Les Aratars Index du Forum Les Aratars
Forum créé par les Gremlin's
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil  AbréviationAbréviation   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 
 Retour au site 


 
[Traduction - HoMe XI] Quendi et Eldar

Utilisateurs enregistrés: Aucun
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Les Aratars Index du Forum -> Annúminas
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 10:19     Sujet du message: [Traduction - HoMe XI] Quendi et Eldar Répondre en citant

Quendi et Eldar (en anglais Quendi and Eldar) constitue la Partie Quatre de HoMe XI, The War of the Jewels (HarperCollins, 2002, pp. 359-424).

Ce texte, qui, à première vue, peut sembler très difficile à aborder de par sa nature essentiellement linguistique, regorge d'informations historiques sur les différents peuples de la Terre du Milieu.

Ce qui suit en est la traduction intégrale officieuse. Pour plus de facilité, le texte a été divisé comme suit (selon les sections originales du texte) :
Pour toute question ou commentaire, rendez-vous ici Sourire

N.B. :
  • Le texte en taille normale est le texte de Tolkien, celui en taille petite est de Christopher Tolkien. Les notes sont de Christopher Tolkien sauf si autrement précisé.
  • Les numéros de pages donnés sont ceux donnés par Christopher Tolkien et renvoient aux éditions en sa possession (donc la plupart du temps aux éditions originales anglaises).
  • Les pages indiquées sans référence à un livre renvoient aux pages de HoMe XI, le volume contenant ce texte.
  • Les autres volumes des HoMes sont référencés par de simples chiffres romains, les pages l'étant par des chiffres arabes (ex. : X.226 renvoie à HoMe X, p. 226).
  • Outre les abréviations mentionnées en début de texte et relatives aux langues, le texte en contient quelques autres :
    • adj. : adjectif
    • cf. : confer (reportez-vous à)
    • e.g. : exempli gratia (par exemple)
    • etc. : et caetera : (et les autres)
    • f : féminin(e)
    • i.e. : id est (c'est-à-dire)
    • m. : masculin(e)
    • pl. : pluriel
    • sc. : scilicet (à savoir)
    • sg. : singulier
    • v. : verbe
    • vol. : volume
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 12:01     Sujet du message: Répondre en citant

QUENDI ET ELDAR



Le titre Quendi et Eldar appartient clairement et vraiment au long essai imprimé ici, bien que mon père l'utilisât aussi pour inclure deux autres travaux bien plus brefs, visiblement écrits à peu près à la même période; l'un d'eux, sur l'origine des Orcs, a été publié dans L’Anneau de Morgoth (voir X.415, où un compte-rendu plus détaillé est donné). Quendi et Eldar consiste en un tapuscrit avec copie carbone qui peut être assez certainement daté des années 1959-60 (ibid.); et les deux copies sont précédées d'une page manuscrite qui, en plus du préambule suivant, donne un titre parallèle, Essekenta Eldarinwa.
    Investigation sur les origines des noms elfes pour les Elfes et leurs variétés de clans et de divisions : avec des appendices sur leurs noms pour les autres Incarnés : Hommes, Nains et Orcs, et sur leur analyse de leur propre langue, le quenya : avec une note sur la 'Langue des Valar'.
Mon père corrigea les deux copies avec soin et précisément de la même manière (excepté pour quelques modifications ultérieures au crayon). Le texte imprimé ici suit l'original de très près, excepté des changements très mineurs effectués dans un but de cohérence et de clarté, l'omission d'un passage de phonologie extrêmement complexe, et une réorganisation du texte relative aux notes. Comme souvent ailleurs dans ses écrits tardifs, mon père interrompit son texte principal avec des notes, dont certaines sont longues; et celles-là, je les ai numérotées et rassemblées à la fin, les distinguant de ses propres notes numérotées en se référant à elles dans le corps du texte en tant que Note 1, Note 2, etc., avec une référence à la page où elles peuvent être trouvées. Aussi, et plus radicalement, j'ai omis une section substantielle de l'appendice D (voir p. 396). Ceci fut fait avant tout pour des raisons d'espace, mais le passage en question est un compte-rendu quelque peu abstrait des théories phonologiques de savants linguistes antérieurs et des contributions de Fëanor, reposant plutôt par allusion sur des données phonologiques qui sont prises pour garanties : il se situe à part du contenu du travail dans son ensemble (et apparut, je le soupçonne, depuis le remue-méninges de mon père plutôt qu'en tant qu'un élément planifié du tout).
Également pour des raisons d'espace, mon commentaire s'en tient à un strict minimum. Les abréviations utilisées sont PQ (quendien primitif), CE (eldarin commun), CT (telerin commun), Q (quenya), T (telerin), Ñ (ñoldorin), S (sindarin), V (valarin).



QUENDI ET ELDAR


Origines et significations des mots elfes se référant aux Elfes et à leurs espèces. Avec des appendices sur leurs noms pour d'autres Incarnés.


A. Les principaux éléments linguistiques concernés



1. *KWENE.
(a) PQ *kwene 'une personne' (m. ou f.). CE *kwēn (-kwen), pl. *kwenī, 'une personne' (m. ou f.), 'un', '(quelqu')un', pl. 'personnes', '(quelques) gens'.
(b) PQ et CE *kwende, pl. *kwendī. Cette forme fut obtenue de *kwene par affermissement primitif du n > nd médian. Il fut probablement utilisé d'abord uniquement au pluriel, dans le sens 'des gens, les gens comme un tout', sc. embrassant les trois clans originels.
(c) *kwendjā adj. 'appartenant aux *kwendī, aux gens comme un tout'.
2. *ELE Selon la légende elfe, il s'agissait d'une exclamation primitive, 'ô !' 'voyez !' créée par les Elfes lorsqu'ils virent les étoiles pour la première fois. D'où :
(a) CE *el, *ele, *el-ā, 'ô !' 'regardez !' 'voyez !'
(b) CE *ēl, pl. *eli, ēli, 'étoile'.
(c) CE *elen, pl. *elenī, 'étoile', avec 'une base étendue'.
(d) CE *eldā, une formation adjectivale 'connecté aux ou concerné par les étoiles', utilisée en tant que description des *kwendī. Selon la légende, ce nom, et le suivant, étaient dus au Vala Oromë. Ils étaient donc au départ probablement utilisés seulement au pluriel, signifiant 'peuple-étoile'.
(e) CE *elenā, une forme adjectivale obtenue du radical étendu *elen, de même signification et usage que *eldā.
3. *DELE.
(a) Une base verbale *dele, aussi avec suffixe *del-ja, 'marcher, aller, avancer, voyager'.
(b) *edelō, une formation agentale de style primitif : 'quelqu'un qui va, un voyageur, un migrant'. Un nom créé au moment de la Séparation par ceux qui décidèrent de suivre Oromë.
(c) *awa-delo, *awā-delo, ?*wā-delō. Anciens composés avec l'élément *awa 'loin, au loin' (voir ci-dessous). Un nom créé en Beleriand pour ceux qui finalement quittèrent la Terre du Milieu.
4. *HEKE. Probablement pas à l'origine une base verbale, mais un élément adverbial 'à côté, à part, séparé'.
(a) PQ *heke 'à part, n'incluant pas'.
(b) PQ et CE dérivé verbal, transitif : *hek-tā 'mettre à côté, exclure, abandonner'.
(c) PQ *hekla 'quoi (ou qui) que ce soit mis à côté de, ou exclu de, sa compagnie normale'. Aussi en forme personnelle *heklō 'un abandonné ou exclu'; formes adjectivales *heklā et *hekelā.
L'élément *AWA, apparaissant en 3(c) ci-dessus, se réfère à un éloignement, vu du point de vue de la chose, de la personne ou du lieu quitté. Comme préfixe, il avait déjà probablement développé en CE la forme *au-. La forme *awā était originellement une forme adverbiale indépendante, mais semble aussi avoir été utilisée comme préfixe (en tant que forme intensive de *awa-, *au-). La forme *wā- était probablement originellement utilisée comme radical verbal, et peut-être aussi en composition avec des radicaux verbaux.
Dans les langues eldarines, cette racine entra en contact en forme avec d'autres éléments, distincts en origine et en sens. *ABA 'refuser', 'dire non (en refus ou dénégation)' : c'est la source du CE *abar, pl. *abarī 'quelqu'un qui refuse', quelqu'un qui refusa de suivre Oromë. *WO sous les formes * et *wo- (la dernière seulement en tant que préfixe) : c'était un adverbe duel 'ensemble', se référant à la jonction de deux choses, ou groupes, en une paire ou ensemble. L'équivalent pluriel était *, *jōm, et en tant que préfixe *jo, *jom. *HO sous les formes * et *ho : c'était un adverbe 'de, venant de', le point de vue se situant en dehors de la chose à laquelle il est fait référence.

Les principaux dérivés en forme (leur emploi est abordé ci-dessous) des mots CE donnés ci-dessus étaient les suivants :

*KWEN


QUENYA. 1(a) quēn, pl. queni; non accentué, en tant que pronom ou élément final dans un composé, quen.
1(b) Quendi. Le singulier quende (peu utilisé) fut formé en quenya à partir de Quendi, sur le modèle d'autres noms en -e, dont la majorité formaient leur pluriel en -i. Il y avait aussi deux anciens composés : Kalaquendi 'Elfes lumineux' et Moriquendi 'Elfes sombres'.
1(c) Quendya, qui survécut dans le dialecte vanyarin, mais qui en ñoldorin devint Quenya. Il était uniquement utilisé en référence à la langue.
TELERIN. 1(a) pen en tant que pronom, et -pen dans quelques vieux composés.
1(b) Pendi, au pluriel uniquement. Également dans les composés Calapendi et Moripendi.
1(c) Inusité.
SINDARIN. 1(a) pen, généralement muté ben, en tant que pronom. Également -ben, -phen dans quelques composés anciens.
1(b) Inusité. Les composés Calben (pl. Celbin) et Morben (pl. Moerbin, Morbin) devaient certainement descendre de la même source que ceux susmentionnés, mais leur élément final fut de toute évidence altéré pour s'accorder avec les composés de *kwen. Les dérivés inaltérés auraient été *Calbend, *Moerbend; mais bien que la finale -nd devînt finalement -n en sindarin, ce changement n'avait pas encore eu lieu dans les premières traces écrites, et on ne trouve aucun cas de -bend. En outre, la forme Morben (sans affection1 du o) indique soit une altération en *mora- pour mori-, d'après *kala-, ou plus probablement une substitution du S morn- de *mornā, la forme adjectivale usuelle S.
1(c) Inusité.

*EL


QUENYA. 2(a) ela ! exclamation impérative, dirigeant la vue vers un objet réellement visible.
2(b) ēl, pl. ēli, 'étoile' (mot poétique).
2(c) elen, pl. eleni (occasionnellement en vers eldi), 'étoile'. Le mot normal pour une étoile du firmament réel. La forme pl. eleni, sans syncope, est reformée d'après le singulier.
2(d) Elda uniquement utilisé en tant que nom, principalement au pl. Eldar. Voir aussi (quenya) 3(b) ci-dessous.
2(e) Elda comme ci-dessus. En tant qu'adjectif se référant aux étoiles, la forme utilisée était elenya.
TELERIN. 2(a) ela ! comme en quenya.
2(b) ēl, pl. ēli. Le mot ordinaire pour 'étoile'.
2(c) elen, pl. elni. Une variante archaïque ou poétique du précédent.
2(d) Ella. Une variante occasionnelle d'Ello, qui était la forme normale du mot. Ceci montre un contact avec les produits de *edelō : voir plus loin sous (telerin) 3.
2(e) Inusité. La forme aurait été *Elna.
SINDARIN. 2(a) elo ! Une exclamation d'émerveillement, d'admiration, de joie.
2(b) Inusité.
2(c) êl, pl. elin, pluriel de classe elenath. Un mot archaïque pour 'étoile', peu utilisé excepté en vers, en dehors de la forme elenath 'toute la troupe des étoiles du ciel'.
2(d) Ell-, uniquement utilisé dans les formes m. et f. Ellon, Elleth, Elfe-homme, Elfe-femme; le pluriel de classe El(d)rim; et la finale -el, pl. -il, dans quelques vieux composés : voir (sindarin) 3(b).
2(e) Elen, pl. Elin, avec le pluriel de classe Eledhrim, Elfe, Elfes. dhr est < n-r en contact secondaire. Sur l'emploi, voir plus loin ci-dessous.

*DEL


QUENYA. 3(a) lelya- 'aller, avancer (dans n'importe quelle direction), voyager', passé lende. Cette forme est due au changement précoce en Q de l'initiale d > l. Le changement était régulier à la fois dans les dialectes vanyarin et ñoldorin du quenya. Il apparaît occasionnellement aussi dans les langues telerines, bien que ceci puisse être plutôt dû à la variation d/l en PQ, dont il y a quelques signes. Un exemple notable étant de/le en tant qu'éléments pronominaux à la seconde personne.
En Q *del- semble être devenu *led, par dissimilation. La forme passée montre clairement *led, tandis que lelya pourrait aussi être dérivé de *ledja, étant donné que dj devint médialement ly en quenya.
3(b) Eldo. Une variante archaïque d'Elda, avec laquelle elle se fondit en forme et en sens. Eldo ne peut cependant pas être issu de *edelō. Sa forme est probablement due à un changement *edelo > eledo, suivant le changement dans le verbe. Le changement de l'initiale d > l se produisit tôt et pourrait avoir précédé la syncope, et la perte du sens des connections étymologiques du mot, qui résulta finalement dans la fusion des produits de 2 et 3. Inaltéré, *edelō aurait donné par syncope *eðlo > *ello (qui est inusité). Voir, cependant, sous sindarin pour des raisons de supposer qu'il pourrait y avoir eu une forme variante *edlō (avec perte de la sundóma) :2 ceci aurait pu produire une forme quenya *eldo, étant donné que la transposition de dl en contact primaire dans la séquence favorisée ld ne se rencontrait pas infréquemment dans la phase pré-écrite du quenya.
3(c) Aurel < *aw(a)delo. Oärel < *awādelo. En dialecte vanyarin, Auzel et Oäzel. Oärel (Oäzel) étaient les formes communément utilisées en Q. Les pluriels prenaient les formes -eldi. Ceci montre que la terminaison -el était associée au nom Elda. Ceci fut facilité par un développement normal en morphologie Q : un mot d'une telle forme, comme *eldā, lorsque utilisé en tant qu'élément final d'un composé de date ancienne, était réduit indépendamment en *elda, pl. *eldī > *eld, *eldī > Q historique -el, -eldi. En plus, oär était vraiment utilisé en Q en tant que forme adverbiale dérivée de *AWA (voir ci-dessous) : un fait qui compte aussi pour la sélection d'öarel, öazel.
TELERIN. 3(a) delia 'aller, avancer'. Passé delle.
3(b) Ello. La forme usuelle, préférée à Ella, dont, cependant, il ne différait pas en sens. *edelō et *edlō devinrent tous deux régulièrement ello en telerin.
3(c) Audel, pl. Audelli. Ceci montre la même association avec -el, la forme réduite en composition de ella, ello, comme celle observée en Q.
SINDARIN. 3(a) Inusité.
3(b) Edhel, pl. Edhil. Le mot le plus utilisé en sindarin; mais uniquement normalement utilisé sous ces formes. Comme noté ci-dessus sous (sindarin) 2(d), les formes m. et f. étaient Ellon, Elleth; et il y avait également un pluriel de classe Eldrim, Elrim (ll-r en contact secondaire > ldr, ultérieurement encore simplifié). Comme suggéré sous (quenya) 3(b), il pourrait y avoir eu une variante *edlō, qui aurait régulièrement donné ell- en sindarin. Étant donné qu'il est très possible que cette forme plus courte apparaisse dans des composés et des formes étendues, elle expliquerait la limitation du sindarin ell- en des formes telles que Ellon, Elleth, Eldrim. Elle expliquerait également la fusion des produits des radicaux 2 El et 3 Del en sindarin, tout comme en quenya. La forme -el, pl. -il, apparaît aussi dans quelques composés anciens (en particulier des noms propres), où elle peut aussi être due à une fusion de *elda et *edlo. Dans des composés tardifs, -edhel est utilisé.
3(c) Ódhel, pl. Ódhil; à côté du plus tardif et plus usuel Gódhel, Gódhil. Également un pluriel de classe Ódhellim, Gódhellim. Ódhel vient de *aw(a)delo, et est l'exact équivalent du Q Aurel, T Audel. Gódhel pourrait être dérivé de *wādelo : initiale S *wā- > > go. Mais étant donné qu'il apparaît plus tard qu'Ódhel, et après que ce terme était devenu spécialement appliqué aux Ñoldor exilés, il semble très probable qu'il prit g- de l'ancien nom de clan Golodh, pl. Goelydh, qu'il remplaça pratiquement. Golodh était l'équivalent S du Q Ñoldo, tous deux du PQ *ñgolodō.

*HEK


QUENYA. 4(a) heka ! exclamation impérative 'va-t-en ! écarte-toi !'. Normalement uniquement adressée à des personnes. Elle apparaît souvent dans les formes hekat sg. et hekal pl. avec des affixes pronominaux réduits de la seconde personne. Également hequa (? de *hek-wā), adverbe et préposition 'laissant de côté, ne comptant pas, excluant, excepté'.
4(b) hehta-, passé hehtane, 'mettre de côté, laisser à l'écart, exclure, abandonner, quitter'.
4(c) hekil et hekilo m., hekile f. : 'quelqu'un de perdu ou de délaissé par des amis, abandonné, exclu, hors-la-loi'. Également Hekel, pl. Hekeldi, reformé pour faire pendant à Oärel, en particulier appliqué aux Eldar laissés en Beleriand. De là Hekelmar et Hekeldamar, les noms dans la langue des savants d'Aman pour le Beleriand. Il était conçu comme une longue région côtière près de la Mer (cf. Eglamar sous sindarin ci-dessous).
TELERIN. 4(a) heca ! Pour le Q hequa, la forme T est heco (? < *hek + au).
4(b) hecta- 'rejeter, abandonner'.
4(c) hecul, heculo. Également en référence particulière à ceux abandonnés en Beleriand, Hecello; Heculbar ou Hecellubar, Beleriand.
SINDARIN. Le PQ h- survécut uniquement dans les dialectes d'Aman. Il disparut sans laisser de trace en sindarin. *hek par conséquent apparaît comme *ek, identique en forme au PQ *eke 'pointe affûtée'.
4(a) ego ! 'va-t-en !' Ceci vient de *hek(e) ā : ā la particule impérative, étant originellement indépendante et variant en place, survécut en S comme ō > o, bien que ceci suivît à présent toujours le radical verbal et fût devenu une flexion.
4(b) eitha-. Ceci est en général un dérivé du PQ *ek-tā, et signifie 'piquer d'une pointe affûtée', 'poignarder'; mais le sens 'traiter avec mépris, insulter' (souvent en référence à un rejet ou à une rebuffade) pourrait montrer l'effet d'une fusion avec le PQ *hek-ta. Dire à quiconque ego ! était en effet l'eithad la plus grave.
4(c) Eglan, principalement utilisé au pluriel Eglain, Egladhrim. Le nom que les Sindar se donnèrent ('les Abandonnés') en tant que distincts des Elfes qui quittèrent la Terre du Milieu. Eglan est < d'une forme adjectivale étendue *heklanā. La forme plus ancienne et plus courte (*hekla ou *heklā) survit dans quelques noms de lieux, tels que Eglamar (cf. Hekelmar, etc.), Eglarest. Ceux-ci sont indiqués comme étant anciens de formation, avec l'élément génitif précédant : *ekla-mbar, *ekla-rista.

*AWA


QUENYA. au- en tant que préfixe verbal : > soit *au, soit *awa; comme dans au-kiri- 'couper'. Le point de vue était à l'origine 'loin du locuteur ou de l'endroit de sa pensée', et cette distinction est habituellement préservée en Q. Donc aukiri signifiait 'couper, de telle sorte qu'une portion est perdue ou plus disponible', mais hókiri (voir ci-dessous) signifiait 'couper une portion requise, afin de l'avoir ou de l'utiliser'.
öa, öar. Adverbes : < *awā; la forme öar montre l'ajout de la terminaison -d (préhistorique -da), indiquant un mouvement jusqu'à ou vers un point. La forme awā paraît avoir originellement été utilisée soit pour le repos, soit pour le mouvement, et öa peut toujours être utilisé ainsi en Q. Ce öa, öar adverbial était occasionnellement utilisé en tant que préfixe dans des composés de formation plus tardive. Pourtant, comme il a été montré, dans Oäreldi, le plus communément utilisé, le r est en fait d'origine différente.
Le verbe auta- 'partir, quitter (le point de la pensée du locuteur)' avait un ancien passé 'fort' anwe, uniquement usité dans la langue archaïque. Les passé et parfait les plus fréquemment utilisés étaient vāne, avānie, obtenus à partir du radical *; avec une forme participe passé vanwa. Cette dernière était une ancienne formation (que l'on trouve aussi en sindarin), et était la partie la plus fréquemment utilisée du verbe. Elle développa la signification 'parti, perdu, plus en possession, disparu, quitté, mort, passé et fini'. À elle les formes vāne et avānie étaient particulièrement associées en emploi et en signification. Dans le sens plus purement physique 'alla (en un autre endroit)', les formes régulières (pour un verbe -ta de cette classe) öante, öantie étaient utilisées. La forme du parfait avānie est régulièrement développée à partir de *a-wāniiē, obtenue durant la période préhistorique de la forme plus ancienne du parfait de ce type *awāwiiē, avec intrusion du n du passé (les formes du passé et du parfait devinrent progressivement plus étroitement associées en quenya). L'accent resta sur le , étant donné que l'augment ou la reduplication dans les formes verbales ne fut jamais accentué, même durant la période de rétraction du quenya (ainsi aucune forme *öanie ne se développa : contraste öante < *áwa-n-tē). La forme vānie apparaissant en vers n'a pas d'augment : probablement un développement phonétique après une voyelle précédant; mais de telles formes ne sont pas rares en vers.
SINDARIN. Le seul dérivé normal est la préposition o, le mot usuel pour '[venant] de, de'. Aucune des formes de l'élément *awa n'apparaît en tant que préfixe en S, probablement parce qu'elles devinrent semblables ou identiques aux produits de *, *wo (voir suivant). La forme Ódhel est isolée (voir ci-dessus, sindarin 3(c)). Comme les mutations suivant la préposition o le montrent, elle a dû préhistoriquement se terminer en -t ou -d. Probablement, dès lors, vient-elle de *aud, avec un d d'origine identique à celui vu en Q öar (voir ci-dessus). Certains ont pensé qu'elle reçut l'ajout -t (à une époque où *au était déjà devenu > o) par association avec *et 'hors, hors de'. Ce dernier conserve sa consonne sous la forme ed devant des voyelles, mais la perd devant des consonnes, bien que es, ef, eth sont souvent observés devant s, f, th. o, cependant, est normalement o dans toutes les positions, bien que od apparaisse occasionnellement devant des voyelles, en particulier devant o-. L'influence de *et > ed est par conséquent probablement uniquement tardive, et n'explique pas les mutations.
TELERIN. Les formes telerines sont étroitement similaires à celles du quenya en forme et en signification, bien que le développement *áua > öa n'apparaisse pas, et v reste w en son. Ainsi nous avons le préfixe au-, l'adverbe au ou avad; le verbe auta- avec le participe passé vanua, et les passé et parfait associés vāne et avānie; et dans les sens physiques vante, avantie.

*WO


QUENYA. Ceci ne subsiste pas en Q en tant que mot indépendant. Il s'agit cependant d'un préfixe fréquent sous la forme ó- (habituellement réduite à o- quand non accentuée), utilisée dans des mots décrivant la réunion, la jonction, ou l'union de deux choses ou personnes, ou de deux groupes pensés comme unités. Ainsi : o-mentie (réunion ou jonction de directions de deux personnes) comme dans la salutation familière entre deux personnes, ou deux compagnies, chacune allant sur un chemin qui croise celui de l'autre : Elen síla lúmenna omentielvo !3 'une étoile brille sur l'heure de la rencontre de nos chemins.' (Note 1, p. 407)
Ce préfixe était normalement non accentué dans des verbes ou des dérivés de verbes; ou généralement quand la syllabe suivante était longue. Quand accentué, il avait la forme ó-, comme dans ónoni 'jumeaux', à côté de l'adj. onóna 'né jumeau', également utilisé comme un nom 'l'un d'une paire de jumeaux'.
TELERIN. L'emploi ne diffère pas matériellement; mais en forme, le w- (perdu en quenya avant le ō) est conservé : préfixe , vo-. (Note 1, p. 407)
SINDARIN. Dans le préfixe gwa-, go- 'ensemble, co-, com-'. La limitation duelle n'était plus effectuée; et go- avait les sens d'à la fois *wo et *jo. *jo, *jom- disparut en tant que préfixe vivant. gwa- apparaissait uniquement dans quelques dissyllabes S, où il était accentué, ou dans leurs dérivés reconnaissables : e.g. gwanūn 'une paire de jumeaux', gwanunig l'un d'une telle paire. Ceux-ci étaient principalement de formation ancienne, et conservèrent ainsi leur signification duelle. gwa- est régulièrement développé de *wo > *wa > gwa, lorsque accentué en sindarin préhistorique. go- vient de *wo > gwo > go, lorsque primitivement non accentué; et aussi de gwa- > go-, lorsqu'il devint à nouveau non accentué. Étant donné que PQ * (une des formes de *AWA) aurait aussi produit gō-, go-, ou gwa- si réduit primitivement (e.g. devant deux consonnes), tandis que *au aurait produit o-, le même que la forme fréquente initialement mutée de go- 'ensemble', les formes préfixales de *AWA furent perdues en sindarin.

