dessous.
Ulmo Comme Manwe, une r√©duction et alt√©ration pour convenir au quenya, dans lequel la terminaison -mo apparaissait souvent dans des noms ou titres, parfois avec une port√©e agentale : Ulmo √©tait interpr√©t√© comme 'le Verseur' < *UL 'verser'. La forme V est donn√©e comme √©tant Ul(l)ubōz, contenant l'√©l√©ment ul(l)u 'eau'.
Osse et Orome. Orome fut le premier des Valar que les Eldar virent. Osse, ils le rencontr√®rent en Beleriand, et il resta longtemps sur les c√ītes, et devint bien connu des Sindar (en particulier des Eglain). Ces deux noms ont par cons√©quent des formes sindarines. √Ä Osse correspond S Yssion ou Gaerys; √† Orome le S Araw. Les formes V sont donn√©es comme √©tant OŇ°(o)Ň°ai (r√©put√© signifier '√©cumant'); et .
Le premier nom fut manifestement adopt√© sous la forme Ossai, qui devint naturellement Q Osse. En S, Ossai serait devenu ossī > ussi > auquel la terminaison (des noms masculins) -on fut ajout√©e; ou bien l'adjectif *gairā 'terrible, effrayant' fut pr√©fix√©, produisant Gaerys. Le dernier √©tait plus souvent utilis√© par les Teleri de l'int√©rieur des terres. *gairā est de *gay- 'stup√©fier, atterrer', qui √©tait √©galement utilis√© dans le mot eldarin plus ancien pour la mer : *gayār, Q √ęar, S gaear.
manifestement, comme le montra F√ęanor, contenait le ouvert similaire √† a (qui, en tant que sujet d'observation ult√©rieure, apparaissait fr√©quemment en valarin). Ceci fut trait√© comme le fut le eldarin, de telle sorte que le d√©veloppement sindarin fut > *arāmē > > araum(a) > , arauv > araw. (En sindarin septentrional ou mithrim, o√Ļ la diphtongaison de ō et l'ouverture de l'intervocalique m n'apparut pas, la forme produite √©tait Arum; cf. la transformation sindarine septentrionale du nom √Īoldorin exilique H√≠sil√≥me > Hithlum.) La forme quenya avec Orome pour *Arome > Arōmē, peut indiquer une assimilation du o initial au ō suivant avant la r√©traction de l'accent normal Q vers la premi√®re syllabe; mais Pengolodh dit que ce fut d√Ľ √† l'association du nom au Q natif *rom, utilis√© √† propos du son de trompettes ou de cors, observ√© dans le nom Q pour le grand cor d'Orome, le Vala-r√≥ma (√©galement en Q romba 'cor, trompette', S rom).
'Les Eldar,' dit-il, 'considèrent à présent que le nom signifie 'sonnant du cor' ou 'sonneur de cor'; mais pour les Valar, il n'avait pas une telle signification. À présent, les noms que nous avons pour les Valar ou les Maiar, qu'ils soient adaptés du valarin ou traduits, ne sont pas de vrais noms mais des titres, se référant à quelque fonction ou caractère de la personne; bien que les Valar aient de vrais noms, ils ne les révèlent pas. Sauf seulement dans le cas d'Orome. Car il est dit dans les récits des jours les plus anciens des Quendi que, lorsque Orome apparut parmi eux, et qu'au bout d'un moment certains osèrent l'approcher, ils lui demandèrent son nom, et il répondit : Orome. Ils lui demandèrent ensuite ce que cela signifiait, et à nouveau il répondit : Orome. À moi seulement est-il donné; car je suis Orome. Pourtant, les titres qu'il portait étaient nombreux et glorieux; mais il les tut à ce moment-là, afin que les Quendi ne fussent pas effrayés.'

Nahar, le nom du cheval d'Orome. 'Il en alla autrement,' dit Pengolodh, 'du coursier sur lequel Orome chevauchait. Lorsque les Quendi lui demand√®rent son nom, et s'il comportait une signification, Orome r√©pondit : 'Nahar, et il est nomm√© d'apr√®s le son de sa voix, lorsqu'il est impatient de galoper'. Mais la forme V qui est rapport√©e par R√ļmil √©tait n√¶χ√¶rra.
Ezellohar (aussi traduit en Koron Oiolaire, Korollaire), le Monticule Vert sur lequel pouss√®rent les Deux Arbres. V Ezellōχār.
M√°hanaxar, le 'Cercle de Justice' dans lequel √©taient install√©s les tr√īnes des Valar sur lesquels ils si√©geaient en conseil (voir mahalma ci-dessus, p. 399). R√©duit et alt√©r√© √† partir du V māxananaŇ°kād. Aussi traduit en Rithil-Anamo.

(2) mots et noms valarins, consignés mais non adoptés.
(a) mots
uruŇ°
, ruŇ°ur 'feu'.
ithīr 'lumi√®re'.
ul(l)u 'eau'.
Ň°ebeth 'air'.

(b) noms
Arda
: V A√ĺāraphelūn (r√©put√© signifier 'demeure fix√©e'). Arda Immarrie : A√ĺāraphelūn AmanaiŇ°āl; Arda Marrie : A√ĺāraphelūn DuŇ°amanū√įān.
Telperion : V Ibrīni√įilpathānezel.
Laurelin : V Tulukhedelgorūs.
Ithil 'lune' : V Phanaikelūh. R√©put√© signifier 'mirroir brillant'.
Anar 'Soleil' : V A√ĺāraigas. R√©put√© signifier 'chaleur convenue'.

√Ä la fin de cette courte liste, Pengolodh mentionne un autre eques de R√ļmil, qui pourrait sembler contraire √† celui d√©j√† cit√© ci-dessus : 'Que nul ne soit surpris, qui tente d'apprendre quelque peu de la langue des Seigneurs de l'Ouest, comme moi, s'ils y trouvent de nombreux mots ou morceaux de mots qui ressemblent √† nos propres mots de significations identiques ou similaires. Car alors m√™me qu'ils rev√™tirent notre forme par amour pour nous, ainsi sous cette forme, il √©tait probable que leurs voix en arrivassent √† des tengwi similaires.'
L√†-dessus, Pengolodh commente : 'Il ne savait rien des Hommes ou des Nains. Mais nous qui avons demeur√© parmi les Hommes savons que (aussi √©trange que cela semble √† certains) les Valar ne les aimaient pas moins. Et pour ma part, je per√ßois une ressemblance non moindre, ou en effet plus grande, entre le valarin et les langues des Hommes, notamment la langue des D√ļnedain et des Enfants de Marach (sc. aduna√Įque). √Čgalement, de mani√®re g√©n√©rale, elle ressemble aux langues des Kasāri; bien qu'il ne faille pas s'en √©tonner, si leur tradition est vraie, selon laquelle Aule cr√©a pour eux leur langue en son commencement, et par cons√©quent elle change peu, alors que l'iglishmēk qu'ils cr√©√®rent pour eux-m√™mes est changeant.'

(3) [Cf. p. 398 : 'affirmations selon lesquelles certains noms (en particulier ceux des Valar ou de lieux en Valinor) étaient des traductions de formes valarines']
Arda Q arda (< *gardā, S gardh) signifiait tout endroit plus ou moins d√©limit√© ou d√©fini, une r√©gion. Son emploi en tant que nom propre au Monde √©tait d√Ľ au V A√ĺāraphelūn.
Aratar 'les Supr√™mes', √©tait une version du V māxanāz, pl. māxanumāz 'Autorit√©s', aussi adapt√© en M√°han, pl. M√°hani.
Eä 'Toute la Création', signifiant 'cela est', ou 'que cela soit'. Valarin non répertorié.
Ambar 'la Terre', signifiant 'habitation'. Bien que les Eldar utilisassent souvent Arda dans √† peu pr√®s le m√™me sens, la signification propre d'Ambar √©tait la seule Terre, en tant que le lieu o√Ļ les Aratar avaient √©tabli leur demeure, et o√Ļ les Incarn√©s √©taient destin√©s √† appara√ģtre.29
Eru 'l'Unique'. Il√ļvatar √©tait, cependant, un nom cr√©√© par les Eldar (quand ils entendirent parler d'Eru par les Valar), qu'ils utilisaient plus souvent qu'Eru, r√©serv√© aux occasions les plus solennelles. Il fut cr√©√© √† partir d'il√ļve 'totalit√©, le tout', un √©quivalent d'E√§, et d'atar 'p√®re'.
Varda 'la Sublime'. Forme V non donnée.
Melkor 'Celui qui s'√©l√®ve en Puissance', forme Q plus ancienne *mbelekōro. Forme V non donn√©e.
Námo 'Juge'; habituellement appelé par les Eldar Mandos, le lieu de sa demeure.
Irmo 'Celui qui désire'; habituellement appelé par le nom de sa demeure Lórien.
Este 'Repos'. (*SED : CE *esdē, Q Este, T Ēde (en tant que noms uniquement); S √ģdh 'repos'.)
Vala 'a du pouvoir' (sc. sur la substance d'E√§), 'une Puissance'; pl. Valar, 'ils ont du pouvoir, les Puissances'. √Čtant donn√© que ces mots sont, du point de vue de la structure Q, d'origine verbale, ils √©taient probablement des versions de mots V de signification verbale. Cf. axan (p. 399), E√§; et aussi Q eques.
Atan, pl. Atani 'Hommes', signifiant 'les Seconds, ceux qui viennent ensuite'. Les Valar les appelaient en entier 'les Seconds Enfants d'Eru', mais les Quendi √©taient 'les premiers Enfants d'Eru'. De ces termes, les Q Minn√≥nar 'Premiers-N√©s' et Apan√≥nar 'N√©s-apr√®s' furent imit√©s; mais Q Eruhin, pl. Eruh√≠ni 'Enfants d'Eru' (dont l'authentique forme valarine n'est pas r√©pertori√©e, probablement parce que l'√©quivalent V d'Eru n'est nulle part r√©v√©l√©). √Ä c√īt√© de la forme -hin, -h√≠ni, uniquement utilis√©e en composition apr√®s un nom parental, Q a h√≠na 'enfant', et hina uniquement utilis√© au vocatif, en s'adressant √† un (jeune) enfant, en particulier dans hinya (< hinanya) 'mon enfant'. Le S a h√™n, pl. h√ģn, principalement utilis√© comme pr√©fixe dans des patronymiques ou matronymiques : comme H√ģn H√ļrin 'Les Enfants de H√ļrin'. Ces mots sont des d√©riv√©s du radical *khin : khīnā (en composition khīna > Q -hin), et khinā.
Kalakiryan 'la Brèche de Lumière', la passe dans les Pelóri, non loin du versant nord du Taniquetil, à travers laquelle la Lumière des Arbres en Valinor se déversait vers les rives d'Aman.
Taniquetil, la plus haute des montagnes des Pel√≥ri, sur laquelle √©taient situ√©es les demeures de Manwe et Varda. Le nom √©tait √† proprement parler uniquement celui du pic le plus √©lev√©, signifiant Haut-Pic-Enneig√©. La montagne enti√®re √©tait le plus souvent appel√©e par les Eldar (Oron) Oiolosse, '(Mont) Toujours-blanc' ou 'Toujours-enneig√©'. Il y avait de nombreux noms pour cette montagne en quenya. Une variante ou proche √©quivalent de Taniquetil √©tait Arfanyaras(se). Les formes sindarines des noms furent cr√©√©es par les √Ďoldor, car les Sindar ne savaient rien du pays d'Aman, except√© par compte-rendu des Exil√©s : e.g. Amon-uilos et Ras-Arphain.
Pelóri 'la barrière, ou les Hauteurs défensives'. Les montagnes d'Aman, s'étalant en un croissant du Nord au Sud, près des rives occidentales.