*HO


QUENYA. Ceci était manifestement un ancien élément adverbial, apparaissant principalement en tant que proclitique ou enclitique : proclitique, en tant qu'un préfixe de radicaux verbaux; et enclitique, en tant qu'attaché à des radicaux nominaux (la place usuelle pour les éléments 'prépositionnels' plus simples en PQ). D'où le quenya hō- (habituellement ainsi, même lorsqu'il était devenu non accentué), en tant que préfixe verbal. Il signifiait 'loin de, de, de parmi', mais le point de vue était hors de la chose, le lieu, ou le groupe en pensée, alors que dans les dérivés de *AWA, le point en pensée était la place ou la chose quittée. Ainsi, Q hókiri- 'couper', tel que avoir ou utiliser une portion requise; alors que aukiri- signifiait 'couper' et se débarrasser ou perdre une portion. hótuli- 'partir', tel que quitter une place ou un groupe et en joindre un autre dans la pensée ou le lieu du locuteur; alors que au ne pouvait pas être utilisé avec le radical tul- 'venir'.
En tant qu'enclitique nominal, *-hō devint ō, étant donné que le h médial fut très tôt perdu sans laisser de trace en CE. Ceci fut la source de la flexion 'génitive' la plus utilisée du quenya. Correctement, il était utilisé partitivement, ou pour décrire la source ou l'origine, pas comme un 'possessif', ou adjectivement pour décrire des qualités; mais naturellement, ce 'dérivé génitif' (comme l'anglais of) pouvait être utilisé en de nombreuses circonstances qui pouvaient avoir des implications possessives ou adjectivales, bien que la 'possession' fût indiquée par le suffixe adjectival -va, ou (en particulier dans des descriptions générales) par un 'composé large'. Ainsi 'cor d'Orome' était róma Oroméva (s'il restait en sa possession); Orome róma signifierait 'un cor d'Orome', sc. un des cors d'Orome (s'il en avait plus d'un); mais róma Oromëo signifiait 'un cor venant d'Orome', e.g. en tant que cadeau, dans des circonstances où le receveur, montrant le cadeau avec fierté, pouvait dire 'c'est un cor d'Orome'. S'il disait 'c'était un cor d'Orome', il dirait Oroméva. De même, lambe Eldaron ne serait pas utilisé pour 'la langue des Eldar' (excepté concevablement dans un cas où la langue entière était adoptée par un autre peuple), qui s'exprime par soit Elda-lambe, soit lambe Eldaiva. (Note 2, p. 407)
Il restait naturellement de nombreux cas où les génitifs soit possessivo-adjectivaux, soit partitivo-dérivés, pouvaient être utilisés, et la tendance à préférer les derniers, ou à les utiliser à la place des premiers, augmentait. Ainsi alkar Oromëo ou alkar Oroméva pouvaient être utilisés pour 'la splendeur d'Oromë', bien que le dernier était correct dans une description d'Oromë tel qu'il était en permanence, et le premier de sa splendeur telle que vue à un moment donné (découlant de lui) ou à un point précis dans une narration. 'Les Rois des Eldar' pouvait être soit i arani Eldaron, soit i arani Eldaive, bien que le premier signifierait si utilisé correctement 'ceux parmi les Eldar qui étaient rois', et le dernier 'ceux (rois) dans une assemblée particulière qui étaient elfes'. Dans des expressions telles que 'Elwe, Roi des Sindar (peuple), ou de Doriath (pays)', la forme dérivée était usuelle : Elwe, Aran Sindaron, ou Aran Lestanórëo.
TELERIN. L'emploi en telerin du préfixe ho- était identique à celui en quenya. La flexion était -o, comme en quenya, mais elle ne reçut pas un ajout -n au pluriel. Elle était plus largement utilisée qu'en quenya pur, sc. dans la plupart des cas là où l'anglais emploierait la flexion -s ou of; bien que le possessif, en particulier quand il concernait une seule personne ou possesseur, était exprimé sans flexion : soit avec le possesseur placé en premier (l'ancien usage), soit (peut-être sous l'influence des expressions génitives ou adjectivales qui étaient placées en second) suivant le possédé. Dans le dernier cas, le suffixe possessif approprié ('son, sa, ses') était habituellement ajouté au nom. Ainsi Olue cava; ou cava Olue, habituellement cavaria Olue (sc. 'la maison de lui, Olwe'); = 'la maison d'Olwe'. La dernière forme était également utilisée en quenya avec des noms propres, comme köarya Olwe. Les deux langues utilisaient également les suffixes adjectivaux possessifs d'une curieuse façon, les attachant aux adjectifs attribués aux noms propres (ou aux noms de fonctions personnelles, comme 'roi') : comme Varda Aratarya, 'Varda la noble, Varda dans sa sublimité'. Ceci était le plus usuel dans le vocatif : comme dans Meletyalda, ou plus complet Aran Meletyalda (littéralement 'votre puissance', ou 'roi votre puissance'), plus ou moins équivalents à 'Votre Majesté'. Cf. l'adieu d'Aragorn : Arwen vanimalda, namárie !4
SINDARIN. Étant donné que l'initiale h- disparut en sindarin, * serait devenu ū et ainsi, se heurtant à la négative ū, ne survécut naturellement pas. *ho en tant que proclitique pourrait avoir donné o; mais il n'apparaît pas en tant que préfixe verbal, bien qu'il contribuât peut-être à la préposition sindarine o (voir sous *Awa, sindarin) qui est utilisée dans les deux directions, du ou vers le point de vue du locuteur. Étant donné que toutes les voyelles finales disparurent en sindarin, on ne peut déterminer si cette langue avait développé ou non dans la période primitive un flexionnel. Sa présence dans le telerin d'Aman rend sa présence passée en sindarin probable. Le placement du nom génitif en second en sindarin normal est également probablement dérivé de formes flexionnelles. Les composés dont le premier élément était 'génitif' étaient apparemment toujours normaux durant l'ancienne période, comme on le voit en de nombreux noms de lieux et de personnes (tel que Egla-mar), et existaient toujours en emploi plus limité par après, en particulier là où le premier élément était ou était considéré comme un adjectif (tel que Mordor 'Pays de Ténèbres' ou 'Pays ténébreux'). Mais des séquences génitives avec le possesseur ou le qualificateur en second devinrent durant la période ultérieure également des composés fixes : tel que Dóriath, pour Dôr Iâth 'Pays de la Barrière'.

*ABA


Bien que ceci devînt un radical verbal, il était probablement dérivé d'un élément négatif primitif, ou d'une exclamation, telle que *BA 'non !' Il ne niait cependant pas des faits, mais exprimait toujours une préoccupation ou une volonté; c'est-à-dire qu'il exprimait un refus de faire ce que d'autres pourraient souhaiter ou pousser à faire, ou une interdiction de quelque action par d'autres. En tant que radical verbal, il développa la forme *aba- (avec une voyelle de connexion a à l'aoriste); en tant que particule ou préfixe, les formes *aba, *, et *abā.
QUENYA. En quenya, le verbe ava- était peu utilisé en langage courant, et révélait qu'il n'était pas à l'origine un radical verbal 'fort' ou basique en ayant la forme du passé 'faible' avane. En emploi courant, il fut remplacé par le composé vā-quet (váquetin, váquenten) 'dire non', sc. 'dire je ne ferai pas', ou 'ne pas faire', 'refuser' ou 'interdire'.
En tant que préfixe, la forme utilisée était habituellement ava-, dont la force peut être observée dans avaquétima 'à ne pas être dit, qui ne doit pas être dit', avanyárima 'à ne pas ête raconté ou rapporté', contrasté avec úquétima 'indescriptible', c'est-à-dire, 'impossible à dire, à mettre en mots, ou imprononçable', únyárima 'impossible à raconter', sc. parce que tous les faits ne sont pas connus, ou le conte est trop long. Comparer aussi Avamanyar 'ceux qui n'allèrent pas en Aman, parce qu'ils ne le voulaient pas' (un équivalent d'Avari) avec Úamanyar 'ceux qui en fait n'atteignirent pas Aman' (un équivalent de Hekeldi).
En tant que particule (la forme de ce radical la plus utilisée en langage courant), la forme quenya était habituellement vá ! Ceci était une exclamation ou une particule exprimant la volonté ou le souhait du locuteur, signifiant selon le contexte 'je ne ferai pas' ou 'Ne fais pas !' À noter qu'elle n'était pas utilisée, même à la première personne, dans une affirmation à propos d'une action future du locuteur, reposant sur de la prescience, ou un jugement de la force des choses. Elle pouvait parfois, comme vu dans váquet- (ci-dessus), être utilisée en tant que préfixe verbal.
Une forme plus longue áva ou avá (accentuée sur la dernière syllabe), qui présente une combinaison avec la particule impérative *ā, était communément utilisée comme impératif négatif 'Ne fais pas !', utilisé soit seul, soit avec un radical verbal non fléchi, comme áva kare ! 'Ne le fais pas !' À la fois et áva recevaient parfois des affixes verbaux pronominaux de la première personne du singulier et de la première personne du pluriel exclusive : comme ávan, ván, ványe, 'Je ne ferai pas', avamme, vamme 'nous ne ferons pas'.
Un ancien dérivé de *aba- en tant que radical quasi verbal était *abaro > CE *abar. Il s'agissait d'une ancienne formation agentale, telle qu’observée également dans Teler, pl. Teleri, obtenu avec le suffixe -rŏ, ajouté à une ómataina.5 (D'autres formes de ce suffixe étaient -rō ajouté au radical, avec ou sans infixation en n; et -rdŏ > rd.) *abar signifiait donc 'réfractaire, quelqu'un qui refuse d'agir comme conseillé ou ordonné'. Il était spécialement appliqué à (ou tout d'abord obtenu pour décrire ?) la section des Elfes qui refusa de se joindre à la Marche vers l'Ouest : Q Avar, pl. Avari.
TELERIN. L'emploi telerin était étroitement similaire à celui du quenya. Les formes étaient les mêmes, excepté que le telerin préserva le CE b distinct de v ou de w : donc le préfixe était aba- (abapétima 'à ne pas être dit'); la particule ; l'exclamation abá. La forme verbale, cependant, était en usage courant : aban 'je refuse, je ne ferai pas'. En ordre négatif, seule la forme non fléchie abá était utilisée : abá care 'ne le fais pas !'
SINDARIN. En sindarin, les formes suivantes sont usitées. baw ! négatif impérieux : 'Non, non ! Ne fais pas !' avo adverbe négatif avec des verbes, comme avo garo ! 'ne le fais pas'; parfois utilisé en tant que préfixe : avgaro (< *aba-kar ā). Ceci pouvait être personnalisé sous la forme avon 'je ne ferai pas', avam 'nous ne ferons pas' : celles-ci n'étaient en fait bien sûr pas dérivées d'avo, qui contient l'impératif -o < *ā, mais du radical verbal *aba, avec des flexions assimilées aux radicaux tendus en ; mais nulle autre partie du verbe ne survécut dans l'usage, excepté le nom avad 'refus, répugnance'. Directement dérivé de baw ! (*) était le verbe boda- 'exclure, interdire' (*bā-ta).
(Sur les emplois de ce radical, signifiant primitivement 'refuser, ne pas vouloir', pour former des impératifs, cf latin nōlī, nōlīte.)
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 12:47     Sujet du message: Répondre en citant

B. Significations et emploi des différents termes appliqués aux Elfes et à leurs variétés en
quenya, telerin, et sindarin


Quenya


1. quén, pl. queni, personne, individu, homme ou femme. Principalement utilisé sous la forme non accentuée quen. Le plus observé au singulier : 'un, quelqu'un'; au pl. 'des gens, ils'. Aussi combiné avec d'autres éléments, comme dans aiquen 'si personne, quiconque', ilquen 'tout le monde'. Dans un nombre d'anciens composés -quen, pl. queni était combiné avec des radicaux nominaux ou adjectivaux pour désigner des occupations habituelles ou des fonctions, ou pour décrire ceux ayant des qualités notables (permanentes) : comme -man en anglais (mais sans distinction de sexe) dans horseman [NdTr : 'cavalier'], seaman [NdTr : 'marin'], workman [NdTr : 'ouvrier'], nobleman [NdTr : 'noble'], etc. Q roquen 'cavalier'; (Note 3, p. 407) kiryaquen 'marin'; arquen 'un noble'. Ces mots appartiennent au langage de tous les jours, et n'ont pas de références spéciales pour les Elfes. Ils furent librement appliqués à d'autres Incarnés, tels que les Hommes et les Nains, lorsque les Eldar firent leur connaissance.
2. Quendi Elfes, de quelque sorte, incluant les Avari. Le sg. Quende était naturellement moins utilisé. Comme il a été observé, le mot fut créé lorsque les Elfes ne connaissaient pas encore d'autres 'gens' qu'eux-mêmes. Le sens 'la gent elfe, en tant que tout', ou au sg. 'un Elfe et non une autre créature similaire', se développa d'abord en Aman, où les Elfes vivaient parmi ou en contact avec les Valar et les Maiar. Durant l'Exil, lorsque les Ñoldor furent ré-associés à leur parenté elfe, les Sindar, mais rencontrèrent d'autres peuples non-elfes, tels que les Orcs, les Nains, et les Hommes, il devint un terme encore plus utile. Mais en fait, il avait cessé en Aman d'être un mot de tous les jours, et resta par après principalement utilisé dans le langage spécial du 'Savoir' : histoires ou contes des jours anciens, ou écrits appris sur les peuples et les langues. En langage courant, les Elfes d'Aman se nommaient Eldar (ou en telerin Elloi) : voir ci-dessous.
Il existait également deux anciens composés contenant *kwendī : *kala-kwendī et *mori-kwendī, le Peuple lumineux et le Peuple sombre. Ces termes semblent remonter à la période d'avant la Séparation, ou plutôt au moment du débat entre les Quendi au sujet de l'invitation des Valar. Ils furent manifestement créés par le parti favorable à Orome, et se référaient originellement à ceux qui désiraient la Lumière de Valinor (d'où les ambassadeurs rapportèrent qu'il n'y avait pas de ténèbres), et à ceux qui ne souhaitaient pas un endroit dans lequel il n'y avait pas de nuit. Mais déjà avant la séparation finale, *mori-kwendī peut s'être référé aux ténèbres et aux nuages estompant le soleil et les étoiles durant la Guerre des Valar et de Melkor,6 de telle sorte que le terme dès le départ avait une nuance de mépris, impliquant que de telles personnes n'avaient rien contre les ombres de Melkor sur la Terre du Milieu.
Les descendants en ligne directe de ces termes ne survécurent que dans les langues d'Aman. Les formes quenya étaient Kalaquendi et Moriquendi. Le Kalaquendi en quenya s'appliquait uniquement aux Elfes qui en fait vivaient ou avaient vécu en Aman; et le Moriquendi était appliqué à tous les autres, qu'ils eussent suivi la Marche ou non. Les derniers étaient considérés comme grandement inférieurs aux Kalaquendi, qui avaient connu la Lumière de Valinor, et avaient également acquis des connaissances et des pouvoirs bien plus grands par leur association aux Valar et aux Maiar.
Durant la période de l'Exil, les Ñoldor modifièrent leur usage de ces termes, qui était insultant pour les Sindar. Kalaquendi devint obsolète, excepté dans le savoir écrit ñoldorin. Moriquendi fut à présent appliqué à tous les autres Elfes, excepté les Ñoldor et les Sindar, c'est-à-dire aux Avari ou à toute autre sorte d'Elfes qui, au moment de l'arrivée des Ñoldor, ne s'étaient pas établis depuis longtemps en Beleriand et n'étaient pas des sujets d'Elwë. Il ne fut jamais appliqué, cependant, à d'autres que des peuples elfes. La vieille distinction, quand faite, était représentée par les nouveaux termes Amanyar 'ceux d'Aman', et Úamanyar ou Úmanyar 'ceux pas d'Aman', à côté des formes plus longues Amaneldi et Úmaneldi.
3. Quendya, Quenya en dialecte ñoldorin. Ce mot subsista en usage courant, mais il était uniquement utilisé comme un nom pour 'la langue quendienne'. (Note 4, p. 407) Cet emploi de Quendya a dû apparaître en Aman, alors que Quendi subsistait encore dans l'usage général. Historiquement, et dans l'usage plus correct des Savants linguistiques, Quenya incluait le dialecte des Teleri, qui, bien que divergent (en certains points depuis les jours d'avant l'établissement en Aman, tel que *kw > p), resta généralement intelligible aux Vanyar et aux Ñoldor. Mais dans l'usage ordinaire, il était uniquement appliqué aux dialectes des Vanyar et des Ñoldor, d'entre lesquels les différences n'apparurent qu'ultérieurement, et persistèrent, jusqu'à la période juste avant l'Exil, d'importance mineure.
Dans l'usage des Exilés, Quenya en vint naturellement à signifier la langue des Ñoldor, développée en Aman, comme distincte des autres langues, elfes ou non. Mais les Ñoldor n'oublièrent pas sa connexion avec l'ancien mot Quendi, et considéraient encore le mot comme impliquant 'elfe', c'est-à-dire la principale langue elfe, la plus noble, et celle préservant au plus près l'ancien caractère du langage elfe. Pour une note sur les mots elfes pour 'langue', en particulier parmi les Savants ñoldorins, voir Appendice D (p. 391).
4. Elda et Eldo. La distinction originelle entre ces formes, comme signifiant 'quelqu'un du Peuple des Etoiles, ou Elfes en général', et un des 'Marcheurs', fut obscurcie par la ressemblance étroite des formes. La forme Eldo devint obsolète, et Elda resta le mot principal pour 'Elfe' en quenya. Mais il n'était pas en usage correct considéré comme incluant les Avari (quand ils étaient remémorés ou pris en considération); i.e. il prit le sens d'Eldo. Il peut, cependant, avoir été partiellement dû à sons sens plus ancien que, en usage populaire, il était le mot couramment employé pour tout Elfe, c'est-à-dire, comme un équivalent du Quende des Savants. Quand un des Elfes d'Aman parlait de l'Eldalie, 'le Peuple elfe', il signifiait vaguement toute la race des Elfes, bien qu'il ne pensait probablement pas aux Avari.
Car, bien sûr, la parenté spéciale des Amanyar avec ceux laissés en Beleriand (ou Hekeldamar) était remémorée, en particulier par les Teleri. Lorsqu'il était nécessaire de distinguer ces deux branches des Eldar (ou correctement Eldor), ceux qui étaient arrivés en Aman étaient appelés Oäzeldi Ñ Oäreldi, dont une autre forme (moins utilisée) était Auzeldi, Ñ Aureldi; ceux qui étaient restés derrière étaient les Hekeldi. Ces termes appartenaient naturellement plutôt à l'histoire qu'au langage de tous les jours, et durant la période de l'Exil, ils devinrent obsolètes, ne convenant pas à la situation en Beleriand. Les Exilés revendiquaient toujours être des Amanyar, mais en pratique ce terme signifiait à présent ces Elfes restant en Aman, alors que les Exilés se nommaient Etyañgoldi 'Ñoldor exilés', ou simplement (étant donné que la grande majorité de leur clan était partie en exil) Ñoldor. Tous les sujets d'Elwë, ils les nommaient Sindar ou 'Elfes gris'.

Telerin


1. Les dérivés de *KWEN étaient plus parcimonieusement représentés dans les dialectes telerins, d'Aman ou du Beleriand. C'était en partie dû au changement en telerin commun de kw > p, (Note 5, p. 407) qui causa le choc de *pen < *kwen avec la racine PQ *PEN 'manquer, être sans', et aussi avec quelques-uns des dérivés de *PED 'pencher, être incliné' (e.g. *penda 'en pente'). Les Teleri se sentaient également un peuple distinct, en comparaison avec les Vanyar et les Ñoldor, que, pris ensemble, ils surpassaient en nombre. Ce sentiment naquit avant la Séparation, et augmenta durant la Marche et en Beleriand. En conséquence, ils ne ressentaient pas fortement le besoin d'un mot général embrassant tous les Elfes, jusqu'à ce qu'ils vinssent en contact avec d'autres Incarnés non elfes.
En tant qu'enclitique pronominale (e.g. dans aipen, Q aiquen; ilpen, Q ilquen), *kwen survécut en telerin; mais peu des composés avec pen 'homme' subsistèrent en langage courant, excepté arpen '(homme) noble', et l'adjectif dérivé arpenia.
Pendi, l'équivalent dialectal du Q Quendi, survécut uniquement en tant que mot appris des historiens, utilisé en référence aux jours anciens d'avant la Séparation; l'adjectif *Pendia (l'équivalent de Quendya) était devenu obsolète. (Note 6, p. 408) Les Teleri avaient peu d'intérêt pour le savoir linguistique, qu'ils laissèrent aux Ñoldor. Ils ne considéraient pas leur langue comme un 'dialecte' du quenya, mais la nommaient Lindārin ou Lindalambe. Ils appelaient le quenya Goldōrin ou Goldolambe; car ils avaient peu de contacts avec les Vanyar.
Les anciens composés en forme telerine Calapendi et Moripendi survécurent dans l'usage historique; mais étant donné que les Teleri en Aman restèrent plus conscients de leur parenté avec les Elfes laissés en Beleriand, alors que Calapendi était utilisé, comme Kalaquendi en quenya, pour se référer uniquement aux Elfes d'Aman, Moripendi n'était pas appliqué aux Elfes d'origine telerine qui n'avaient pas atteint Aman.
2. Ello et Ella. L'histoire des significations de ces mots était presque identique à celle des correspondants Elda et Eldo en quenya. En telerin, la forme -o en vint à être préférée, de telle sorte que généralement le T Ello était l'équivalent du Q Elda. Mais Ella resta en usage dans une fonction quasi adjectivale (e.g. en tant que premier élément dans des composés larges ou génitifs) : donc l'équivalent du Q Eldalie était en T Ellālie.
En contraste avec les Elloi laissés en Beleriand, ceux d'Aman étaient dans les récits appelés Audel, pl. Audelli. Ceux du Beleriand étaient les Hecelloi de Heculbar (ou Hecellubar).