Sur cette liste, Pengolodh commente : 'Ceux-ci sont tous ceux que je peux trouver dans l'ancien savoir ou me souvenir avoir lus ou entendus. Mais la liste est clairement incompl√®te. De nombreux noms jadis connus et utilis√©s, qu'ils se retrouvent √† pr√©sent dans les r√©cits survivants ou qu'ils aient disparu, ont d√Ľ appartenir au premier ou au dernier groupes. Parmi ceux dont on se souvient encore, je note Avathar, le nom de la sombre et √©troite contr√©e entre les Pel√≥ri m√©ridionaux et la Mer o√Ļ demeurait Ungoliante. Ce n'est pas elfe. Il y a aussi les noms Nessa, la compagne de Tulkas, et Uinen, la compagne d'Osse. Ceux-ci non plus ne sont pas elfes, pour autant qu'on puisse le voir √† pr√©sent; et √©tant donn√© que les noms Tulkas et Osse viennent du valarin, les noms de leurs compagnes peuvent √©galement repr√©senter des titres en langue valarine, ou des parties d'eux telles que les Eldar pourraient les adapter. Je dis 'pour autant qu'on puisse le voir √† pr√©sent', car il n'y a aucune certitude √† ce sujet sans trace √©crite. Il est clair que certaines, ou en effet beaucoup, de ces adoptions et traductions furent faites en des jours tr√®s lointains, lorsque la langue des Eldar √©tait diff√©rente de ce qu'elle devint avant l'Exil. Au cours des longues ann√©es, en raison de l'agitation et de l'inventivit√© des Eldar (et des √Ďoldor en particulier), des mots ont √©t√© mis de c√īt√© et de nouveaux mots cr√©√©s; mais les noms des perdurants ont perdur√©, tout comme les m√©moires du langage du pass√©. Il y a aussi ceci √† consid√©rer. Quand des mots de la langue elfe avaient √©t√© utilis√©s pour cr√©er des noms de choses et de personnes √©lev√©es et admirables, ils semblent ne plus avoir √©t√© ressentis comme convenant pour s'appliquer √† des choses moindres, et avoir ainsi disparu du langage quotidien.
'Ainsi nous voyons que vala n'est plus utilis√© pour aucun pouvoir d'autorit√© moindre que celui des Valar eux-m√™mes. L'un pourrait dire Ā vala Manwe ! 'que Manwe le commande !'; ou Valar valuvar 'la volont√© des Valar sera faite'; mais nous ne disons pas cela de tout autre nom moindre. De la m√™me mani√®re, Este ou Ēde est uniquement le nom de la compagne de Lorien, alors que la forme que ce mot a en sindarin (√ģdh) signifie 'repos', tel que m√™me un chien fatigu√© peut trouver devant un feu.' (Note 36, p. 416)

Les raisons que Pengolodh donne ou pr√©sume au sujet de la maigre connaissance du valarin pr√©serv√©e dans le savoir √Īoldorin sont ici r√©sum√©es. L'on a d√©j√† fait allusion √† certaines d'entre elles.
Bien que le valarin e√Ľt bien plus de sons que l'eldarin, dont certains √©trangers au style et au syst√®me eldarin, cela seul ne posait gu√®re de difficult√© r√©elle √† l'emprunt de mots et √† leur adaptation en eldarin. Apprendre le valarin n'√©tait probablement pas au-del√† des pouvoirs des Eldar, s'ils avaient ressenti la n√©cessit√© ou le d√©sir de le faire; les r√©f√©rences √† la difficult√© du valarin sont principalement dues au fait que, pour la plupart des Eldar, l'apprendre √©tait une t√Ęche ingrate et infructueuse.
Car les Eldar n'avaient nul besoin d'apprendre la langue de Valinor dans des buts de communication; et ils n'avaient nul d√©sir soit d'abandonner, soit d'alt√©rer leur propre langue, qu'ils aimaient et dont ils √©taient fiers. Par cons√©quent, seuls ceux parmi eux qui avaient une curiosit√© linguistique particuli√®re d√©siraient apprendre le valarin pour lui-m√™me. De tels 'savants' ne consignaient pas toujours leurs connaissances, et de nombreux compte-rendus qui furent r√©alis√©s ont √©t√© perdus. F√ęanor, qui en savait probablement plus sur le sujet qu'aucun des plus jeunes g√©n√©rations n√©es en Aman, tut d√©lib√©r√©ment ses connaissances.
Ce fut probablement uniquement durant les tous premiers jours que les Eldar entendirent souvent parler le valarin, ou eurent l'opportunit√© de l'apprendre, sauf par effort individuel particulier. Les Teleri eurent peu de contacts imm√©diats avec les Valar et les Maiar apr√®s leur √©tablissement sur les rives. Les √Ďoldor devinrent de plus en plus absorb√©s par leurs propres activit√©s. Seuls les Vanyar rest√®rent en constante association avec les Valar. Et en tout cas, les Valar semblent avoir rapidement adopt√© le quenya.
Chacun des ordres des cr√©atures d'Eru avait un talent particulier, que des ordres sup√©rieurs pouvaient admirer. Le talent particulier des Incarn√©s, qui vivaient par l'union n√©cessaire de la hr√∂a et de la f√ęa, √©tait la cr√©ation de langue. Les Quendi, premiers et chefs des Incarn√©s, avaient (ou le consid√©raient-ils) le plus grand talent pour la cr√©ation de lambe. Les Valar et les Maiar admiraient et prenaient plaisir √† la lambe eldarine, comme ils le firent de nombreuses autres des Ňďuvres habiles et d√©licates des Eldar.
Les Valar apprirent par cons√©quent le quenya de leur propre gr√©, pour le plaisir autant que pour la communication; et il semble clair qu'ils pr√©f√©raient que les Eldar pussent cr√©er de nouveaux mots de leur style propre, ou pussent traduire les sens des noms en de belles formes eldarines, plut√īt qu'ils ne retinssent les mots valarins ou qu'ils ne les adoptassent au quenya (un proc√©d√© qui, dans la plupart des cas, ne rendait justice √† aucune des deux langues).
Peu apr√®s l'arriv√©e des Vanyar et des √Ďoldor, les Valar cess√®rent de parler dans leur propre langue en pr√©sence des Eldar, except√© rarement : comme, par exemple, lors des grands Conseils, auxquels les Eldar assistaient parfois. D'ailleurs, il est dit que souvent les Valar et les Maiar pouvaient √™tre entendus parler quenya entre eux.
En tout cas, pour parler des premiers jours de l'√©tablissement √† Tirion, il √©tait bien plus facile et rapide pour les Valar d'apprendre le quenya que d'enseigner aux Eldar le valarin. Car, en un sens, nulle lambe n'√©tait '√©trang√®re' aux Auto-Incarn√©s. M√™me lorsque utilisant des formes corporelles, ils avaient moins besoin d'une tengwesta que n'en avaient les Incarn√©s; et ils avaient cr√©√© une lambe pour le plaisir de l'exercice des pouvoirs et adresses de la forme corporelle, et (de mani√®re plus distante) pour la meilleure compr√©hension des esprits des Incarn√©s lorsqu'ils devraient appara√ģtre, plut√īt que par quelque besoin qu'ils ressentaient entre eux. Car les Valar et les Maiar pouvaient directement transmettre et recevoir des pens√©es (par la volont√© des deux parties) selon leur v√©ritable nature;30 et bien que l'utilisation de la forme corporelle (bien qu'assum√©e et non impos√©e) rendit dans une certaine mesure ce mode de communication moins rapide et pr√©cis, ils gard√®rent cette facult√© √† un degr√© surpassant de loin celui observ√© chez tous les Incarn√©s.
√Ä cet endroit, Pengolodh ne discute pas plus loin cette question de la transmission et de la r√©ception de la pens√©e, et ses limitations en tout ordre des cr√©atures. Mais il cite, comme exemple de la vitesse √† laquelle, par son aise, une tengwesta pouvait √™tre apprise par un ordre plus √©lev√©, l'histoire de la D√©couverte des Edain. Selon celle-ci, le roi √Īoldorin, Finrod, apprit rapidement la langue du peuple de B√ęor, qu'il d√©couvrit en Ossiriand, car il comprenait dans une large mesure ce qu'ils voulaient dire pendant qu'ils parlaient. '√Ä pr√©sent Finrod,' dit-il, '√©tait renomm√© parmi les Eldar pour ce pouvoir qu'il poss√©dait, en raison de la chaleur de son cŇďur et de son d√©sir de comprendre les autres; pourtant, son pouvoir n'√©tait pas plus grand que celui du moindre des Maiar.'31

Pengolodh conclut comme suit. 'Dans les r√©cits, les Valar sont toujours pr√©sent√©s comme parlant quenya en toute circonstance. (Note 37, p. 417) Mais cela ne peut provenir de traduction par les Eldar, dont peu d'historiens connaissaient le valarin. La traduction a d√Ľ √™tre faite par les Valar ou les Maiar eux-m√™mes. En effet, ces r√©cits ou l√©gendes qui traitent des √©poques d'avant l'√©veil des Quendi, ou du pass√© le plus √©loign√©, ou de choses que les Eldar ne pouvaient pas avoir connues, ont d√Ľ √™tre pr√©sent√©s en premier en quenya par les Valar ou les Maiar lorsqu'ils instruisirent les Eldar. En outre, cette traduction doit avoir concern√© bien plus que les simples mots de la langue. Si nous consid√©rons le Premier R√©cit, qui est appel√© l'Ainulindal√ę : ceci doit √™tre issu des Aratar eux-m√™me (pour la majeure partie, en effet, de Manwe, croit-on). Bien qu'il f√Ľt clairement mise en sa pr√©sente forme par les Eldar, et exist√Ęt d√©j√† sous cette forme lorsqu'il fut consign√© par R√ļmil, il doit toutefois nous avoir d√®s le d√©part √©t√© pr√©sent√© non seulement dans les mots du quenya, mais √©galement selon nos modes de pens√©e et notre imagination du monde visible, en symboles qui nous √©taient intelligibles. Et ces choses, les Valar les comprirent parce qu'ils avaient appris notre langue.'
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Dior

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MessagePostť le: 25 Jan 2007 17:16†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

Notes de l'auteur sur Quendi et Eldar


Note 1 (p. 367; référence dans deux passages).

Distinguer yomenie 'r√©union, rassemblement' (de trois ou plus venant de directions diff√©rentes). La forme telerine √©tait : ēl sīla lūmena vomentienguo.

Note 2 (p. 369).

Il s'agissait d'un d√©veloppement ult√©rieur en quenya, apr√®s que les √©l√©ments et -vā √©taient devenus des flexions, applicables √† tous les noms, pour pluraliser -o par ajout du signe pluriel -n, lorsque ajout√© √† un radical pluriel (comme il pourrait l'√™tre par fonction naturelle) : comme lasseo 'd'une feuille', lassio > lassion 'de feuilles'. De m√™me avec -va; mais ceci √©tait et resta un adjectif, et avait la forme plurielle -ve en attribution plurielle (Q archa√Įque -vai); il ne pouvait pas, cependant, indiquer une pluralit√© de sources, originellement, et la distinction Q Eldava 'des Elfes' [NdTr : en compl√©ment du nom] et Eldaiva 'Elfes' fut une innovation Q.

Note 3 (p. 372).

roquen est > *roko-kwen avec syncope quenya, *roko étant une forme plus ancienne et plus simple du radical, trouvée dans certains composés et noms composés, bien que la forme normale du mot indépendant 'cheval' avait la forme fortifiée rokko. Ces composés, étant anciens, étaient accentués comme des mots unitaires, et l'accent principal venait sur la syllabe précédant -quen : kirya:quen, kirya:queni.

Note 4 (p. 373).

C'est-√†-dire, elliptiquement pour Quenya lambe, comme anglais pour langue anglaise. Lorsque les historiens eurent besoin d'un adjectif g√©n√©ral 'quendien, appartenant aux Elfes en tant que tout', ils cr√©√®rent le nouvel adjectif Quenderin (sur le mod√®le d'Eldarin, √Ďoldorin, etc.); mais ceci resta un mot savant.

Note 5 (p. 375).

Ce changement eut lieu il y a longtemps dans l'histoire linguistique elfe; probablement avant la Séparation. Il est en tout cas commun au telerin d'Aman, au sindarin, et au nandorin.

Note 6 (p. 375).

Les Savants √Īoldorins rapportent que Pendi √©tait utilis√© par les Teleri des tous premiers jours seulement, parce qu'ils ressentaient qu'il signifiait le simplet, le pauvre (*PEN), en r√©f√©rence √† l'indigence et √† l'ignorance des Elfes primitifs.

Note 7 (p. 377).

Les Nains √©taient dans une position sp√©ciale. Ils pr√©tendaient avoir connu le Beleriand avant m√™me que les Elfes n'y arrivassent; et il appara√ģt en effet y avoir eu de petits groupes demeurant furtivement dans les hautes terres √† l'ouest du Sirion depuis une √©poque tr√®s ancienne : ils attaquaient et assaillaient les Elfes √† la d√©rob√©e, et les Elfes ne les reconnurent pas de prime abord comme des Incarn√©s, mais les con√ßurent comme √©tant un genre d'animal rus√©, et les chass√®rent. D'apr√®s ce qu'ils disaient, ils √©taient des fugitifs, pouss√©s dans la nature par leur propre parent√© plus loin √† l'est, et ult√©rieurement, ils furent appel√©s les Noegyth Nibin32 ou Petits-Nains, car ils √©taient devenus plus petits que la norme de leur esp√®ce, et emplis de haine pour toutes les autres cr√©atures. Lorsque les Elfes rencontr√®rent les puissants Nains de Nogrod et Belegost, sur le versant oriental des Montagnes, ils les reconnurent comme des Incarn√©s, car ils √©taient habiles dans de nombreux arts, et apprenaient la langue elfe volontiers pour des raisons d'√©changes. De prime abord, les Elfes dout√®rent √† leur √©gard, les croyant apparent√©s aux Orcs et cr√©atures de Morgoth; mais lorsqu'ils d√©couvrirent que, bien que fiers et inamicaux, ils pouvaient se fier √† eux pour respecter les trait√©s qu'ils avaient conclus, et qu'ils ne molestaient pas ceux qui les laissaient en paix, ils commerc√®rent avec eux et les laiss√®rent aller et venir comme ils le voulaient. Ils ne les class√®rent plus comme Moerbin, mais ne les reconnurent pas plus comme Celbin, les appelant les Dornhoth ('le peuple rigide') ou les Naugrim ('le peuple ch√©tif'). [Voir plus sur les Petits-Nains pp. 388-9.]

Note 8 (p. 377).

Bien que Morben pouvait toujours leur être appliqué par quiconque restait hostile aux Hommes (comme l'étaient les gens de Doriath dans leur majeure partie); mais cela se voulait insultant.

Note 9 (p. 377; référence dans deux passages).