Sindarin


1. Les dérivés de *KWEN étaient limités au sens : pronominal 'un, quelqu'un, quiconque', et à quelques anciens composés qui survécurent. PQ *kwende, *kwendī disparurent tous deux. Les raisons de ceci étaient en partie les modifications linguistiques déjà citées; et en partie les circonstances dans lesquelles les Sindar vivaient, jusqu'au retour des Ñoldor, et la venue des Hommes. Les modifications linguistiques rendirent les mots inadaptés à la survie; les circonstances enlevèrent toute utilité pratique au terme. L'ancienne unité des Elfes avait été brisée lors de la Séparation. Les Elfes du Beleriand étaient isolés, sans contact avec n'importe quel autre peuple, elfe ou d'une autre sorte; et ils étaient tous d'un seul clan et d'une seule langue : telerin (ou lindarin). Leur propre langue était la seule qu'ils entendaient jamais; et ils n'avaient besoin d'aucun mot pour la distinguer, ni pour se distinguer eux-mêmes.
En tant que pronom, habituellement enclitique, la forme pen, mutée ben, survécut. Quelques composés survécurent, comme rochben 'cavalier' (m. ou f.), orodben 'un montagnard' ou 'quelq'un vivant dans les montagnes', arphen 'un noble'. Leurs pluriels se faisaient par inflexion en i-, se reportant à l'origine à travers le mot : comme roechbin, oerydbin, erphin, mais la forme normale du premier élément était souvent restaurée lorsque la nature de la composition restait évidente : comme rochbin, mais toujours erphin. Ces mots ne présentaient aucune association spéciale aux Elfes.
Associés à ces composés, il y avait deux anciens mots Calben (Celbin) et Morben (Moerbin). Sur la relation formelle de ceux-ci au quenya Kalaquendi et Moriquendi, voir p. 362. Ils ne faisaient pas référence aux Elfes, excepté par concours de circonstances. Celbin conserva ce qui était, comme il a été dit, probablement sa signification originale : tous les Elfes autres que les Avari; et il incluait les Sindar. Il était en fait l'équivalent (quand un équivalent était nécessaire) du quenya Eldar, telerin Elloi. Mais il se référait aux Elfes uniquement parce qu'aucun autre peuple ne se qualifiait pour le titre. Moerbin était de même un équivalent d'Avari; mais qu'il ne signifiait pas seulement 'Elfes sombres' se voit par son application immédiate à d'autres Incarnés, lorsque par après ils devinrent connus. Par les Sindar, quiconque demeurant en dehors du Beleriand, ou entrant dans leur royaume du dehors, était appelé un Morben. Le premier peuple de cette sorte à être rencontré fut les Nandor, qui entrèrent en Beleriand oriental, par delà les passes des Montagnes avant le retour de Morgoth; tôt après son retour vinrent les premières invasions de ses Orcs depuis le nord.7 Un peu plus tard, les Sindar prirent conscience des Avari, qui s'étaient infiltrés par petits groupes secrets en Beleriand depuis le sud. Plus tard vinrent les Hommes des Trois Maisons, qui étaient amicaux; et plus tard des Hommes d'autres sortes. Tous ceux-ci furent à la première rencontre appelés Moerbin. (Note 7, p. 408) Mais lorsque les Nandor furent reconnus comme un peuple apparenté d'origine et de langue lindarines (comme il était encore possible de le reconnaître), ils furent reçus dans la classe des Celbin. Les Hommes des Trois Maisons furent également tôt retirés de la classe des Moerbin. (Note 8, p. 408) Ils reçurent leur propre nom, Edain, et furent en fait rarement appelés Celbin, mais ils étaient reconnus comme appartenant à cette classe, qui devint pratiquement équivalente à 'peuples en alliance dans la Guerre contre Morgoth'. Les Avari restèrent ainsi les principaux exemples de Moerbin. Tout Avar individuel qui se joignait aux ou était admis parmi les Sindar (cela se produisit rarement) devenait un Calben; mais les Avari en général restèrent secrets, hostiles aux Eldar, et indignes de confiance; et ils demeuraient en des lieux dissimulés dans les bois plus profonds, ou dans des grottes. (Note 9, p. 408) Moerbin tel qu'appliqué à eux est usuellement traduit 'Elfes sombres', en partie parce que Moriquendi, dans le quenya des Ñoldor exilés, se référait à eux. Mais le fait qu'aucune référence spéciale aux Elfes n'était recherchée par le mot sindarin est indiqué par le fait que Moerbin fut immédiatement appliqué aux nouveaux groupes d'Hommes (Orientaux) qui apparurent avant la Bataille de la Nirnaeth. (Note 9, p. 408) Si, en sindarin, un Avar, en tant que distinct des autres genres de Morben, était visé, il était appelé Mornedhel.
2. Edhel, pl. Edhil. En dépit de sa dérivation ultime (voir p. 360), ceci était le mot général pour 'Elfe, Elfes'. Dans les premier temps, il se référait naturellement uniquement aux Sindar eldarins, car aucune autre sorte n'était jamais vue; mais ultérieurement, il fut librement appliqué aux Elfes de toute sorte qui entrèrent en Beleriand. Il était cependant uniquement utilisé sous ces deux formes.
Les formes masculine et féminine étaient m. Ellon et f. Elleth, et le pluriel de classe était Eldrim, plus tard Elrim, quand celui-ci n'était pas remplacé par le plus communément utilisé Eledhrim (voir ci-dessous). La forme sans les suffixes m. et f. n'était pas utilisée, et survécut uniquement dans plusieurs composés anciens, en particulier des noms personnels, sous la forme el, pl. il, en tant qu'élément final.
La forme Elen, pl. Elin, était uniquement utilisée dans les récits ou les travaux des Savants, en tant que mot incluant tous les Elfes (Eldar et Avari). Mais le pluriel de classe Eledhrim était le mot usuel pour 'toute la race elfe', à chaque fois qu'une telle expression était nécessaire.
Tous ces mots et formes, quelles que soient leurs étymologies (voir ci-dessus), étaient applicables à toute sorte d'Elfe. En fait, Edhel était correctement appliqué aux seuls Eldar; Ell- pourrait avoir une origine mixte; et Elen était un ancien mot général. (Note 10, p. 410)
3. Les Sindar n'eurent pas de nom général pour eux-mêmes, en tant que distincts d'autres variétés d'Elfes, jusqu'à ce que d'autres genres pénétrassent en Beleriand. Le descendant de l'ancien nom de clan *Lindāi (Q Lindar) était sorti de l'usage normal, n'étant plus nécessaire dans une situation où tous les Edhil étaient du même genre, et où les gens étaient plus conscients des différences croissantes, au niveau de la langue et d'autres sujets, entre ces groupes d'Elfes qui vivaient en des endroits largement séparés d'un pays étendu et principalement sans routes. Ils étaient donc tous, en langage courant, des Edhil, mais certains appartenaient à une région et d'autres à une autre : ils étaient les Falathrim des rivages du Beleriand occidental, ou les Iathrim de Doriath (le pays de la Barrière, ou iath), ou les Mithrim qui s'en étaient allés au nord du Beleriand et habitaient les régions aux alentours du grand lac qui porta ultérieurement leur nom. (Note 11, p. 410)
L'ancien nom de clan *Lindāi survécut dans le composé Glinnel, pl. Glinnil, un mot uniquement connu en savoir historique, et l'équivalent du quenya Teleri ou Lindar, voir les Notes sur les noms de clans ci-dessous. Tous les sujets sindarins du Roi Elu-Thingol, en tant que distincts des Ñoldor arrivant, furent parfois ultérieurement appelés les Eluwaith. Dúnedhil 'Elfes de l'Ouest' (la référence étant à l'ouest de la Terre du Milieu) était un terme créé pour correspondre à Dúnedain 'Hommes de l'Ouest' (uniquement appliqué aux Hommes des Trois Maisons). Mais avec l'amalgame croissant, hors de Doriath, des Ñoldor et des Sindar en un peuple employant la langue sindarine en tant que langue de tous les jours, ceci en vint rapidement à s'appliquer à la fois au Ñoldor et aux Sindar.
Pendant que les Ñoldor étaient encore distincts, et à chaque fois que l'on désirait rappeler leur différence d'origine, ils étaient usuellement appelés Ódhil (sg. Ódhel). Ceci, comme il a été vu, était à l'origine un nom pour tous les Elfes qui quittèrent le Beleriand pour Aman. Ceux-ci étaient aussi nommés par les Sindar Gwanwen, pl. Gwenwin (ou Gwanwel, Gwenwil) ' les partis' : cf. Q vanwa. Ce terme, qui ne pouvait être correctement appliqué à ceux qui étaient revenus, resta le nom sindarin usuel pour les Elfes qui restèrent en Aman. Ódhil devint ainsi spécialement le nom des Ñoldor exilés.
Dans ce sens, la forme Gódhel, pl. Gódhil remplaça tôt la forme plus ancienne. Cela semble avoir été dû à l'influence du nom de clan Golodh, pl. Goelydh; ou plutôt à une fusion délibérée des deux mots. L'ancien nom de clan n'était pas tombé dans l'oubli (car les Ñoldor et les Sindar, en raison de la grande amitié entre Finwe et Elwe, étaient étroitement associés durant leur séjour en Beleriand, avant le Départ), et il avait par conséquent une forme sindarine authentique ( < CE *ñgolodō). Mais la forme Golodh semble avoir été phonétiquement désagréable aux Ñoldor. Le nom était, en outre, principalement utilisé par ceux qui souhaitaient marquer la différence entre les Ñoldor et les Sindar, et ignorer le séjour des Ñoldor en Aman, qui pourrait leur donner un titre de supériorité. Ceci était spécialement le cas en Doriath, où le Roi Thingol était hostile aux chefs ñoldorins, Fëanor et ses fils, et Fingolfin, à cause de leur assaut sur les Teleri en Aman, le peuple de son frère Olwe. Les Ñoldor, par conséquent, en employant le sindarin, ne s'appliquaient jamais ce nom (Golodh), et il devint obsolète parmi ceux qui leur étaient amicaux.
4. Eglan, pl. Eglain, Egladrim. Ce nom, 'les Abandonnés', était, comme il a été dit, donné par les Sindar à eux-mêmes. Mais en Beleriand, il ne s'agissait pas d'un nom pour tous les Elfes qui y restèrent, comme l'étaient les noms apparentés, Hekeldi, Hecelloi, en Aman. Il s'appliquait uniquement à ceux qui souhaitaient partir, et qui attendirent longuement en vain le retour d'Ulmo, s'établissant sur ou à proximité des côtes. Là, ils devinrent habiles dans la construction et l'exploitation de navires. Círdan était leur seigneur.
Les gens de Círdan étaient constitués à la fois de nombre des suivants d'Olwe, qui, errant ou s'attardant, parvinrent trop tard aux rives, et aussi de beaucoup des suivants d'Elwe, qui abandonnèrent sa recherche et ne souhaitaient pas être à jamais séparés de leurs parents et amis. Ces gens conservèrent le désir d'Aman pendant de longues années, et ils étaient parmi les plus amicaux envers les Exilés.
Ils continuèrent à s'appeler les Eglain, et les régions où ils demeuraient Eglamar et Eglador. Le dernier nom devint obsolète. Il avait originellement été appliqué à tout le Beleriand occidental, entre le Mont Taras et la Baie de Balar, sa frontière orientale se situant approximativement le long de la rivière Narog. Eglamar, cependant, resta le nom de la 'Demeure des Eglain' : le bord de mer, du Cap Andras au promontoire de Bar-in-Mŷl ('Demeure des Mouettes'),8 qui incluait les ports de Círdan à Brithonbar9 et à la sortie du golfe d'Eglarest.
Les Eglain devinrent un peuple à part par rapport aux Elfes de l'intérieur des terres, et, à l'époque de l'arrivée des Exilés, leur langue était différente à bien des égards. (Note 12, p. 411) Mais ils reconnaissaient la haute-royauté de Thingol, et Círdan ne prit jamais le titre de roi.10

*Abarī


Ce nom, manifestement créé par les Eldar au moment de la Séparation, apparaît dans les récits sous la forme quenya Avari, et sous la forme telerine Abari. Il était toujours utilisé par les historiens des Ñoldor exilés, bien qu'il différât peu de Moriquendi, qui (voir ci-dessus) n'était plus utilisé par les Exilés pour inclure les Elfes d'origine eldarine. Le pluriel Evair était connu des savants sindarins, mais n'était plus utilisé. Les Avari qui vinrent en Beleriand étaient, comme il a été dit, appelés Morben, ou Mornedhel.


C. Les noms de clans,
avec des notes sur les autres noms des divisions des Eldar


En forme quenya, les noms des trois grands Clans étaient Vanyar, Ñoldor, et Lindar. Le plus ancien de ces noms était Lindar, qui remonte certainement aux jours d'avant la Séparation. Les deux autres apparurent probablement à la même époque, ou peu de temps après : leurs formes originelles peuvent donc être données en PQ comme étant *wanjā, *ñgolodō, et *lindā / glindā. (Note 13, p. 411)
Selon la légende, préservée en forme presque identique à la fois chez les Eldar d'Aman et chez les Sindar, les Trois Clans dérivaient à l'origine des trois Pères des Elfes : Imin, Tata, et Enel (sc. Un, Deux, Trois), et de ceux que chacun d'entre eux choisit pour joindre sa suite. Ainsi avaient-ils au départ simplement les noms Minyar 'Premiers', Tatyar 'Deuxièmes', et Nelyar 'Troisièmes'. Ceux-ci se montaient, hors des 144 Elfes des origines qui s'éveillèrent en premier, à 14, 56, et 74; et ces proportions furent approximativement maintenues jusqu'à la Séparation.11
Il est dit que, du petit clan des Minyar, nul ne devint Avari. Les Tatyar étaient divisés en parts égales. Les Nelyar répugnaient le plus à quitter leurs demeures du bord du lac; mais ils étaient très cohésifs, et très conscients de l'unité particulière de leur Clan (comme ils continuèrent à l'être), de telle sorte que, quand il devint clair que leurs chefs Elwe et Olwe étaient résolus à partir et qu'ils auraient une grande suite, beaucoup de ceux parmi eux qui s'étaient d'abord joints aux Avari passèrent aux Eldar, plutôt que d'être séparés de leur parenté. Les Ñoldor soutenaient en effet que la plupart des 'Teleri' étaient Avari de cœur, et que seuls les Eglain regrettaient réellement d'avoir été abandonnés en Beleriand.
Selon les historiens ñoldorins, les proportions, hors des 144, qui, lorsque la Marche commença, devinrent Avari ou Eldar étaient approximativement ainsi :

Minyar 14 :

Avari 0

Eldar 14

Tatyar 56 :

Avari 28

Eldar 28

Nelyar 74 :

Avari 28

Eldar 46

> Amanyar Teleri 20; Sindar et Nandor 26


Au final les Ñoldor étaient le plus grand clan d'Elfes en Aman; alors que les Elfes qui restaient en Terre du Milieu (les Moriquendi, dans le quenya d'Aman) dépassaient en nombre les Amanyar, dans la proportion de 82 à 62.12
Jusqu’à quel point les noms de clans descriptifs, *wanjā, *ñgolodō, et *lindā furent préservés parmi les Avari n'est pas connu; mais l'existence des anciens clans était remémorée, et une parenté spéciale entre ceux du même clan originel, qu'ils s'en fussent allés ou restés, était toujours reconnue. Les premiers Avari que les Eldar rencontrèrent à nouveau en Beleriand semblent avoir revendiqué être Tatyar, qui reconnaissaient leur parenté avec les Exilés, bien qu'il n'y ait pas de trace de leur emploi du nom Ñoldo sous quelque forme avarine reconnaissable. Il étaient en fait inamicaux envers les Ñoldor, et jaloux de leurs parents de plus haut rang, qu'ils accusaient d'arrogance.
Ce malaise provenait en partie de la violence du Débat avant que la Marche des Eldar ne commençât, et fut sans aucun doute ultérieurement augmenté par les machinations de Morgoth; mais il met également quelque peu en lumière le tempérament des Ñoldor en général, et de Fëanor en particulier. En effet, les Teleri, de leur côté, affirmaient que la plupart des Ñoldor en Aman même étaient des Avari de cœur, et qu'ils retournèrent en Terre du Milieu lorsqu'ils découvrirent leur erreur; ils avaient besoin d'espace pour se quereller. Car, en contraste, les éléments lindarins des Avari occidentaux étaient amicaux envers les Eldar, et pleins de bonne volonté pour apprendre d'eux; et si étroit était le sentiment de parenté entre les restants des Sindar, des Nandor, et des Avari lindarins, que, plus tard, en Eriador et dans le Val d'Anduin, ils se mêlèrent souvent ensemble.

Lindar (Teleri)13


Ceux-ci étaient, comme il a été vu, de loin le plus large des anciens clans. Il est déjà fait référence au nom, apparaissant ultérieurement sous forme quenya comme Lindar (telerin Lindai), dans la légende de 'L'Éveil des Quendi', qui dit des Nelyar qu''ils chantèrent avant qu'ils ne pussent parler'. Le nom *Lindā est par conséquent clairement un dérivé de la racine primitive *LIN (montrant un renforcement du N médial et du adjectival). Cette racine était peut-être une des contributions des Nelyar au quendien primitif, car il reflète leurs prédilections et associations, et produit plus de dérivés dans les langues lindarines que dans les autres. Sa référence primaire était au son mélodieux ou plaisant, mais il se réfère également (spécialement en lindarin) à l'eau, dont les mouvements étaient toujours associés par les Lindar au son vocal (elfe). Les renforcements, soit médial lind-, soit initial glin-, glind-, étaient cependant presque uniquement utilisés à propos de sons musicaux, en particuliers vocaux, produits dans l'intention de plaire. C'est donc à l'amour des Nelyar pour le chant, pour la musique vocale avec ou sans emploi de mots articulés, que le nom Lindar se référait à l'origine; bien qu'ils aimassent aussi l'eau, et qu'avant la Séparation ils ne s'éloignassent jamais du lac et de la chute d'eau14 de Cuiviénen, et que ceux qui s'en allèrent à l'Ouest devinssent amoureux de la Mer. (Note 14, p. 411)
En quenya, c'est-à-dire dans la langue des Vanyar et des Ñoldor, ceux de ce clan qui se joignirent à la Marche étaient appelés les Teleri. Ce nom était appliqué en particulier à ceux qui vinrent, enfin et en dernier lieu, en Aman; mais il fut aussi ultérieurement appliqué aux Sindar. Le nom Lindar ne fut pas oublié, mais en savoir ñoldorin, il était principalement utilisé pour décrire le clan entier, y incluant les Avari. Teleri signifiait 'ceux en fin de ligne, les derniers', et était manifestement un surnom apparu durant la Marche, quand les Teleri, les moins enthousiastes au départ, étaient souvent loin à la traîne. (Note 15, p. 411)

Vanyar


Ce nom fut probablement donné au Premier Clan par les Ñoldor. Ils l'acceptèrent, mais continuèrent à s'appeler la plupart du temps par leur ancien nom numérique Minyar (étant donné que la totalité de ce clan s'était jointe aux Eldar et avait atteint Aman). Le nom se référait à la chevelure des Minyar, qui était, chez presque tous les membres du clan, blonde ou or profond. Ceci était considéré comme une belle caractéristique par les Ñoldor (qui aimaient l'or), bien qu'ils eussent eux-mêmes principalement les cheveux foncés. En raison d'intermariages, la chevelure dorée des Vanyar apparut parfois ultérieurement parmi les Ñoldor : notamment dans le cas de Finarfin, et de ses enfants Finrod et Galadriel, pour lesquels ceci vint de la seconde épouse du Roi Finwe, Indis des Vanyar.
Vanyar vient donc d'un dérivé adjectival *wanjā de la racine *WAN. Son sens premier semble avoir été très similaire à l'emploi en anglais (moderne) de 'fair' [NdTr : 'blond, clair, beau'] en référence à la chevelure et au teint; bien que son développement réel fût en fait l'inverse de l'anglais : il signifiait 'pâle, de couleur claire, ni brun ni sombre', et son implication de beauté était secondaire. En anglais, le sens 'beau' est primaire. De la même racine fut dérivé le nom donné en quenya à la Valie Vána, femme d'Orome.
Étant donné que les Lindar avaient peu de contact avec les Vanyar soit durant la Marche, soit plus tard en Aman, ce nom n'était pas souvent utilisé par eux pour le Premier Clan. Les Amanyar Teleri avaient la forme Vaniai (sans aucun doute empruntée aux Ñoldor), mais le nom paraît avoir été oublié en Beleriand, où le Premier Clan (en savoir et en histoire uniquement) était appelé Miniel, pl. Mínil.

Ñoldor


Ce nom était probablement plus ancien que Vanyar, et a pu être créé avant la Marche. Il fut donné au Deuxième Clan par les autres. Il fut accepté, et utilisé en tant que leur propre nom régulier par tous les membres eldarins du clan jusqu'à leur histoire récente.
Le nom signifiait 'les Sages', c'est-à-dire ceux qui ont de grandes connaissances et une grande compréhension. Les Ñoldor en effet firent preuve des plus grands talents de tous les Elfes, à la fois pour des travaux intellectuels et pour des dons techniques.
Les formes variantes du nom : Q Ñoldo, T Goldo, S Golodh (Ngolodh), indiquent un PQ originel *ñgolodo. Il s'agit d'un dérivé de la racine *NGOL 'connaissance, sagesse, savoir'. Ceci s’observe dans Q ñóle 'longue étude (de tout sujet)', iñgole 'savoir', ingolmo 'savant'. En T góle, engole avaient les mêmes sens qu'en Q, mais étaient utilisés le plus souvent à propos du 'savoir' spécial possédé par les Ñoldor. En S le mot gûl (équivalent du Q ñóle) avait des associations moins élogieuses, étant principalement utilisé à propos de la connaissance secrète, en particulier telle celle possédée par les artisans qui créaient des choses étonnantes; et le mot s'assombrit encore plus par son emploi fréquent dans le composé morgul 'sciences occultes', appliqué aux sciences et connaissances trompeuses ou périlleuses issues de Morgoth. En effet, ceux parmi les Sindar qui étaient inamicaux envers les Ñoldor attribuèrent leur suprématie dans les sciences et le savoir à leur apprentissage de Melkor - Morgoth. C'était un mensonge, venu lui-même en fin de compte de Morgoth; bien qu'il ne fût pas sans fondement (tout comme les mensonges de Morgoth l'étaient rarement). Mais les grands dons des Ñoldor ne venaient pas de l'enseignement de Melkor. Fëanor, le plus grand d'entre eux, n'eut jamais de relation avec Melkor en Aman, et était son plus grand ennemi.

Sindar


Moins communément, la forme Sindel, pl. Sindeldi, se rencontre également en quenya exilique. Il s'agissait du nom donné par les Ñoldor exilés (voir Note 11) à la deuxième en nombre des divisions des Eldar. (Note 16, p. 412) Il était appliqué à tous les Elfes d'origine telerine que les Ñoldor trouvèrent en Beleriand, bien qu'il exclût les Nandor ultérieurement, excepté ceux qui étaient les sujets directs d'Elwe, ou qui s'étaient fondus dans son peuple. Le nom signifiait 'les Gris', ou 'les Elfes gris', et dérivait de *THIN, PQ *thindi 'gris, gris pâle ou argenté', Q þinde, dialecte Ñ sinde.
Sur l'origine de ce nom, voir Note 11. Les Savants supposaient également que référence était faite à la chevelure des Sindar. Elwe lui-même avait en effet une longue et belle chevelure de teinte argentée, mais cela ne semble pas avoir été un trait commun des Sindar, bien qu'il fût occasionnellement observé chez eux, en particulier dans la parentèle plus proche ou plus éloignée d'Elwe (comme dans le cas de Círdan).15 En général, les Sindar paraissent avoir ressemblé de très près aux Exilés, ayant une chevelure foncée, étant forts et grands, mais agiles. En effet, ils pouvaient difficilement être distingués, excepté par leurs yeux; car les yeux de tous les Elfes qui avaient résidé en Aman impressionnaient ceux de la Terre du Milieu par leur brillance perçante. Raison pour laquelle les Sindar les appelaient souvent Lachend, pl. Lechin 'aux yeux de feu'.

Nandor


Ce nom a dû être créé à l'époque, lors des derniers jours de la Marche, où certains groupes des Teleri abandonnèrent la Marche; et il était spécialement appliqué à la large suite de Lenwe, (Note 17, p. 412) qui refusa de traverser les Hithaeglir.16 Le nom était souvent interprété comme 'Ceux qui s'en retournent'; mais en fait, aucun des Nandor ne paraît être retourné, ou avoir rejoint les Avari. Beaucoup restèrent et s'établirent dans les régions qu'ils avaient atteintes, en particulier le long du fleuve Anduin; quelques-uns se détournèrent et errèrent vers le sud. (Note 18, p. 412) Il y eut, cependant, comme on le vit ultérieurement, une lente dérive des Moriquendi vers l'ouest durant la captivité de Melkor, et finalement des groupes de Nandor, passant par la Trouée entre les Hithaeglir et l'Eryd Nimrais, se répandirent largement en Eriador. Certains d'entre eux pénétrèrent finalement en Beleriand, peu avant le retour de Morgoth.17 Ceux-ci étaient menés par Denethor, fils de Denweg (voir Note 17), qui devint un allié d'Elwe lors des premières batailles contre les créatures de Morgoth. L'ancien nom Nandor n'était cependant remémoré que par les historiens ñoldorins en Aman; et ils ne savaient rien de l'histoire ultérieure de ce peuple, se souvenant seulement que le chef de cette défection avant la traversée des redoutables Hithaeglir était nommé Lenwe (i.e. Denweg). Les savants sindarins se souvenaient des Nandor comme Danwaith, ou, par confusion avec le nom de leur chef, Denwaith.
Ce nom, ils l'appliquèrent tout d'abord aux Nandor qui entrèrent en Beleriand oriental; mais ces gens se nommaient toujours par l'ancien nom de clan *Lindai, qui avait à cette époque pris la forme Lindi dans leur langue. La région dans laquelle la plupart d'entre eux s'installa finalement, en tant que petit peuple indépendant, ils l'appelèrent Lindon (< *Lindānā) : il s'agissait de la contrée sur les contreforts occidentaux des Montagnes Bleues (Eryd Luin), irriguée par les tributaires du grand fleuve Gelion, et auparavant nommée par les Sindar Ossiriand, le Pays des Sept Rivières. Les Sindar reconnurent rapidement les Lindi comme des parents d'origine lindarine (S Glinnil), utilisant une langue qui, en dépit de grandes différences, était toujours perçue comme apparentée à la leur; et ils adoptèrent les noms Lindi et Lindon, leur donnant les formes Lindil (sg. Lindel) ou Lindedhil, et Lindon ou Dor Lindon. En quenya exilique, les formes utilisées (dérivées des Sindar ou directement des Nandor) étaient Lindi et Lindon (ou Lindóne). Les Ñoldor exilés se référaient également usuellement à l'Eryd Luin par Eryd Lindon, étant donné que les parties les plus élevées de cette chaîne formaient les frontières orientales de la contrée du Lindon.
Ces noms furent toutefois ultérieurement remplacés parmi les Sindar par le nom 'Elfes verts', au moins pour autant que les habitants d'Ossiriand fussent concernés; car ils se retirèrent et prirent aussi peu part à la lutte contre Morgoth qu'ils le purent. Ce nom, S Laegel, pl. Laegil, pluriel de classe Laegrim ou Laegel(d)rim, fut donné à la fois en raison de la verdeur du pays de Lindon, et parce que les Laegrim se vêtaient de vert en tant qu'aide au secret. Ce terme, les Ñoldor le traduisirent en quenya Laiquendi; mais il n'était pas beaucoup utilisé.
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 15:13     Sujet du message: Répondre en citant

Appendice A : noms elfes des Hommes


Les premiers Elfes que les Hommes rencontrèrent dans le monde étaient des Avari, dont certains leur étaient amicaux, mais la plupart les évitait ou leur était hostile (selon les récits des Hommes). Quels noms les Hommes et les Elfes se donnèrent-ils les uns aux autres en ces temps éloignés, dont peu était remémoré lorsque les Savants en Beleriand firent la connaissance des Seconds Nés, il n'y en a à présent nulle trace. Par les Dúnedain, les Elfes étaient appelés Nimîr (les Beaux).18
Les Eldar ne rencontrèrent nul Homme, de quelque genre ou race, jusqu'à ce que les Ñoldor fussent depuis longtemps retournés en Beleriand et fussent en guerre contre Morgoth. Les Sindar ne savaient même rien de leur existence, jusqu'à l'arrivée des Nandor; et ceux-ci n'apportèrent qu'une rumeur d'êtres étranges (qu'ils n'avaient pas vus eux-mêmes) errant dans les contrées de l'Est, au-delà des Hithaeglir. De ces récits incertains, les Sindar conclurent que les 'êtres étranges' étaient soit une race diminuée des Avari, soit apparentés aux Orcs, des créatures de Melkor, élevées en moquerie des authentiques Quendi. Mais les Ñoldor avaient déjà entendu parler des Hommes en Aman. Leur connaissance leur venait en premier lieu de Melkor, et était corrompue par sa malveillance, mais avant l'Exil, ceux qui voulaient écouter en avaient appris plus au sujet de la vérité des Valar, et ils savaient que les nouveaux venus leur étaient apparentés, étant aussi des Enfants d'Ilúvatar, bien que différant en dons et destinée. Par conséquent, les Ñoldor créèrent des noms pour la Seconde Race des Enfants, les nommant les Atani 'le Second Peuple'. D'autres noms qu'ils conçurent étaient Apanónar 'les Seconds Nés', et Hildor 'les Suivants'.
En Beleriand, Atan, pl. Atani, fut le nom le plus utilisé dès le départ. Mais étant donné que, pendant une longue période, les seuls Hommes connus des Ñoldor et des Sindar étaient ceux des Trois Maisons des Amis des Elfes, ce nom leur devint particulièrement associé, de telle sorte qu'il était rarement appliqué, en langage courant, à d'autres espèces d'Hommes, qui arrivèrent ultérieurement en Beleriand, ou dont il était rapporté qu'ils demeuraient au-delà des Montagnes. Les Amis des Elfes (Note 19, p. 412) étaient parfois appelés par les Savants Núnatani (S Dúnedain), 'Hommes de l'Ouest', un terme créé pour correspondre à Dúnedhil, qui était un nom pour tous les Elfes du Beleriand, alliés dans la Guerre (voir p. 378). Il s'agissait d'une référence originelle à l'ouest de la Terre du Milieu, mais le nom Núnatani, Dúnedain fut ultérieurement appliqué uniquement aux Númenóréens, descendants des Atani, qui se retirèrent sur la lointaine île occidentale de Númenóre.
Apanónar 'les Seconds Nés' était un mot savant, non utilisé dans le langage quotidien. Un terme général pour les Hommes de tous genres et de toutes races, en tant que distincts des Elfes, fut seulement conçu après que leur mortalité et leur brève espérance de vie devinrent connues des Elfes, par l'expérience. Ils furent alors appelés Firyar 'Mortels', ou Fírimar de sens similaire (littéralement 'ceux capables de mourir'). (Note 20, p. 412) Ces mots étaient dérivés de la racine *PHIRI 'expirer', qui n'avait à l'origine pas de connexion avec la mort.19 De la mort, telle que subie par les Hommes, les Elfes ne savaient rien, jusqu'à ce qu'ils fussent étroitement associés aux Atani; mais il y avait des cas où un Elfe, vaincu par un grand chagrin ou une grande lassitude, avait abandonné la vie dans le corps. Le principal d'entre eux, le trépas de Míriel, la femme du Roi Finwe, fut un sujet de grande inquiétude pour tous les Ñoldor, et il était dit d'elle que son dernier acte, quand elle abandonna la vie dans le corps et s'en remit à la garde de Mandos, fut un profond soupir de lassitude.
Ces noms quenya furent ultérieurement adaptés en des formes de la langue sindarine : Atan > Adan, pl. Edain; Firya > Feir, pl. Fîr (avec Firion m. sg., Firieth f. sg.), pluriel de classe Firiath; Fírima > Fíreb, pl. Fírib, pluriel de classe Firebrim. Ces formes, qui ne pouvaient pas, pour des raisons historiques, être héritées du CE, mais qui sont celles que les mots, si hérités, auraient revêtues, montrent qu'elles furent adaptées par des gens disposant d'une connaissance considérable des deux langues et d'une compréhension de leurs relations l'une à l'autre; autrement dit, elles furent probablement d'abord créées par les Ñoldor pour un emploi en sindarin, lorsqu'ils eurent adoptés cette langue pour l'usage quotidien en Beleriand. Fíreb, comparé à Fírima, montre l'emploi d'un suffixe différent, (Note 21, p. 412) étant donné que l'équivalent S du Q -ima (*-ef) n'était pas commun. Apanónar fut rendu par Abonnen, pl. Eboennin, utilisant une formation participiale différente de la racine *ONO 'engendrer, donner naissance à'. Hildor, étant donné que la racine *KHILI 'suivre' n'était pas commune en sindarin, fut rendu par Aphadon, pl. Ephedyn, pluriel de classe Aphadrim, du S aphad- 'suivre' < *ap-pata 'marcher derrière, sur une piste ou un chemin'.