L'implication selon laquelle, en opposition aux Celbin, les Moerbin √©taient alli√©s √† Morgoth, ou au moins de loyaut√© douteuse, √©tait, cependant, fausse au regard des Avari. Nul Elfe d'aucune sorte ne s'aligna jamais avec Morgoth de son plein gr√©, bien que, sous la torture ou la pression d'une grande crainte, ou tromp√©s par des mensonges, ils pourraient ob√©ir √† ses ordres : mais ceci s'appliquait aussi aux Celbin. Les 'Elfes sombres', cependant, √©taient souvent hostiles, et m√™me perfides, dans leurs √©changes avec les Sindar et les √Ďoldor; et s'ils combattaient, comme ils le faisaient lorsqu'ils √©taient eux-m√™mes assaillis par les Orcs, ils ne prirent jamais une part ouverte dans la Guerre aux c√īt√©s des Celbin. Ils √©taient, semble-t-il, emplis d'une amertume h√©rit√©e envers les Eldar, qu'ils consid√©raient comme des d√©serteurs de leur race, et en Beleriand, ce sentiment fut augment√© par l'envie (en particulier des Amanyar), et par ressentiment de leur magnifiscence. La croyance des Celbin selon laquelle, au moins, ils √©taient plus faibles en r√©sistance aux pressions ou mensonges de Morgoth, si cette dol√©ance √©tait prise en compte, pourrait avoir √©t√© justifi√©e. Mais le seul cas enregistr√© dans les r√©cits est celui de Maeglin, le fils d'E√∂l. E√∂l √©tait un Mornedhel, et est dit avoir appartenu au Deuxi√®me Clan (dont les repr√©sentants au sein des Eldar √©taient les √Ďoldor).33 Il demeurait en Beleriand oriental, non loin des fronti√®res de Doriath. Il avait de grands dons de forgeron, en particulier dans la cr√©ation d'√©p√©es, dans le travail desquelles il surpassait m√™me les √Ďoldor d'Aman; et par cons√©quent, beaucoup croyaient qu'il utilisait le morgul, les sciences occultes enseign√©es par Morgoth. Les √Ďoldor eux-m√™mes avaient en effet beaucoup appris de Morgoth durant les jours de sa captivit√© en Valinor; mais il est plus probable qu'E√∂l connaissait les Nains, car en de nombreux endroits, les Avari devinrent plus proches en amiti√© avec ce peuple qu'avec les Amanyar ou les Sindar. E√∂l trouva √ćrith,34 la sŇďur du Roi Turgon, √©gar√©e dans la nature √† proximit√© de sa demeure, et il la prit pour femme de force : un acte tr√®s mauvais aux yeux des Eldar. Son fils Maeglin fut par apr√®s admis √† Gondolin, et re√ßut les honneurs en tant que fils-de-sŇďur du roi; mais √† la fin, il livra Gondolin √† Morgoth. Maeglin √©tait en effet un Elfe de caract√®re mauvais et d'esprit sombre, et il avait un d√©sir et une rancune propres √† satisfaire; mais m√™me ainsi, il fit ce qu'il fit seulement apr√®s le tourment et sous un nuage de crainte. Certains des Nandor, qui √©taient autoris√©s √† √™tre Celbin, n'√©taient pas meilleurs. Saeros, un conseiller du Roi Thingol, qui appartenait √† un petit clan de Nandor vivant en Doriath oriental, fut principalement responsable du d√©part en hors-la-loi de T√ļrin, fils de H√ļrin. La m√®re de T√ļrin √©tait nomm√©e Morwen 'jeune fille sombre', en raison de sa chevelure sombre, et ce fut l'une des pires insultes de Saeros de l'appeler Morben. Pour cela, T√ļrin le frappa dans le hall du roi.35
Ce ressentiment de la part des Avari est illustr√© par l'histoire du PQ *kwendī. Ce mot, comme il a √©t√© montr√©, ne surv√©cut pas dans les langues telerines de la Terre du Milieu, et √©tait m√™me presque oubli√© en telerin d'Aman. Mais les Savants des jours ult√©rieurs, lorsque des relations plus amicales furent √©tablies avec des Avari d'esp√®ces diff√©rentes en Eriador et dans le Val d'Anduin, rapportent qu'il apparaissait fr√©quemment dans les dialectes avarins. Ceux-ci √©taient nombreux, et souvent aussi largement s√©par√©s les uns des autres qu'ils l'√©taient des formes eldarines de la langue elfe; mais o√Ļ que les descendants de *kwendī fussent trouv√©s, ils ne signifiaient pas 'Elfes en g√©n√©ral', mais √©taient les noms que les Avari se donnaient √† eux-m√™mes. Ils avaient manifestement continu√©s √† s'appeler *kwendī, 'le Peuple', consid√©rant ceux qui partirent comme des d√©serteurs - bien que, selon la tradition eldarine, les nombres des Eldar √† l'√©poque de la S√©paration √©taient dans la proportion approximative de 3:2, en comparaison avec les Avari (voir p. 381). Les formes avarines cit√©es par les Savants √©taient : kindi, cuind, hwenti, windan, kinn-lai, penni. La derni√®re est int√©ressante en ce qu'elle montre le changement kw > p. Cela pourrait √™tre ind√©pendant du changement en telerin commun; mais il sugg√®re qu'il √©tait d√©j√† apparu parmi les Lindar avant la S√©paration. La forme penni est cit√©e comme provenant du langage 'sylvo-elfe' du Val d'Anduin, et ces Elfes √©taient parmi les plus amicaux des fugitifs du Beleriand, et se consid√©raient apparent√©s aux restes des Sindar.

Note 10 (p. 378).

Il n'est guère surprenant que les Edain, lorsqu'ils apprirent le sindarin, et, dans une certaine mesure, également le quenya, trouvèrent difficile de discerner si les mots et noms contenant l'élément el se référaient aux étoiles ou aux Elfes. Cela s’observe dans le nom Elendil, qui devint un nom favori chez les Edain, mais qui était sensé comporter le sens 'ami d'Elfe'. Correctement, en quenya, il signifiait 'un amoureux ou étudiant des étoiles', et était appliqué à ceux qui se consacraient au savoir astronomique. 'Ami d'Elfe' aurait plus correctement été représenté par Quen(den)dil ou Eldandil.

Note 11 (p. 378).

Lac Mithrim, signifiant originellement 'Lac des Mithrim'. Mithrim √©tait un nom leur ayant √©t√© donn√© par les m√©ridionaux, en raison du climat plus frais et des cieux plus gris, et des brumes du Nord. Ce fut probablement parce que les √Ďoldor entr√®rent d'abord en contact avec cette branche nordique qu'ils donn√®rent en quenya le nom Sindar ou Sindeldi 'Elfes gris' √† tous les habitants telerins des Terres occidentales qui parlaient la langue sindarine.36 Cependant, ce nom fut plus tard √©galement consid√©r√© comme se r√©f√©rant au nom d'Elwe, Thingol (Sindikollo) 'Mantegrise', √©tant donn√© qu'il √©tait reconnu comme haut-roi de tout le pays et de ses peuples. Il est √©galement dit que les gens du Nord √©taient principalement habill√©s de gris, en particulier apr√®s le retour de Morgoth, quand la discr√©tion devint n√©cessaire; et les Mithrim poss√©daient une technique de tissage d'une √©toffe grise qui rendait ceux qui la portaient presque invisibles dans les lieux ombrag√©s ou dans une contr√©e rocheuse. Cette technique fut ult√©rieurement utilis√©e m√™me dans les contr√©es m√©ridionales, comme les dangers de la Guerre augmentaient.

Note 12 (p. 380).

La langue de Mithrim √©tait √©galement un dialecte marqu√©; mais aucun des dialectes du sindarin ne diff√©rait suffisamment largement que pour interf√©rer dans les rapports. Leurs divergences n'√©taient pas plus grandes que celles qui s'√©taient d√©velopp√©es entre le quenya tel que parl√© par les Vanyar, et tel que parl√© par les √Ďoldor √† l'√©poque de l'Exil.

Note 13 (p. 380).

Pour le PQ tardif gl- en tant que variation initiale de l-, voir Phonologie G√©n√©rale.37 Bien que ce nom de clan ait *glind- en sindarin, le g- n'appara√ģt pas en telerin amanya, ni en nandorin, de telle sorte que, dans ce cas, il peut s'agir d'un ajout en sindarin, qui favorisa et augmenta beaucoup les groupes initiaux de ce genre.

Note 14 (p. 382).

Pour cette raison, le plus fréquemment utilisé des 'titres' ou noms secondaires des Lindar était Nendili 'Amoureux de l'eau'.

Note 15 (p. 382).

Une formation agentale simple (comme *abaro > *abar de *ABA) √† partir de la racine *TELE, dont le sens primaire para√ģt avoir √©t√© 'fermer, finir, arriver √† la fin' : d'o√Ļ en Q telda 'dernier, final'; tele- verbe intransitif 'finir, terminer', ou '√™tre la derni√®re chose ou personne dans une s√©rie ou s√©quence d'√©v√©nements'; telya verbe transitif 'finir, se terminer, conclure'; telma 'une conclusion, tout ce qui est utilis√© pour terminer un travail ou une affaire'. Ceci √©tait probablement distinct de *tel-u 'couvrir d'un toit, mettre le fa√ģte √† une construction', observ√© dans le Q telume 'toit, canop√©e'. (Ceci √©tait probablement l'un des tous premiers mots quendiens pour les cieux, le firmament, avant la croissance de leur connaissance, et l'invention du mot eldarin Menel. Cf. Telumehtar 'guerrier du ciel', un nom plus ancien pour Menelmakil, Orion.) Le mot telluma 'd√īme, coupole' est une alt√©ration de telume sous l'influence du valarin delgūma : voir p. 399. Mais *telu peut simplement √™tre une forme diff√©renci√©e de *TELE, √©tant donn√© que le toit √©tait le travail final d'une construction; cf. telma, qui √©tait souvent appliqu√© au dernier √©l√©ment d'une structure, tel qu'un couronnement, ou le pinacle le plus haut.

Note 16 (p. 384).

Voir ci-dessus, p. 381. la proportion, pour 144, des Eldar restant en Terre du Milieu était estimée à 26, dont environ 8 étaient Nandor.

Note 17 (p. 384).

Lenwe est la forme sous laquelle ce nom √©tait rem√©mor√© dans les r√©cits √Īoldorins. Son nom √©tait probablement *Denwego, nandorin Denweg. Son fils √©tait le chef nandorin Denethor. Ces noms signifiaient probablement 'souple et vif' et 'souple et long et gr√™le', de *dene- 'fin et fort, flexible, souple', et *thara- 'grand (ou long) et √©lanc√©'.

Note 18 (p. 384).

Le nom Nandor √©tait un d√©riv√© de l'√©l√©ment *dan, *ndan- indiquant le revirement d'une action, afin de d√©faire ou d'invalider son effet, comme dans 'd√©faire, revenir en arri√®re (par le m√™me chemin), se d√©dire, rendre (le m√™me pr√©sent : non un autre en retour)'. Le mot originel *ndandō, par cons√©quent, ne sugg√©rait probablement que 'celui qui revient sur sa parole ou d√©cision'.

Note 19 (p. 386).

En Q Eldameldor, S Elvellyn. C'est-à-dire, 'Amoureux des Elfes'. Les mots Quendili, Eldandili (voir Note 10), bien que n'excluant pas l'affection et les loyautés personnelles, auraient également suggéré un intérêt profond pour tout savoir relatif aux Elfes, ce qui n'était pas nécessairement inclus dans les mots meldor, mellyn 'amoureux, amis'.

Note 20 (p. 387).

C'est-à-dire, mourir naturellement, de vieillesse ou de lassitude, et inévitablement, pas seulement (comme les Elfes) de quelque blessure grave ou de chagrin.

Note 21 (p. 387).

S -eb vient de *ikwā, CT *-ipā, probablement apparent√© au Q -inqua. Cf. S aglareb 'glorieux', Q alkarinqua. Les deux sont probablement apparent√©s √† l'√©l√©ment *kwa, *kwa-ta observ√© dans les mots eldarins pour 'plein'.

Note 22 (p. 388).

Le S ch √©tait seulement une approximation; le kh nain √©tait en fait une aspir√©e forte, non une spirante. De m√™me, √† l'√©poque de l'emprunt, le sindarin ne poss√©dait ni le son z ni le long ā. Cela ne signifie pas que les Elfes ne pouvaient pas imiter ou acqu√©rir des sons √©trangers √† leur langue natale. Tous les Elfes avaient un grand don pour les langues, et surpassaient de loin les Hommes dans ce domaine. Les √Ďoldor √©taient les principaux linguistes des Elfes, mais leur sup√©riorit√© se montrait non pas tant dans l'acquisition de nouvelles langues mais dans leur amour des langues, leur inventivit√©, et leur int√©r√™t pour le savoir linguistique, et l'histoire et les relations de diff√©rentes langues. En adoptant un mot pour emploi dans leur propre langue (qu'ils aimaient), les Elfes l'adaptaient √† leur propre style pour des raisons esth√©tiques.

Note 23 (p. 388).

Ces mots sont d√©riv√©s de la racine *NUKU 'nain, ch√©tif, n'atteignant pas sa pleine croissance ou ach√®vement, ne satisfaisant pas √† quelque marque ou standard', observ√© dans *nuktā-, Q nuhta- 'retarder la croissance, emp√™cher d'arriver √† compl√©tion, arr√™ter net, ne pas permettre de continuer', S nuitha- de sens similaires. Il y avait une formation adjectivale *naukā, de laquelle √©taient d√©riv√©s S naug, Q nauka, en particulier appliqu√©s aux choses qui, bien qu'ayant achev√© leur croissance, √©taient plus petites ou plus courtes que leur esp√®ce, et √©taient scl√©ros√©es, tordues ou difformes. Nogoth est probablement d'une forme telle que *nukotto/a 'une chose (ou une personne) ch√©tive ou difforme'.

Note 24 (p. 388).

Le Q h √©tait devenu trop faible pour repr√©senter l'aspir√©e kh, qui fut d√®s lors rendue par k. Le d final √©tait devenu r, et ce changement √©tait reconnu dans l'adaptation. Le z > s m√©dial √©tait devenu r dans le dialecte √Īoldorin du Q, except√© quand une syllabe adjacente, ou (comme ici) la m√™me syllabe, contenait d√©j√† un r.

Note 25 (p. 388).

Norno est une forme personnalis√©e de l'adjectif norna 'dur, solide', l'√©quivalent Q du S dorn. Les deux viennent de la racine *DORO 'd√©ss√©ch√©, dur, rigide'. Avec l'enrichissement initial fr√©quent d > nd, ceci appara√ģt dans le PQ *ndorē 'la terre dure, s√®che, en opposition √† l'eau ou le marais > terre en g√©n√©ral, en opposition √† la mer; une terre (une r√©gion particuli√®re avec des limites plus ou moins d√©finies)'. D'o√Ļ S d√īr (-ndor > -nor, -nnor) 'terre'. En Q, ce mot devint confus ou m√©lang√© au distinct *nōrē de la racine *ONO (voir p. 387), 'famille, tribu ou groupe ayant un anc√™tre commun, la terre ou la r√©gion o√Ļ ils demeuraient'. Ainsi, Q n√≥re √©tait g√©n√©ralement utilis√© pour 'terre' associ√©e √† un peuple particulier, et l'ancien *ndorē ne surv√©cut que dans des compos√©s de noms : comme Valin√≥re < *Valinōrē 'le peuple et la terre des Valar', √† c√īt√© de Valinor, Valandor. Une terre ou r√©gion particuli√®re √©tait en Q arda; une terre, en opposition √† l'eau ou √† la mer, √©tait n√≥r (< *ndōro), en opposition √† e√§r. Les formes Q norna, Norno peuvent aussi contenir nd-, bien que le S dorn ne le fasse pas; mais il s'agit probablement de l'un des cas dans lesquels l'initiale Q d devint n-, non l-, par assimilation √† un n apparaissant plus tard dans le mot.

Note 26 (p. 389).

Novrod √©tait la forme la plus ancienne, et appara√ģt dans les premi√®res annales, √† c√īt√© de la variante Grodnof. Celles-ci contiennent les √©l√©ments CE *nābā 'creux', et (g)rotā 'excavation, habitation souterraine'. Novrod conserve l'ordre eldarin (et nain) plus ancien, avec l'√©l√©ment adjectival en premier. √Ä l'√©poque de sa cr√©ation, *nāba-grota avait sans aucun doute d√©j√† atteint sa forme S archa√Įque * > novrod. Grodnof contient les m√™mes √©l√©ments dans l'ordre sindarin ult√©rieur et plus usuel. La forme Nogrod, qui devint ult√©rieurement usuelle, est due √† la substitution de Nog-, pris en tant que forme de Naug 'nain' (avec le changement usuel de au > o), apr√®s que l'√©l√©ment Nov- fut devenu obscur. L'adjectif *nābā > , resta courant uniquement dans le dialecte septentrional, d'o√Ļ le nom Novrod provenait. Dans les autres dialectes, , en tant que mot ind√©pendant accentu√©, donna nauv > naw (avec la perte habituelle du v final apr√®s au, u), et ce mot cessa d'√™tre utilis√© dans le langage courant. Novrod, dans des annales plus anciennes, appara√ģt parfois glos√© Bar-gol 'habitation creuse', utilisant l'adjectif plus courant coll < *kuldā.
Hadhodrond utilise la forme adapt√©e Hadhod = Khazād. L'√©l√©ment rond n'est pas apparent√© √† grod, -rod. Ce dernier vient de *groto 'creuser, excaver, creuser un tunnel'. S rond, Q rondo viennent de *rono 'couvrir d'un arc, couvrir d'un toit'. Ceci pouvait √™tre appliqu√© √† la fois √† des structures naturelles et artificielles, mais sa vue √©tait toujours d'en-dessous et de l'int√©rieur. (en opposition aux d√©riv√©s de *tel, *telu mentionn√©s en Note 15). CE *rondō signifiait 'un toit vo√Ľt√© ou arqu√©, tel que vu d'en-dessous (et habituellement non visible du dehors)', ou 'un (large) hall ou salle ainsi couvert'. Il √©tait encore souvent appliqu√© picturalement aux cieux apr√®s que les Elfes eurent obtenus une bien plus grande connaissance du 'Savoir stellaire'. Cf. le nom Elrond 'D√īme d'√©toiles' (Elros signifiait 'scintillement d'√©toile'). Cf. √©galement S othrond appliqu√© √† une forteresse souterraine, construite ou agrandie par excavation, contenant un ou plusieurs de tels grands halls vo√Ľt√©s. othrond est < S ost + rond. CE *ostō, Q osto, S ost, est d√©riv√© de *soto 'abriter, prot√©ger, d√©fendre', et √©tait appliqu√© √† tout bastion ou forteresse construit ou fortifi√© par art. Le plus c√©l√®bre exemple, apr√®s la grande demeure d'Elwe √† Menegroth, √©tait Nargothrond < Narog-ost-rond ('les grands bourg et halls souterrains sur la rivi√®re Narog'), qui fut construite par Finrod, ou achev√©e et agrandie par lui √† partir des demeures plus primitives construites par les Petits-Nains.
Bien que distincts √† l'origine, les d√©riv√©s de *groto et de *rono entr√®rent naturellement en contact, √©tant donn√© qu'ils n'√©taient pas dissemblables en forme, et qu'un *rondō √©tait habituellement construit par excavation. Ainsi S groth < *grottā (une forme intensifi√©e de grod < *grotā) 'une grande excavation' pouvait bien s'appliquer √† un rond. Menegroth signifiait 'les Mille Vo√Ľtes ou Demeures', mais elle contenait un grand rond et de nombreux autres mineurs.

Note 27 (p. 390).

*(√Ī)guruk est d√Ľ √† une combinaison de *(g)ruk avec *NGUR 'horreur', observ√© en S gorth, gorthob 'horreur, horrible', et (redoubl√©) gorgor 'horreur extr√™me'.

Note 28 (p. 390).

Quelques autres d√©riv√©s sont en quenya : rukin 'je ressens de la crainte ou de l'horreur' (construit avec '√† partir de' de l'objet craint); ruhta- 'terrifier'; r√ļkima 'terrible', rauko et arauko < *grauk- 'une cr√©ature puissante, hostile, et terrible', en particulier dans le compos√© Valarauko 'D√©mon de Puissance', appliqu√© ult√©rieurement aux plus puissants et terribles des servants maia de Morgoth. En sindarin apparaissent, par exemple, raug et graug, et le compos√© Balrog (√©quivalents des Q rauko, etc.); groga- 'ressentir de la terreur'; gruitha 'terrifier'; gorog (< *guruk) 'horreur'.

Note 29 (p. 392).

Des affixes apparaissent dans equen 'dis-je', eques 'dit-il/elle', utilisés en rapportant un dialogue.

Note 30 (p. 392).

*ekwē √©tait probablement un temps pass√© primitif, marqu√© comme tel par l''augment' ou voyelle de base redoubl√©e, et la voyelle longue accentu√©e. Les temps pass√©s de cette forme √©taient usuels pour les verbes sindarins 'forts' ou primaires : tel *akāra 'r√©alisa, fit' > S agor. *akwā, cependant, n'√©tait probablement pas verbal, mais une extension ou intensification de *kwā, utilis√©e adverbialement.