Appendice B : noms elfes des Nains


Les Sindar avaient depuis longtemps fait la connaissance des Nains, et avaient établi des relations pacifiques avec eux, bien que de commerce et d'échange de techniques plutôt que de véritable amitié, avant l'arrivée des Exilés. Le nom (au pluriel) que les Nains se donnaient était Khazād, et celui-ci, les Sindar le rendirent comme ils le purent dans les termes de leur propre langue, lui donnant la forme * > *chaðaud > Hadhod. (Note 22, p. 412) Hadhod, Hadhodrim était le nom qu'ils continuèrent d'employer dans leurs rapports réels avec les Nains; mais entre eux, ils se référaient habituellement aux Nains comme étant les Naugrim 'le Peuple chétif'. L'adjectif naug 'nain (nanisé), chétif', cependant, n'était pas utilisé en soi pour l'un des Khazād. Le mot utilisé était Nogoth, pl. Noegyth, pluriel de classe Nogothrim (en tant qu'équivalent occasionnel de Naugrim). (Note 23, p. 413) Ils se référaient également souvent aux Nains en tant que race par le nom Dornhoth 'le Peuple rigide', en raison de leur humeur obstinée ainsi que de leur endurance corporelle.
Les Exilés entendirent d'abord parler des Nains par les Sindar, et, en utilisant la langue sindarine, ils adoptèrent naturellement les noms déjà établis. Mais ultérieurement, en Beleriand oriental, les Ñoldor développèrent des relations indépendantes avec les Nains de l'Eryd Lindon, et ils adaptèrent le nom Khazād à nouveau pour usage en quenya, lui donnant la forme Kasar, pl. Kasari ou Kasāri. (Note 24, p. 413) Ceci était le mot très communément utilisé en quenya pour les Nains, le pluriel partitif étant Kasalli, et le nom de race Kasallie. Mais les noms sindarins furent aussi adaptés ou imités, un Nain étant appelé Nauko ou Norno (le peuple entier Naukalie ou Nornalie). Norno était le terme plus amical. (Note 25, p. 413)
Les Petits-Nains. Voir aussi Note 7. Les Eldar ne reconnurent pas de prime abord ceux-ci en tant qu'Incarnés, car ils les apercevaient rarement à la lumière claire. Ils ne devenaient en effet conscients de leur existence que lorsqu'ils attaquaient les Eldar à la dérobée la nuit, ou s'ils capturaient l'un d'entre eux dans des endroits sauvages. Les Eldar, par conséquent, pensèrent qu'ils étaient une espèce d'animal bipède rusé, vivant dans des grottes, et ils les appelèrent Levain tad-dail, ou simplement Tad-dail, et ils les chassèrent. Mais après que les Eldar eurent fait la connaissance des Naugrim, les Tad-dail furent reconnus comme une variété de Nains et furent laissés en paix. Il y en avait alors peu d'entre eux qui survivaient, et ils étaient très prudents, et trop craintifs pour attaquer un Elfe, à moins que leurs refuges ne fussent approchés de trop près. Les Sindar leur donnèrent les noms Nogotheg 'Nabot', ou Nogoth niben 'Petit-Nain'.20
Les grands Nains méprisaient les Petits-Nains, qui étaient (est-il dit) les descendants de Nains qui avaient quitté ou avaient été rejetés des Communautés, étant difformes ou trop petits, ou paresseux et rebelles. Mais ils reconnaissaient toujours leur parenté et ils n'appréciaient aucun tort qui leur était fait. En effet, c'était l'une de leurs doléances contre les Eldar qu'ils eussent chassés et tués leur parents moindres, qui s'étaient établis en Beleriand avant que les Elfes n'y arrivassent. Cette doléance fut mise de côté, lorsque des traités furent conclus entre les Nains et les Sindar, en considération de l'argument selon lequel les Petits-Nains ne s'étaient jamais déclarés aux Eldar, ni n'avaient présenté de revendications de pays ou d'habitations, mais avaient immédiatement attaqué les nouveaux venus dans l'obscurité et en guet-apens. Mais la doléance couvait toujours, comme il fut vu ultérieurement dans le cas de Mîm, le seul Petit-Nain qui joua une part mémorable dans les Annales du Beleriand.
Les Ñoldor, pour l'emploi en quenya, traduisirent ces noms sindarins pour les Petits-Nains par Attalyar 'Bipèdes', et Pikinaukor ou Pitya-naukor.

Les demeures principales des Nains qui devinrent connues des Sindar (bien que peu les visitassent jamais) étaient situées sur le versant oriental de l'Eryd Luin. Elles étaient nommées, dans la langue des Nains, Gabilgathol et Tumunzahar. La plus grande de toutes les demeures des Nains, Khazad-dûm, sous les Hithaeglir loin à l'est, était connue des Eldar seulement de nom et par la rumeur en provenance des Nains occidentaux.
Ces noms, les Sindar n'essayèrent pas de les adapter, mais les traduisirent selon leur sens, comme Belegost 'Mickleburg'; Novrod, ultérieurement Nogrod, signifiant originellement 'Hollowbold'; et Hadhodrond 'Dwarrowvault'.21 (Note 26, p. 414) Ces noms, les Ñoldor les utilisèrent naturellement en parlant et en écrivant le sindarin, mais pour emploi en quenya, ils traduisirent à nouveau les noms en Túrosto, Návarot, et Cassarondo.


Appendice C : noms elfes des Orcs


Les paragraphes d'ouvertures de cet appendice ont été donnés dans L’Anneau de Morgoth, p. 416, et ne sont pas répétés ici.

____________________


[NdTr : suivent ces paragraphes d’ouverture.]


Ici n'est pas l'endroit pour débattre de l'origine des Orcs. Ils furent élevés par Melkor, et leur élevage fut la plus affreuse et la plus lamentable de ses œuvres en Arda, mais non la plus terrible. Selon sa malveillance, ils étaient de toute évidence censés être une moquerie des Enfants d'Ilúvatar, totalement soumis à sa volonté et nourris d'une haine inextinguible pour les Elfes et les Hommes.
Les Orcs des guerres qui s'ensuivirent, après l'évasion de Melkor-Morgoth et son retour en Terre du Milieu, n'étaient ni des esprits ni des fantômes, mais des créatures vivantes, capables de parler et, dans une moindre mesure, dotées de talents et capables de s'organiser, ou du moins aptes à apprendre de telles choses de créatures supérieures ou de leur Maître. Ils se multipliaient rapidement lorsqu'on les laissait en paix. Il est improbable, comme le montrerait une étude de leur origine première, que les Quendi aient rencontré des Orcs de cette sorte avant qu'Oromë ne les découvre et que les Eldar et les Avari ne se séparent.
Mais on sait que Melkor avait découvert les Quendi avant que les Valar ne lui déclarent la guerre, et la joie des Elfes en Terre du Milieu avait déjà été entachée par l'ombre de la peur. Des formes terrifiantes avaient commencé à hanter les abords de leurs demeures, et certains d'entre eux s'évanouissaient dans les ténèbres, et d'eux on n'entendait plus parler. Certaines de ces choses étaient peut-être des fantômes et des illusions ; mais d'autres étaient sans aucun doute des formes prises par les serviteurs de Melkor, moquant et dégradant les formes mêmes des Enfants. Car Melkor avait à son service de nombreux Maiar, qui avaient le pouvoir, tout comme leur maître, de prendre des formes visibles et tangibles en Arda.

____________________


Les mots qui suivent à présent, 'ces formes et la terreur qu'elles inspiraient', se réfèrent aux 'formes terrifiantes' qui hantaient les demeures des Elfes au pays de leur éveil.

Pour ces formes et la terreur qu'elles inspiraient, l'élément principalement utilisé dans l'ancienne langue des Elfes semble avoir été *RUKU. Dans toutes les langues eldarines (et, est-il dit, en avarin également), il y a de nombreux dérivés de cette racine, ayant des formes anciennes telles que : ruk-, rauk-, uruk-, urk(u), runk-, rukut/s, en plus du radical renforcé gruk-, et l'élaboré guruk-, ñguruk. (Note 27, p. 415) Déjà en PQ, ce mot a dû être formé, qui avait en CE la forme *rauku ou *raukō. Ceci était appliqué aux formes plus grandes et plus terribles de l'ennemi. Mais anciennes également étaient les formes uruk, uruk/ō, et l'adjectival urkā 'horrible'. (Note 28, p. 415)
En quenya, nous rencontrons le nom urko, pl. urqui, dérivant, comme le montre la forme plurale, de *urku ou *uruku. En sindarin, on trouve le correspondant urug; mais il y a, en emploi courant, la forme orch, qui doit être dérivée de *urkō ou de l'adjectival *urkā.
Dans le savoir du Royaume Béni, le Q urko apparaît naturellement rarement, excepté dans les récits des jours anciens et de la Marche, et est alors de sens vague, se référant à tout ce qui causa la peur chez les Elfes, toute forme ou ombre douteuse, ou créature rôdeuse. En sindarin, urug a une utilisation similaire. Il peut en effet être traduit par 'démon'. Mais la forme orch semble immédiatement avoir été appliquée aux Orcs, aussitôt qu'ils apparurent; et Orch, pl. Yrch, pluriel de classe Orchoth resta le nom régulier pour ces créatures en sindarin ultérieurement. La parenté, pourtant pas une équivalence précise, du S orch au Q urko, urqui était reconnue, et en quenya exilique urko était communément utilisé pour traduire le S orch, bien qu'une forme indiquant l'influence du sindarin, orko, pl. orkor et orqui, apparaisse souvent également.
Ces noms, dérivés par différents chemins des langues elfes, du quenya, du sindarin, du nandorin, et sans aucun doute des dialectes avarins, se diffusèrent largement, et semblent avoir été la source des noms des Orcs dans la plupart des langues des Jours Anciens et des premiers âges, dont il n'existe plus de trace. La forme en adunaïque urku, urkhu peut venir directement du quenya ou du sindarin; et cette forme est à la base des mots pour Orc dans les langues des Hommes du nord-ouest durant le Second et le Troisième Âges. Les Orcs eux-mêmes l'adoptèrent, car le fait qu'il se référait à la terreur et à la haine les enchantait. Le mot uruk qui apparaît en Parler Noir, conçu (dit-on) par Sauron pour servir de lingua franca à ses sujets, fut probablement emprunté par lui aux langues elfes des époques précédentes. Il se référait, cependant, particulièrement aux Orcs entraînés et disciplinés des régiments du Mordor. Les espèces moindres semblent avoir été appelées snaga.22
Les Nains prétendaient avoir rencontré et combattu les Orcs longtemps avant que les Eldar en Beleriand ne fussent conscients d'eux. Ce fut en effet leur haine incontestable des Orcs, et leur volonté d'aider en toute guerre contre eux, qui convainquirent les Eldar que les Nains n'étaient pas des créatures de Morgoth. Toutefois, le nom nain des Orcs, Rukhs, pl. Rakhās, semble indiquer une affinité envers les noms elfes, et était probablement en fin de compte dérivé de l'avarin.
Les Eldar avaient de nombreux autres noms pour les Orcs, mais la plupart d'entre eux était des 'kennings', des termes descriptifs d'emploi occasionnel. L'un était, cependant, d'usage courant en sindarin : plus souvent que Orchoth, le nom général pour les Orcs en tant que race qui apparaît dans les Annales était Glamhoth. Glam signifiait 'vacarme, tumulte, les hurlements et mugissements confus de bêtes', de telle sorte que Glamhoth à l'origine signifiait plus ou moins 'la horde hurlante', en référence à l'horrible clameur des Orcs dans la bataille ou en cas de poursuite - ils pouvaient être assez furtifs en cas de besoin. Mais Glamhoth devint si fermement associé aux Orcs que Glam seul pouvait être utilisé pour tout corps d'Orcs, et une forme singulière fut créée à partir de lui, glamog. (Comparer le nom de l'épée Glamdring.)

Note. Le mot utilisé en traduction des Q urko, S orch, est Orc. Mais c'est en raison de la similarité entre le mot en vieil anglais orc 'esprit mauvais ou démon' et les mots elfes. Il n'y a probablement aucune connexion entre eux. Le mot anglais est à présent généralement supposé être dérivé du latin Orcus.
Le mot pour Orcs dans la langue à présent oubliée des Druedain, dans le royaume du Gondor, est rapporté être (? au pluriel) gorgûn. Ceci est probablement dérivé en fin de compte des mots elfes.
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 16:26     Sujet du message: Répondre en citant

Appendice D :
*Kwen, quenya, et les mots elfes (en particulier ñoldorins) pour 'langue'


Les Savants ñoldorins affirment souvent que la signification de Quendi était 'ceux qui parlent', 'ceux qui forment des mots avec leurs voix' - i karir quettar ómainen. Étant donné qu'ils étaient en possession de traditions provenant des jours anciens d'avant la Séparation, cette affirmation ne peut être écartée; bien que le développement du sens exposé ci-dessus puisse aussi être tenu pour correct.
On peut objecter qu'en fait, on ne trouve pas de racine *KWEN se référant clairement au langage ou au son vocal dans aucune langue elfe connue. La racine la plus proche en forme est *KWET 'parler, prononcer des mots, dire'. Mais en traitant cet ancien mot, nous devons remonter aux débuts de la langue elfe, avant l'organisation ultérieure de sa structure basique, avec sa préférence (en particulier dans les radicaux de portée verbale) pour le modèle X-X(-), avec une consonne médiale fixe, comme e.g. dans des radicaux déjà exemplifié ci-dessus, tels que *Dele, *Heke, *Tele, *Kala, *Kiri, *Nuku, *Ruku, etc. Un grand nombre de radicaux monosyllabiques (avec seulement une consonne ou groupe consonantique initial) apparaît encore dans les langues eldarines; et nombre des radicaux dissyllabiques ont dû être obtenus par élaboration de ceux-ci, tout comme, lors d'une étape ultérieure à nouveau, les soi-disant radicaux *kalat- furent étendus à partir des formes dissyllabiques : *kala > *kalat(a).
Si nous supposons alors que l'ancienne forme de cette racine se référant au langage oral était *KWE, dont *KWENE et *KWETE furent des élaborations, nous trouverons un parallèle frappant dans les formes de *KWA. Cette racine se référait manifestement à l''achèvement'. En tant que tel, il survit comme un élément en nombre des mots eldarins pour 'entier, total, tout', etc. Mais il apparaît également dans la forme *KWAN, et ne peut être bien séparé de la racine verbale *KWATA, Q quat- 'remplir'. La supposition aide également à expliquer une forme curieuse et manifestement archaïque qui ne survit que dans les langues d'Aman : *ekwē, Q eque, T epe. Elle n'a pas de formes de temps et ne reçoit habituellement pas d'affixes pronominaux, (Note 29, p. 415) étant principalement utilisée uniquement devant soit un nom propre (sg. ou pl.), soit un pronom complètement indépendant, dans les sens dis / dit ou disais / disait. Une citation suit alors, soit directe, soit moins habituellement indirecte après une conjonction 'que'.
Dans cet *ekwē, nous avons clairement un dernier survivant du primitif *KWE. Il trouve à nouveau un équivalent avec la formation similaire (bien que de fonction différente) à partir de *KWA : *akwā. Ceci ne survit en quenya que comme aqua 'entièrement, complètement, en tout, totalement'. (Note 30, p. 415) Comparer l'emploi de -kwā dans la formation d'adjectifs à partir de noms, tels que -ful en anglais, excepté que le sens a été moins affaibli, et reste plus proche de la signification originelle de la racine : ‘complètement’. (Note 31, p. 415)
En quenya, la forme eques, signifiant originellement 'dit-il, dit quelqu'un' [NdTr : au passé] (voir Note 29) était également utilisée en tant qu'un nom eques, avec le pluriel analogique equessi, 'un dicton, une maxime, une citation des mots prononcés par quelqu'un', d'où également 'une maxime, un dicton courant ou proverbial'.
Nous pouvons par conséquent accepter l'étymologie de *kwene, *kwēn qui donnerait sa signification originelle 'parlant, qui parle, quelqu'un utilisant un langage vocal'. Il serait en effet naturel pour les Elfes, requérant un mot pour quelqu'un de leur propre espèce en tant que distinct d'autres créatures alors connues, de choisir l'emploi du langage en tant que caractéristique principale. Mais une fois formé, le mot a dû prendre la signification 'personne', sans référence particulière à ce talent des Incarnés. Ainsi *nere, *nēr une personne masculine, un homme, fut dérivé de *NERE se référant à la force physique et à la bravoure, mais il était possible de parler d'un nēr faible ou lâche, ou d’ailleurs de parler d'un kwēn idiot ou silencieux.
On pourrait par conséquent encore douter que, dans le dérivé *kwendī, la notion de parole ne fût plus réellement présente. L'affirmation des Savants ne peut, cependant, être rejetée; alors qu'il faut se souvenir que les Elfes étaient toujours plus profondément intéressés par la langue que les autres races. Jusqu'au moins à l'époque de la Séparation, donc, *Kwendī a dû suggérer 'nous, les gens qui parlent'; il peut en effet s'être primairement appliqué à des affluences de discussion, ou à l'écoute de discours et de récitations. Mais lorsque les Elfes en vinrent à connaître d'autres créatures de formes similaires, et d'autres Incarnés qui utilisaient un langage vocal, et que le nom *Kwendī, Quendi fut utilisé pour les distinguer de ces autres espèces, le sens linguistique n'a plus dû être présent dans le langage courant.

Au sujet du mot Quenya : un compte-rendu est donné ci-dessus à propos de la façon dont ce mot en vint à être utilisé d'abord en Aman pour la langue elfe, (Note 32, p. 416) et ensuite pour les dialectes des Eldar en Aman, et ultérieurement pour les langues des Vanyar et des Ñoldor, et finalement en Terre du Milieu pour l'ancienne langue des Ñoldor préservée en tant que langue de rite et de savoir. Ceci est historiquement correct, quelle que puisse être l'étymologie ultime de Quenya avant que les Eldar n'arrivassent en Aman. L'opinion adoptée ci-dessus (p. 360) est qu'il est dérivé d'un adjectif *kwendjā, formé sur le radical *kwende (dont *kwendi était le pluriel), signifiant 'appartenant aux Quendi ou Elfes'.
Pengolodh le Savant d'Eressëa dit, dans son Lammas ou Exposé des Langues, que Quenya signifiait correctement 'langue, langage', et était le mot le plus ancien pour cette signification. Ce n'est pas une affirmation basée sur la tradition, mais une opinion de Pengolodh; et il semble uniquement vouloir dire que Quendya, Quenya n'est en fait jamais rapporté excepté en tant que nom d'une langue, et que cette langue était la seule existante connue lorsque ce mot fut créé pour la première fois.
En tout cas, il est clair que Quenya fut en fait toujours particulier par sa référence; car lorsque les Savants ñoldorins en vinrent à considérer les sujets linguistiques, et eurent besoin de mots pour le langage ou la langue vocale en général, en tant que mode d'expression ou de communication, et pour différents aspects du langage, ils ne firent pas usage de l'élément *kwen, quen ou de ses dérivés.
Le mot usuel, en emploi non technique, pour 'langue' était *lambē, Q et T lambe, S lam. Ceci était indubitablement apparenté au mot pour la langue physique : *lambā, Q et T lamba, S lam. Il signifiait 'mouvement de langue, (genre d') utilisation de la langue'. (Note 33, p. 416) Cet emploi d'un mot désignant la langue et ses mouvements pour la langue articulée provint sans aucun doute, même dans une période pendant laquelle tous les locuteurs connus parlaient substantiellement la même langue, de l'observation élémentaire du rôle important joué par la langue dans la parole articulée, et de la perception des particularités des individus, et des différences mineures sur le point de se développer dans la langue des groupes et des clans.
Lambe signifiait donc primairement 'une façon de parler', au sein d'un système commun généralement intelligible, et était plus proche de notre 'dialecte' que de 'langue'; mais ultérieurement, lorsque les Eldar devinrent conscients des autres langues, inintelligibles sans étude, lambe devint naturellement appliqué aux langues séparées de tout peuple ou région. Les Savants, par conséquent, n'utilisaient pas lambe en tant que terme pour une langue ou un langage en général. Leurs termes étaient dérivés de la racine *TEÑ 'indiquer, signifier', à partir duquel fut formé le mot désormais bien connu *tenwe > Q tengwe 'indication, signe, marque'. À partir de ceci, ils créèrent le mot tengwesta 'un système ou code de signes'. Chaque 'langue' était un tel système. Une lambe était une tengwesta construite sur des sons (hloni). Pour le sens Langue, en tant que tout, l'art propre aux Incarnés dont chaque tengwesta était un produit particulier, ils utilisaient la formation abstraite tengwestie.
À présent, *TEÑ ne contenait pas de référence spéciale au son. En fin de compte, il signifiait 'pointer sur', et ainsi indiquer une chose, ou transmettre une pensée, par quelque geste, ou par quelque signe qui serait compris. Ceci était apprécié par les Savants, qui souhaitaient un mot libre de toute limitation au regard du genre de signes ou tengwi utilisés. Ils pouvaient ainsi inclure sous tengwesta tout groupe de signes, incluant des gestes visibles, utilisés et reconnus par une communauté.
Ils connaissaient de tels systèmes de gestes. Les Eldar possédaient un système assez élaboré, (Note 34, p. 416) contenant un grand nombre de signes gestuels conventionnels, dont certains étaient aussi 'arbitraires' que ceux de systèmes phonétiques. C'est-à-dire, ils n'avaient pas plus de connexion évidente avec des gestes se passant d'explication (tel que pointer vers une direction désirée) que n'en avait la majorité des éléments ou combinaisons vocaux avec des mots 'en écho' ou imitatifs (tels que *māmā, Q máma 'mouton', ou *k(a)wāk, Q quáko 'corbeau').
Les Nains, d'ailleurs, comme on le sut ultérieurement, avaient un système bien plus élaboré et organisé. Ils possédaient en fait une tengwesta secondaire de gestes, en parallèle avec leur langue parlée, qu'ils commençaient à apprendre presque aussitôt qu'ils apprenaient à parler. On devrait plutôt dire qu'ils possédaient un nombre de tels codes gestuels; car, à la différence de leur langue parlée, qui resta étonnamment uniforme et inchangée à la fois dans le temps et dans l'espace, leurs codes gestuels variaient considérablement de communauté à communauté. Et ils étaient différemment utilisés. Pas pour la communication à distance, car les Nains étaient myopes, mais pour le secret et l'exclusion des étrangers.
Les éléments-signes constituants d'un tel code étaient souvent si légers et si rapides qu'ils pouvaient difficilement être détectés, encore moins interprétés par des spectateurs non initiés. Comme les Eldar le découvrirent finalement lors de leurs échanges avec les Naugrim, ils pouvaient parler avec leurs voix mais en même temps, par 'gestes', transmettre aux leurs des modifications de ce qui était en train d'être dit. Ou ils pouvaient rester silencieux en considérant une proposition, et pourtant conférer entre eux pendant ce temps.
Cette 'langue gestuelle', ou, comme ils l'appelaient, iglishmêk, les Nains n'étaient pas plus empressés de l'enseigner que leur propre langue. Mais ils comprenaient et respectaient le désir désintéressé de la connaissance, et certains des savants ñoldorins ultérieurs furent autorisés à apprendre suffisamment à la fois leur lambe (aglâb) et leur iglishmêk pour comprendre leurs systèmes.
Bien qu'une lambe fût donc en théorie simplement une tengwesta qui se trouvait employer des signes phonétiques, hloníti tengwi, les premiers savants considéraient qu'il s'agissait d'une forme supérieure, capable de produire un système incalculablement plus subtil, précis et étendu que tout hwerme ou code gestuel. Quand non qualifiée, donc, tengwesta signifiait une langue parlée. Mais en emploi technique, elle signifiait plus que lambe. L'étude d'une langue incluait non seulement la lambe, la façon de parler (il s'agit de ce que nous devrions appeler sa phonétique et sa phonologie), mais aussi sa morphologie, sa grammaire, et son vocabulaire.