Note 31 (p. 392).

Dans les langues eldarines, ceci appara√ģt habituellement dans les formes -ikwā ou -ukwā, ou avec flexion nasale -i√Īkwā, -u√Īkwā. Les voyelles i, u √©taient probablement d√©riv√©es des terminaisons de noms ou d'autres radicaux auxquels kwā fut ajout√©, mais les formes suffixales dissyllabiques √©taient devenues assez ind√©pendantes de cette origine. Les formes utilisant u √©taient principalement appliqu√©es √† des choses lourdes, peu pratiques, laides ou mauvaises.

Note 32 (p. 393).

Peu est dit en savoir √Īoldorin au sujet de la langue des Valar et des Maiar; mais sur ce point, une note est ajout√©e √† la fin de cet appendice (pp. 397 et suivantes).

Note 33 (p. 394).

lamba est d√©riv√© de *LABA 'bouger la langue, l√®cher', et peut √™tre reli√© √† *lab-mā (avec un suffixe fr√©quent dans les noms et impl√©ments) : le groupe bm > mb en CE et probablement plus t√īt. lambe vient probablement de *lab-mē, d√©notant l'action de *LABA, ou l'usage de la *lambā. (Cf. *JULU 'boire', *julma, Q yulmā, S ylf 'vaisselle pour boire'; *julmē, Q yulme, 'fait de boire, beuverie'.) Ces mots n'ont pas de connexion originelle avec *LAMA, qui se r√©f√®re aux sons, en particulier aux sons vocaux, mais n'√©tait appliqu√© qu'√† ceux qui √©taient confus ou inarticul√©s. Il √©tait g√©n√©ralement utilis√© pour d√©crire les cris vari√©s de b√™tes. D'o√Ļ le mot *laman(a), *lamān, Q laman, pl. lamni ou lamani; S lavan, pl. levain, 'animal', habituellement uniquement appliqu√© aux b√™tes quadrup√®des, et jamais aux reptiles ou aux oiseaux. (Ceci peut-√™tre compar√© avec *kwene 'utilisateur de langage articul√©'). Le sindarin glam < glamb / glamm (p. 391) est une √©laboration de *LAM.

Note 34 (p. 394).

Dans l'usage v√©ritable ind√©pendant, principalement employ√© entre personnes hors de port√©e d'oreille : les Elfes avaient une vision √©tonnamment aigu√ę √† quelque distance. Ces 'signaux' √©taient r√©ellement distincts des gestes (en particulier ceux des mains) effectu√©s en tant que concomitants √† la parole et ajouts aux changements de ton pour la transmission d'un sentiment, bien que certains des gestes des deux syst√®mes √©taient similaires. Les Elfes faisaient un usage consid√©rable des gestes concomitants, en particulier en discours ou r√©citation.

Note 35 (p. 398).

Par quoi Pengolodh signifie la connaissance disponible en Terre du Milieu. Le Lammas fut composé en Eriador.

Note 36 (p. 404).

D'autres Savants ult√©rieurs conjecturaient que Nessa √©tait en fait elfe de forme (bien qu'archa√Įque, selon le propre principe de Pengolodh), √©tant < *neresā, une formation adjectivale f√©minine de *NER, signifiant 'celle qui a une valeur ou une force masculine'. Ils enl√®veraient aussi Taniquetil du groupe des 'traductions'. Arfanyarasse, disent-ils, est la traduction : 'haut (i.e. noble, r√©v√©r√©) - blanc brillant - pic', mais Taniquetil est une adaptation, bien qu'une adaptation qui a probablement grandement alt√©r√© l'original dans la tentative de donner au nom une esp√®ce de port√©e eldarine : ? haut point blanc. Comme ils disent, ta- ne signifie pas '√©lev√©' en eldarin, bien qu'il puisse rappeler t√°ra 'grand, haut' (*TAR); nique ne se r√©f√®re pas √† la neige, mais au froid; et Q tilde, -til n'est pas un pic de montagne, mais une pointe fine ac√©r√©e (principalement utilis√© au sujet de choses petites et √©lanc√©es). Pour nique, cf. Q niku- '√™tre frais, froid (du temps)'; nique 'il fait froid, il g√®le'; ninque 'froid, p√Ęle', nixe 'gel', niquis, niquesse 'motifs de givre' (ce dernier par association avec quesse 'plume').
Plus significatif, ils citent d'une ancienne l√©gende de la Fuite un conte selon lequel, comme les brumes d'Araman enveloppaient les distantes montagnes de Valinor √† la vue des √Ďoldor, F√ęanor leva ses mains en signe de rejet et cria : 'Je m'en vais. Ni dans la lumi√®re ni dans l'ombre ne regarderai-je encore vers toi, Dahanigwishtilgūn.' Ainsi √©tait-ce rapport√©, bien que les √©crivains des r√©cits ne savaient plus ce qu'il voulait dire. Raison pour laquelle le mot √©trange pourrait avoir √©t√© mal transmis. Mais m√™me ainsi, il comporte encore quelque ressemblance avec Taniquetil, bien qu'il ne puisse plus √™tre analys√©. (Dans quelques versions, disent les Savants, cela est √©crit dāhan-igwiŇ°-telgūn.) Ils citent √©galement Fionwe [lire E√∂nwe ?] (le h√©raut de Manwe) comme un autre nom pour lequel aucune √©tymologie elfe n'est connue.

Note 37 (p. 406).

Habituellement dans un style formel et √©lev√©. Souvent, lorsqu'il y avait des diff√©rences, plut√īt selon la mode vanyarine que la √Īoldorine, car les Vanyar √©tait le plus souvent en leur compagnie; bien que les √©crivains √Īoldorins aient parfois substitu√©s leurs propres formes.

Notes de Christopher Tolkien :

1 'affection' : mutation (de la voyelle o causée par le i suivant dans Mori(quendi)).

2 sundóma : voir p. 319.

3 omentielvo : ceci fut tapé omentielmo, subséquemment changé en omentielvo. Le même changement fut effectué dans la seconde édition de La Communauté de l'Anneau (p. 90).

4 La Communauté de l'Anneau, p. 367 (à la fin du chapitre Lothlórien); première édition vanimalda, seconde édition vanimelda.

5 Le terme ómataina ou 'extension vocale' est utilisé en addition à la base d'une voyelle finale de la même manière que la sundóma (p. 319).

6 'Aux ténèbres et aux nuages estompant le soleil et les étoiles' : une référence explicite, il semble, à quelque forme du mythe astronomique modifié ébauché dans le Texte II de la section 'Mythes transformés' dans L'Anneau de Morgoth. Dans ce texte, mon père souleva la question ''Mais comment les Eldar peuvent-ils alors être appelés le 'Peuple des Etoiles' ?' si le Soleil est 'contemporain de la Terre' (X.375); et il proposa un récit complexe (X.377-8) dans lequel l'obscurcissement du monde par Melkor, qui fit monter de vastes ténèbres pour fermer toute vision des cieux, est un élément important. Voir plus pp. 423-4.

7 'Le premier peuple de cette sorte à être rencontré fut les Nandor' : ceci contredit étrangement l'histoire rapportée dans les Annales (AG §19, p. 9; aussi AAm §84, X.93), selon lesquelles les Nains entrèrent en Beleriand en l'Année valienne 1250, et que la construction de Menegroth fut achevée avant la venue de Denethor, meneur des Nandor, en 1350 (pp. 11-13). L'affirmation suivante, ici, selon laquelle les premières invasions des Orcs suivirent le retour de Morgoth est une contradiction tout autant frappante des Annales : selon AG §27, les Orcs entrèrent en Beleriand en 1330 (cf. aussi X.106, §85) : 'Quand ils étaient arrivés, ou ce qu'ils étaient, les Elfes ne le savaient pas alors, estimant qu'ils devaient être des Avari, peut-être devenus mauvais et féroces dans les régions sauvages.'

8 'du Cap Andras au promontoire de Bar-in-Mŷl' : Cap Andras fut introduit sur la carte (p. 184, case G2), mais le promontoire au sud (lui-m√™me une extension du littoral tel qu'originellement dessin√©) y est appel√© Ras Mewrim (p. 190, ¬ß63). Le nom dans le pr√©sent texte fut tap√© Bar-in-Gwael; la traduction 'Demeure des Mouettes' fut ajout√©e en m√™me temps que le changement en Bar-in-Mŷl (par un changement ult√©rieur au crayon sur une copie -in- > -i-).

9 Brithonbar, non Brithombar, est la forme tapée, et non corrigée.

10 Sur ce passage au sujet des Eglain, cf. p. 189, ¬ß57, et pp. 343-4. La phrase de conclusion 'Mais ils reconnaissaient la haute-royaut√© de Thingol, et C√≠rdan ne prit jamais le titre de roi' diff√®re des Annales, dans lesquelles C√≠rdan soit reconna√ģt Felagund de Nargothrond comme suzerain, soit √©tait (comme il semble) un Seigneur des Falas ind√©pendant 'bien qu'il f√Ľt toujours en proche amiti√© avec Nargothrond' (AG ¬ß85, et commentaire p. 117).

11 Pour la légende d'Imin, Tata, et Enel, voir pp. 420 et suivantes.

12 Le r√©cit dans les Annales d'Aman des parent√©s de Morw√ę et de Nurw√ę, qui refus√®rent les appels des Valar et devinrent Avari (X.81-2, 88, 168), avait √©t√© abandonn√©.