La section omise de l'Appendice D (voir p. 359) commence ici.
____________________


[NdTr : Ce qui suit est cette section omise, publiée dans le Vinyar Tengwar 39.]


En cette période, les Savants ne connaissaient bien sûr pas l'iglishmêk nain, et étaient toujours limités en Aman à l'étude des dialectes et gestes eldarins, élargie par une certaine connaissance de la langue des Valar (voir [la note sur la 'langue des Valar'] ci-dessous). Ils étaient cependant impressionnés par l'analogie avec les signes gestuels silencieux, dont les mouvements constituants pouvaient être observés; et ceci affecta beaucoup leurs premières analyses et descriptions de leur propre langue, qui donc tendaient en premier à prêter plus d'attention aux mouvements physiques effectués en parlant qu'aux effets audibles, considérant le locuteur plutôt que l'auditeur.
Ainsi, selon les premiers Savants, une lambe devait être analysée en un nombre de tengwi, qui pouvaient être utilisés seuls ou en combinaisons. Dans un hwerme, plus d'un geste visiblement distinct pouvait être combiné pour transmettre un sens simple (Note 1). Bien que n’importe lequel de ces mouvements pourrait seul suffire à véhiculer une signification. Il en allait de même pour le langage. Bien qu'il fût bien plus complexe et organisé et qu'il utilisât normalement des combinaisons de mouvements linguaux ou autres, il pouvait toujours employer pour un 'mot' un élément phonétique qui pouvait être considéré comme simple ou non combiné. De cette manière, les premiers analystes en vinrent à employer, en traitant de la langue, le terme tengwe, non pour un 'mot', même si séparé et non composé, en tant que signe ou marque de son sens, mais pour les mouvements phonétiques séparables dont les mots étaient composés.
Dans leurs opinions de ce qui constituait un mouvement phonétique élémentaire ou tengwe, ils semblent également avoir été influencés par leurs théories concernant les origines de la langue elfe, et la manière par laquelle les 'racines' normales ou bases de mots avaient été développées à partir de débuts plus simples. En tout cas, ils analysèrent d'abord les tengwi constituants de la langue elfe comme étant chacune des consonnes basiques effectives ou supposées suivies d'une des voyelles basiques qui (comme ils le disaient) la 'colorait'. Le nombre total de quante tengwi, ou signes entiers, composant une tengwesta était, par conséquent, le nombre de ses consonnes basiques multiplié par le nombre de ses voyelles basiques.
Ainsi √mata 'manger' se composait du tengwe ma + le tengwe ta; mais cette conjonction et cet ordre constituaient un quetta distinct ou mot, n'ayant pas de connexion nécessaire en signification avec, disons, √maka (dans lequel seul le second tengwe était modifié), ni avec √tama (dans lequel seul l'ordre était modifié).
Mais en ce qui concerne le quenya tel qu'il existait, cette analyse devait encore expliquer les groupes consonantiques et les consonnes finales (c'est-à-dire, les consonnes sans voyelle les suivant ou les colorant); et les voyelles apparaissant seules, en particulier initialement. À cette époque, les Ñoldor en savaient déjà beaucoup au sujet de l'histoire de leur propre langue, et ce fut partiellement à la lumière de cette connaissance qu'ils traitèrent de ces deux points.
En ce qui concerne les consonnes sans voyelles, ils les considéraient dans tous les cas comme ayant 'perdu' la voyelle suivante, et ils les appelaient rakine tengwi 'signes dépouillés' ou 'dépossédés'. À cet effet, il n'était pas nécessaire de distinguer entre une 'perte' véritable et une 'omission', c'est-à-dire, entre la disparition phonétique 'non voulue' de sons au cours de la conversation et de la transmission linguistique dans le temps, et la suppression ou le rejet de sons au cours de l'invention consciente et de la construction de mots plus complexes. (Finalement, les savants considérèrent cette distinction comme étant de grande importance.)
En ce qui concerne les voyelles sans consonnes les précédant, ils continuaient de manière similaire. Ils avaient en quenya quelques monosyllabes vocaliques, comme i et ú; et également quelques dissyllabes qui étaient vocaliques, telles que ëa 'cela est' ou öa '(hors) de'. Il y avait aussi un nombre non négligeable de mots dissyllabiques qui, bien qu'ils eussent une consonne initiale, n'en avaient pas de médiale, tels que töa 'bois' ou lie 'peuple'. Mais il était plus difficile d'accommoder à leur théorie de la structure basique les nombreuses 'racines' qui n'avaient pas de consonne initiale. À côté du motif qu'ils considéraient comme normal : XaXa (dans lequel X représente toute consonne basique, et a toute voyelle), comme par exemple √mata, il y en avait de nombreux du type -aXa, tel que √ara. Les Savants affirmaient que ces voyelles devaient avoir 'perdu' leurs consonnes précédentes; mais étant donné qu'ils considéraient qu'une consonne était une partie d'un tengwe plus vitale que la voyelle colorante, ils appelaient de telles voyelles non accompagnées penye tengwi, c'est-à-dire 'signes manquants' ou 'inadéquats'.
La supposition d'une perte, dans ces deux cas, n'était cependant pas simplement due à la théorie. Il s'agissait dans de nombreux mots de l'explication historique de l'occurrence de voyelles sans une consonne précédente (probablement toujours l'explication dans le cas d'un hiatus médial); il s'agissait également souvent de la véritable explication du contact de consonnes sans voyelles intermédiaires, alors que toutes les consonnes finales avaient probablement perdu une voyelle finale, si les lointaines origines quendiennes étaient examinées. Les Savants en étaient conscients. Certaines consonnes avaient été perdues lors de l'histoire consignée du quenya en Aman; ou leur présence ancienne pouvait être détectée par l'examen du quenya et par une comparaison avec le dialecte telerin. De nombreuses consonnes finales contemporaines avaient des voyelles suivantes dans des périodes plus anciennes, ou étaient clairement apparentées à des mots qui avaient toujours des voyelles suivantes.
Par exemple, Mandos de l'ancien Mandostŏ à côté d'osto de l'ancien ostō (la réduction et la perte subséquente de voyelles finales dans les seconds éléments de composés étant un trait fréquent des premiers stades du quenya). La présence autrefois du ñ intervocalique, ultérieurement perdu en quenya, pouvait être détectée par prise en compte des relations entre tëa 'indique' et tenge 'indiqué', tengwe 'signe', et par comparaison avec ëa 'existe' à côté de engwe 'chose'. La présence autrefois du g initial pouvait être détectée par comparaison du, disons, Q alda 'arbre' avec le T galla, et le processus de perte être déduit de l'épellation dans l'ancienne écriture rúmilienne (utilisant un signe initial qui était connu par tradition parmi les savants avoir représenté la spirante ouverte).
À cette époque, dès lors, les savants représentèrent les penye tengwi comme dépendants d'un signe pour une consonne perdue; et à cet effet ils utilisaient le signe en rúmilien pour l'ancien [] : ; bien qu'ils ne voulussent pas affirmer par ceci que la consonne manquante était toujours due à une réduction de g, ou que la perte n'était apparue que depuis la divergence du quenya et du telerin. Il y avait de nombreux cas sur lesquels le quenya et le telerin s'accordaient en n'ayant pas de consonne initiale.
En ce qui concerne les penye tengwi, cependant, les premiers savants avaient encore des difficultés avec les diphtongues. Ils étaient en effet obligés d'inclure parmi les voyelles basiques les diphtongues ai, au (les appelant 'couleurs doubles' ou 'mélangées'). Car il était manifeste que, dans de nombreux cas, ai, au existaient en tant que modifications ou 'renforcements' de i, u simples, qui ne pouvaient être raisonnablement expliqués par perte consonantique, alors que toutes les autres diphtongues ne surgissaient que d'une 'privation' de la voyelle qui avait jadis suivi après les j et w consonantiques. Par exemple, tuile 'printemps' en relation à *TUJU 'pousse, bourgeon'. Ceci était analysé comme tu-yu-le. ai et au purent évidemment apparaître de la même manière, et furent donc analysés de manière similaire : e.g. taina 'étiré, allongé' de *TAJA 'étirement', et taure 'forêt' de *TAWA 'bois'; ceux-ci étaient analysés comme ta-ya-na et ta-wa-re. Mais raika 'tordu' de *RIKI 'torsion', et nauka 'chétif' de *NUKU, étaient analysés comme rai-ka et nau-ka.
Cette théorie de la perte était donc en de très nombreux cas historiquement justifiée, et était un compte-rendu raisonnable de la manière dont les formes des mots avaient été inventées, ou construites par combinaison, et de la manière dont elles avaient été modifiées par transmission. Mais elle était en de nombreux points historiquement erronée. Les groupes consonantiques initiaux, par exemple, ne furent certainement pas, dans la plupart des cas, produits par perte vocalique; l'importante caractéristique en quenya de l'infixation nasale médiale, comme dans mante 'mangea(it)' en relation à √mata, ne l'était pas non plus. Durant la période de formation, les voyelles avaient également et manifestement été utilisables par elles-mêmes en tant qu'éléments significatifs; et le fait qu'il y avait peu de mots indépendants de structure purement vocalique, bien que les voyelles fussent largement utilisées comme ajouts modificateurs aux racines basiques, était simplement dû au petit nombre de voyelles.

Telle était la situation lorsque Fëanor, au début de sa carrière, tourna son attention vers les sujets du langage et de l'écriture. Il est dit qu'il progressa vite bien plus loin que les savants de son temps. Il fit des collectes de tout le savoir disponible, oral et écrit, concernant le quenya des temps précédents, et étudia en détail ses relations avec le telerin. Il est également dit, étant alors dans sa jeunesse avant les jours de son mécontentement, en avoir appris 'plus qu'aucun autre Elda en Arda' de la langue des Valar. Ceci, il l'obtint surtout d'Aule (Note 2), et élargit ainsi sa vision par l'expérience d'une langue complètement différente de sa langue natale en sonorités et en structure. Mais Fëanor se pencha vite sur d'autres questions; et en tout cas, son intérêt primaire portait sur l'écriture, dans ses aspects pratiques et décoratifs plutôt qu'en tant qu'une transcription phonétique exacte. Non pas qu'il n'avait pas d'intérêt pour l'analyse phonétique. Il était en effet supérieur dans ce domaine à n'importe lequel de ses prédécesseurs; et l'alphabet, ou système alphabétique, qu'il conçut fournit des moyens d'expression à bien plus de sons individuels que ceux qui existaient en fait en quenya et en telerin. Bien qu'étant primairement créé pour leur expression, il était largement conditionné par le caractère et le registre sonores de ces langues.
Dans le mode qu'il proposa pour la représentation pratique du quenya, il utilisa l'analyse syllabique de ses prédécesseurs, déjà incorporée dans l'ancienne écriture rúmilienne, mais il le fit principalement dans un souci de concision et de brièveté. Les 'lettres' basiques étaient les consonnes, et les voyelles étaient indiquées par des signes diacritiques, habituellement écrits au-dessus de la consonne précédente (c'est-à-dire, selon l'ancienne terminologie, indiquant sa 'couleur'). Là où une voyelle n'avait pas de consonne précédente, usage était fait du procédé déjà mentionné, par lequel les signes de voyelle étaient attachés à la lettre . Mais celle-ci n'avait plus, dans le système fëanorien, de valeur consonantique, et elle devint simplement un 'porteur' pour la commodité de l'écriture. Fëanor répudiait en effet la théorie selon laquelle les penye tengwi étaient toujours dus à une perte consonantique. (Note 3)
Par conséquent, Fëanor, malgré le mode usuel d'épellation, considérait que les voyelles étaient chacune des tengwi indépendants, ou des éléments de construction de mots, bien que de fonctions différentes. Il appela les voyelles óma-tengwi ou ómëar; et les consonnes ñáva-tengwi ou ñávear. C'est-à-dire, ceux principalement dépendants de la résonance de la voix, et ceux principalement dépendants des mouvements dans la bouche (incluant les lèvres) (Note 4). À ñávear, il substitua ultérieurement le mot inventé patakar, prenant p, t, k (comme dans son alphabet) pour représenter les principales positions du contact ou de la friction consonantiques.
En fait, Fëanor conçut 'pour les Savants' des lettres séparées et indépendantes pour les voyelles, distinctes des tehtar. Cette quanta sarme ou 'écriture complète' fut en effet principalement utilisée par les Savants pour des buts spéciaux, jusqu'à ce que, plus tard en Terre du Milieu, les lettres fëanoriennes fussent appliquées à d'autres langues, comme le sindarin, dans lesquelles la méthode diacritique d'indication des voyelles était malcommode.
Parmi les autres opinions et découvertes de Fëanor, deux peuvent être mentionnées. Les deux découlèrent de sa conception du procédé qu'il appelait 'renforcement' (antoryame). Il disait qu'il était évident, d'après un examen des interrelations entre racines, et entre les dérivés de n'importe quelle racine, que les 'constructeurs de mots' avaient délibérément enrichi ou 'renforcé' tel ou tel son constituant (selon son propre caractère), pour emphase, ou simplement pour différenciation. Les cas les plus simples étaient ceux dans lesquels un son avait simplement été allongé : comme dans la relation de *mātā (la racine de la forme continue 'est en train de manger') à la racine supposée *mata. Là où la voyelle était allongée, le procédé avait été négligé; mais Fëanor considérait que ce n'était pas différent en principe de cas tels que *grottā à côté de *grotā de la racine *(g)roto, ou *lassē, Q lasse 'feuille', dans lesquels la consonne médiale avait été allongée. Il était absurde de les analyser comme go-ro-to-ta, go-ro-ta, la-sa-se. Leurs vraies relations aux formes les plus simples étaient *rot > +RoT-ā; *laS-ē. (Note 5)
Dans gr- comme variation de r-, Fëanor voyait un cas d'une autre méthode de renforcement : la construction de ce qu'il appelait des 'mélanges' (ostimi). C'est-à-dire, la conjonction de deux éléments, qui pouvaient être analysés phonétiquement (sans référence à l'intention ou à l'effet) comme des gestes ou mouvements séparés, en une combinaison qui avait et était destinée à avoir un effet et une portée uniques. D'autres exemples qu'il citait étaient les relations entre les st- et s- initiaux, ou t-; gl- et l-; ky- et kw- et k-. Mais il était particulièrement impressionné par les combinaisons nasales, notamment mb, nd, ng, et indiquait que ces dernières étaient énormément fréquentes en quenya en tant que renforcements d'à la fois m, n, ñ et b, d, g, étant en fait préférées aux allongements simples mm, nn, ññ, et bien plus fréquentes que bb, dd, gg. Par exemple, il disait que rondo 'hall voûté' n'était pas ro-no-do, ni même ron+do, mais, en relation à la racine *ron, était roNo avec 'mélange' (ostime) ou diphtongue (consonantique) (ohlon) utilisée pour le renforcement du n.
Fëanor utilisait les mêmes termes, ostime ou ohlon, pour les diphtongues vocaliques. Il était enclin à les considérer comme toutes d'une même espèce. Il reconnaissait, bien sûr, qu'elles pouvaient être produites par la perte (ou l'absence) d'une voyelle suivant les formes consonantiques de i, u : J et W; mais il était de l'opinion que nombre des racines supposées d'une telle forme, comme *Tuyu, *Taya (selon les opinions anciennes), étaient réellement en origine mono-consonantiques; sc. que *tai avait été une racine utilisant une ohlon, mais était comparable à 'main' qui utilisait une voyelle simplement allongée. Il indiquait qu'en tout cas, des ohloni de voyelles pouvaient être produites par le contact de voyelles avec des ĭ, ī ou ŭ, ū additionnels et sans aucune consonne intermédiaire perdue : comme (disait-il) dans 'lèvre' à côté de peu 'les deux lèvres, l'ouverture de la bouche'. (Note 6)
Mais Fëanor vit que ces points n'expliquaient pas la position particulière de ai, au dans leur relation aux i, u basiques. Ceux-ci avaient manifestement, disait-il, été renforcés, d'une manière similaire à, disons, d > nd, par la préfixation d'un autre élément qui se combina avec le i ou le u : raika en relation à *RIK était *rIk+ā, avec ai au lieu du simple allongement comme dans iríkie 'a tordu'. Ce fut au cours de sa recherche sur ce point par comparaison avec le telerin qu'il arriva à la conclusion que non seulement des racines telles que *RIK, *RUK, avec i, u basiques, avaient, durant la période primitive, été capables d'utiliser une ohlon au lieu d'un simple allongement, mais également des racines telles que *REK et *ROK. Cependant, les ohloni ne s'étaient pas révélées durables, et devinrent des voyelles longues. Mais, par une divergence qui remontait probablement à très longtemps, dans la branche vanya-noldorine, devinrent œ ('ē long près de ā') et ('ō long près de ā'), qui furent ensuite identifiés aux ē, ō normaux. Dans la branche telerine, les deux étaient devenus ā. Ces ē, ō qui étaient représentés en telerin par ā furent longtemps connus comme 'les e et o de Fëanor'. Leur existence fut ultérieurement confirmée par l'étude du sindarin et du nandorin. Les Savants ultérieurs penchaient cependant pour l'opinion selon laquelle ces n'étaient pas des développements très primitifs, mais étaient comparativement tardifs et dus à l'analogie avec ai : i, et au : u.
Les exemples de ai, au de cette origine ne sont guère nombreux. Ils étaient principalement 'intensifs', comme dans rauko 'créature très terrible' (*RUK); taura 'très puissant, vaste, de puissance ou de taille incommensurables' (*TUR). Certains étaient 'continuatifs', comme dans Vaire 'tissant-toujours' (*WIR). Les exemples de œ, étaient moins nombreux, si limités à des cas indubitables, tels que Q méla 'aimant, affectueux', T māla (*MEL); Q kólo 'fardeau', S caul 'grand fardeau, affliction' < *kālō (*KOL). Sur la relation du nom Orome à la forme sindarine Araw (qui indique probablement un développement similaire de > ó Q mais ā T), voir note ci-dessous sur le valarin. (Note 7)


Notes de l'auteur sur l'extrait de Quendi et Eldar, App. D


Note 1
Un exemple donné par des commentateurs ultérieurs, probablement issu de l'iglishmêk, est l'élévation légère de l'index de la main droite suivie immédiatement d'un mouvement similaire de l'index de la gauche : ceci signifiait 'j'écoute'. Mais si les deux mouvements étaient effectués simultanément, cela signifiait 'écoute !'

Note 2
Mais la légende ultérieure selon laquelle Aule l'introduisit également à la langue qu'il avait créée pour les Nains peut être un ajout dû à la gloire de Fëanor.

Note 3
Il est rapporté (par Pengolodh) avoir dit que 'les mots peuvent être analysés dans leurs tengwi, mais je dirais plutôt qu'ils ont une ou deux chambres, et la voyelle est la pièce dans chacune, et les consonnes sont les murs. L'on peut vivre dans un espace sans murs, mais pas dans des murs sans espace : kt n'est qu'un bruit, difficilement audible dans le langage ordinaire, mais ket peut avoir du sens. Par conséquent, nos pères, en construisant des mots, prirent les voyelles et les séparèrent avec les consonnes pour murs; mais pour eux, le début du mot et la fin du mot étaient des divisions suffisantes, bien que la moindre qui puisse être permise. Le début du mot était la plus forte, comme nous le voyons par le fait que les voyelles au début disparaissent rarement, alors que celles à la fin disparaissent souvent, n'ayant pas de mur de fin pour les contenir'.

Note 4
Principalement : le rôle joué par la langue dans la production des qualités des voyelles, et par la voix dans certaines consonnes, était bien sûr reconnu.

Note 5
Plus tard, bien que généralement en accord, les savants considérèrent que gr- / r- était une variation modelée sur gl- / l-, le renforcement originel de r- était initialement dr- (se manifestant souvent en sindarin).

Note 6
Sur le dernier point il avait bien sûr raison, bien que l'exemple peu fût incorrect (voir ci-dessous); mais les Savants ultérieurs (qui suivaient généralement ses opinions) abandonnèrent ses idées des racines avec J ou W médiaux, lorsque les origines quendiennes furent davantage étudiées, à la lumière de leur connaissance d'autres langues telles que le sindarin et le nandorin. L'idée ultérieure était que, en fait, des 'racines entières' (signifiant des racines nomino-adjectivales ou verbales) étaient effectivement, à la fin du développement commun du quendien primitif, rarement, sinon jamais, mono-consonantiques : par exemple 'main' était perçu comme étant une contraction de l'ancien *maha après perte préhistorique du h intervocalique (un son que Fëanor ne savait pas exister en quendien), qui fut préservé devant t, comme dans mahta- 'manier, brandir, gérer'. fut reconnu comme étant une contraction similaire de *peñe, et le duel peu de *peñū, le ñ originel étant discernable dans la racine 'renforcée' penga- 'bouder' et en Q peñquanta 'plein à ras bord, avec la bouche pleine'.

Note 7
Certains des savants étaient d'avis que si la théorie de Fëanor était correcte, la limitation du 'renforcement vocalique' à la préfixation du a intérieur était difficile à comprendre, et qu'il devrait y avoir des exemples d'ajout de i, u : ei, ai, oi, ui à partir des simples e, a, o, u, et ou, au, eu, iu à partir des simples o, a, e, i. Aucun exemple certain d'ajout du u ne peut être cité; bien que ceci pourrait s'expliquer par le fait que l'eldarin (et probablement le quendien primitif) montrait une préférence marquée pour les diphtongues se terminant en i, et en effet pour j plutôt que w comme élément suffixal. Des exemples cités pour le i ajouté, peu sont convaincants ou incapables de recevoir une explication aussi probable. Le meilleur exemple est *maikā, Q maika 'lame d'un outil tranchant ou d'une arme, particulièrement d'une épée' en relation à *MAK 'couper, tailler avec une tranche aiguisée', Q make 'taille avec une épée', makil 'épée', makar 'épéiste'. Nulle autre origine ne peut être trouvée pour maika, et il ne peut s'agir d'un mot très ancien créé à partir de matériau perdu. Par certains savants, il était mis en relation avec un petit groupe de formations 'dérivatives' anciennes supposées avec un i introduit, qui mérite aussi considération : Q maita 'affamé' (*MAT); soika 'assoiffé' (*SOK 'engloutir, avaler, boire'); mína 'qui désire / impatient de partir', et mína- v. 'désirer aller dans une direction, souhaiter se rendre dans un endroit, le faire; avoir une fin en vue' < *meinā (*MEN 'aller'). Maika serait ainsi interprété comme 'impatient de, convenant à, prêt à couper', et il pourrait bien être mis en relation avec l'idée souvent observée dans les anciens contes selon laquelle les épées étaient avides ou assoiffées.

____________________


Le reste du texte, qui suit à présent, était entièrement inclus dans cet Appendice.

Avant qu'il ne se tournât vers d'autres matières, Fëanor acheva son système alphabétique, et ici aussi il introduisit un changement en des termes qui furent par après suivis. Il nomma la représentation écrite d'un tengwe parlé (selon sa définition)23 une tengwa. Une 'lettre' ou toute marque significative individuelle avait auparavant été appelée un sarat, de *SAR 'marquer, graver' > 'écrire'.24 Les lettres fëanoriennes furent toujours appelées tengwar en quenya, bien que sarati restât le nom des lettres rúmiliennes. Étant donné que, cependant, dans le mode d'écriture communément utilisé, les signes pleins étaient consonantiques, dans l'usage ordinaire non technique, les tengwar devinrent l'équivalent des 'consonnes', et les signes des voyelles furent appelés ómatehtar. Lorsque les lettres fëanoriennes furent introduites en Beleriand et appliquées (en premier par les Ñoldor) au sindarin, tengwa fut rendu par son équivalent sindarin reconnu têw, pl. tîw. Les lettres de l'alphabet natif S étaient appelées certh, pl. cirth. Le mot en quenya exilique certa, pl. certar était un emprunt adapté au sindarin; un tel mot n'existait pas en quenya antérieur. Le sindarin certh est probablement de *kirtē '(dé)coupant', un dérivé verbal d'un type non utilisé en quenya, dont la forme aurait en tout cas été *kirte, si héritée.
Bien que Fëanor, après les jours de sa prime jeunesse, ne prît plus de part active en savoir et recherche linguistiques, il est crédité par tradition de la fondation d'une école de Lambengolmor ou 'Savants des Langues' chargée de continuer son œuvre. Celle-ci continua d'exister parmi les Ñoldor, même à travers les rigueurs et les désastres de la Fuite d'Aman et des Guerres en Beleriand, et elle survécut en effet, pour retourner en Eressëa.
De l'École, le membre le plus éminent après le fondateur était, ou est toujours, Pengolodh,25 un Elfe d'ascendance mixte sindarine et ñoldorine, né en Nevrast, qui vécut à Gondolin depuis sa fondation. Il écrivait à la fois en sindarin et en quenya. Il fut l'un des survivants de la destruction de Gondolin, d'où il sauva quelques écrits anciens, et quelques-unes de ses propres copies, compilations, et commentaires. C'est en raison de ceci, et de sa prodigieuse mémoire, que beaucoup de la connaissance des Jours Anciens fut préservé.
Tout ce qui a été dit ici au sujet des noms elfes et de leurs origines, et des opinions des savants plus anciens, provient directement ou indirectement de Pengolodh. Car avant le renversement de Morgoth et la ruine du Beleriand, il rassembla beaucoup de matériaux parmi les survivants des guerres à la Bouche du Sirion à propos des langues et des systèmes gestuels au sujet desquels, en raison de l'isolation de Gondolin, il n'avait pas eu de connaissance directe auparavant. Pengolodh est dit être resté en Terre du Milieu jusque loin dans le Second Âge pour l'avancement de ses recherches, et, pour un temps, avoir résidé parmi les Nains de Cassarondo (Khazad-dûm). Mais lorsque l'ombre de Sauron recouvrit Eriador, il quitta la Terre du Milieu, le dernier des Lambengolmor, et navigua vers Eressëa, où peut-être demeure-t-il encore.
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 17:16     Sujet du message: Répondre en citant

Note sur la 'Langue des Valar'


Peu est dit en savoir ñoldorin, tel qu'il a été préservé, au sujet de la 'langue des Valar et des Maiar'; bien qu'il fût supposé ci-dessus que l'application de Quenya au langage des Elfes en Aman fut due au contraste entre la langue des Valar et la langue des Elfes, qu'ils avaient auparavant supposée être la seule langue dans le monde. Considérant l'intérêt des Ñoldor pour toutes les questions concernant le langage, c'est étrange. Pengolodh le commente en effet et offre des explications. Ce qu'il dit au début de son Lammas est résumé ici; car son commentaire contient tout ce qui est à présent connu du sujet.
'Même si nous en avions des connaissance,' dit-il, 'nous ne pourrions raisonnablement douter que les Valar avaient leur propre lambe. Nous savons que tous les membres de leur ordre étaient incarnés de par leur propre désir, et que la plupart d'entre eux choisit de revêtir des formes semblables à celles des Enfants d'Eru, comme ils nous nomment. Dans de telles formes, ils reprendraient tous les caractères des Incarnés qui étaient dus à la coopération de la hröa avec la fëa résidente, car autrement l'appropriation de ces formes aurait été inutile, et ils se parèrent de la sorte longtemps avant qu'ils eussent une raison d'apparaître devant nous de manière visible. Étant donné, alors, que la création d'une lambe est le caractère principal d'un Incarné, les Valar, s'étant parés de la sorte, auraient inévitablement, lors de leur long séjour en Arda, créé une lambe pour eux-mêmes.
'Mais sans argument, nous savons qu'ils le firent; car il existe des références à la Lambe Valarinwa dans l'ancien savoir et les anciens récits, bien que celles-ci fussent peu nombreuses et éparpillées. La plupart de ces références paraissent provenir, par tradition orale, de 'les Paroles de Rúmil' (I Equessi Rúmilo), l'antique sage de Tirion, au sujet des premiers jours des Eldar en Aman et de leurs premiers échanges avec les Valar. Seuls des fragments de ces Equessi26 furent préservés dans la mémoire des Lambengolmor durant les sombres années de la Fuite et de l'Exil. Tout ce que je peux trouver ou tout ce dont je peux me souvenir, je l'ai rassemblé ici.'
L'information que Pengolodh donne alors est exposée plus brièvement ici. Ses points préliminaires sont les suivants. Peu des Eldar apprirent jamais à parler le valarin, même de façon hésitante; parmi le peuple dans son ensemble, seul un petit nombre de mots ou de noms devint largement connu. Fëanor, en effet, avant le développement de son mécontentement, est dit avoir appris plus de cette langue que tout autre avant son époque, et sa connaissance a en tout cas dû surpasser de loin le peu qui est à présent rapporté; mais ce qu'il savait, il le garda pour lui-même, et il refusa de le transmettre, même aux Lambengolmor, en raison de sa querelle avec les Valar.
Notre connaissance (Note 35, p. 416) est par conséquent à présent limitée (1) aux affirmations des 'anciens' selon lesquelles certains mots en quenya étaient en fait dérivés du valarin; (2) aux citations occasionnelles de mots ou de noms se présentant comme valarins (ni adoptés en quenya, ni adaptés à lui), bien qu'indubitablement rapportés avec une exactitude approximative seulement, étant donné que ni signes ni lettres non déjà connus dans les alphabets elfes ne sont employés; (3) aux affirmations selon lesquelles certains noms (en particulier ceux des Valar ou de lieux en Valinor) étaient des traductions de formes valarines. Dans les cas (1) et (3), les mots valarins authentiques ne sont pas toujours indiqués.
En ce qui concerne le groupe (1), Pengolodh cite une 'Parole' de Rúmil : 'les Eldar empruntèrent peu de mots aux Valar, car ils étaient riches en mots et prompts à la création en cas de besoin. Mais bien que l'honneur qu'ils accordèrent aux Valar aurait pu les inciter à reprendre des mots de leur langue, que cela soit nécessaire ou non, peu de mots du valarin pouvaient être adaptés à la langue elfe sans grand changement ou diminution. Car les langues et voix des Valar sont grandes et rudes, et pourtant également rapides et subtiles en mouvement, produisant des sons que nous trouvons difficiles à imiter; et leurs mots sont pour la plupart longs et rapides, comme l'éclat des épées, comme la volée de feuilles dans un grand vent ou la chute de pierres dans les montagnes.'
Pengolodh commente : 'Manifestement, l'effet du valarin sur les oreilles elfes n'était guère plaisant.' Il était, ajoute-t-il, comme l'on peut le voir ou le deviner de ce qui en survit, rempli de nombreuses consonnes non familières aux Eldar, et étranger au système de leur langue.27
Les exemples que Pengolodh donnent sont les suivants.

(1) (a) mots.
Ainu
'un de l''ordre' des Valar et des Maiar, créé avant Eä'. Valarin ayanūz. Ce fut à partir de cet ainu que fut créé en quenya l'adjectif aina 'saint', étant donné que, selon la dérivation quenya, ainu paraissait être une forme personnelle d'un tel adjectif.
aman 'béni, libre du mal'. Principalement utilisé en tant que nom du pays où les Valar demeuraient. La forme V n'est pas donnée; réputée signifier 'en paix, en accord (avec Eru)'. Voir Manwe.
aþar, Ñ asar 'période fixe, festival'. V aþāra 'convenu'.
axan 'loi, règle, commandement'. V akašān, réputé signifier 'Il dit', en référence à Eru.
indil 'un lys, ou une autre fleur simple plutôt grande'. V iniðil.
mahalma 'trône'. V maχallām (adapté en quenya), à proprement parler l'un des sièges des Valar dans le Máhanaxar ou 'Cercle de Justice'. L'élément māχan, réputé signifier 'autorité, décision faisant autorité', était également employé sous la forme Máhan, l'un des huit principaux Valar, habituellement traduit par Aratar.
miruvóre, miruvor 'un vin ou cordial particulier'. V mirubhōzē-; réputé être le début d'un mot plus long, contenant l'élément mirub- 'vin'.28
telluma 'dôme', en particulier le 'Dôme de Varda' par dessus Valinor; mais aussi appliqué aux dômes de la résidence de Manwe et Varda sur le Taniquetil. V delgūmā, altéré par association avec le Q telume. Voir Note 15.

Pengolodh mentionne également les noms de couleurs, qui, dit-il, peuvent être trouvés dans d'anciens vers, bien qu'ils ne soient utilisés que par les Vanyar, 'qui, comme le rapporte Rúmil, adoptèrent bien plus de mots que ne le firent les Ñoldor' :
ezel, ezella 'vert'. Voir Ezellohar.
nasar 'rouge'; ulban 'bleu'. Formes V non données.
tulka 'jaune'. Voir Tulkas.
(b) noms.
Aule
V (signification non donnée).
Manwe Réduction et altération pour convenir au quenya, dans lequel les mots de cette forme, se terminant en -we, étaient fréquents dans les noms personnels. V Mānawenūz 'le Béni, Celui (le plus proche) en accord avec Eru'. Anciennes formes Q Mánwen, Mánwe.
Tulkas V Tulukhastāz, réputé contenir les éléments V tulukha(n) 'jaune', et (a)šata- 'pilosité de la tête' : 'celui à la chevelure dorée'.
Osse, Orome Sur ces deux noms, les seuls qui devinrent connus des Eldar avant qu'ils n'atteignissent Aman, voir ci-dessous.
Ulmo Comme Manwe, une réduction et altération pour convenir au quenya, dans lequel la terminaison -mo apparaissait souvent dans des noms ou titres, parfois avec une portée agentale : Ulmo était interprété comme 'le Verseur' < *UL 'verser'. La forme V est donnée comme étant Ul(l)ubōz, contenant l'élément ul(l)u 'eau'.
Osse et Orome. Orome fut le premier des Valar que les Eldar virent. Osse, ils le rencontrèrent en Beleriand, et il resta longtemps sur les côtes, et devint bien connu des Sindar (en particulier des Eglain). Ces deux noms ont par conséquent des formes sindarines. À Osse correspond S Yssion ou Gaerys; à Orome le S Araw. Les formes V sont données comme étant Oš(o)šai (réputé signifier 'écumant'); et .
Le premier nom fut manifestement adopté sous la forme Ossai, qui devint naturellement Q Osse. En S, Ossai serait devenu ossī > ussi > auquel la terminaison (des noms masculins) -on fut ajoutée; ou bien l'adjectif *gairā 'terrible, effrayant' fut préfixé, produisant Gaerys. Le dernier était plus souvent utilisé par les Teleri de l'intérieur des terres. *gairā est de *gay- 'stupéfier, atterrer', qui était également utilisé dans le mot eldarin plus ancien pour la mer : *gayār, Q ëar, S gaear.
manifestement, comme le montra Fëanor, contenait le ouvert similaire à a (qui, en tant que sujet d'observation ultérieure, apparaissait fréquemment en valarin). Ceci fut traité comme le fut le eldarin, de telle sorte que le développement sindarin fut > *arāmē > > araum(a) > , arauv > araw. (En sindarin septentrional ou mithrim, où la diphtongaison de ō et l'ouverture de l'intervocalique m n'apparut pas, la forme produite était Arum; cf. la transformation sindarine septentrionale du nom ñoldorin exilique Hísilóme > Hithlum.) La forme quenya avec Orome pour *Arome > Arōmē, peut indiquer une assimilation du o initial au ō suivant avant la rétraction de l'accent normal Q vers la première syllabe; mais Pengolodh dit que ce fut dû à l'association du nom au Q natif *rom, utilisé à propos du son de trompettes ou de cors, observé dans le nom Q pour le grand cor d'Orome, le Vala-róma (également en Q romba 'cor, trompette', S rom).
'Les Eldar,' dit-il, 'considèrent à présent que le nom signifie 'sonnant du cor' ou 'sonneur de cor'; mais pour les Valar, il n'avait pas une telle signification. À présent, les noms que nous avons pour les Valar ou les Maiar, qu'ils soient adaptés du valarin ou traduits, ne sont pas de vrais noms mais des titres, se référant à quelque fonction ou caractère de la personne; bien que les Valar aient de vrais noms, ils ne les révèlent pas. Sauf seulement dans le cas d'Orome. Car il est dit dans les récits des jours les plus anciens des Quendi que, lorsque Orome apparut parmi eux, et qu'au bout d'un moment certains osèrent l'approcher, ils lui demandèrent son nom, et il répondit : Orome. Ils lui demandèrent ensuite ce que cela signifiait, et à nouveau il répondit : Orome. À moi seulement est-il donné; car je suis Orome. Pourtant, les titres qu'il portait étaient nombreux et glorieux; mais il les tut à ce moment-là, afin que les Quendi ne fussent pas effrayés.'

Nahar, le nom du cheval d'Orome. 'Il en alla autrement,' dit Pengolodh, 'du coursier sur lequel Orome chevauchait. Lorsque les Quendi lui demandèrent son nom, et s'il comportait une signification, Orome répondit : 'Nahar, et il est nommé d'après le son de sa voix, lorsqu'il est impatient de galoper'. Mais la forme V qui est rapportée par Rúmil était næχærra.
Ezellohar (aussi traduit en Koron Oiolaire, Korollaire), le Monticule Vert sur lequel poussèrent les Deux Arbres. V Ezellōχār.
Máhanaxar, le 'Cercle de Justice' dans lequel étaient installés les trônes des Valar sur lesquels ils siégeaient en conseil (voir mahalma ci-dessus, p. 399). Réduit et altéré à partir du V māxananaškād. Aussi traduit en Rithil-Anamo.

(2) mots et noms valarins, consignés mais non adoptés.
(a) mots
uruš
, rušur 'feu'.
ithīr 'lumière'.
ul(l)u 'eau'.
šebeth 'air'.

(b) noms
Arda
: V Aþāraphelūn (réputé signifier 'demeure fixée'). Arda Immarrie : Aþāraphelūn Amanaišāl; Arda Marrie : Aþāraphelūn Dušamanūðān.
Telperion : V Ibrīniðilpathānezel.
Laurelin : V Tulukhedelgorūs.
Ithil 'lune' : V Phanaikelūh. Réputé signifier 'mirroir brillant'.
Anar 'Soleil' : V Aþāraigas. Réputé signifier 'chaleur convenue'.

À la fin de cette courte liste, Pengolodh mentionne un autre eques de Rúmil, qui pourrait sembler contraire à celui déjà cité ci-dessus : 'Que nul ne soit surpris, qui tente d'apprendre quelque peu de la langue des Seigneurs de l'Ouest, comme moi, s'ils y trouvent de nombreux mots ou morceaux de mots qui ressemblent à nos propres mots de significations identiques ou similaires. Car alors même qu'ils revêtirent notre forme par amour pour nous, ainsi sous cette forme, il était probable que leurs voix en arrivassent à des tengwi similaires.'
Là-dessus, Pengolodh commente : 'Il ne savait rien des Hommes ou des Nains. Mais nous qui avons demeuré parmi les Hommes savons que (aussi étrange que cela semble à certains) les Valar ne les aimaient pas moins. Et pour ma part, je perçois une ressemblance non moindre, ou en effet plus grande, entre le valarin et les langues des Hommes, notamment la langue des Dúnedain et des Enfants de Marach (sc. adunaïque). Également, de manière générale, elle ressemble aux langues des Kasāri; bien qu'il ne faille pas s'en étonner, si leur tradition est vraie, selon laquelle Aule créa pour eux leur langue en son commencement, et par conséquent elle change peu, alors que l'iglishmēk qu'ils créèrent pour eux-mêmes est changeant.'

(3) [Cf. p. 398 : 'affirmations selon lesquelles certains noms (en particulier ceux des Valar ou de lieux en Valinor) étaient des traductions de formes valarines']
Arda Q arda (< *gardā, S gardh) signifiait tout endroit plus ou moins délimité ou défini, une région. Son emploi en tant que nom propre au Monde était dû au V Aþāraphelūn.
Aratar 'les Suprêmes', était une version du V māxanāz, pl. māxanumāz 'Autorités', aussi adapté en Máhan, pl. Máhani.
'Toute la Création', signifiant 'cela est', ou 'que cela soit'. Valarin non répertorié.
Ambar 'la Terre', signifiant 'habitation'. Bien que les Eldar utilisassent souvent Arda dans à peu près le même sens, la signification propre d'Ambar était la seule Terre, en tant que le lieu où les Aratar avaient établi leur demeure, et où les Incarnés étaient destinés à apparaître.29
Eru 'l'Unique'. Ilúvatar était, cependant, un nom créé par les Eldar (quand ils entendirent parler d'Eru par les Valar), qu'ils utilisaient plus souvent qu'Eru, réservé aux occasions les plus solennelles. Il fut créé à partir d'ilúve 'totalité, le tout', un équivalent d', et d'atar 'père'.
Varda 'la Sublime'. Forme V non donnée.
Melkor 'Celui qui s'élève en Puissance', forme Q plus ancienne *mbelekōro. Forme V non donnée.
Námo 'Juge'; habituellement appelé par les Eldar Mandos, le lieu de sa demeure.
Irmo 'Celui qui désire'; habituellement appelé par le nom de sa demeure Lórien.
Este 'Repos'. (*SED : CE *esdē, Q Este, T Ēde (en tant que noms uniquement); S îdh 'repos'.)
Vala 'a du pouvoir' (sc. sur la substance d'Eä), 'une Puissance'; pl. Valar, 'ils ont du pouvoir, les Puissances'. Étant donné que ces mots sont, du point de vue de la structure Q, d'origine verbale, ils étaient probablement des versions de mots V de signification verbale. Cf. axan (p. 399), ; et aussi Q eques.
Atan, pl. Atani 'Hommes', signifiant 'les Seconds, ceux qui viennent ensuite'. Les Valar les appelaient en entier 'les Seconds Enfants d'Eru', mais les Quendi étaient 'les premiers Enfants d'Eru'. De ces termes, les Q Minnónar 'Premiers-Nés' et Apanónar 'Nés-après' furent imités; mais Q Eruhin, pl. Eruhíni 'Enfants d'Eru' (dont l'authentique forme valarine n'est pas répertoriée, probablement parce que l'équivalent V d'Eru n'est nulle part révélé). À côté de la forme -hin, -híni, uniquement utilisée en composition après un nom parental, Q a hína 'enfant', et hina uniquement utilisé au vocatif, en s'adressant à un (jeune) enfant, en particulier dans hinya (< hinanya) 'mon enfant'. Le S a hên, pl. hîn, principalement utilisé comme préfixe dans des patronymiques ou matronymiques : comme Hîn Húrin 'Les Enfants de Húrin'. Ces mots sont des dérivés du radical *khin : khīnā (en composition khīna > Q -hin), et khinā.
Kalakiryan 'la Brèche de Lumière', la passe dans les Pelóri, non loin du versant nord du Taniquetil, à travers laquelle la Lumière des Arbres en Valinor se déversait vers les rives d'Aman.
Taniquetil, la plus haute des montagnes des Pelóri, sur laquelle étaient situées les demeures de Manwe et Varda. Le nom était à proprement parler uniquement celui du pic le plus élevé, signifiant Haut-Pic-Enneigé. La montagne entière était le plus souvent appelée par les Eldar (Oron) Oiolosse, '(Mont) Toujours-blanc' ou 'Toujours-enneigé'. Il y avait de nombreux noms pour cette montagne en quenya. Une variante ou proche équivalent de Taniquetil était Arfanyaras(se). Les formes sindarines des noms furent créées par les Ñoldor, car les Sindar ne savaient rien du pays d'Aman, excepté par compte-rendu des Exilés : e.g. Amon-uilos et Ras-Arphain.
Pelóri 'la barrière, ou les Hauteurs défensives'. Les montagnes d'Aman, s'étalant en un croissant du Nord au Sud, près des rives occidentales.

Sur cette liste, Pengolodh commente : 'Ceux-ci sont tous ceux que je peux trouver dans l'ancien savoir ou me souvenir avoir lus ou entendus. Mais la liste est clairement incomplète. De nombreux noms jadis connus et utilisés, qu'ils se retrouvent à présent dans les récits survivants ou qu'ils aient disparu, ont dû appartenir au premier ou au dernier groupes. Parmi ceux dont on se souvient encore, je note Avathar, le nom de la sombre et étroite contrée entre les Pelóri méridionaux et la Mer où demeurait Ungoliante. Ce n'est pas elfe. Il y a aussi les noms Nessa, la compagne de Tulkas, et Uinen, la compagne d'Osse. Ceux-ci non plus ne sont pas elfes, pour autant qu'on puisse le voir à présent; et étant donné que les noms Tulkas et Osse viennent du valarin, les noms de leurs compagnes peuvent également représenter des titres en langue valarine, ou des parties d'eux telles que les Eldar pourraient les adapter. Je dis 'pour autant qu'on puisse le voir à présent', car il n'y a aucune certitude à ce sujet sans trace écrite. Il est clair que certaines, ou en effet beaucoup, de ces adoptions et traductions furent faites en des jours très lointains, lorsque la langue des Eldar était différente de ce qu'elle devint avant l'Exil. Au cours des longues années, en raison de l'agitation et de l'inventivité des Eldar (et des Ñoldor en particulier), des mots ont été mis de côté et de nouveaux mots créés; mais les noms des perdurants ont perduré, tout comme les mémoires du langage du passé. Il y a aussi ceci à considérer. Quand des mots de la langue elfe avaient été utilisés pour créer des noms de choses et de personnes élevées et admirables, ils semblent ne plus avoir été ressentis comme convenant pour s'appliquer à des choses moindres, et avoir ainsi disparu du langage quotidien.
'Ainsi nous voyons que vala n'est plus utilisé pour aucun pouvoir d'autorité moindre que celui des Valar eux-mêmes. L'un pourrait dire Ā vala Manwe ! 'que Manwe le commande !'; ou Valar valuvar 'la volonté des Valar sera faite'; mais nous ne disons pas cela de tout autre nom moindre. De la même manière, Este ou Ēde est uniquement le nom de la compagne de Lorien, alors que la forme que ce mot a en sindarin (îdh) signifie 'repos', tel que même un chien fatigué peut trouver devant un feu.' (Note 36, p. 416)

Les raisons que Pengolodh donne ou présume au sujet de la maigre connaissance du valarin préservée dans le savoir ñoldorin sont ici résumées. L'on a déjà fait allusion à certaines d'entre elles.
Bien que le valarin eût bien plus de sons que l'eldarin, dont certains étrangers au style et au système eldarin, cela seul ne posait guère de difficulté réelle à l'emprunt de mots et à leur adaptation en eldarin. Apprendre le valarin n'était probablement pas au-delà des pouvoirs des Eldar, s'ils avaient ressenti la nécessité ou le désir de le faire; les références à la difficulté du valarin sont principalement dues au fait que, pour la plupart des Eldar, l'apprendre était une tâche ingrate et infructueuse.
Car les Eldar n'avaient nul besoin d'apprendre la langue de Valinor dans des buts de communication; et ils n'avaient nul désir soit d'abandonner, soit d'altérer leur propre langue, qu'ils aimaient et dont ils étaient fiers. Par conséquent, seuls ceux parmi eux qui avaient une curiosité linguistique particulière désiraient apprendre le valarin pour lui-même. De tels 'savants' ne consignaient pas toujours leurs connaissances, et de nombreux compte-rendus qui furent réalisés ont été perdus. Fëanor, qui en savait probablement plus sur le sujet qu'aucun des plus jeunes générations nées en Aman, tut délibérément ses connaissances.
Ce fut probablement uniquement durant les tous premiers jours que les Eldar entendirent souvent parler le valarin, ou eurent l'opportunité de l'apprendre, sauf par effort individuel particulier. Les Teleri eurent peu de contacts immédiats avec les Valar et les Maiar après leur établissement sur les rives. Les Ñoldor devinrent de plus en plus absorbés par leurs propres activités. Seuls les Vanyar restèrent en constante association avec les Valar. Et en tout cas, les Valar semblent avoir rapidement adopté le quenya.
Chacun des ordres des créatures d'Eru avait un talent particulier, que des ordres supérieurs pouvaient admirer. Le talent particulier des Incarnés, qui vivaient par l'union nécessaire de la hröa et de la fëa, était la création de langue. Les Quendi, premiers et chefs des Incarnés, avaient (ou le considéraient-ils) le plus grand talent pour la création de lambe. Les Valar et les Maiar admiraient et prenaient plaisir à la lambe eldarine, comme ils le firent de nombreuses autres des œuvres habiles et délicates des Eldar.
Les Valar apprirent par conséquent le quenya de leur propre gré, pour le plaisir autant que pour la communication; et il semble clair qu'ils préféraient que les Eldar pussent créer de nouveaux mots de leur style propre, ou pussent traduire les sens des noms en de belles formes eldarines, plutôt qu'ils ne retinssent les mots valarins ou qu'ils ne les adoptassent au quenya (un procédé qui, dans la plupart des cas, ne rendait justice à aucune des deux langues).
Peu après l'arrivée des Vanyar et des Ñoldor, les Valar cessèrent de parler dans leur propre langue en présence des Eldar, excepté rarement : comme, par exemple, lors des grands Conseils, auxquels les Eldar assistaient parfois. D'ailleurs, il est dit que souvent les Valar et les Maiar pouvaient être entendus parler quenya entre eux.
En tout cas, pour parler des premiers jours de l'établissement à Tirion, il était bien plus facile et rapide pour les Valar d'apprendre le quenya que d'enseigner aux Eldar le valarin. Car, en un sens, nulle lambe n'était 'étrangère' aux Auto-Incarnés. Même lorsque utilisant des formes corporelles, ils avaient moins besoin d'une tengwesta que n'en avaient les Incarnés; et ils avaient créé une lambe pour le plaisir de l'exercice des pouvoirs et adresses de la forme corporelle, et (de manière plus distante) pour la meilleure compréhension des esprits des Incarnés lorsqu'ils devraient apparaître, plutôt que par quelque besoin qu'ils ressentaient entre eux. Car les Valar et les Maiar pouvaient directement transmettre et recevoir des pensées (par la volonté des deux parties) selon leur véritable nature;30 et bien que l'utilisation de la forme corporelle (bien qu'assumée et non imposée) rendit dans une certaine mesure ce mode de communication moins rapide et précis, ils gardèrent cette faculté à un degré surpassant de loin celui observé chez tous les Incarnés.
À cet endroit, Pengolodh ne discute pas plus loin cette question de la transmission et de la réception de la pensée, et ses limitations en tout ordre des créatures. Mais il cite, comme exemple de la vitesse à laquelle, par son aise, une tengwesta pouvait être apprise par un ordre plus élevé, l'histoire de la Découverte des Edain. Selon celle-ci, le roi ñoldorin, Finrod, apprit rapidement la langue du peuple de Bëor, qu'il découvrit en Ossiriand, car il comprenait dans une large mesure ce qu'ils voulaient dire pendant qu'ils parlaient. 'À présent Finrod,' dit-il, 'était renommé parmi les Eldar pour ce pouvoir qu'il possédait, en raison de la chaleur de son cœur et de son désir de comprendre les autres; pourtant, son pouvoir n'était pas plus grand que celui du moindre des Maiar.'31

Pengolodh conclut comme suit. 'Dans les récits, les Valar sont toujours présentés comme parlant quenya en toute circonstance. (Note 37, p. 417) Mais cela ne peut provenir de traduction par les Eldar, dont peu d'historiens connaissaient le valarin. La traduction a dû être faite par les Valar ou les Maiar eux-mêmes. En effet, ces récits ou légendes qui traitent des époques d'avant l'éveil des Quendi, ou du passé le plus éloigné, ou de choses que les Eldar ne pouvaient pas avoir connues, ont dû être présentés en premier en quenya par les Valar ou les Maiar lorsqu'ils instruisirent les Eldar. En outre, cette traduction doit avoir concerné bien plus que les simples mots de la langue. Si nous considérons le Premier Récit, qui est appelé l'Ainulindalë : ceci doit être issu des Aratar eux-même (pour la majeure partie, en effet, de Manwe, croit-on). Bien qu'il fût clairement mise en sa présente forme par les Eldar, et existât déjà sous cette forme lorsqu'il fut consigné par Rúmil, il doit toutefois nous avoir dès le départ été présenté non seulement dans les mots du quenya, mais également selon nos modes de pensée et notre imagination du monde visible, en symboles qui nous étaient intelligibles. Et ces choses, les Valar les comprirent parce qu'ils avaient appris notre langue.'
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 17:16     Sujet du message: Répondre en citant

Notes de l'auteur sur Quendi et Eldar


Note 1 (p. 367; référence dans deux passages).