13 Le nom Lindar 'Chanteurs' des Teleri est apparu dans le 'Glossaire' de l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.349); il fut pendant longtemps le nom du Premier Clan, les Vanyar ultérieurs.

14 Sur la chute d'eau de Cuiviénen, voir p. 424.

15 Dans un autre √©crit tardif, C√≠rdan est dit avoir √©t√© de la parent√®le d'Elw√ę, mais je n'ai trouv√© aucune mention de la nature de la parent√©.

16 Lenw√ę a remplac√© le nom d√©j√† ancien D√Ęn du p√®re de Denethor; de ce texte, il fut adopt√© dans Le Silmarillion.

17 L'affirmation selon laquelle les Nandor p√©n√©tr√®rent en Beleriand 'peu avant le retour de Morgoth' est une autre remarquable contradiction des Annales (cf. note 7 ci-dessus). Plus t√īt (p. 377), il est dit qu'ils vinrent 'avant le retour de Morgoth', ce qui implique sans aucun doute la m√™me chose. Mais en AG ¬ß31, il y a une merveilleuse √©vocation des 'longues ann√©es de paix qui suivirent l'arriv√©e de Denethor', et elles furent en effet longues : de 1350 √† 1495, 145 Ann√©es valiennes, ou 1 389 Ann√©es du Soleil. Je ne sais comment expliquer ces profonds changement dans l'histoire enracin√©e.

18 Sur le mot aduna√Įque Nimir 'Elfe', voir The Drowning of Anad√Ľn√™ (Vol. IX, Index II, p. 473).

19 F√≠rimar : la forme ancienne √©tait F√≠rimor (QS ¬ß83, V.245, note en bas de page). Un compte-rendu du d√©veloppement du sens dans le verbe f√≠r√ę est donn√© en lien avec F√≠riel, le nom ult√©rieur de M√≠riel, en X.250.

20 Le nom Nogoth niben fut adopté dans le Silmarillion (au pluriel, Noegyth nibin : voir Note 7 au présent texte, p. 408); le mot nogoth pour les Nains n'est pas apparu auparavant (voir note 32 ci-dessous). Pour d'autres noms et formes de nom des Petits-Nains, voir p. 187, §26.

21 Lors de la r√©vision du chapitre de QS sur les Nains, le nom sindarin de Khazad-d√Ľm √©tait Nornhabar, traduit 'Dwarrowdelf' (p. 206). 'Dwarrowdelf' se trouve √©galement dans La Communaut√© de l'Anneau; dans le pr√©sent texte, le nom sindarin fut tap√© Hadhodr√Ľd et traduit 'Dwarrowmine', mais le changement en Hadhodrond 'Dwarrowvault' fut r√©alis√© imm√©diatement. Hadhodrond fut adopt√© dans le Silmarillion.
[NdTr : Mickleburg 'Grande Forteresse', Hollowbold 'Habitation souterraine', Dwarrowvault 'Vo√Ľtenain', Dwarrowdelf 'Cavenain', Dwarrowmine 'Minenain'.]

22 Cf. Appendice F du Seigneur des Anneaux, p. 409 : 'Les Orcs de race inférieure étaient appelés snaga, 'esclaves', et ce, en particulier par les Uruk-hai.'

23 F√ęanor consid√©rait que, en d√©pit du mode usuel d'√©criture, les voyelles √©taient chacunes des tengwi ind√©pendants ou √©l√©ments de construction de mot.

24 Sur une seule copie, une correction ultérieure au crayon changea *SAR en *SYAR.

25 En haut de la page figure une note au crayon, sur une seule des copies : 'Changer Pengolodh en Thingódhel'.

26 Pour le mot Equessi, voir p. 392. À la fois dans ce passage et dans le passage présent, le mot fut tapé Equeri et ensuite corrigé.

27 Pour l'ancienne conception dans le Lhammas des ann√©es trente, selon laquelle l'origine de toutes les langues elfes se trouvait dans la langue des Valar (communiqu√©e aux Elfes par Orom√ę), voir V.168, 192-3.

28 Dans The Road Goes Ever On, p. 61, le nom miruv√≥r√ę (apparaissant dans Nam√°ri√ę) est dit √™tre d'origine valarine.

29 Cf. Note 2 du Commentaire de l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.337), o√Ļ il est dit que 'Physiquement, Arda √©tait ce que nous appellerions le syst√®me solaire', et que, dans les traditions elfes, 'la principale partie d'Arda √©tait la Terre (Imbar, 'l'Habitation') ... de telle sorte que, utilis√©e approximativement, Arda semble souvent signifier la Terre'. Pour Ambar, voir les r√©f√©rences donn√©es en X.359, note 12.

30 Cf. AAm §164 (X.129) : 'sans voix, en silence, [les dieux] peuvent tenir conseil entre eux', et le passage cité du Retour du Roi dans ma note sur ce passage (X.135).

31 Cf. le chapitre tardif du QS De l'arrivée des Hommes dans l'Ouest, p. 217 : 'Felagund découvrit ... qu'il pouvait lire dans les esprits des Hommes des pensées telles que celles qu'ils désiraient révéler en parole, de telle sorte que leurs mots furent aisément interprétés.'

32 Noegyth Nibin √©tait une correction du nom tap√©, Nibinn..g, probablement Nibinnoeg (voir p. 187, ¬ß56). Les notes √©tant ins√©r√©es dans le texte, cette note fut √©crite avant que le passage en p. 388 ne f√Ľt atteint.

33 Il est curieux que - comme dans le texte originel de Maeglin, o√Ļ il √©tait 'de la parent√© de Thingol' - dans le travail tr√®s tardif de mon p√®re sur l'histoire, E√∂l devienne √† nouveau 'un des Eldar' (p. 328), bien que consum√© de haine pour les √Ďoldor; alors qu'ici, il est un Mornedhel (un des Avari), et de plus du Deuxi√®me Clan autochtone.

34 Le nom √ćrith appara√ģt comme correction (effectu√©e apr√®s la publication du Seigneur des Anneaux) de l'ancien nom Isfin en QS ¬ß42 (X.177). Lorsque mon p√®re travailla sur le r√©cit Maeglin vers 1970, il semble avoir oubli√© √ćrith, car ses notes √† cette √©poque expriment une insatisfaction par rapport au nom 'sans signification' Isfin, comme s'il n'avait jamais √©t√© remplac√© (pp. 317-18).

35 L'insulte par Saeros de T√ļrin, en appelant sa m√®re Morwen Morben, √©tait un d√©veloppement dans le r√©cit (voir QS ¬ß39, V.321, et Contes et L√©gendes inachev√©s, p. 80) qui ne pouvait appara√ģtre que, bien s√Ľr, avec l'√©mergence des mots Calben et Morben.

36 Ni l'interprétation de Mithrim en tant que nom d'un peuple (pour l'ancienne étymologie, voir V.383-4, radical RINGI), ni cette explication du nom Sindar n'ont été rencontrées auparavant.

37 'Phonologie G√©n√©rale' : mon p√®re ne se r√©f√©rait ici √† aucune Ňďuvre particuli√®re, achev√©e.
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APPENDICE

La l√©gende de l'√Čveil des Quendi (Cuivienyarna)



Il est dit dans Quendi et Eldar, p. 380 :
    Selon la légende, préservée en forme presque identique à la fois chez les Eldar d'Aman et chez les Sindar, les Trois Clans dérivaient à l'origine des trois Pères des Elfes : Imin, Tata, et Enel (sc. Un, Deux, Trois), et de ceux que chacun d'entre eux choisit pour joindre sa suite. Ainsi avaient-ils au départ simplement les noms Minyar 'Premiers', Tatyar 'Deuxièmes', et Nelyar 'Troisièmes'. Ceux-ci se montaient, hors des 144 Elfes des origines qui s'éveillèrent en premier, à 14, 56, et 74; et ces proportions furent approximativement maintenues jusqu'à la Séparation.
Une forme de cette légende est reproduite dans un un seul tapuscrit avec une copie carbone. Sur une des copies, mon père a écrit (ainsi que sur l'autre, mais plus brièvement) : 'rédigé en fait (de par le style et les notions simples) comme étant un 'conte de fées' elfe survivant ou une comptine, mêlée de leçons de calcul'. Les corrections des deux copies sont reprises dans le texte suivant.