Distinguer yomenie 'réunion, rassemblement' (de trois ou plus venant de directions différentes). La forme telerine était : ēl sīla lūmena vomentienguo.

Note 2 (p. 369).

Il s'agissait d'un développement ultérieur en quenya, après que les éléments et -vā étaient devenus des flexions, applicables à tous les noms, pour pluraliser -o par ajout du signe pluriel -n, lorsque ajouté à un radical pluriel (comme il pourrait l'être par fonction naturelle) : comme lasseo 'd'une feuille', lassio > lassion 'de feuilles'. De même avec -va; mais ceci était et resta un adjectif, et avait la forme plurielle -ve en attribution plurielle (Q archaïque -vai); il ne pouvait pas, cependant, indiquer une pluralité de sources, originellement, et la distinction Q Eldava 'des Elfes' [NdTr : en complément du nom] et Eldaiva 'Elfes' fut une innovation Q.

Note 3 (p. 372).

roquen est > *roko-kwen avec syncope quenya, *roko étant une forme plus ancienne et plus simple du radical, trouvée dans certains composés et noms composés, bien que la forme normale du mot indépendant 'cheval' avait la forme fortifiée rokko. Ces composés, étant anciens, étaient accentués comme des mots unitaires, et l'accent principal venait sur la syllabe précédant -quen : kirya:quen, kirya:queni.

Note 4 (p. 373).

C'est-à-dire, elliptiquement pour Quenya lambe, comme anglais pour langue anglaise. Lorsque les historiens eurent besoin d'un adjectif général 'quendien, appartenant aux Elfes en tant que tout', ils créèrent le nouvel adjectif Quenderin (sur le modèle d'Eldarin, Ñoldorin, etc.); mais ceci resta un mot savant.

Note 5 (p. 375).

Ce changement eut lieu il y a longtemps dans l'histoire linguistique elfe; probablement avant la Séparation. Il est en tout cas commun au telerin d'Aman, au sindarin, et au nandorin.

Note 6 (p. 375).

Les Savants ñoldorins rapportent que Pendi était utilisé par les Teleri des tous premiers jours seulement, parce qu'ils ressentaient qu'il signifiait le simplet, le pauvre (*PEN), en référence à l'indigence et à l'ignorance des Elfes primitifs.

Note 7 (p. 377).

Les Nains étaient dans une position spéciale. Ils prétendaient avoir connu le Beleriand avant même que les Elfes n'y arrivassent; et il apparaît en effet y avoir eu de petits groupes demeurant furtivement dans les hautes terres à l'ouest du Sirion depuis une époque très ancienne : ils attaquaient et assaillaient les Elfes à la dérobée, et les Elfes ne les reconnurent pas de prime abord comme des Incarnés, mais les conçurent comme étant un genre d'animal rusé, et les chassèrent. D'après ce qu'ils disaient, ils étaient des fugitifs, poussés dans la nature par leur propre parenté plus loin à l'est, et ultérieurement, ils furent appelés les Noegyth Nibin32 ou Petits-Nains, car ils étaient devenus plus petits que la norme de leur espèce, et emplis de haine pour toutes les autres créatures. Lorsque les Elfes rencontrèrent les puissants Nains de Nogrod et Belegost, sur le versant oriental des Montagnes, ils les reconnurent comme des Incarnés, car ils étaient habiles dans de nombreux arts, et apprenaient la langue elfe volontiers pour des raisons d'échanges. De prime abord, les Elfes doutèrent à leur égard, les croyant apparentés aux Orcs et créatures de Morgoth; mais lorsqu'ils découvrirent que, bien que fiers et inamicaux, ils pouvaient se fier à eux pour respecter les traités qu'ils avaient conclus, et qu'ils ne molestaient pas ceux qui les laissaient en paix, ils commercèrent avec eux et les laissèrent aller et venir comme ils le voulaient. Ils ne les classèrent plus comme Moerbin, mais ne les reconnurent pas plus comme Celbin, les appelant les Dornhoth ('le peuple rigide') ou les Naugrim ('le peuple chétif'). [Voir plus sur les Petits-Nains pp. 388-9.]

Note 8 (p. 377).

Bien que Morben pouvait toujours leur être appliqué par quiconque restait hostile aux Hommes (comme l'étaient les gens de Doriath dans leur majeure partie); mais cela se voulait insultant.

Note 9 (p. 377; référence dans deux passages).

L'implication selon laquelle, en opposition aux Celbin, les Moerbin étaient alliés à Morgoth, ou au moins de loyauté douteuse, était, cependant, fausse au regard des Avari. Nul Elfe d'aucune sorte ne s'aligna jamais avec Morgoth de son plein gré, bien que, sous la torture ou la pression d'une grande crainte, ou trompés par des mensonges, ils pourraient obéir à ses ordres : mais ceci s'appliquait aussi aux Celbin. Les 'Elfes sombres', cependant, étaient souvent hostiles, et même perfides, dans leurs échanges avec les Sindar et les Ñoldor; et s'ils combattaient, comme ils le faisaient lorsqu'ils étaient eux-mêmes assaillis par les Orcs, ils ne prirent jamais une part ouverte dans la Guerre aux côtés des Celbin. Ils étaient, semble-t-il, emplis d'une amertume héritée envers les Eldar, qu'ils considéraient comme des déserteurs de leur race, et en Beleriand, ce sentiment fut augmenté par l'envie (en particulier des Amanyar), et par ressentiment de leur magnifiscence. La croyance des Celbin selon laquelle, au moins, ils étaient plus faibles en résistance aux pressions ou mensonges de Morgoth, si cette doléance était prise en compte, pourrait avoir été justifiée. Mais le seul cas enregistré dans les récits est celui de Maeglin, le fils d'Eöl. Eöl était un Mornedhel, et est dit avoir appartenu au Deuxième Clan (dont les représentants au sein des Eldar étaient les Ñoldor).33 Il demeurait en Beleriand oriental, non loin des frontières de Doriath. Il avait de grands dons de forgeron, en particulier dans la création d'épées, dans le travail desquelles il surpassait même les Ñoldor d'Aman; et par conséquent, beaucoup croyaient qu'il utilisait le morgul, les sciences occultes enseignées par Morgoth. Les Ñoldor eux-mêmes avaient en effet beaucoup appris de Morgoth durant les jours de sa captivité en Valinor; mais il est plus probable qu'Eöl connaissait les Nains, car en de nombreux endroits, les Avari devinrent plus proches en amitié avec ce peuple qu'avec les Amanyar ou les Sindar. Eöl trouva Írith,34 la sœur du Roi Turgon, égarée dans la nature à proximité de sa demeure, et il la prit pour femme de force : un acte très mauvais aux yeux des Eldar. Son fils Maeglin fut par après admis à Gondolin, et reçut les honneurs en tant que fils-de-sœur du roi; mais à la fin, il livra Gondolin à Morgoth. Maeglin était en effet un Elfe de caractère mauvais et d'esprit sombre, et il avait un désir et une rancune propres à satisfaire; mais même ainsi, il fit ce qu'il fit seulement après le tourment et sous un nuage de crainte. Certains des Nandor, qui étaient autorisés à être Celbin, n'étaient pas meilleurs. Saeros, un conseiller du Roi Thingol, qui appartenait à un petit clan de Nandor vivant en Doriath oriental, fut principalement responsable du départ en hors-la-loi de Túrin, fils de Húrin. La mère de Túrin était nommée Morwen 'jeune fille sombre', en raison de sa chevelure sombre, et ce fut l'une des pires insultes de Saeros de l'appeler Morben. Pour cela, Túrin le frappa dans le hall du roi.35
Ce ressentiment de la part des Avari est illustré par l'histoire du PQ *kwendī. Ce mot, comme il a été montré, ne survécut pas dans les langues telerines de la Terre du Milieu, et était même presque oublié en telerin d'Aman. Mais les Savants des jours ultérieurs, lorsque des relations plus amicales furent établies avec des Avari d'espèces différentes en Eriador et dans le Val d'Anduin, rapportent qu'il apparaissait fréquemment dans les dialectes avarins. Ceux-ci étaient nombreux, et souvent aussi largement séparés les uns des autres qu'ils l'étaient des formes eldarines de la langue elfe; mais où que les descendants de *kwendī fussent trouvés, ils ne signifiaient pas 'Elfes en général', mais étaient les noms que les Avari se donnaient à eux-mêmes. Ils avaient manifestement continués à s'appeler *kwendī, 'le Peuple', considérant ceux qui partirent comme des déserteurs - bien que, selon la tradition eldarine, les nombres des Eldar à l'époque de la Séparation étaient dans la proportion approximative de 3:2, en comparaison avec les Avari (voir p. 381). Les formes avarines citées par les Savants étaient : kindi, cuind, hwenti, windan, kinn-lai, penni. La dernière est intéressante en ce qu'elle montre le changement kw > p. Cela pourrait être indépendant du changement en telerin commun; mais il suggère qu'il était déjà apparu parmi les Lindar avant la Séparation. La forme penni est citée comme provenant du langage 'sylvo-elfe' du Val d'Anduin, et ces Elfes étaient parmi les plus amicaux des fugitifs du Beleriand, et se considéraient apparentés aux restes des Sindar.

Note 10 (p. 378).

Il n'est guère surprenant que les Edain, lorsqu'ils apprirent le sindarin, et, dans une certaine mesure, également le quenya, trouvèrent difficile de discerner si les mots et noms contenant l'élément el se référaient aux étoiles ou aux Elfes. Cela s’observe dans le nom Elendil, qui devint un nom favori chez les Edain, mais qui était sensé comporter le sens 'ami d'Elfe'. Correctement, en quenya, il signifiait 'un amoureux ou étudiant des étoiles', et était appliqué à ceux qui se consacraient au savoir astronomique. 'Ami d'Elfe' aurait plus correctement été représenté par Quen(den)dil ou Eldandil.

Note 11 (p. 378).

Lac Mithrim, signifiant originellement 'Lac des Mithrim'. Mithrim était un nom leur ayant été donné par les méridionaux, en raison du climat plus frais et des cieux plus gris, et des brumes du Nord. Ce fut probablement parce que les Ñoldor entrèrent d'abord en contact avec cette branche nordique qu'ils donnèrent en quenya le nom Sindar ou Sindeldi 'Elfes gris' à tous les habitants telerins des Terres occidentales qui parlaient la langue sindarine.36 Cependant, ce nom fut plus tard également considéré comme se référant au nom d'Elwe, Thingol (Sindikollo) 'Mantegrise', étant donné qu'il était reconnu comme haut-roi de tout le pays et de ses peuples. Il est également dit que les gens du Nord étaient principalement habillés de gris, en particulier après le retour de Morgoth, quand la discrétion devint nécessaire; et les Mithrim possédaient une technique de tissage d'une étoffe grise qui rendait ceux qui la portaient presque invisibles dans les lieux ombragés ou dans une contrée rocheuse. Cette technique fut ultérieurement utilisée même dans les contrées méridionales, comme les dangers de la Guerre augmentaient.

Note 12 (p. 380).

La langue de Mithrim était également un dialecte marqué; mais aucun des dialectes du sindarin ne différait suffisamment largement que pour interférer dans les rapports. Leurs divergences n'étaient pas plus grandes que celles qui s'étaient développées entre le quenya tel que parlé par les Vanyar, et tel que parlé par les Ñoldor à l'époque de l'Exil.

Note 13 (p. 380).

Pour le PQ tardif gl- en tant que variation initiale de l-, voir Phonologie Générale.37 Bien que ce nom de clan ait *glind- en sindarin, le g- n'apparaît pas en telerin amanya, ni en nandorin, de telle sorte que, dans ce cas, il peut s'agir d'un ajout en sindarin, qui favorisa et augmenta beaucoup les groupes initiaux de ce genre.

Note 14 (p. 382).

Pour cette raison, le plus fréquemment utilisé des 'titres' ou noms secondaires des Lindar était Nendili 'Amoureux de l'eau'.

Note 15 (p. 382).

Une formation agentale simple (comme *abaro > *abar de *ABA) à partir de la racine *TELE, dont le sens primaire paraît avoir été 'fermer, finir, arriver à la fin' : d'où en Q telda 'dernier, final'; tele- verbe intransitif 'finir, terminer', ou 'être la dernière chose ou personne dans une série ou séquence d'événements'; telya verbe transitif 'finir, se terminer, conclure'; telma 'une conclusion, tout ce qui est utilisé pour terminer un travail ou une affaire'. Ceci était probablement distinct de *tel-u 'couvrir d'un toit, mettre le faîte à une construction', observé dans le Q telume 'toit, canopée'. (Ceci était probablement l'un des tous premiers mots quendiens pour les cieux, le firmament, avant la croissance de leur connaissance, et l'invention du mot eldarin Menel. Cf. Telumehtar 'guerrier du ciel', un nom plus ancien pour Menelmakil, Orion.) Le mot telluma 'dôme, coupole' est une altération de telume sous l'influence du valarin delgūma : voir p. 399. Mais *telu peut simplement être une forme différenciée de *TELE, étant donné que le toit était le travail final d'une construction; cf. telma, qui était souvent appliqué au dernier élément d'une structure, tel qu'un couronnement, ou le pinacle le plus haut.

Note 16 (p. 384).

Voir ci-dessus, p. 381. la proportion, pour 144, des Eldar restant en Terre du Milieu était estimée à 26, dont environ 8 étaient Nandor.

Note 17 (p. 384).

Lenwe est la forme sous laquelle ce nom était remémoré dans les récits ñoldorins. Son nom était probablement *Denwego, nandorin Denweg. Son fils était le chef nandorin Denethor. Ces noms signifiaient probablement 'souple et vif' et 'souple et long et grêle', de *dene- 'fin et fort, flexible, souple', et *thara- 'grand (ou long) et élancé'.

Note 18 (p. 384).

Le nom Nandor était un dérivé de l'élément *dan, *ndan- indiquant le revirement d'une action, afin de défaire ou d'invalider son effet, comme dans 'défaire, revenir en arrière (par le même chemin), se dédire, rendre (le même présent : non un autre en retour)'. Le mot originel *ndandō, par conséquent, ne suggérait probablement que 'celui qui revient sur sa parole ou décision'.

Note 19 (p. 386).

En Q Eldameldor, S Elvellyn. C'est-à-dire, 'Amoureux des Elfes'. Les mots Quendili, Eldandili (voir Note 10), bien que n'excluant pas l'affection et les loyautés personnelles, auraient également suggéré un intérêt profond pour tout savoir relatif aux Elfes, ce qui n'était pas nécessairement inclus dans les mots meldor, mellyn 'amoureux, amis'.

Note 20 (p. 387).

C'est-à-dire, mourir naturellement, de vieillesse ou de lassitude, et inévitablement, pas seulement (comme les Elfes) de quelque blessure grave ou de chagrin.

Note 21 (p. 387).

S -eb vient de *ikwā, CT *-ipā, probablement apparenté au Q -inqua. Cf. S aglareb 'glorieux', Q alkarinqua. Les deux sont probablement apparentés à l'élément *kwa, *kwa-ta observé dans les mots eldarins pour 'plein'.

Note 22 (p. 388).

Le S ch était seulement une approximation; le kh nain était en fait une aspirée forte, non une spirante. De même, à l'époque de l'emprunt, le sindarin ne possédait ni le son z ni le long ā. Cela ne signifie pas que les Elfes ne pouvaient pas imiter ou acquérir des sons étrangers à leur langue natale. Tous les Elfes avaient un grand don pour les langues, et surpassaient de loin les Hommes dans ce domaine. Les Ñoldor étaient les principaux linguistes des Elfes, mais leur supériorité se montrait non pas tant dans l'acquisition de nouvelles langues mais dans leur amour des langues, leur inventivité, et leur intérêt pour le savoir linguistique, et l'histoire et les relations de différentes langues. En adoptant un mot pour emploi dans leur propre langue (qu'ils aimaient), les Elfes l'adaptaient à leur propre style pour des raisons esthétiques.

Note 23 (p. 388).

Ces mots sont dérivés de la racine *NUKU 'nain, chétif, n'atteignant pas sa pleine croissance ou achèvement, ne satisfaisant pas à quelque marque ou standard', observé dans *nuktā-, Q nuhta- 'retarder la croissance, empêcher d'arriver à complétion, arrêter net, ne pas permettre de continuer', S nuitha- de sens similaires. Il y avait une formation adjectivale *naukā, de laquelle étaient dérivés S naug, Q nauka, en particulier appliqués aux choses qui, bien qu'ayant achevé leur croissance, étaient plus petites ou plus courtes que leur espèce, et étaient sclérosées, tordues ou difformes. Nogoth est probablement d'une forme telle que *nukotto/a 'une chose (ou une personne) chétive ou difforme'.

Note 24 (p. 388).

Le Q h était devenu trop faible pour représenter l'aspirée kh, qui fut dès lors rendue par k. Le d final était devenu r, et ce changement était reconnu dans l'adaptation. Le z > s médial était devenu r dans le dialecte ñoldorin du Q, excepté quand une syllabe adjacente, ou (comme ici) la même syllabe, contenait déjà un r.

Note 25 (p. 388).

Norno est une forme personnalisée de l'adjectif norna 'dur, solide', l'équivalent Q du S dorn. Les deux viennent de la racine *DORO 'désséché, dur, rigide'. Avec l'enrichissement initial fréquent d > nd, ceci apparaît dans le PQ *ndorē 'la terre dure, sèche, en opposition à l'eau ou le marais > terre en général, en opposition à la mer; une terre (une région particulière avec des limites plus ou moins définies)'. D'où S dôr (-ndor > -nor, -nnor) 'terre'. En Q, ce mot devint confus ou mélangé au distinct *nōrē de la racine *ONO (voir p. 387), 'famille, tribu ou groupe ayant un ancêtre commun, la terre ou la région où ils demeuraient'. Ainsi, Q nóre était généralement utilisé pour 'terre' associée à un peuple particulier, et l'ancien *ndorē ne survécut que dans des composés de noms : comme Valinóre < *Valinōrē 'le peuple et la terre des Valar', à côté de Valinor, Valandor. Une terre ou région particulière était en Q arda; une terre, en opposition à l'eau ou à la mer, était nór (< *ndōro), en opposition à eär. Les formes Q norna, Norno peuvent aussi contenir nd-, bien que le S dorn ne le fasse pas; mais il s'agit probablement de l'un des cas dans lesquels l'initiale Q d devint n-, non l-, par assimilation à un n apparaissant plus tard dans le mot.

Note 26 (p. 389).

Novrod était la forme la plus ancienne, et apparaît dans les premières annales, à côté de la variante Grodnof. Celles-ci contiennent les éléments CE *nābā 'creux', et (g)rotā 'excavation, habitation souterraine'. Novrod conserve l'ordre eldarin (et nain) plus ancien, avec l'élément adjectival en premier. À l'époque de sa création, *nāba-grota avait sans aucun doute déjà atteint sa forme S archaïque * > novrod. Grodnof contient les mêmes éléments dans l'ordre sindarin ultérieur et plus usuel. La forme Nogrod, qui devint ultérieurement usuelle, est due à la substitution de Nog-, pris en tant que forme de Naug 'nain' (avec le changement usuel de au > o), après que l'élément Nov- fut devenu obscur. L'adjectif *nābā > , resta courant uniquement dans le dialecte septentrional, d'où le nom Novrod provenait. Dans les autres dialectes, , en tant que mot indépendant accentué, donna nauv > naw (avec la perte habituelle du v final après au, u), et ce mot cessa d'être utilisé dans le langage courant. Novrod, dans des annales plus anciennes, apparaît parfois glosé Bar-gol 'habitation creuse', utilisant l'adjectif plus courant coll < *kuldā.
Hadhodrond utilise la forme adaptée Hadhod = Khazād. L'élément rond n'est pas apparenté à grod, -rod. Ce dernier vient de *groto 'creuser, excaver, creuser un tunnel'. S rond, Q rondo viennent de *rono 'couvrir d'un arc, couvrir d'un toit'. Ceci pouvait être appliqué à la fois à des structures naturelles et artificielles, mais sa vue était toujours d'en-dessous et de l'intérieur. (en opposition aux dérivés de *tel, *telu mentionnés en Note 15). CE *rondō signifiait 'un toit voûté ou arqué, tel que vu d'en-dessous (et habituellement non visible du dehors)', ou 'un (large) hall ou salle ainsi couvert'. Il était encore souvent appliqué picturalement aux cieux après que les Elfes eurent obtenus une bien plus grande connaissance du 'Savoir stellaire'. Cf. le nom Elrond 'Dôme d'étoiles' (Elros signifiait 'scintillement d'étoile'). Cf. également S othrond appliqué à une forteresse souterraine, construite ou agrandie par excavation, contenant un ou plusieurs de tels grands halls voûtés. othrond est < S ost + rond. CE *ostō, Q osto, S ost, est dérivé de *soto 'abriter, protéger, défendre', et était appliqué à tout bastion ou forteresse construit ou fortifié par art. Le plus célèbre exemple, après la grande demeure d'Elwe à Menegroth, était Nargothrond < Narog-ost-rond ('les grands bourg et halls souterrains sur la rivière Narog'), qui fut construite par Finrod, ou achevée et agrandie par lui à partir des demeures plus primitives construites par les Petits-Nains.
Bien que distincts à l'origine, les dérivés de *groto et de *rono entrèrent naturellement en contact, étant donné qu'ils n'étaient pas dissemblables en forme, et qu'un *rondō était habituellement construit par excavation. Ainsi S groth < *grottā (une forme intensifiée de grod < *grotā) 'une grande excavation' pouvait bien s'appliquer à un rond. Menegroth signifiait 'les Mille Voûtes ou Demeures', mais elle contenait un grand rond et de nombreux autres mineurs.

Note 27 (p. 390).

*(ñ)guruk est dû à une combinaison de *(g)ruk avec *NGUR 'horreur', observé en S gorth, gorthob 'horreur, horrible', et (redoublé) gorgor 'horreur extrême'.

Note 28 (p. 390).

Quelques autres dérivés sont en quenya : rukin 'je ressens de la crainte ou de l'horreur' (construit avec 'à partir de' de l'objet craint); ruhta- 'terrifier'; rúkima 'terrible', rauko et arauko < *grauk- 'une créature puissante, hostile, et terrible', en particulier dans le composé Valarauko 'Démon de Puissance', appliqué ultérieurement aux plus puissants et terribles des servants maia de Morgoth. En sindarin apparaissent, par exemple, raug et graug, et le composé Balrog (équivalents des Q rauko, etc.); groga- 'ressentir de la terreur'; gruitha 'terrifier'; gorog (< *guruk) 'horreur'.

Note 29 (p. 392).

Des affixes apparaissent dans equen 'dis-je', eques 'dit-il/elle', utilisés en rapportant un dialogue.

Note 30 (p. 392).

*ekwē était probablement un temps passé primitif, marqué comme tel par l''augment' ou voyelle de base redoublée, et la voyelle longue accentuée. Les temps passés de cette forme étaient usuels pour les verbes sindarins 'forts' ou primaires : tel *akāra 'réalisa, fit' > S agor. *akwā, cependant, n'était probablement pas verbal, mais une extension ou intensification de *kwā, utilisée adverbialement.

Note 31 (p. 392).

Dans les langues eldarines, ceci apparaît habituellement dans les formes -ikwā ou -ukwā, ou avec flexion nasale -iñkwā, -uñkwā. Les voyelles i, u étaient probablement dérivées des terminaisons de noms ou d'autres radicaux auxquels kwā fut ajouté, mais les formes suffixales dissyllabiques étaient devenues assez indépendantes de cette origine. Les formes utilisant u étaient principalement appliquées à des choses lourdes, peu pratiques, laides ou mauvaises.

Note 32 (p. 393).

Peu est dit en savoir ñoldorin au sujet de la langue des Valar et des Maiar; mais sur ce point, une note est ajoutée à la fin de cet appendice (pp. 397 et suivantes).

Note 33 (p. 394).

lamba est dérivé de *LABA 'bouger la langue, lècher', et peut être relié à *lab-mā (avec un suffixe fréquent dans les noms et impléments) : le groupe bm > mb en CE et probablement plus tôt. lambe vient probablement de *lab-mē, dénotant l'action de *LABA, ou l'usage de la *lambā. (Cf. *JULU 'boire', *julma, Q yulmā, S ylf 'vaisselle pour boire'; *julmē, Q yulme, 'fait de boire, beuverie'.) Ces mots n'ont pas de connexion originelle avec *LAMA, qui se réfère aux sons, en particulier aux sons vocaux, mais n'était appliqué qu'à ceux qui étaient confus ou inarticulés. Il était généralement utilisé pour décrire les cris variés de bêtes. D'où le mot *laman(a), *lamān, Q laman, pl. lamni ou lamani; S lavan, pl. levain, 'animal', habituellement uniquement appliqué aux bêtes quadrupèdes, et jamais aux reptiles ou aux oiseaux. (Ceci peut-être comparé avec *kwene 'utilisateur de langage articulé'). Le sindarin glam < glamb / glamm (p. 391) est une élaboration de *LAM.

Note 34 (p. 394).

Dans l'usage véritable indépendant, principalement employé entre personnes hors de portée d'oreille : les Elfes avaient une vision étonnamment aiguë à quelque distance. Ces 'signaux' étaient réellement distincts des gestes (en particulier ceux des mains) effectués en tant que concomitants à la parole et ajouts aux changements de ton pour la transmission d'un sentiment, bien que certains des gestes des deux systèmes étaient similaires. Les Elfes faisaient un usage considérable des gestes concomitants, en particulier en discours ou récitation.

Note 35 (p. 398).

Par quoi Pengolodh signifie la connaissance disponible en Terre du Milieu. Le Lammas fut composé en Eriador.

Note 36 (p. 404).

D'autres Savants ultérieurs conjecturaient que Nessa était en fait elfe de forme (bien qu'archaïque, selon le propre principe de Pengolodh), étant < *neresā, une formation adjectivale féminine de *NER, signifiant 'celle qui a une valeur ou une force masculine'. Ils enlèveraient aussi Taniquetil du groupe des 'traductions'. Arfanyarasse, disent-ils, est la traduction : 'haut (i.e. noble, révéré) - blanc brillant - pic', mais Taniquetil est une adaptation, bien qu'une adaptation qui a probablement grandement altéré l'original dans la tentative de donner au nom une espèce de portée eldarine : ? haut point blanc. Comme ils disent, ta- ne signifie pas 'élevé' en eldarin, bien qu'il puisse rappeler tára 'grand, haut' (*TAR); nique ne se réfère pas à la neige, mais au froid; et Q tilde, -til n'est pas un pic de montagne, mais une pointe fine acérée (principalement utilisé au sujet de choses petites et élancées). Pour nique, cf. Q niku- 'être frais, froid (du temps)'; nique 'il fait froid, il gèle'; ninque 'froid, pâle', nixe 'gel', niquis, niquesse 'motifs de givre' (ce dernier par association avec quesse 'plume').
Plus significatif, ils citent d'une ancienne légende de la Fuite un conte selon lequel, comme les brumes d'Araman enveloppaient les distantes montagnes de Valinor à la vue des Ñoldor, Fëanor leva ses mains en signe de rejet et cria : 'Je m'en vais. Ni dans la lumière ni dans l'ombre ne regarderai-je encore vers toi, Dahanigwishtilgūn.' Ainsi était-ce rapporté, bien que les écrivains des récits ne savaient plus ce qu'il voulait dire. Raison pour laquelle le mot étrange pourrait avoir été mal transmis. Mais même ainsi, il comporte encore quelque ressemblance avec Taniquetil, bien qu'il ne puisse plus être analysé. (Dans quelques versions, disent les Savants, cela est écrit dāhan-igwiš-telgūn.) Ils citent également Fionwe [lire Eönwe ?] (le héraut de Manwe) comme un autre nom pour lequel aucune étymologie elfe n'est connue.

Note 37 (p. 406).

Habituellement dans un style formel et élevé. Souvent, lorsqu'il y avait des différences, plutôt selon la mode vanyarine que la ñoldorine, car les Vanyar était le plus souvent en leur compagnie; bien que les écrivains ñoldorins aient parfois substitués leurs propres formes.

Notes de Christopher Tolkien :

1 'affection' : mutation (de la voyelle o causée par le i suivant dans Mori(quendi)).

2 sundóma : voir p. 319.

3 omentielvo : ceci fut tapé omentielmo, subséquemment changé en omentielvo. Le même changement fut effectué dans la seconde édition de La Communauté de l'Anneau (p. 90).

4 La Communauté de l'Anneau, p. 367 (à la fin du chapitre Lothlórien); première édition vanimalda, seconde édition vanimelda.

5 Le terme ómataina ou 'extension vocale' est utilisé en addition à la base d'une voyelle finale de la même manière que la sundóma (p. 319).

6 'Aux ténèbres et aux nuages estompant le soleil et les étoiles' : une référence explicite, il semble, à quelque forme du mythe astronomique modifié ébauché dans le Texte II de la section 'Mythes transformés' dans L'Anneau de Morgoth. Dans ce texte, mon père souleva la question ''Mais comment les Eldar peuvent-ils alors être appelés le 'Peuple des Etoiles' ?' si le Soleil est 'contemporain de la Terre' (X.375); et il proposa un récit complexe (X.377-8) dans lequel l'obscurcissement du monde par Melkor, qui fit monter de vastes ténèbres pour fermer toute vision des cieux, est un élément important. Voir plus pp. 423-4.

7 'Le premier peuple de cette sorte à être rencontré fut les Nandor' : ceci contredit étrangement l'histoire rapportée dans les Annales (AG §19, p. 9; aussi AAm §84, X.93), selon lesquelles les Nains entrèrent en Beleriand en l'Année valienne 1250, et que la construction de Menegroth fut achevée avant la venue de Denethor, meneur des Nandor, en 1350 (pp. 11-13). L'affirmation suivante, ici, selon laquelle les premières invasions des Orcs suivirent le retour de Morgoth est une contradiction tout autant frappante des Annales : selon AG §27, les Orcs entrèrent en Beleriand en 1330 (cf. aussi X.106, §85) : 'Quand ils étaient arrivés, ou ce qu'ils étaient, les Elfes ne le savaient pas alors, estimant qu'ils devaient être des Avari, peut-être devenus mauvais et féroces dans les régions sauvages.'

8 'du Cap Andras au promontoire de Bar-in-Mŷl' : Cap Andras fut introduit sur la carte (p. 184, case G2), mais le promontoire au sud (lui-même une extension du littoral tel qu'originellement dessiné) y est appelé Ras Mewrim (p. 190, §63). Le nom dans le présent texte fut tapé Bar-in-Gwael; la traduction 'Demeure des Mouettes' fut ajoutée en même temps que le changement en Bar-in-Mŷl (par un changement ultérieur au crayon sur une copie -in- > -i-).

9 Brithonbar, non Brithombar, est la forme tapée, et non corrigée.

10 Sur ce passage au sujet des Eglain, cf. p. 189, §57, et pp. 343-4. La phrase de conclusion 'Mais ils reconnaissaient la haute-royauté de Thingol, et Círdan ne prit jamais le titre de roi' diffère des Annales, dans lesquelles Círdan soit reconnaît Felagund de Nargothrond comme suzerain, soit était (comme il semble) un Seigneur des Falas indépendant 'bien qu'il fût toujours en proche amitié avec Nargothrond' (AG §85, et commentaire p. 117).

11 Pour la légende d'Imin, Tata, et Enel, voir pp. 420 et suivantes.

12 Le récit dans les Annales d'Aman des parentés de Morwë et de Nurwë, qui refusèrent les appels des Valar et devinrent Avari (X.81-2, 88, 168), avait été abandonné.

13 Le nom Lindar 'Chanteurs' des Teleri est apparu dans le 'Glossaire' de l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.349); il fut pendant longtemps le nom du Premier Clan, les Vanyar ultérieurs.

14 Sur la chute d'eau de Cuiviénen, voir p. 424.

15 Dans un autre écrit tardif, Círdan est dit avoir été de la parentèle d'Elwë, mais je n'ai trouvé aucune mention de la nature de la parenté.

16 Lenwë a remplacé le nom déjà ancien Dân du père de Denethor; de ce texte, il fut adopté dans Le Silmarillion.

17 L'affirmation selon laquelle les Nandor pénétrèrent en Beleriand 'peu avant le retour de Morgoth' est une autre remarquable contradiction des Annales (cf. note 7 ci-dessus). Plus tôt (p. 377), il est dit qu'ils vinrent 'avant le retour de Morgoth', ce qui implique sans aucun doute la même chose. Mais en AG §31, il y a une merveilleuse évocation des 'longues années de paix qui suivirent l'arrivée de Denethor', et elles furent en effet longues : de 1350 à 1495, 145 Années valiennes, ou 1 389 Années du Soleil. Je ne sais comment expliquer ces profonds changement dans l'histoire enracinée.

18 Sur le mot adunaïque Nimir 'Elfe', voir The Drowning of Anadûnê (Vol. IX, Index II, p. 473).

19 Fírimar : la forme ancienne était Fírimor (QS §83, V.245, note en bas de page). Un compte-rendu du développement du sens dans le verbe fírë est donné en lien avec Fíriel, le nom ultérieur de Míriel, en X.250.

20 Le nom Nogoth niben fut adopté dans le Silmarillion (au pluriel, Noegyth nibin : voir Note 7 au présent texte, p. 408); le mot nogoth pour les Nains n'est pas apparu auparavant (voir note 32 ci-dessous). Pour d'autres noms et formes de nom des Petits-Nains, voir p. 187, §26.

21 Lors de la révision du chapitre de QS sur les Nains, le nom sindarin de Khazad-dûm était Nornhabar, traduit 'Dwarrowdelf' (p. 206). 'Dwarrowdelf' se trouve également dans La Communauté de l'Anneau; dans le présent texte, le nom sindarin fut tapé Hadhodrûd et traduit 'Dwarrowmine', mais le changement en Hadhodrond 'Dwarrowvault' fut réalisé immédiatement. Hadhodrond fut adopté dans le Silmarillion.
[NdTr : Mickleburg 'Grande Forteresse', Hollowbold 'Habitation souterraine', Dwarrowvault 'Voûtenain', Dwarrowdelf 'Cavenain', Dwarrowmine 'Minenain'.]

22 Cf. Appendice F du Seigneur des Anneaux, p. 409 : 'Les Orcs de race inférieure étaient appelés snaga, 'esclaves', et ce, en particulier par les Uruk-hai.'

23 Fëanor considérait que, en dépit du mode usuel d'écriture, les voyelles étaient chacunes des tengwi indépendants ou éléments de construction de mot.

24 Sur une seule copie, une correction ultérieure au crayon changea *SAR en *SYAR.

25 En haut de la page figure une note au crayon, sur une seule des copies : 'Changer Pengolodh en Thingódhel'.

26 Pour le mot Equessi, voir p. 392. À la fois dans ce passage et dans le passage présent, le mot fut tapé Equeri et ensuite corrigé.

27 Pour l'ancienne conception dans le Lhammas des années trente, selon laquelle l'origine de toutes les langues elfes se trouvait dans la langue des Valar (communiquée aux Elfes par Oromë), voir V.168, 192-3.

28 Dans The Road Goes Ever On, p. 61, le nom miruvórë (apparaissant dans Namárië) est dit être d'origine valarine.

29 Cf. Note 2 du Commentaire de l'Athrabeth Finrod ah Andreth (X.337), où il est dit que 'Physiquement, Arda était ce que nous appellerions le système solaire', et que, dans les traditions elfes, 'la principale partie d'Arda était la Terre (Imbar, 'l'Habitation') ... de telle sorte que, utilisée approximativement, Arda semble souvent signifier la Terre'. Pour Ambar, voir les références données en X.359, note 12.

30 Cf. AAm §164 (X.129) : 'sans voix, en silence, [les dieux] peuvent tenir conseil entre eux', et le passage cité du Retour du Roi dans ma note sur ce passage (X.135).

31 Cf. le chapitre tardif du QS De l'arrivée des Hommes dans l'Ouest, p. 217 : 'Felagund découvrit ... qu'il pouvait lire dans les esprits des Hommes des pensées telles que celles qu'ils désiraient révéler en parole, de telle sorte que leurs mots furent aisément interprétés.'

32 Noegyth Nibin était une correction du nom tapé, Nibinn..g, probablement Nibinnoeg (voir p. 187, §56). Les notes étant insérées dans le texte, cette note fut écrite avant que le passage en p. 388 ne fût atteint.

33 Il est curieux que - comme dans le texte originel de Maeglin, où il était 'de la parenté de Thingol' - dans le travail très tardif de mon père sur l'histoire, Eöl devienne à nouveau 'un des Eldar' (p. 328), bien que consumé de haine pour les Ñoldor; alors qu'ici, il est un Mornedhel (un des Avari), et de plus du Deuxième Clan autochtone.

34 Le nom Írith apparaît comme correction (effectuée après la publication du Seigneur des Anneaux) de l'ancien nom Isfin en QS §42 (X.177). Lorsque mon père travailla sur le récit Maeglin vers 1970, il semble avoir oublié Írith, car ses notes à cette époque expriment une insatisfaction par rapport au nom 'sans signification' Isfin, comme s'il n'avait jamais été remplacé (pp. 317-18).

35 L'insulte par Saeros de Túrin, en appelant sa mère Morwen Morben, était un développement dans le récit (voir QS §39, V.321, et Contes et Légendes inachevés, p. 80) qui ne pouvait apparaître que, bien sûr, avec l'émergence des mots Calben et Morben.

36 Ni l'interprétation de Mithrim en tant que nom d'un peuple (pour l'ancienne étymologie, voir V.383-4, radical RINGI), ni cette explication du nom Sindar n'ont été rencontrées auparavant.

37 'Phonologie Générale' : mon père ne se référait ici à aucune œuvre particulière, achevée.
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 25 Jan 2007 17:23     Sujet du message: Répondre en citant

APPENDICE

La légende de l'Éveil des Quendi (Cuivienyarna)



Il est dit dans Quendi et Eldar, p. 380 :
    Selon la légende, préservée en forme presque identique à la fois chez les Eldar d'Aman et chez les Sindar, les Trois Clans dérivaient à l'origine des trois Pères des Elfes : Imin, Tata, et Enel (sc. Un, Deux, Trois), et de ceux que chacun d'entre eux choisit pour joindre sa suite. Ainsi avaient-ils au départ simplement les noms Minyar 'Premiers', Tatyar 'Deuxièmes', et Nelyar 'Troisièmes'. Ceux-ci se montaient, hors des 144 Elfes des origines qui s'éveillèrent en premier, à 14, 56, et 74; et ces proportions furent approximativement maintenues jusqu'à la Séparation.
Une forme de cette légende est reproduite dans un un seul tapuscrit avec une copie carbone. Sur une des copies, mon père a écrit (ainsi que sur l'autre, mais plus brièvement) : 'rédigé en fait (de par le style et les notions simples) comme étant un 'conte de fées' elfe survivant ou une comptine, mêlée de leçons de calcul'. Les corrections des deux copies sont reprises dans le texte suivant.


Pendant que leurs premiers corps étaient façonnés de la 'chair d'Arda', les Quendi dormaient 'dans le sein de la Terre', sous l'herbe verte, et ils s'éveillèrent lorsqu'ils furent entièrement formés. Mais les Premiers Elfes (aussi appelés les Non-Mis au monde, ou les Mis au monde par Eru) ne s'éveillèrent pas tous en même temps. Eru avait prévu les choses de telle sorte que chacun se retrouva à côté de son 'époux/épouse destiné(e)'. Mais trois Elfes s'éveillèrent en premier, et ils étaient de sexe mâle, car les Elfes de sexe mâle sont physiquement plus forts et plus ardents et aventureux dans les endroits étranges. Ces trois Pères des Elfes sont nommés dans les anciens contes Imin, Tata et Enel. Ils s'éveillèrent dans cet ordre, avec très peu de temps entre chaque éveil; et d'eux, disent les Eldar, viennent les mots 'un', 'deux' et 'trois' : les plus vieux de tous les chiffres.*
Imin, Tata et Enel s'éveillèrent avant leurs épouses, et les premières choses qu'ils virent furent les étoiles, car ils s'éveillèrent dans la pénombre avant l'aube. Et les choses qu'ils virent ensuite furent leurs épouses destinées gisant endormies à leurs côtés sur l'herbe verte. Ils furent alors si charmés par leur beauté que leur désir de parler fut immédiatement accéléré, et ils commencèrent à 'penser à des mots' pour parler et pour chanter. Et dans leur impatience, ils ne purent attendre et réveillèrent leurs épouses. Ainsi, disent les Eldar, la première chose que chaque Elfe femelle vit fut son époux, et son amour pour lui fut son premier amour; et son amour et sa vénération pour les merveilles d'Arda vinrent plus tard.
Après un certains temps, quand ils eurent habité ensemble et formé de nombreux mots, Imin et Iminyë, Tata et Tatië, Enel et Enelyë se promenèrent, et quittèrent le vallon vert de leur éveil, et arrivèrent bientôt près d'un autre vallon plus large et y trouvèrent six paires de Quendi, et les étoiles brillaient à nouveau dans l'aube naissante et les Elfes mâles étaient en train de s'éveiller.
Alors Imin déclara être l'aîné et revendiqua le droit du premier choix; et il dit : 'Je choisis comme compagnons ces douze-là'. Et les Elfes mâles éveillèrent leurs épouses, et quand les dix-huit Elfes eurent habité ensemble un certain temps, eurent appris de nombreux mots et en eurent formés plus, ils se remirent en marche, et bientôt, dans un autre creux encore plus profond et plus large, ils trouvèrent neuf paires de Quendi, dont les Elfes mâles venaient juste de s'éveiller dans la lumière des étoiles.
Alors Tata revendiqua le droit du second choix, et dit : 'Je choisis comme compagnons ces dix-huit-là.' Alors à nouveau, les Elfes mâles éveillèrent leurs épouses, et ils habitèrent et parlèrent ensemble, et formèrent de nombreux sons nouveaux et des mots plus longs; les trente-six marchèrent à nouveau ensemble, jusqu'à ce qu'ils arrivassent à un bosquet de bouleaux près d'un ruisseau, où ils trouvèrent douze paires de Quendi, dont les Elfes mâles une fois encore venaient juste de s'éveiller et regardaient les étoiles à travers les branches des bouleaux.
Alors Enel revendiqua le droit du troisième choix, et dit : 'Je choisis comme compagnons ces vingt-quatre-là.' À nouveau les Elfes mâles éveillèrent leurs épouses; et les soixante Elfes s'établirent pour de nombreux jours au bord du cours d'eau, et bientôt ils commencèrent à former des vers et chantèrent sur la musique de l'eau.
Après un long moment ils se remirent tous en marche. Mais Imin nota que chaque fois ils avaient trouvés plus de Quendi qu'avant, et il pensa : 'J'ai seulement douze compagnons (bien que je sois l'aîné); je passerai donc mon tour.' Bientôt ils arrivèrent dans une sapinière agréablement parfumée sur le flanc d'une colline, et ils y trouvèrent dix-huit paires d'Elfes, tous encore endormis. C'était toujours la nuit et le ciel était nuageux. Mais un vent vint avant l'aube et stimula les Elfes mâles, et ils s'éveillèrent et furent ébahis par les étoiles; car tous les nuages avaient été dispersés et les étoiles brillaient d'est en ouest. Et pendant un long moment, les dix-huit nouveaux Quendi ne prêtèrent aucune attention aux autres mais regardèrent les lumières du Menel [NdTr : le Ciel]. Mais lorsque enfin ils tournèrent à nouveau les yeux vers la terre, ils aperçurent leurs épouses et les éveillèrent pour regarder ensemble les étoiles, criant à leur adresse elen, elen ! Ainsi les étoiles reçurent-elles leur nom.
Alors Imin dit : 'Je ne vais pas choisir maintenant'; et Tata, par conséquent, choisit comme compagnons ces trente-six-là; et ils étaient tous grands et noirs de cheveux, et forts comme des sapins, et d'eux sont issus la majorité des Ñoldor.
Et les quatre-vingt-seize Quendi parlèrent alors ensemble, et les nouvellement éveillés formèrent beaucoup de nouveaux et beaux mots, ainsi que de nombreux artifices astucieux de langage; et ils rirent et dansèrent sur le flanc de la colline, jusqu'à ce qu'enfin ils désirassent trouver plus de compagnons. Alors ils reprirent leur chemin ensemble, jusqu'à ce qu'ils arrivassent à un lac sombre dans l'aube naissante; et il y avait une haute falaise sur le côté est, et une chute d'eau en descendait, et les étoiles scintillaient dans l'écume. Mais les Elfes mâles étaient déjà en train de se baigner, et ils avaient déjà éveillé leurs épouses. Il y avait vingt-quatre paires; mais ils n'avaient pas encore formé de langage, bien qu'ils chantassent doucement et que leurs voix se répercutassent sur la pierre, se mêlant au grondement de la chute.
Mais à nouveau Imin retint son choix, pensant que 'la fois suivante, ce sera une grande compagnie'. Dès lors Enel dit : 'J'ai le choix, et je choisis comme compagnons ces quarante-huit-là.' Et les cent quarante-quatre Quendi restèrent longtemps près du lac, jusqu'à ce qu'ils devinssent unis par l'esprit et la langue, et ils étaient heureux.
Après un long moment Imin dit : 'Il est temps à présent de reprendre la route et de trouver plus de compagnons.' Mais la plupart des autres étaient satisfaits. Alors Imin et Iminyë et leurs douze compagnons partirent, et ils marchèrent longtemps de jour comme de nuit dans la région aux alentours du lac, près duquel tous les Quendi s'étaient éveillés - raison pour laquelle il est appelé Cuiviénen. Mais ils ne trouvèrent jamais plus de compagnons, car le Conte des Premiers Elfes était achevé.
Et c'est ainsi que les Quendi en vinrent à compter par douze, et que cent quarante-quatre fut pour longtemps leur plus grand nombre, de telle sorte que dans aucune de leurs langues postérieures il n'y a de nom commun pour un nombre supérieur. C'est aussi ainsi que les 'Compagnons d'Imin' ou la Compagnie aînée (d'où viennent les Vanyar) ne comptait que quatorze membres en tout, et qu'elle était la plus petite; et que les 'Compagnons de Tata' (d'où viennent les Ñoldor) étaient cinquante-six en tout; et que les 'Compagnons d'Enel', bien qu'étant de la compagnie cadette, étaient les plus nombreux; d'eux viennent les Teleri (ou Lindar), et ils étaient au début soixante-quatorze en tout.
Les Quendi aimèrent tout ce qu'ils avaient déjà vu en Arda, et les choses vertes qui grandissaient et le soleil d'été leur apportaient beaucoup de joie; mais toutefois ils furent toujours les plus émus par les Etoiles, et les heures de pénombre par temps clair, à l'aube naissante ou au début de la nuit, furent toujours les moments de leurs plus grandes joies. Car c'est durant ces heures du printemps de l'année qu'ils s'éveillèrent à la vie en Arda. Mais les Lindar, plus que tous les autres Quendi, dès leur début furent les plus amoureux de l'eau, et chantèrent avant qu'ils ne pussent parler.

Il semble que mon père avait résolu (au moins pour l'objet de ce 'conte de fées') le problème du nom 'Peuple des étoiles' des Elfes (voir p. 417, note 6) d'une manière admirablement simple : les premiers Elfes s'éveillèrent dans la dernière partie de la nuit sous des cieux d'étoiles sans nuages, et les étoiles furent leur premier souvenir.
Dans Quendi et Eldar (p. 382), mon père écrivit 'le lac et la chute d'eau de Cuiviénen', et ceci est expliqué dans le Cuivienyarna : 'ils arriv[èr]ent à un lac sombre dans l'aube naissante; et il y avait une haute falaise sur le côté est, et une chute d'eau en descendait, et les étoiles scintillaient dans l'écume.' À travers de si nombreuses années, il revenait au Conte de Gilfanon dans Le Livre des Contes perdus (I.232) :
    Maintenant les lieux autour de Koivië-néni, Les Eaux de l'Éveil, sont accidentés et emplis de rochers massifs, et un cours d'eau qui nourrit cette eau y chute le long d’une profonde crevasse ... un fil pâle et mince. Mais l’extrémité du sombre lac se trouvait sous terre entrant en une multitude de cavernes sans fin qui s'enfonçaient toujours plus profondément dans le sein même du monde.



* [note de Tolkien] Les mots eldarins en question sont Min, Atta (ou Tata) et Nel. La vérité historique est probablement l'inverse. Les Trois n'avaient pas de noms jusqu'à ce qu'ils développent la langue, et reçoivent (ou prennent) des noms après avoir conçu les chiffres (ou à tout le moins les douze premiers).
Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Dior

Modérateur général


Modérateur général

Sexe:Sexe:Masculin
Inscrit le: 10 Aoû 2004
Messages: 3496
Localisation: Menegroth, deep under the sea

MessagePosté le: 26 Jan 2007 13:48     Sujet du message: Répondre en citant

Ceci termine HoMe XI.


Revenir en haut
Déconnecté Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer l'e-mail
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Les Aratars Index du Forum -> Annúminas Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

Sauter vers:  

Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Merci pour le référencement à :


Referencement Gratuit    "Portail Bricabrac"    Annuaire voltzenlogel.net    Annuaire Généraliste    Gartoo
RaveCrow    Recherche Web    référencement marketing    liens sponsorisés    Annuaire KimiWeb.Net (Tolkien)    Annuaire KimiWeb.Net (Baldur's Gate)


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Chronicles phpBB2 theme by Jakob Persson (http://www.eddingschronicles.com). Stone textures by Patty Herford.