Pendant que leurs premiers corps √©taient fa√ßonn√©s de la 'chair d'Arda', les Quendi dormaient 'dans le sein de la Terre', sous l'herbe verte, et ils s'√©veill√®rent lorsqu'ils furent enti√®rement form√©s. Mais les Premiers Elfes (aussi appel√©s les Non-Mis au monde, ou les Mis au monde par Eru) ne s'√©veill√®rent pas tous en m√™me temps. Eru avait pr√©vu les choses de telle sorte que chacun se retrouva √† c√īt√© de son '√©poux/√©pouse destin√©(e)'. Mais trois Elfes s'√©veill√®rent en premier, et ils √©taient de sexe m√Ęle, car les Elfes de sexe m√Ęle sont physiquement plus forts et plus ardents et aventureux dans les endroits √©tranges. Ces trois P√®res des Elfes sont nomm√©s dans les anciens contes Imin, Tata et Enel. Ils s'√©veill√®rent dans cet ordre, avec tr√®s peu de temps entre chaque √©veil; et d'eux, disent les Eldar, viennent les mots 'un', 'deux' et 'trois' : les plus vieux de tous les chiffres.*
Imin, Tata et Enel s'√©veill√®rent avant leurs √©pouses, et les premi√®res choses qu'ils virent furent les √©toiles, car ils s'√©veill√®rent dans la p√©nombre avant l'aube. Et les choses qu'ils virent ensuite furent leurs √©pouses destin√©es gisant endormies √† leurs c√īt√©s sur l'herbe verte. Ils furent alors si charm√©s par leur beaut√© que leur d√©sir de parler fut imm√©diatement acc√©l√©r√©, et ils commenc√®rent √† 'penser √† des mots' pour parler et pour chanter. Et dans leur impatience, ils ne purent attendre et r√©veill√®rent leurs √©pouses. Ainsi, disent les Eldar, la premi√®re chose que chaque Elfe femelle vit fut son √©poux, et son amour pour lui fut son premier amour; et son amour et sa v√©n√©ration pour les merveilles d'Arda vinrent plus tard.
Apr√®s un certains temps, quand ils eurent habit√© ensemble et form√© de nombreux mots, Imin et Iminy√ę, Tata et Tati√ę, Enel et Enely√ę se promen√®rent, et quitt√®rent le vallon vert de leur √©veil, et arriv√®rent bient√īt pr√®s d'un autre vallon plus large et y trouv√®rent six paires de Quendi, et les √©toiles brillaient √† nouveau dans l'aube naissante et les Elfes m√Ęles √©taient en train de s'√©veiller.
Alors Imin d√©clara √™tre l'a√ģn√© et revendiqua le droit du premier choix; et il dit : 'Je choisis comme compagnons ces douze-l√†'. Et les Elfes m√Ęles √©veill√®rent leurs √©pouses, et quand les dix-huit Elfes eurent habit√© ensemble un certain temps, eurent appris de nombreux mots et en eurent form√©s plus, ils se remirent en marche, et bient√īt, dans un autre creux encore plus profond et plus large, ils trouv√®rent neuf paires de Quendi, dont les Elfes m√Ęles venaient juste de s'√©veiller dans la lumi√®re des √©toiles.
Alors Tata revendiqua le droit du second choix, et dit : 'Je choisis comme compagnons ces dix-huit-l√†.' Alors √† nouveau, les Elfes m√Ęles √©veill√®rent leurs √©pouses, et ils habit√®rent et parl√®rent ensemble, et form√®rent de nombreux sons nouveaux et des mots plus longs; les trente-six march√®rent √† nouveau ensemble, jusqu'√† ce qu'ils arrivassent √† un bosquet de bouleaux pr√®s d'un ruisseau, o√Ļ ils trouv√®rent douze paires de Quendi, dont les Elfes m√Ęles une fois encore venaient juste de s'√©veiller et regardaient les √©toiles √† travers les branches des bouleaux.
Alors Enel revendiqua le droit du troisi√®me choix, et dit : 'Je choisis comme compagnons ces vingt-quatre-l√†.' √Ä nouveau les Elfes m√Ęles √©veill√®rent leurs √©pouses; et les soixante Elfes s'√©tablirent pour de nombreux jours au bord du cours d'eau, et bient√īt ils commenc√®rent √† former des vers et chant√®rent sur la musique de l'eau.
Apr√®s un long moment ils se remirent tous en marche. Mais Imin nota que chaque fois ils avaient trouv√©s plus de Quendi qu'avant, et il pensa : 'J'ai seulement douze compagnons (bien que je sois l'a√ģn√©); je passerai donc mon tour.' Bient√īt ils arriv√®rent dans une sapini√®re agr√©ablement parfum√©e sur le flanc d'une colline, et ils y trouv√®rent dix-huit paires d'Elfes, tous encore endormis. C'√©tait toujours la nuit et le ciel √©tait nuageux. Mais un vent vint avant l'aube et stimula les Elfes m√Ęles, et ils s'√©veill√®rent et furent √©bahis par les √©toiles; car tous les nuages avaient √©t√© dispers√©s et les √©toiles brillaient d'est en ouest. Et pendant un long moment, les dix-huit nouveaux Quendi ne pr√™t√®rent aucune attention aux autres mais regard√®rent les lumi√®res du Menel [NdTr : le Ciel]. Mais lorsque enfin ils tourn√®rent √† nouveau les yeux vers la terre, ils aper√ßurent leurs √©pouses et les √©veill√®rent pour regarder ensemble les √©toiles, criant √† leur adresse elen, elen ! Ainsi les √©toiles re√ßurent-elles leur nom.
Alors Imin dit : 'Je ne vais pas choisir maintenant'; et Tata, par cons√©quent, choisit comme compagnons ces trente-six-l√†; et ils √©taient tous grands et noirs de cheveux, et forts comme des sapins, et d'eux sont issus la majorit√© des √Ďoldor.
Et les quatre-vingt-seize Quendi parl√®rent alors ensemble, et les nouvellement √©veill√©s form√®rent beaucoup de nouveaux et beaux mots, ainsi que de nombreux artifices astucieux de langage; et ils rirent et dans√®rent sur le flanc de la colline, jusqu'√† ce qu'enfin ils d√©sirassent trouver plus de compagnons. Alors ils reprirent leur chemin ensemble, jusqu'√† ce qu'ils arrivassent √† un lac sombre dans l'aube naissante; et il y avait une haute falaise sur le c√īt√© est, et une chute d'eau en descendait, et les √©toiles scintillaient dans l'√©cume. Mais les Elfes m√Ęles √©taient d√©j√† en train de se baigner, et ils avaient d√©j√† √©veill√© leurs √©pouses. Il y avait vingt-quatre paires; mais ils n'avaient pas encore form√© de langage, bien qu'ils chantassent doucement et que leurs voix se r√©percutassent sur la pierre, se m√™lant au grondement de la chute.
Mais à nouveau Imin retint son choix, pensant que 'la fois suivante, ce sera une grande compagnie'. Dès lors Enel dit : 'J'ai le choix, et je choisis comme compagnons ces quarante-huit-là.' Et les cent quarante-quatre Quendi restèrent longtemps près du lac, jusqu'à ce qu'ils devinssent unis par l'esprit et la langue, et ils étaient heureux.
Apr√®s un long moment Imin dit : 'Il est temps √† pr√©sent de reprendre la route et de trouver plus de compagnons.' Mais la plupart des autres √©taient satisfaits. Alors Imin et Iminy√ę et leurs douze compagnons partirent, et ils march√®rent longtemps de jour comme de nuit dans la r√©gion aux alentours du lac, pr√®s duquel tous les Quendi s'√©taient √©veill√©s - raison pour laquelle il est appel√© Cuivi√©nen. Mais ils ne trouv√®rent jamais plus de compagnons, car le Conte des Premiers Elfes √©tait achev√©.
Et c'est ainsi que les Quendi en vinrent √† compter par douze, et que cent quarante-quatre fut pour longtemps leur plus grand nombre, de telle sorte que dans aucune de leurs langues post√©rieures il n'y a de nom commun pour un nombre sup√©rieur. C'est aussi ainsi que les 'Compagnons d'Imin' ou la Compagnie a√ģn√©e (d'o√Ļ viennent les Vanyar) ne comptait que quatorze membres en tout, et qu'elle √©tait la plus petite; et que les 'Compagnons de Tata' (d'o√Ļ viennent les √Ďoldor) √©taient cinquante-six en tout; et que les 'Compagnons d'Enel', bien qu'√©tant de la compagnie cadette, √©taient les plus nombreux; d'eux viennent les Teleri (ou Lindar), et ils √©taient au d√©but soixante-quatorze en tout.
Les Quendi aimèrent tout ce qu'ils avaient déjà vu en Arda, et les choses vertes qui grandissaient et le soleil d'été leur apportaient beaucoup de joie; mais toutefois ils furent toujours les plus émus par les Etoiles, et les heures de pénombre par temps clair, à l'aube naissante ou au début de la nuit, furent toujours les moments de leurs plus grandes joies. Car c'est durant ces heures du printemps de l'année qu'ils s'éveillèrent à la vie en Arda. Mais les Lindar, plus que tous les autres Quendi, dès leur début furent les plus amoureux de l'eau, et chantèrent avant qu'ils ne pussent parler.

Il semble que mon père avait résolu (au moins pour l'objet de ce 'conte de fées') le problème du nom 'Peuple des étoiles' des Elfes (voir p. 417, note 6) d'une manière admirablement simple : les premiers Elfes s'éveillèrent dans la dernière partie de la nuit sous des cieux d'étoiles sans nuages, et les étoiles furent leur premier souvenir.
Dans Quendi et Eldar (p. 382), mon p√®re √©crivit 'le lac et la chute d'eau de Cuivi√©nen', et ceci est expliqu√© dans le Cuivienyarna : 'ils arriv[√®r]ent √† un lac sombre dans l'aube naissante; et il y avait une haute falaise sur le c√īt√© est, et une chute d'eau en descendait, et les √©toiles scintillaient dans l'√©cume.' √Ä travers de si nombreuses ann√©es, il revenait au Conte de Gilfanon dans Le Livre des Contes perdus (I.232) :
    Maintenant les lieux autour de Koivi√ę-n√©ni, Les Eaux de l'√Čveil, sont accident√©s et emplis de rochers massifs, et un cours d'eau qui nourrit cette eau y chute le long d‚Äôune profonde crevasse ... un fil p√Ęle et mince. Mais l‚Äôextr√©mit√© du sombre lac se trouvait sous terre entrant en une multitude de cavernes sans fin qui s'enfon√ßaient toujours plus profond√©ment dans le sein m√™me du monde.



* [note de Tolkien] Les mots eldarins en question sont Min, Atta (ou Tata) et Nel. La vérité historique est probablement l'inverse. Les Trois n'avaient pas de noms jusqu'à ce qu'ils développent la langue, et reçoivent (ou prennent) des noms après avoir conçu les chiffres (ou à tout le moins les douze premiers).
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Dior

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MessagePostť le: 26 Jan 2007 13:48†† †Sujet du message: Rťpondre en citant

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